Mammifères "de rente"
Evaluation de la pathogénicité d’agents infectieux et de la protection induite par des antigènes associés ou non à des adjuvants en vue de l’identification de nouveaux candidats vaccins et d’anticorps pour la prévention de pathogènes infectieux.
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
- Troubles immunitaires
Rats : 200
Cochons d'Inde : 200
Hamsters dorés : 200
Lapins : 200
Furets : 200
Cochons : 100
Inoculés avec un agent infectieux bactérien ou viral après avoir reçu un candidat vaccin, 5 000 souris, 200 furets, 200 lapins, 200 rats, 200 cochons d'Inde, 200 hamsters dorés et 100 cochons vont être utilisés, tous tués à l'issue. Les procédures relèvent d'un niveau de souffrance léger pour 3 245 d'entre eux, modéré pour 1 505 et sévère pour 1 350, avec poils hérissés, hyperthermie, signes neurologiques et troubles respiratoires attendus selon les protocoles. Le porteur écarte l'analgésie au motif que les antalgiques modifieraient la réponse immunitaire étudiée, et indique que les animaux atteignant un score clinique critique sont mis à mort avant la fin de l'étude. Ni les pathogènes testés ni les candidats vaccins ne sont nommés, l'établissement se bornant à mentionner des agents de classe 2 ou 3 et un maximum de six doses infectieuses évaluées.
Objectifs
Le projet consiste à évaluer, sur l’animal, l’effet protecteur ou thérapeutique d’un candidat vaccin ou d’un traitement anti-infectieux contre une infection. Pour se faire, dans un premier temps des études de développement seront réalisées pour établir les modèles animaux dit infectieux afin de représenter la maladie d’intérêt. Ces études permettront de définir entre autres les doses infectieuses du pathogène cible, bactérien ou viral, qui sera inoculé chez l’animal. À la suite de cela, des études d’efficacité (ou d’épreuve) seront réalisées dans ces modèles infectieux. Les animaux recevront le candidat (vaccin ou traitement) dont l’efficacité sera mesurée par le degré de protection induit contre l’inoculation du pathogène.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus pour ce projet sont la mise sur le marché ou éventuellement l’utilisation en essai clinique, de différentes préparations vaccinales ou de traitements anti-infectieux, d’évaluer les nouvelles voies d’administration ou les nouvelles formes pharmaceutiques qui permettent d’améliorer la performance du vaccin ou du traitement anti-infectieux. Enfin, ce projet peut permettre de comprendre les mécanismes d’action, la caractérisation de la réponse immunitaire et d’identifier des corrélats de protection. La découverte de nouveaux candidats permettra de lutter contre des maladies et de sauver des vies humaines dans le monde.
Procédures
Les études de protection et d’efficacité thérapeutique consistent à administrer des antigènes, anticorps, sérums dont la dose peut être unique ou multiple sous différentes voies d’immunisation en vue de protéger contre une épreuve par un agent infectieux. L'infection est unique, plus rarement répétée. Plusieurs voies d'épreuve peuvent être utilisées. Ces différents types d’injection durent moins d’une minute.
Impact sur les animaux
L’administration des candidats vaccins, ou thérapeutiques génère des signes cliniques légers (réactogénicité locale avec principalement de l’érythème voire parfois un gonflement et une induration des tissus, rarement des poils hérissés et une perte de poids transitoire de moins de 10%). Dans le cas de l’infection par le pathogène, en fonction du protocole appliqué les effets indésirables sont légers à sévères (poils hérissés, baisse d’activité, hyperthermie, signes neurologiques et troubles respiratoires et une perte de poids transitoire de moins de 15%).
Devenir
Aucun des animaux infectés ne peut être réutilisé pour des raisons sanitaires. Les animaux sont euthanasiés après épreuve par l’agent infectieux. L’euthanasie pourra être pratiquée plus précocement en fonction du type de test, de l’évolution des signes cliniques et de l’expérience du technicien animalier ou de recherche pour abréger la souffrance.
Remplacement
Dans le cadre du développement de candidats vaccins ou d’anticorps la réponse immunitaire ainsi que la protection induite par de nouveaux antigènes et des candidats vaccins doivent être évaluées sur un organisme entier. Ainsi à ce jour, il n'existe pas de méthodes alternatives in vitro pour évaluer les capacités d’un vaccin ou d’un anticorps à induire une protection contre une infection à un pathogène ou pour évaluer les réponses immunitaires post-infection, ou encore reproduire la complexité des réponses cellulaires et humorales impliquées dans la mise en place d’une immunité contre un agent infectieux. Le recours à l'animal de laboratoire s'avère donc nécessaire.
Réduction
Chaque étude est évaluée au plus juste et est revue par les biostatisticiens afin de définir le nombre minimum et suffisant d'animaux requis permettant une analyse statistique des résultats. 1. Interventions/Procédure 1= Etudes de développement pour établir les modèles animaux infectieux. Ces études permettront de définir entre autres les doses infectieuses du pathogène cible, qui sera inoculé chez l’animal. Quelques soient les espèces, les scientifiques après revue bibliographique sur la maladie d’intérêt définissent plusieurs doses infectieuses dont un maximum de 6 (le maximum 6 doses est le plus souvent utilisé pour la souris) qui seront évaluées selon un plan de l’étude établie par les biostatisticiens. Les biostatisticiens recommandent de reproduire ces études trois fois, dans les mêmes conditions expérimentales pour définir des doses robustes. Cependant les pas de dilution entre les doses seront resserrés afin d'affiner les doses d'infection et réduire le nombre d’étude et ainsi le nombre d’animaux. 2. Interventions/Procédures 2 et 3 : Etudes d’efficacité d’un candidat vaccin ou d’un traitement anti-infectieux contre une infection. Quelques soient les espèces, les scientifiques après revue bibliographique sur la maladie d’intérêt et en fonction du nombre de lots à tester élabore le plan de l’étude. Afin de réduire le nombre de lots, ceux-ci sont d’abord présélectionnés en amont sur des modèles vitro existants. Le plan d’étude est revu par l’équipe de recherche qui comprend d’autres scientifiques ainsi que des biostatisticiens afin de revoir les groupes et le nombre d’animaux afin de le réduire à un nombre suffisant pour que l’étude soit robuste.
Raffinement
Les animaux sont hébergés en groupe dans des locaux appropriés et dans des cages contenant des enrichissements conformément aux standards réglementaires. Pour chaque étude, une période d’acclimatation est prévue et permet de diminuer le stress des animaux avant les épreuves. L’ensemble des contentions et des gestes techniques sont réalisés par du personnel qualifié. En fonction des pathogènes, une grille d'évaluation des signes cliniques post-infection sera mise en place entre le responsable d'étude, les biostatisticiens et les vétérinaires cliniciens. Cette grille permet d’évaluer le niveau de souffrance des animaux selon des critères cliniques spécifiques du pathogène, par un personnel spécifiquement formé. Dès que le score atteint un seuil jugé critique, les animaux sont euthanasiés avant la fin de l'étude pour abréger leur souffrance. Les autres options de traitement des points limites sont malheureusement exclues car les analgésiques modifient la réponse immune étudiée et les animaux infectés sortis d’étude ne peuvent être ni placés ni réutilisés. Les animaux qui rentrent dans ce projet sont utilisés pour évaluer l’efficacité de vaccins ou traitement thérapeutique contre des épreuves bactériennes ou virales de classes 2 ou 3. Pour des raisons sanitaires et de biosécurité, tous les animaux sont euthanasiés à la fin des procédures expérimentales.
Choix des espèces
Le modèle animal utilisé est sélectionné en fonction des pathogènes infectieux, des antigènes évalués, de la réponse immune analysée et des données de la littérature ou des connaissances scientifiques. Plusieurs critères entrent en ligne de compte pour le choix de l’espèce, voire de la souche : - développant une maladie et/ou une réponse immunitaire similaire à l’homme - sensible à l’infection - type d’antigènes : protéines, polysaccharides, pathogènes (vivants, atténués, non réplicatifs ou inactivés), acides nucléiques, anticorps en présence d’adjuvant ou non. D’autres aspects techniques sont aussi à prendre en compte : âge et taille des animaux (voie ou volume administrés, volume de prélèvement…), disponibilité des outils immunologiques adaptés à l’espèce (cytokines, marqueurs cellulaires…). Les souris transgéniques constituent une opportunité unique pour étudier les mécanismes d’actions et les voies associées à la réponse immunitaire et à la protection. Elles seront à phénotype non dommageable et ne nécessiteront pas de génotypage. Dans la plupart des protocoles, les rongeurs et les lapins sont tous utilisés après sevrage au stade adulte pour que leur système immunitaire soit mature. Pour des projets R&D particuliers, des animaux âgés seront utilisés pour étudier les phénomènes d’immunosénescence et l’évaluation de candidats vaccins pour les personnes âgées. De même, pour l’évaluation de candidats vaccins pédiatriques des modèles d’animaux juvéniles avec des systèmes immunitaires non matures, (souriceaux, raton ; etc…) seront utilisés.
Multiplication de cryptosporidies sur veau nouveau-né permettant la production et l’étude de ces parasites
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Entretenir une souche de parasite conservée au laboratoire depuis 1982 : 20 veaux nouveau-nés vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Âgés de deux jours au maximum, ils reçoivent par la bouche une dose de cryptosporidies, puis développent la maladie attendue, diarrhée, déshydratation, perte d'appétit et, rarement, la mort. Chaque veau est attaché et hébergé seul pour faciliter la récolte de ses selles, avec pour tout enrichissement la présence de deux poules de réforme. Le porteur indique qu'il n'existe pas d'autre méthode pour obtenir assez de parasites infectants, et qu'un veau tous les quatre mois suffit à produire la quantité utile à ses études.
Objectifs
Les cryptosporidies (Cryptosporidium) sont des parasites protozoaires qui se multiplient uniquement dans l’intestin et sont rejetés dans le milieu extérieur avec les selles. Elles sont responsables de la cryptosporidiose, une maladie conduisant à des diarrhées sévères chez les ruminants ou les enfants de moins de 5 ans. Nous étudions plus particulièrement les réponses immunitaires qui se développent dans l’intestin en réponse à l’infection dans le but de mettre au point des stratégies immunitaires pour réduire l’incidence des infections. Par ailleurs, nous réalisons des infections expérimentales in vitro et in vivo pour tester l’efficacité de certains traitements pour tenter d’enrayer la maladie. Nous avons besoin pour tous nos projets de recherches et toutes nos expérimentations in vivo et in vitro d’une quantité importante de cryptosporidies. Comme il n’existe pas de système in vitro pour les multiplier nous devons les propager chez l’animal sensible : le veau nouveau-né. D’autres mammifères pourraient nous fournir des parasites mais en trop faible quantité. Par ailleurs, la souche de Cryptosporidium parvum (C. parvum) ne peut être congelée et nécessite d’être conservée à 4°C, mais au-delà de 2 mois, il est observé une diminution progressive de la capacité du parasite à infecter les cellules in vitro. Nos études exigent des parasites fraîchement multipliés aussi 4 multiplications/an maximum sur veau sont nécessaires pour conserver la souche.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour but de multiplier la souche Cryptosporidium parvum pour la conserver (souche de laboratoire isolée et conservée depuis 1982 par cette méthode de multiplication in vivo).
Procédures
Les animaux vigiles seront soumis à une administration orale du parasite, sous contention. Chaque animal recevra une administration unique. Cette intervention durera une dizaine de secondes.
Impact sur les animaux
Les animaux vigiles seront soumis à une administration orale du parasite, sous contention. Il est attendu que les animaux soient atteints par la maladie. Les symptômes sont la déshydratation, la diarrhée, perte d’appétit et dans de très rares cas la mort. L’hébergement individuel et l’attache du veau sont nécessaires pour le projet. Cela réduit la liberté de mouvement de l’animal (nécessaire pour que les selles soient plus facilement récoltées). L’attache, l’isolement et la contention peuvent engendrer du stress.
Devenir
Le veau sera mis à mort à l’issue de la procédure. Des prélèvements d'intestins peuvent être réalisés afin de constituer une banque.
Remplacement
Pour obtenir suffisamment de parasites infectants, il n’y a à l’heure actuelle pas d’autres méthodes n’utilisant pas d’animaux.
Réduction
Le nombre d’animaux est calculé a minima pour pouvoir conserver la souche au-delà de 2 mois.
Raffinement
Afin de limiter les effets de l'infection, les animaux recevront préventivement un réhydratant par voie orale. L'hébergement sera enrichi par la présence de 2 poules de réforme, les animaux recevront au moins 2 visites quotidiennes. En fonction de l’état de l’animal, les visites seront plus nombreuses. Une grille de score clinique est mise en place pour le suivi de l’animal. Un anti-spamodique est utilisé en cas de douleurs ou de spasmes.
Choix des espèces
Le veau nouveau-né est une espèce très sensible à Cryptosporidium. Un seul veau (par souche) tous les 4 mois produit la quantité de parasites nécessaires à nos études. Des veaux nouveau-nés de 2 jours maximum sont utilisés. Au-delà de cet âge, ils sont moins sensibles à l’infection et multiplient moins bien le parasite.
Test pré-clinique d’un anticorps bloquant contre l’hormone anti-Müllérienne (AMH) pour traiter le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la brebis (partie 2/2)
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
Quarante brebis sont saillies, vingt-cinq gestantes reçoivent huit injections intramusculaires de testostérone sur dix-huit semaines, puis leurs quarante agneaux subissent quatorze prises de sang au cou de la naissance à six mois. À la puberté, seize femelles nées de mères androgénisées passent une anesthésie générale et une IRM, la pose d'un cathéter jugulaire, puis 64 prélèvements de sang et six injections. 80 moutons vont ainsi être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, pour tester un anticorps contre l'hormone anti-müllérienne comme traitement possible du syndrome des ovaires polykystiques chez la femme, le porteur affirmant que cet anticorps ne peut être testé que sur un "organisme entier". Dix-neuf retournent à l'élevage, les autres sont tués après l'agnelage ou après la puberté pour prélever leurs tissus reproducteurs.
Objectifs
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la cause la plus fréquente d'infertilité féminine (8 à 13 % des femmes en âge de procréer dans le monde). Les critères du diagnostic du SOPK sont basés sur au moins deux des trois caractéristiques suivantes : 1/ irrégularité ou absence des règles, 2/ un taux élevé d’hormones masculines dans le sang, et 3/ ovaires renfermant de nombreux kystes folliculaires de 2 à 6 mm. La plupart des patientes atteintes de SOPK présentent également des taux d'hormone AMH (anti-müllérienne) et LH (hormone lutéinisante) élevés. De plus, ce trouble est généralement associé à une résistance à l'insuline, de l’obésité, des taux de cholestérol élevés et une hypertension artérielle. Il est important de noter que la plupart des caractéristiques du SOPK sont transmises aux filles des femmes atteintes de ce syndrome, puisque 60 à 70 % de leurs filles développent ce syndrome. Malgré le nombre de femmes touchées par ce trouble, les causes du SOPK restent incomprises. Parmi les facteurs impliqués dans le SOPK, les androgènes, et l'AMH ont été reconnus comme jouant un rôle central. L'hypothèse actuelle est que l’excès d'androgènes ou d'hormones sexuelles masculines durant la grossesse pourrait entraîner des modifications au niveau de l’activité ovarienne et la sécrétion de certaines, ce qui entraînerait le développement du SOPK à l'âge adulte. Notre projet qui se déroulera dans 2 établissements utilisateurs (EU1 et EU2) a pour objectif de tester si un anticorps dirigé contre l’AMH peut supprimer les défauts d'ovulation observés dans un modèle de brebis ayant reçu un excès d'androgènes mimant le SOPK chez la femme. En effet, la brebis est une espèce proche de la femme en terme de développement ovarien. Nous étudierons également chez la mère et chez ses descendants mâles les conséquences d’un taux élevé d’hormones masculines au niveau des tissus périphériques et reproducteurs.
Bénéfices attendus
Notre étude permettra de constituer un corpus de données visant à évaluer si un anticorps anti-AMH est un bon candidat pour des essais ultérieurs chez l'humain, en l'occurence chez la femme développant un syndrome des ovaires polykystiques. Elle permettra aussi de mieux comprendre les effets moléculaires de la testostérone chez la femme et les conséquences chez la descendance mâle.
Procédures
Pour les 40 brebis adultes : 1 prise de sang (PS) intra-veineuse (IV) (jugulaire) sera réalisé à 18 jours après la saillie. Pour les 25 brebis gestantes sélectionnées : 8 Injections intra musculaire (IM) sur 18 semaines. 4 PS IV (jugulaire) pendant la gestation. Pour tous les descendants mâles (n=20) : 14 Prises de sang par IV (jugulaire) de la naissance jusqu'à 24 semaines. Pour tous les descendants femelles (n=20) : 14 PS par IV (jugulaire) de la naissance jusqu'à 24 semaines. Autour de la puberté, 6 PS par IV (jugulaire) sur 3 semaines. 1 anesthésie générale pour 1 passage à l’IRM à la puberté. Pose de cathéter à la puberté sous anesthésie local. 36 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 2 Injections par cathéter jugulaire. 12 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 16 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. Pour les femelles pubères issues des mères androgénisées (n=16) : 18 Prises de sang sur 9 semaines. 4 injections intra veineuse (jugulaire). 1 anesthesie genérale pour un passage à l’IRM après l’injection de l’anticorps. 1 pose de cathéter après le passage à l’IRM sous anesthesie local. 36 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 2 Injections par cathéter jugulaire. 12 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 16 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. Le projet se déroulera dans 2 établissements utilisateurs (EU1 et EU2). Dans l'EU1 seront effectuées toutes les expérimentations sauf l'anesthésie générale et le passage à l'IRM qui seront réalisés dans l'EU2.
Impact sur les animaux
Les différentes prises de sang peuvent engendrer une légère douleur ainsi qu’un hématome au niveau du site de prélèvement, les differentes injections peuvent également engendrer une légère douleur au niveau du site d’injection. De plus, la contention pour ces différents actes peut stresser les animaux. La pose des cathéters jugulaires peut entraîner des douleurs au point d'injection. Pour les animaux traités, il existe un risque d’apparition de kystes et d’anomalies de la vessie (observés par IRM). Il peut arriver mais trés rarement des signes extérieurs associés à une douleur comme une dérivation urinaire entre les cuisses qui peut entrainer des brûlures. Les nuisances en lien avec l’anesthésie de l’IRM sont une irritation des voies respiratoires lors de l’intubation et l’extubation, un possible hématome lors l’intraveineuse et un potentiel stress lors des manipulations.
Devenir
Pour la procédure 1: sur les 40 brebis saillies, 25 seront utilisées, les 15 brebis non selectionnées retourneront à l'élevage. Les 25 brebis sont nécessaires afin d'obtenir suffisamment de descendants femelles pour tester l'effet de l'injection d'anticorps . Une fois l'agnelage effectué, les 20 brebis androgénisées et les 5 témoins seront euthanisées afin de récupérer les tissus périphériques et reproducteurs pour une analyse moléculaire. Pour la procédure 2: sur les 40 descendants, 4 descendants femelles issues des mères témoin pourront retourner sur l'élevage. Ainsi, seront euthanasiés 12 descendants mâles issus des mères androgénisées et 4 descendants mâles issus des mères témoin mais aussi 16 descendants femelles injectés soit avec l'anticorps (n=8) ou avec une solution témoin (n=8) afin de pouvoir mener une étude moléculaire sur les tissus périphériques et reproducteurs.
Remplacement
Nous ne pouvons tester les anticorps que sur un organisme entier. Aujourd’hui, aucune approche in vitro ou in silico ne peut rendre compte de la complexité de ce qui se passe dans un organisme entier. D'autre part, il a été démontré dans la littérature que la brebis androgénisée est un bon modèle syndrome d'ovaires polykystiques chez la femme.
Réduction
Nous allons utiliser 25 brebis gestantes, 20 (16+4) agneaux mâles et 20 (16+4) agneaux femelles jusqu’à la puberté. Ce nombre a été estimé en utilisant un test de comparaison de deux moyennes (nombre de follicules antraux) dans chaque groupe. Avec des lots de 8 descendants femelles issues de mères androgénisées cela donne une puissance tout à fait satisfaisante. Afin d’avoir 16 brebis issues de mères androgènisées, il faut partir d’au moins 20 brebis au départ. Afin de vérifier que le traitement de testostérone fonctionne, nous suivrons également 5 brebis qui seront non traitées, et leurs descendants.
Raffinement
Les animaux seront gardés en groupes sociaux stables tout au long de l’expérimentation. Pour limiter les tress lié à la manipulation, Ils seront visités tous les jours avec contact direct ou non (sans réalisation de procédure), permettant l'habituation de l'animal à l'expérimentateur et un suivi du bien-être des animaux. Nous récompenserons les animaux après chaque session de prises de sang en distribuant du concentré à l’auge. Lors de la pose des cathéters, le comportement et l'apparence des brebis (notamment au niveau de l’implantation du cathéter) sera suivi avec attention. Les animaux seront maintenus en cage individuelle le temps des prélèvements, mais auront tout de même un contact visuel et olfactif avec leurs congénéères. Avant toute injection intramusculaire ou intraveineuse, une application de gel antalgique sera réalisée. Les deux veines jugulaires seront utilisées en alternance pour limiter le risque d’hématome. Les animaux seront mis à jeun 12 heures avant l’anesthésie pour le passage à l’IRM, afin de limiter tout risque de régurgitation. Les brebis seront maintenues sous O2 à la fin de chaque anesthésie pour améliorer la qualité et la rapidité du réveil. Dès que l’animal présentera les premiers signes de déglutition ou de clignement des paupières, il sera extubé. Le transport des animaux de l'EU1 vers l'EU2 avant l'opération et leur retour de l'EU2 vers l'EU1 sera réalisé par un technicien formé et expérimenté dans une bétaillère agréée pour le transport d'animaux vivants. Le trajet est très court (moins de 5 minutes) et la bétaillère sera abondamment remplie de paille.
Choix des espèces
Afin de pouvoir mimer le SOPK chez la femme nous souhaitons utiliser des brebis gestantes pour plusieurs raisons : 1. contrairement aux rongeurs, la brebis présente l'avantage d'avoir un développement ovarien similaire à la femme. 2. De plus, ce modèle a déjà été validé dans nos unités. - 40 brebis saillies seront utilisées pour la détection de 25 brebis gestantes qui rentreront dans la procédure. Cet effectif doit permettre d'assurer la production de descendants assez conséquente pour poursuivre nos travaux. - 20 descendants mâles seront étudiés de la naissance (J0) à la puberté (J168). - 20 descendants femelles seront étudiées de la naissance (J0) à la puberté (J168). - 16 femelles pubertes sur les 20 entreront dans la 2ème phase de l’expérimentation (de J168 jusqu’à J235).
MANIPIG : Nouvelle technique en endoscopie interventionnelle : application animale sur cochon vivant
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
Une dissection de la sous-muqueuse de l'œsophage provoque une sténose, donc une gêne à avaler et un risque de vomissements, auxquels s'ajoutent la perforation et la péritonite liées à la pose d'une prothèse. 40 cochons vont être utilisés dans ces procédures classées à un niveau de souffrance modéré, chacun subissant de deux à cinq interventions sous anesthésie générale, de vingt minutes à deux heures, suivies chaque fois de 24 heures à jeun. Le porteur écarte l'idée de pratiquer deux procédures sur le même animal, au motif que la sévérité serait alors "trop importante" pour maintenir un niveau de bien-être suffisant. Tous sont tués en fin de protocole pour examiner à l'œil nu les zones traitées.
Objectifs
La cicatrisation après une résection endoscopique peut aboutir à la formation d’une sténose dans environ 15% des cas et jusqu’à 90% lorsque la dissection fait plus des ¾ de la circonférence le risque de sténose est de 90%. Pour prévenir cette sténose, l’application de corticoïdes locaux afin de diminuer le processus inflammatoire est utilisée et diminue le risque de sténose entre 12-30% en cas de dissection de plus de 75%. Des dilatations endoscopiques peuvent également être effectuées avec néanmoins un risque de sténose dans les suites de la dissection estimé à 59% des cas. En cas de sténose des dilatations itératives sont nécessaires (jusqu’à 30 séances) et non dénuées de risque (perforation). La mise en place systématique d’un stent dans la sous muqueuse pour créer une nouvelle lumière digestive est une technique encore non évaluée mais qui pourrait permettre d’éviter une sténose en créant un nouveau chenal. Enfin, ce processus sténosant pourrait être détourné pour traiter des fistules ou encore fermer des orifices naturels pour modifier l’anatomie notamment à des fins bariatriques. Nous souhaitons donc évaluer plusieurs nouvelles procédures utilisant ce processus de cicatrisation excessive entrainant une sténose après dissection circonférentielle de la sous-muqueuse sur des modèles animaux. Nous proposons ainsi 3 procédures : 1) En créant une sténose par dissection sous muqueuse endoscopique puis en traitant ces sténoses en évaluant si la sous-muqueuse profonde de l'œsophage pourrait être utilisée comme tunnel pour placer un stent sous-muqueux afin de créer une nouvelle lumière œsophagienne qui permettrait le passage de l’endoscope. 2) Pour fermer le pylore en même temps que l'anastomose guidée simulant ainsi un by-pass gastrique 3) Pour fermer les fistules recto-vésicales Ce projet permettra également une évaluation à court terme de l’efficacité des techniques sus-cité par la possibilité d’une reprise alimentaire des porcs après la réalisation du tunnel oesophagien et de la gastroentéroanastomose , et par l’absence de récidive de fistule qui se manifesterait par la présence d’une fécalurie au décours de l’intervention numéro 3.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d’apporter des preuves sur l’efficacité d’un traitement endoscopique pour : 1) La prévention des sténoses œsophagiennes post dissection sous muqueuse. En effet, actuellement les dissections cicronférentielles de l’œsophage entrainent de nombreuses complications et sont un frein à cette technique endoscopique en faveur d’une chirurgie plus morbide. La preuve d’une prévention de la sténose par pose d’une prothèse oesophagienne systématique sur modèle animal permettra de proposer une étude de faisabilité chez l’homme. 2) La réalisation de By-pass par voie endoscopique. En cas de succès de la technique sur modèle animal, une étude pilote chez l’homme pourra être proposé au patient souffrant d’obésité morbide et ne pouvant subir une intervention chirurgicale lourde du fait de leur trop nombreuses co-morbidités. 3) La fermeture des fistules par technique endoscopique combinée (dissection et clip). Nous avons déjà apporté quelques cas humain de l’efficacité de la technique, néanmoins des données plus robuste sont nécessaire. Une validation préalable sur animal est nécessaire avant de pouvoir diffuser la technique sur le sujet humain
Procédures
Procédure 1 : les animaux auront de 3 à 5 interventions, sous anesthésie générale, dont procédure chirurgicale de dissection sous muqueuse (durée : 1-2h) , avec pour la moitié une pose de prothèse lors de cette intervention. La pose de prothèse peut également être faite en cas d’apparition d’une sténose avec nouvelle anesthésie générale pour les animaux n’ayant pas eu de prothèse initiale. Les autres interventions sont des évaluations endoscopiques (durée : 30-45min). La dernière anesthésie générale est celle pour l’euthanasie(durée : 30-45min). Procédure 2 : les animaux qui suivent cette procédure auront 1 intervention sous anesthésie générale par voie endoscopique (durée : 1-2h) et une réévaluation endoscopie avant mise à mort (durée 30-45min). Procédure 3 : Les animaux subiront 4 interventions sous anesthésie générale : 1 création de fistule (durée 45min-1h30), 1 intervention pour le retrait de la prothèse (45min-1h), un procédure de dissection sous-muqueuse (durée 1-2h) et une réévaluation endoscopique avant mise à mort (durée 30-45min)
Impact sur les animaux
Les animaux devront rester à jeun les 24 heures qui suivent les différentes interventions. Procédure 1 : Du fait de la dissection sous muqueuse de l’œsophage, les animaux vont développer une sténose œsophagienne qui va entrainer une dysphagie avec un risque de diminution de la prise alimentaire voir de vomissement en cas de sténose complète (occlusion haute). Les complications inhérentes au geste sont dominées par la perforation œsophagienne per endoscopique, et la migration de la prothèse œsophagienne pouvant entrainer une perforation et une péritonite. Ils pourront avoir une alimentation liquide après 24 heures de jeune, en l’absence de vomissement après 24 heures d’alimentation liquide, une alimentation moulinée pourra être proposée progressivement sur 48 heures. Procédure 2 : Les nuisances peuvent être la perforation, la migration de la prothèse d’apposition pouvant entrainer une perforation et une péritonite. Après les 24 heures de jeun, une reprise alimentaire progressive sera entreprise, avec à J1 une alimentation liquide, puis à J2 une alimentation mixée et à J3 une alimentation normale. Procédure 3 : Les complications de cette technique sont : la perforation, la migration de la prothèse d’apposition pouvant entrainer une perforation et une péritonite. Il existe également un risque d’infection urinaire. Après les 24 heures de jeun, une alimentation normale pourra être reprise.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure à des fins d’analyse macroscopique des zones traitées
Remplacement
l’utilisation de l’animal est indispensable car aucun modèle n’est en mesure de reproduire les difficultés techniques retrouvées in vivo (mouvements de l’intestin, de l’anse jéjunale par rapport à l’estomac, mouvements respiratoires) dont la maîtrise est primordiale dans la réussite de ces techniques. Par ailleurs, le processus sténotique/fibrosant ne peut être évalué sur simulateur virtuels /mécanique ou modèle ex vivo puisque ce phénomène nécessite l’activation d’un processus cellulaire inflammatoire non reproductible en laboratoire à l’heure actuelle.
Réduction
Le nombre d’animaux a été réduit à 5 par groupe pour chaque groupe afin de réduire le nombre d’animaux. Chaque procédure pourra être répétée au besoin une fois. Dans l'objectif de réduire le nombre d'animaux, la possibilité d'effectuer plusieurs procédures différentes sur le même animal a été étudiée. Cependant, le fait de pratiquer 2 procédures ou plus sur le même animal serait selon nous d'un niveau de sévérité trop important pour maintenir un niveau de bien-être suffisant de l'animal.
Raffinement
Les animaux seront récupérés a minima 5 jours avant l’intervention et logés dans une animalerie adaptée avec enrichissement du milieu permettant une prise en charge adéquate avec les règles du bien-être animal. La procédure est réalisée sous anesthésie générale ; des règles d’euthanasie strictes en cas de signe de souffrance identifiée pendant la procédure ont été stipulées. Une surveillance particulière sera effectuée sur les animaux en post-opératoire avec le suivi notamment de l’alimentation pour être en mesure de détecter au plus tôt la présence de sténose œsophagienne (surveillance toutes les 6-8 heures sur la période à risque). Le risque d’infection urinaire était présent dans les procédures de fistules, ce point sera particulièrement suivi, et un traitement antibiotique sera mise en place de manière préventive.
Choix des espèces
Les simulateurs virtuels et mécaniques ont démontré leur efficacité pour réduire l’utilisation du modèle animal pour l’apprentissage de l’écho-endoscopie diagnostique et de la ponction sous écho-endoscopie. Les modèles ex-vivo ont démontré eux leur utilité pour l’apprentissage du drainage des collections pancréatiques en suturant sur les faces postérieures et antérieures de l’estomac des morceaux d’intestin de porc remplies de gel d’échographie. A l’heure actuelle, aucun modèle n’existe permettant de remplacer le modèle animal vivant anesthésié. Effectivement, aucun modèle ex-vivo combinant l’estomac et l’intestin grêle jusqu’à l’angle de TREITZ n’est disponible et de plus la difficulté technique est basée sur une combinaison des mouvements péristaltiques de l’intestin grêle, une mobilité de l’anse jéjunale par rapport à l’estomac et les mouvements digestifs liés aux mouvements respiratoires. Ces difficultés techniques ne peuvent à l’heure actuelle être appréhendées uniquement sur un modèle animal vivant anesthésié. Par ailleurs le processus sténotique/fibrosant ne peut être évalué sur simulateur virtuels /mécanique ou modèle ex vivo puisque ce phénomène nécessite l’activation d’un processus cellulaire inflammatoire non reproductible en laboratoire à l’heure actuelle.
Evaluation de la dégradabilité et de la digestibilité de nouveaux aliments chez la vache
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Canulées au rumen et pour certaines à l'intestin, 17 vaches Prim'Holstein déjà utilisées comme animaux d'expérience passent d'un essai au suivant, quinze d'entre elles devant être réutilisées après un délai minimum de deux mois. Les procédures sont classées en souffrance légère et aucune vache n'est tuée, deux retournant au troupeau conduit comme un élevage classique. Les expérimentateurs introduisent et retirent par les canules des sachets d'aliments à tester, une dizaine de poses et une soixantaine de retraits par an, et les vaches sont maintenues à l'attache cinq jours d'affilée pour les mesures de digestibilité, ce que le porteur reconnaît comme une source d'ennui et, rarement, d'inflammation des jarrets. L'objectif déclaré est de constituer une banque de valeurs de référence permettant à terme de calibrer une méthode de laboratoire qui n'utiliserait plus de vaches.
Objectifs
Le projet participe aux thématiques qui visent à « accélérer les transitions agroécologiques et alimentaires » et à optimiser la circularité des flux d’azote et de carbone entre les ressources alimentaires, les animaux et leurs effluents pour diminuer les problèmes environnementaux. Il est important de caractériser de nouveaux aliments et des aliments favorisant l’autonomie protéique de la France et de l’Europe. Ce projet a pour objectif principal de mieux connaître la valeur nutritive réelle des aliments ingérés par les ruminants et digérés en partie dans le rumen et en partie dans l’intestin. Ces valeurs servent de base au système d’alimentation des ruminants. Ceci permettra notamment la mise à jour régulière des recommandations d’apports nutritionnels des bovins laitiers et allaitants ainsi que des tables de valeur des aliments. La présente demande concerne l’ensemble des projets dont le but est de constituer une base de données des dégradabilités ruminales et des digestibilités intestinales d’une banque d’aliments de référence. Cette banque d’aliment servira à trouver une méthode d’analyse enzymatique au laboratoire ne nécessitant plus d’animaux à l’avenir.
Bénéfices attendus
Les bénéfices à court terme sont de déterminer la valeur nutritive « vraie » d’une banque d’aliments collectés dans des projets scientifiques et notamment à l’échelle française, pour déterminer une banque de valeurs de référence sur un très large panel d’aliments classiques et nouveaux pour lesquels il n’existe pas à ce jour de valeurs de référence : concentrés de type énergétique ou protéique, fourrages classiques comme des fourrages verts de prairies, des ensilages, des foins, mais aussi des fourrages nouveaux ou pouvant se développer à l’avenir dans le contexte actuel de changement climatique, comme des espèces plus résistantes à la sécheresse (sorgho, chicorée) ou des feuilles d’espèces végétales arbustives ou d’arbres dans le cadre du développement de l’agroforesterie d’élevage. Ces valeurs de référence vont notamment permettre de calibrer des méthodologies alternatives de laboratoire, pour la dégradabilité ruminale de l’azote et de l’amidon, ainsi que pour la digestibilité intestinale de l’azote, éléments déterminants l’utilisation des nutriments par la vache et la valeur protéique réelle des aliments. A long terme, nous espérons que les méthodes de laboratoire seront suffisamment précises pour ne plus utiliser de vaches en expérimentation pour déterminer ces paramètres de la valeur des aliments.
Procédures
Les interventions sont la pose et le retrait des sachets ou bolus ainsi que l'introduction de la canne à prélèvement. Pour les mesures de dégradabilité ruminale, les aliments seront testés par séries de 4. Il y aura donc une intervention de pose et 6 interventions de retrait pour 4 aliments. En moyenne 40 aliments seront testés chaque année, ce qui représente 10 poses et 60 retraits. Pour 40 aliments à tester chaque année, cela représente donc 5 semaines d'invention sur les animaux. De même pour les prélèvements de liquide ruminal, il s'effectueront à la fréquence d'une fois par semaine. Pour les mesures de digestibilité intestinale, il y aura donc 7 à 9 poses de sachets par an dans le rumen et 7 à 9 poses des mêmes sachets dans l'intestin. Pour les deux types de mesure, les interventions sur l'animal sont très courtes (quelques minutes) sans engendrer de stress ni douleur. Les interventions se font pratiquement sans aucune contention de l'animal.
Impact sur les animaux
L’introduction dans le rumen de certains bolus pourrait dans de très rare cas diminuer l’ingestion. Pour mesurer la digestibilité intestinale des aliments, les animaux sont conduits à l’attache sur des périodes de 5 jours, ce qui peut entrainer un ennui de la vache. Le fait d'être à l'attache peut, dans de très rares cas, entrainer des problèmes d’aplomb (inflammation des jarrets) ; cependant ce temps est limité à 5 jours consécutifs.
Devenir
A l'issue de la procédure, les animaux seront réintégrés dans le troupeau de vaches et seront conduits comme dans un élevage classique. Aprés un délai minimum de deux mois, certaines de ces vaches pourront participer à de nouveaux projets expérimentaux sur avis favorable du vétérinaire prenant en considération le sort des animaux concernés sur toute la durée de leur vie.
Remplacement
Le projet n’est pour l’instant réalisable qu'avec des animaux expérimentaux, seul moyen d’accéder aux différents compartiments digestifs. A terme, et notamment dans le projet de plus grande envergure, il est prévu de remplacer ces mesures par des mesures de laboratoire. Le projet actuel est en grande partie basée sur cet objectif.
Réduction
La valeur d’un aliment est déterminée sur uniquement 3 vaches en expérimentation (répétitions) par essai. Ce nombre ne peut pas être réduit car il est nécessaire pour tenir compte et corriger de la variabilité biologique naturelle connue entre individus, liée à leur poids, leur volume de rumen, leur capacité digestive. Les 3 répétitions permettent de généraliser les résultats.
Raffinement
La conduite des animaux sera respectueuse de leur bien-être. Un suivi régulier du comportement et des paramètres indicateurs de la souffrance des animaux sera mis en place pour détecter le plus rapidement possible tout signe de perturbations et de traiter si besoin les animaux malades. La seule intervention sur les animaux sera la pose et le retrait des sachets via les canules du rumen ou de l'intestin. Cet acte trés rapide (quelques minutes) est non invasif et n'engendre aucune douleur ni mal-être pour l'animal. Pour cela les vaches seront bloquées au cornadis comme au moment de l'alimentation. Elles ne subiront donc aucun stress lié à ce blocage qui est habituel pour elles. Les vaches seront maintenues dans un environnement d'élevage (stabulation logettes) et ne seront jamais en isolement social. Les poses et retraits de sachets ou bolus ainsi que la surveillance des animaux se feront par des personnes compétentes et habilitées.
Choix des espèces
La problématique de l’étude, spécifique des ruminants et assez spécifique des vaches laitières, nécessitera de travailler avec cette espèce. Les vaches seront de race Prim’Holstein. Il s’agit de la race de vache laitière la plus répandue dans le monde. Les résultats de ce projet ont vocation à être diffusés au niveau international. Les animaux utilisés sont des vaches adultes car les résultats sont majoritairement utilisés pour diffuser des recommandations d’alimentation d’animaux adultes
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
Pour déterminer quel site de mesure de température reflète le mieux celle du cerveau pendant le réchauffement d'un patient sous circulation extracorporelle, six cochons de 50 à 60 kilos sont opérés sous anesthésie profonde et tués avant tout réveil. L'intervention dure quatre heures et reproduit une hypothermie profonde avec arrêt circulatoire, avec une perte de sang lors de la pose des canules. Leurs tissus sont prélevés après la mise à mort. Le porteur retient le cochon pour la similitude de son anatomie cardiaque et pour un poids suffisant à l'implantation d'une circulation extracorporelle, et note que le modèle est déjà en place dans sa structure, ce qui lui sert aussi d'argument de réduction.
Objectifs
Au cours de certaines interventions de chirurgie cardiaque, il est parfois nécessaire de recourir, à une CEC (circulation extra-corporelle) avec une hypothermie profonde pour permettre un geste chirurgical de qualité. Dès que la chirurgie est terminée, une phase de réchauffement du patient débute permettant de restaurer une température normale en vue d’un arrêt de la CEC en toute sécurité. Durant cette phase de réchauffement, certains organes tels que le cerveau, le cœur, le foie et les reins, se réchauffent plus rapidement que d’autres, ce différentiel de rapidité résulte de mécanismes de protection et de particularités anatomiques et physiologiques. Ce projet propose d’étudier, parmi les sites anatomiques habituellement utilisés pour des mesures de température en CEC, ceux qui sont le mieux corrélés aux valeurs de température interne du cerveau. Le but principal est ainsi de déterminer un site optimal reflétant au mieux la température cérébrale impossible à mesurer en clinique afin de limiter le risque de survenue d’une hyperthermie cérébrale aux conséquences potentiellement délétères. Le second objectif de ce travail sera de vérifier s’il existe une différence significative entre la température cérébrale de référence mesurée au d'une veine du cou et la température intracérébrale mesurée au contact direct du cerveau. Le troisième objectif sera de déterminer si les sites de mesures de température sélectionnés exposent à des risques d’hyperthermie intracérébrale.
Bénéfices attendus
A notre connaissance, il existe très peu d'études comparant les différents sites de mesure de température avec la température cérébrale lors de la phase de réchauffement en CEC suite à une hypothermie profonde avec arrêt circulatoire. Par ailleurs, ces études ont une validité très relative quant à l'interprétation de leurs résultats puisqu'elles prennent comme température de référence cérébrale la température au niveau de la veine du cou, ou nasopharyngée qui peuvent différer des valeurs de la température intracérébrale. Ainsi, l'objectif principal de cette étude de corrélation sera de déterminer le ou les sites de recueils de température qui apparaissent les mieux corrélés aux valeurs de température du cerveau, dans l'optique d'otimiser la phase de réchauffement et de réduire les risques d'hyperthermies cérébrales aux conséquences potentiellement délètéres.
Procédures
Les animaux auront tout d'abord une injection d'un calmant afin de réduire le stress dû à la manipulation ( durée 2 mn) puis une perfusion intraveineuse sera posée afin de permettre une anesthésie générale ( 2 mn). A partir de ce moment, les animaux seront sous anesthésie profonde et subiront une intervention chirurgicale qui durera 4h.
Impact sur les animaux
Stress lié au transport et au changement d'hébergement des animaux. Douleur liées à la piqûre lors de la prémédication. Risques inhérents à la procédure chirurgicale: Perte de sang modérée lors de la pose des canules de CEC.
Devenir
Tous les animaux sont concernés, ils seront euthanasiés en vue d'une étude post mortem des tissus.
Remplacement
Le modèle de circulation extra-corporelle ne peut être effectué que sur un organisme dans son entier avec un relevé des températures sur différents sites. Le modèle porcin développé par notre équipe depuis plusieurs années reproduit une situation chirurgicale induisant des effets cardiologique et cérébral très proches de l'état observé en clinique humaine .
Réduction
Le modèle est déjà en place dans notre structure permettant de réduire le nombre d’animaux à étudier, personnel formé à l’étude et la manipulation du modèle porcin. Le nombre d'animaux a été déterminé grâce à un test de puissance stastique.
Raffinement
Les animaux seront hébergés par groupes (au minimum 2 animaux) afin de limiter l’angoisse et le stress des animaux. Le milieu est enrichi avec des jouets adaptés (balles...). Une période de quarantaine d’au moins sept jours avant l’entrée des animaux dans le protocole est respectée permettant leur stabilisation physiologique et comportementale en réduisant le stress. Les animaux sont mis à jeun le jour de l’expérimentation et les cochons seront prémédiqués par l’injection intra-musculaire d’un produit anesthésique aux propriétés calmantes avec un antidouleur. Les cochons seront ensuite sous anesthésie profonde pendant tout le protocole d'étude et avec un antidouleur en perfusion continue. Le cochon sera scopé en permanence, permettant de surveiller en continu la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et la pression artérielle. Toute modification de ces paramètres entrainera une adaptation immédiate des médicaments afin d’assurer le confort de l’animal.
Choix des espèces
Le modèle animal de cochon (animal d’un poids entre 50 et 60 kgs, de morphologie cardiaque mature et avec un poids suffisant pour une circulation extra-corporelle est utilisé pour sa similitude avérée, en terme d’anatomie cardiaque, et avec les processus physiologiques rencontrés en clinique. Le choix d’un modèle sur gros animal s’impose pour pouvoir implanter la circulation extra-corporelle, nécessaire à notre projet. De plus, ce modèle est déjà connu de nos équipes.
Etudes des aneuploïdies chez les embryons bovins
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Douze ponctions ovariennes par animal, sous anesthésie épidurale et sur bête vigile, avec pose et retrait répétés d'un dispositif vaginal et cinq injections de superovulation à douze heures d'intervalle avant chaque collecte : 12 génisses Prim'Holstein subissent des procédures d'un niveau de souffrance modéré, et sont gardées en vie à l'issue. L'ensemble sert à produire 400 embryons pour mettre au point la détection des anomalies chromosomiques dès le stade préimplantatoire, afin d'éviter les transferts sans issue et de réformer les animaux porteurs. Le porteur mentionne des hématomes possibles au point d'injection et un stress ponctuel lié aux contentions. Il classe la procédure en gravité modérée du fait de la répétition d'actes légers et, écrit-il, en l'absence de données objectives sur le sujet.
Objectifs
Depuis 2009, la sélection génomique s’est développée dans la filière bovine avec près de 300 000 analyses annuelles du génome réparties désormais dans une quinzaine de races, dont 80% pour une gestion du renouvellement en élevage. La lecture du génome peut également être effectuée plus précocement, dès le stade embryonnaire préimplantatoire après analyse de l’ADN préamplifié issu d’une biopsie de quelques cellules d‘un embryon (utilisation dans le cadre des schémas de sélection). Ces données génomiques sont principalement utilisées aujourd’hui pour prédire les performances futures de chaque individu mais ne sont pas valorisées pour détecter des problèmes d‘aneuploïdie (nombre anormal de chromosomes) qui peuvent survenir à chaque génération. Ces anomalies chromosomiques entrainent souvent l’arrêt du développement voire des problèmes d’infertilité ou de stérilité sur l’individu né. Le projet présenté vise à développer des approches méthodologiques permettant valoriser les données de génotypage pour détecter les anomalies chromosomiques (monosomie, trisomie) le plus précocement possible chez l’embryon et chez le veau afin de les prévenir et les gérer. Le projet justifiant cette demande d’autorisation porte uniquement sur la détection des anomalies chromosomiques chez les embryons, les approches chez les veaux nécessitant uniquement l’exploitation de données de génotypages déjà disponibles dans les bases de données nationales.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de développer et valider des méthodologies de détection des problèmes de ploïdie (monosomie, trisomie) dès le stade embryonnaire préimplantatoire chez les bovins. Ces indicateurs permettront à la fois d’éviter de transférer les embryons aneuploïdes (probabilité de gestation et naissance quasi-nulle alors même que l’aspect morphologique semble bon) mais également de mieux diagnostiquer des problèmes de fertilité chez des animaux aneuploïdes et ainsi les réformer pour éviter la dissémination de ces tares génétiques.
Procédures
La production des embryons nécessitera la répétition, pour chaque génisse du projet, de 12 collectes d'ovocytes (1 collecte d'ovocytes tous les 15 jours par animal) réparties en deux séries entrecoupées d’une période de repos de plusieurs semaines. Au début de chacune des deux séries de collecte d'ovocytes, un traitement de synchronisation des chaleurs sera effectué comprenant la pose et le retrait d'un dispositif vaginal ainsi qu'une injection intramusculaire (chaque intervention durant moins d'une minute à chaque fois). Chacune des collectes d'ovocytes nécessite une succession d'interventions sur les animaux : ponction ovarienne (15 minutes) et pose d'un dispositif vaginal (moins d'une minute) suivi 2 jours plus tard d'un traitement de superovulation (5 injections intramusculaires à 12 heures d'intervalle; chaque injection durant moins d'une minute à chaque fois) et enfin ponction ovarienne multiple sous contrôle échographique (30 minutes) avec changement de dispositif vaginal (moins d'une minute). Les ponctions ovariennes seront systèmatiquement effectuées sur animaux vigiles anesthésiés.
Impact sur les animaux
Du fait des injections intramusculaires liées aux traitements de superovulation, un hématome peut apparaitre au niveau du site d’injection. Afin de limiter ces risques, les injections seront réalisés alternativement de chaque côté de l'encolure. De plus, les différentes interventions et contentions prévues dans le projet peuvent engendrer un stress ponctuel chez les animaux. Néanmoins, du fait de la répétition d'actes induisant des nuisances légères et en l'absence de données objectives sur le sujet, la procédure expérimentale est considérée en degré de sévérité modérée dans ce projet.
Devenir
Toutes les génisses seront gardées en vie à la fin de cette procédure sauf avis contraire du responsable scientifique et du vétérinaire sanitaire.
Remplacement
Avant de passer à l’utilisation de l’animal, les méthodes de détection de l’aneuploïdie ont d’abord été développées et validées sur embryons produits in vitro à partir d’ovaires prélevés post-mortem en abattoir. Néanmoins, compte-tenu des différences de qualité ovocytaire avec le modèle de prélèvement sur animaux vigiles et de la volonté d’étudier l’impact de la répétition des sessions de production sur le taux d’aneuploïdies des embryons, le modèle animal ne peut être substitué par un modèle d’étude ex vivo. De plus, la production d’embryons in vitro après ponction folliculaire sur animaux vigiles représente le protocole principalement utilisé par les professionnels de la filière. Le développement méthodologique effectué doit donc nécessairement être validé en conditions de production réelles avant d’être mis en œuvre en routine.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet a été déterminé en fonction du nombre d’embryons à produire pour étudier le taux d’aneuploïdie (nombre anormal de chromosomes) des embryons selon les facteurs étudiés (protocole de production des embryons, taureau utilisé pour la fécondation, rang de collecte des ovocytes) et en tenant compte des impératifs pratiques imposés par le protocole de production (nombre de femelles traitées par jour et intervalle de temps entre les sessions). Ainsi, l’utilisation de 12 génisses permet de limiter le nombre d’intervention sur chaque animal avec 12 ponctions ovocytaires par individu permettant la production de 400 embryons sur l'ensemble du projet. Ces effectifs sont à priori nécessaires pour mettre en évidence, s'ils existent, les effets du taureau (présumés faibles), du protocole de production d’embryons (présumés importants) et du rang d’OPU (inconnus; aucune donnée bibliographique n'étant disponible sur le sujet) avec les exigences statistiques fixées (risque de 5% de conclure que l'effet existe alors qu'il n'existe pas; risque de 20% de conclure que l'effet n'existe pas alors qu'il existe).
Raffinement
L’étude est mise en place sur 12 génisses qui seront hébergées dans une stabulation libre avec aire paillée intégrale. Les génisses donneuses utilisées dans ce projet seront placées sous surveillance quotidienne (activité, comportement) et hébergées dans une stabulation répondant aux normes de bien-être animal chez cette espèce (accès aisé à l'auge et aux points d'abreuvements, présence de tapis caoutchouc derrière pour le confort des aplombs, accès à des brosses latérales et dorsales, enrichissement de milieux avec différents objets,...). Afin de limiter les risques d’hématomes, au niveau du site d’injection IM du traitement de superovulation, nous alternerons le lieu et le coté des injections. De plus, une anesthésie épidurale sera réalisée préalablement aux ponctions ovocytaires. Enfin, dans un objectif de renforcement positif, une récompense alimentaire (concentrés) sera donnée aux femelles après chaque passage dans la cage de contention, lors de la phase d’acclimatation ainsi que pour les collectes d'ovocytes.
Choix des espèces
Compte tenu de l’objectif même de l’étude, aucune autre espèce animale ne peut être choisie. La race Prim’Holstein choisie est la 1ère race laitière française en effectif, et est particulièrement concernée par les biotechnologies de l’embryon sur le terrain. Afin de produire les embryons du projet, il est nécessaire d'utiliser des génisses, toutes pubères et âgées de 14 à 18 mois. Le modèle génisse est représentatif de la population de donneuses d’embryons en France et à l’étranger. De plus, il a l’avantage, par rapport à un modèle vache, de ne pas présenter de biais expérimentaux liés à l’historique des femelles (conditions de mise bas, interactions avec la production laitière….).
Développement d’une membrane innovante d’épuration sanguine pour allonger la durée de préservation d’organe en transplantation cardiaque
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
62 cochons de 45 à 60 kilos vont être utilisés, opérés sous anesthésie générale et tués avant tout réveil. Trente-six subissent un prélèvement du cœur, six une exsanguination par voie percutanée destinée à recueillir 1 500 mL de sang, douze une transplantation cardiaque suivie de trois heures de maintien en vie pour évaluer la fonction du greffon, la procédure complète durant six heures. L'objet est de mettre au point une membrane de filtration du sang pour allonger au-delà de quatre heures la conservation des cœurs destinés à la greffe, avec des débouchés annoncés jusqu'en néphrologie et en toxicologie. Le porteur écrit que, les procédures étant menées sous anesthésie générale sans réveil, aucun effet indésirable ni aucune nuisance ne sont attendus pour l'animal.
Objectifs
La transplantation cardiaque est le traitement de référence de l'insuffisance cardiaque avancée mais la pénurie de greffons est un obstacle majeur dans la prise en charge de ces patients. Environ 400 transplantations cardiaques sont réalisées chaque année en France pour des patients souffrant d’insuffisance cardiaque avancée. La problématique majeure actuelle en transplantation cardiaque est le manque de donneur avec un ratio actuel d’un seul greffon disponible pour deux candidats en attente. En conséquence la durée d’attente pour une transplantation cardiaque augmente et 55 à 70 patients inscrits sur liste d’attente (sur 500 nouveaux inscrits chaque année) meurent chaque année faute d’avoir pu être transplantés. De plus, la durée préservation du greffon, en préservation froide statique conventionnelle, est limitée à 4 heures, restreignant ainsi la distance géographique entre le donneur et le receveur. La perfusion cardiaque ex vivo normothermique au sang (EVHP) est une technologie utilisée en transplantation cardiaque pour allonger la durée de préservation d’organe. Le cœur prélevé sur le donneur d’organe est immédiatement reperfusé au sang et oxygéné ce qui le met dans des conditions optimales jusqu’à la transplantation grâce à une machine de perfusion transportable. Contrairement à la préservation froide conventionnelle dans la glace, la perfusion cardiaque ex vivo au sang réduit les risques de souffrance de l’organe pendant son transport jusqu’à la transplantation. L’objectif est de développer un dispositif médical d’épuration du sang dédié pour la préservation prolongée sur machine du cœur en attente de transplantation.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’améliorer l’accessibilité aux greffons cardiaques en prolongeant la durée de préservation des greffons, supprimant ainsi les restrictions géographiques. La proximité de l’anatomie et de la physiologie cardiovasculaire entre l’homme et le porc rendent les résultats expérimentaux de notre protocole rapidement transposables à la pratique clinique en transplantation cardiaque chez l’homme. Un greffon marginal est un cœur à risque d’échec précoce de transplantation, principalement en raison des antécédents du donneur (âge >55 ans, facteurs de risque cardiovasculaire, arrêt cardiaque prolongé). Des interventions pharmacologiques pourront également être appliquées pour réhabiliter les greffons marginaux avant la transplantation. De plus, la coronarographie ex-vivo permettra un meilleur dépistage des donneurs à haut risque. La coronarographie ex vivo étant un examen d’imagerie des artères du cœur réalisé au cours de la perfusion isolée du cœur sur machine. Cet examen renseigne sur la présence de lésions sur les artères coronaires qui peuvent être présentes sur les greffons marginaux. Ce projet ouvre la voie à une nouvelle génération de solutions de filtration sanguine miniaturisées, permettant la filtration sélective des toxines, des médicaments et des médiateurs inflammatoires. La membrane HaemoVIPER sera un atout majeur, non seulement dans le domaine de la transplantation, mais aussi dans les maladies rénales chroniques, les maladies dysimmunitaires et les intoxications médicamenteuses.
Procédures
Avant l'anesthésie générale, l'ensemble des animaux auront une injection intra musculaire afin d’obtenir une sédation vigile et une anxiolyse.36 animaux seront soumis à un prélèvement cardiaque sous anesthésie générale. La durée moyenne de la procédure chirurgicale de prélèvement cardiaque est de 2 heures. 6 animaux seront soumis à une exsanguination par voie percutanée, la durée moyenne de la procédure chirurgicale d’exsanguination est de 2 heures. 12 porcs auront une transplantation cardiaque. La durée moyenne de la procédure de la procédure chirurgicale de transplantation cardiaque est de 3 heures. La totalité des animaux transplantés seront maintenus en vie 3 heures après la réalisation de la transplantation afin d’évaluer la fonction cardiaque. La durée totale de la procédure est de 6 heures.
Impact sur les animaux
S'agissant de procédures expérimentales réalisées sous anesthésie générale balancée sans réveil, aucun effet indésirable ni nuisances ne sont attendus pour l'animal qui sera euthanasié en fin de procédure ou en cas d'échec de l'anesthésie.
Devenir
Les animaux seront tous euthanasiés en cours d’expérimentation, sous anesthésie générale, en raison soit de l’explantation du cœur soit de l'exsanguination nécessaire à la procédure. L’analyse des tissus myocardiques après la transplantation sera primordiale dans la compréhension de nos résultats.
Remplacement
Il n’existe à ce jour aucun modèle alternatif au modèle animal pour étudier la production et la filtration de molécules produite par le coeur perfusé sur une machine (EVHP). De même, l’impact de la perfusion prolongée et de la filtration sur la qualité de préservation ex vivo du cœur ne peuvent être étudiés que sur un modèle animal. En effet, la perfusion d’organe ex vivo repose sur l’utilisation d’un organe et non d’un tissu ou d’une culture cellulaire (pas d’alternative in silico ou in vitro). Il est donc nécessaire dans notre approche d’utiliser un cœur prélevé sur un système vivant. Par ailleurs seul un modèle sur le gros animal permet l'instrumentation nécessaire pour placer le cœur sur un module de perfusion d’organe isolé tel qu’utilisé en pratique clinique. Enfin ce modèle permet d’extrapoler facilement les résultats à l’homme, dont le système cardiovasculaire est proche sur le plan anatomique, physiologique et métabolique. Le développement de la membrane de filtration comprendra des expérimentations in silico et des simulations numériques pour remplacer une partie des animaux.
Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux nécessaires à l’étude, le nombre d’animaux par groupe sera suffisant afin de pouvoir réaliser des tests de comparaison statistique entre les groupes. Nous avons prévu l’inclusion de 2 animauxpréliminaire afin de réaliser une procédure test de faisabilité de transplantation cardiaque chez le porc avant d’inclure les animaux dans les groupes expérimentaux. Le modèle de perfusion de cœur de porc ex-vivo sur machine est appliqué dans notre laboratoire depuis 2020 avec plus de 100 procédures réalisées. Les causes d’échec rencontrées (10 %) sont inhérentes à la qualité de l’organe (malformation cardiaque, cardiopathie hypertrophique, insuffisance valvulaire aortique). Dans chaque groupe, dès que le nombre d'animaux nécesaire pour les analyse sera atteint, aucune autre inclusion ne sera effectuée.
Raffinement
Respect d’une période d’acclimatation d’une semaine minimum entre l’arrivée à l’animalerie du laboratoire et l’inclusion dans le protocole de recherche - Hébergement en groupe de deux pour favoriser le contact régulier entre congénères - Environnement adapté à chaque phase de l’expérimentation pour réduire l’angoisse des animaux (accompagnement et anxiolyse durant le transfert depuis l’animalerie jusqu’en salle d’intervention) - Privilégier les ponctions vasculaires percutanées échoguidées artérielles et veineuses, pour mise en place des cathéters de surveillance hémodynamique continue : moins de souffrance, moins de saignement et risque infectieux réduit. L’atteinte d’un point limite sera déterminée par l’observation de signes comportementaux, d’apparence générale permettant de quantifier la souffrance de l’animal selon un score spécifique à l’espèce porcine. L'évaluation du bien-être animal sera réalisée de manière quotidienne pour chaque animal, pendant la période d'acclimatation et durant l’opération jusqu'à son euthanasie. Ces différents éléments seront évalués à l'aide d'une grille d'évaluation émanant de la cellule du bien-être animal. Durant les procédures expérimentales, l’anesthésie générale sera maintenue en combinant hypnotiques et analgésiques. En cas d’échec d’anesthésie ou d’analgésie au cours de l’expérimentation, l’animal sera euthanasié par injection intraveineuse. Le décès des animaux sera déclaré après 5 minutes d’inefficacité circulatoire (arrêt d’activité cardiaque électrique à l’ECG, absence de pulsatilité artérielle et pression artérielle moyenne inférieure à 30 mmHg).
Choix des espèces
Le modèle animal choisi est le porc. Le porc présente une physiologie circulatoire proche de celle de l’homme (Fréquence cardiaque proche de 100/min, débit cardiaque entre 3,5 et 4 L/min pour un poids de 50 kg). Par ailleurs son anatomie cardiovasculaire facilite la réalisation des canulations artérielle et veineuse nécessaires pour sa perfusion isolée ex vivo. La modélisation chirurgicale est facilitée par l’usage du gros animal Cette convergence permet une adaptation optimale de l’espèce aux expérimentations et limitera au minimum le nombre d’animaux tests (échecs techniques). Enfin notre protocole prévoit des prélèvements sanguins et des biopsies cardiaques répétées sur le cœur perfusé ex vivo avec respectivement un volume et un poids de prélèvement minimum afin de pouvoir réaliser les analyses plasmatiques et tissulaires. Là encore, l’expérimentation sur le porc est adaptée pour ces prélèvements répétés, contrairement à un modèle rongeur qui permettrait un recueil plasmatique et tissulaire de plus faible quantité. Les animaux utilisés dans le protocole expérimental sont des porcs de 45 à 60 kg. A ce stade de développement les porcs ont un système circulatoire très proche de l’homme et leur gabarit permet une modélisation chirurgicale optimale, notamment pour la canulation de l’aorte et de l’artère pulmonaire pour l’implantation du cœur sur le module de perfusion ex vivo. Par ailleurs, le volume sanguin nécessaire à la perfusion du cœur ex vivo sera recueilli sur l’animal, juste avant l’explantation du cœur et la mise à mort de l’animal. Ce volume sanguin doit être de 1500 mL, ce qui justifie d’inclure des animaux ayant une masse sanguine d’au moins 2,5 à 3 litres, soit un poids supérieur à 50 kg afin de ne pas avoir de difficultés pour recueillir 1500 mL au moment de l’exsanguination. Enfin, des prélèvements biologiques seront répétés durant la procédure de perfusion cardiaque ex vivo, à la fois des échantillons plasmatiques et des biopsies myocardiques. En conséquence, seul un modèle expérimental sur le gros animal peut permettre de satisfaire à ces contraintes répétées de volume et de poids des prélèvements biologiques destinées à l’analyse du métabolisme.
Test pré-clinique d’un anticorps bloquant contre l’hormone anti-Müllérienne (AMH) pour traiter le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la brebis (partie 1/2)
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
40 brebis sont saillies, 25 gestantes entrent dans le protocole et les 15 autres retournent à l'élevage, où pourront aussi retourner plus tard 4 agnelles nées de mères témoins. 80 moutons, brebis et agneaux, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les 25 brebis gestantes, dont 20 androgénisées et 5 témoins, reçoivent 8 injections intramusculaires en 18 semaines, et leurs 40 agneaux subissent chacun 14 prises de sang de la naissance à 24 semaines. Autour de la puberté, les agnelles passent une IRM sous anesthésie générale, puis la pose d'un cathéter jugulaire suivie de séries de 36, 12 et 16 prélèvements, et les 16 nées de mères androgénisées recommencent après des injections d'anticorps anti-AMH ou de solution témoin. Les 25 mères sont tuées après l'agnelage, ainsi que 16 agneaux et ces 16 agnelles, pour analyser leurs tissus. Le texte ne dit rien du sort des 4 autres agneaux mâles, nés de mères androgénisées.
Objectifs
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la cause la plus fréquente d'infertilité féminine (8 à 13 % des femmes en âge de procréer dans le monde). Les critères du diagnostic du SOPK sont basés sur au moins deux des trois caractéristiques suivantes : 1/ irrégularité ou absence des règles, 2/ un taux élevé d’hormones masculines dans le sang, et 3/ ovaires renfermant de nombreux kystes folliculaires de 2 à 6 mm. La plupart des patientes atteintes de SOPK présentent également des taux d'hormone AMH (anti-müllérienne) et LH (hormone lutéinisante) élevés. De plus, ce trouble est généralement associé à une résistance à l'insuline, de l’obésité, des taux de cholestérol élevés et une hypertension artérielle. Il est important de noter que la plupart des caractéristiques du SOPK sont transmises aux filles des femmes atteintes de ce syndrome, puisque 60 à 70 % de leurs filles développent ce syndrome. Malgré le nombre de femmes touchées par ce trouble, les causes du SOPK restent incomprises. Parmi les facteurs impliqués dans le SOPK, les androgènes, et l'AMH ont été reconnus comme jouant un rôle central. L'hypothèse actuelle est que l’excès d'androgènes ou d'hormones sexuelles masculines durant la grossesse pourrait entraîner des modifications au niveau de l’activité ovarienne et la sécrétion de certaines, ce qui entraînerait le développement du SOPK à l'âge adulte. Notre projet qui se déroulera dans 2 établissements utilisateurs (EU1 et EU2) a pour objectif de tester si un anticorps dirigé contre l’AMH peut supprimer les défauts d'ovulation observés dans un modèle de brebis ayant reçu un excès d'androgènes mimant le SOPK chez la femme. En effet, la brebis est une espèce proche de la femme en terme de développement ovarien. Nous étudierons également chez la mère et chez ses descendants mâles les conséquences d’un taux élevé d’hormones masculines au niveau des tissus périphériques et reproducteurs.
Bénéfices attendus
Notre étude permettra de constituer un corpus de données visant à évaluer si un anticorps anti-AMH est un bon candidat pour des essais ultérieurs chez l'humain, en l'occurence chez la femme développant un syndrome des ovaires polykystiques. Elle permettra aussi de mieux comprendre les effets moléculaires de la testostérone chez la femme et les conséquences chez la descendance mâle.
Procédures
Pour les 40 brebis adultes : 1 prise de sang (PS) intra-veineuse (IV) (jugulaire) sera réalisé à 18 jours après la saillie. Pour les 25 brebis gestantes sélectionnées : 8 Injections intra musculaire (IM) sur 18 semaines. 4 PS IV (jugulaire) pendant la gestation. Pour tous les descendants mâles (n=20) : 14 Prises de sang par IV (jugulaire) de la naissance jusqu'à 24 semaines. Pour tous les descendants femelles (n=20) : 14 PS par IV (jugulaire) de la naissance jusqu'à 24 semaines. Autour de la puberté, 6 PS par IV (jugulaire) sur 3 semaines. 1 anesthésie générale pour 1 passage à l’IRM à la puberté. Pose de cathéter à la puberté sous anesthésie local. 36 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 2 Injections par cathéter jugulaire. 12 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 16 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. Pour les femelles pubères issues des mères androgénisées (n=16) : 18 Prises de sang sur 9 semaines. 4 injections intra veineuse (jugulaire). 1 anesthesie genérale pour un passage à l’IRM après l’injection de l’anticorps. 1 pose de cathéter après le passage à l’IRM sous anesthesie local. 36 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 2 Injections par cathéter jugulaire. 12 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 16 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. Le projet se déroulera dans 2 établissements utilisateurs (EU1 et EU2). Dans l'EU1 seront effectuées toutes les expérimentations sauf l'anesthésie générale et le passage à l'IRM qui seront réalisés dans l'EU2.
Impact sur les animaux
Les différentes prises de sang peuvent engendrer une légère douleur ainsi qu’un hématome au niveau du site de prélèvement, les differentes injections peuvent également engendrer une légère douleur au niveau du site d’injection. De plus, la contention pour ces différents actes peut stresser les animaux. La pose des cathéters jugulaires peut entraîner des douleurs au point d'injection. Pour les animaux traités, il existe un risque d’apparition de kystes et d’anomalies de la vessie (observés par IRM). Il peut arriver mais trés rarement des signes extérieurs associés à une douleur comme une dérivation urinaire entre les cuisses qui peut entrainer des brûlures. Les nuisances en lien avec l’anesthésie de l’IRM sont une irritation des voies respiratoires lors de l’intubation et l’extubation, un possible hématome lors l’intraveineuse et un potentiel stress lors des manipulations.
Devenir
Pour la procédure 1: sur les 40 brebis saillies, 25 seront utilisées, les 15 brebis non selectionnées retourneront à l'élevage. Les 25 brebis sont nécessaires afin d'obtenir suffisamment de descendants femelles pour tester l'effet de l'injection d'anticorps . Une fois l'agnelage effectué, les 20 brebis androgénisées et les 5 témoins seront euthanisées afin de récupérer les tissus périphériques et reproducteurs pour une analyse moléculaire. Pour la procédure 2: sur les 40 descendants, 4 descendants femelles issues des mères témoin pourront retourner sur l'élevage. Ainsi, seront euthanasiés 12 descendants mâles issus des mères androgénisées et 4 descendants mâles issus des mères témoin mais aussi 16 descendants femelles injectés soit avec l'anticorps (n=8) ou avec une solution témoin (n=8) afin de pouvoir mener une étude moléculaire sur les tissus périphériques et reproducteurs.
Remplacement
Nous ne pouvons tester les anticorps que sur un organisme entier. Aujourd’hui, aucune approche in vitro ou in silico ne peut rendre compte de la complexité de ce qui se passe dans un organisme entier. D'autre part, il a été démontré dans la littérature que la brebis androgénisée est un bon modèle syndrome d'ovaires polykystiques chez la femme.
Réduction
Nous allons utiliser 25 brebis gestantes, 20 (16+4) agneaux mâles et 20 (16+4) agneaux femelles jusqu’à la puberté. Ce nombre a été estimé en utilisant un test de comparaison de deux moyennes (nombre de follicules antraux) dans chaque groupe. Avec des lots de 8 descendants femelles issues de mères androgénisées cela donne une puissance tout à fait satisfaisante. Afin d’avoir 16 brebis issues de mères androgènisées, il faut partir d’au moins 20 brebis au départ. Afin de vérifier que le traitement de testostérone fonctionne, nous suivrons également 5 brebis qui seront non traitées, et leurs descendants.
Raffinement
Les animaux seront gardés en groupes sociaux stables tout au long de l’expérimentation. Pour limiter les tress lié à la manipulation, Ils seront visités tous les jours avec contact direct ou non (sans réalisation de procédure), permettant l'habituation de l'animal à l'expérimentateur et un suivi du bien-être des animaux. Nous récompenserons les animaux après chaque session de prises de sang en distribuant du concentré à l’auge. Lors de la pose des cathéters, le comportement et l'apparence des brebis (notamment au niveau de l’implantation du cathéter) sera suivi avec attention. Les animaux seront maintenus en cage individuelle le temps des prélèvements, mais auront tout de même un contact visuel et olfactif avec leurs congénéères. Avant toute injection intramusculaire ou intraveineuse, une application de gel antalgique sera réalisée. Les deux veines jugulaires seront utilisées en alternance pour limiter le risque d’hématome. Les animaux seront mis à jeun 12 heures avant l’anesthésie pour le passage à l’IRM, afin de limiter tout risque de régurgitation. Les brebis seront maintenues sous O2 à la fin de chaque anesthésie pour améliorer la qualité et la rapidité du réveil. Dès que l’animal présentera les premiers signes de déglutition ou de clignement des paupières, il sera extubé. Le transport des animaux de l'EU1 vers l'EU2 avant l'opération et leur retour de l'EU2 vers l'EU1 sera réalisé par un technicien formé et expérimenté dans une bétaillère agréée pour le transport d'animaux vivants. Le trajet est très court (moins de 5 minutes) et la bétaillère sera abondamment remplie de paille.
Choix des espèces
Afin de pouvoir mimer le SOPK chez la femme nous souhaitons utiliser des brebis gestantes pour plusieurs raisons : 1. contrairement aux rongeurs, la brebis présente l'avantage d'avoir un développement ovarien similaire à la femme. 2. De plus, ce modèle a déjà été validé dans nos unités. - 40 brebis saillies seront utilisées pour la détection de 25 brebis gestantes qui rentreront dans la procédure. Cet effectif doit permettre d'assurer la production de descendants assez conséquente pour poursuivre nos travaux. - 20 descendants mâles seront étudiés de la naissance (J0) à la puberté (J168). - 20 descendants femelles seront étudiées de la naissance (J0) à la puberté (J168). - 16 femelles pubertes sur les 20 entreront dans la 2ème phase de l’expérimentation (de J168 jusqu’à J235).
sauvegarde de la fertilité des équidés
- Conservation des espèces
Renvoyées à l'élevage à la fin de chaque procédure, 40 juments et ânesses vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune subit cinq inséminations intra-utérines et cinq séances d'imagerie par an pendant deux ans, chaque imagerie étant accompagnée d'une injection intramusculaire de prostaglandine. S'y ajoutent 64 prises de sang à la veine jugulaire par femelle et par an, le porteur prévoyant un traitement en cas de phlébite, avec œdème et raideur de l'encolure. Le projet vise à conserver la semence d'âne assez longtemps pour inséminer les femelles d'une race dont il reste moins de dix mâles reproducteurs. Ces 64 prélèvements annuels ne sont rapportés à aucun calcul, quand le porteur détaille par ailleurs comment il a divisé par deux le nombre d'animaux.
Objectifs
L'âne domestique est une espèce dont les effectifs sont en constante diminution, au point de mettre en péril certaines races locales. Les effectifs de certaines races ont atteint des seuils critiques qui ont justifié le stockage pérenne de semence congelée d'âne dans une cryobanque nationale. Il apparait cependant que cette semence congelée a une fertilité très faible (13 % de réussite), ce qui ne permet pas de produire des animaux en nombres suffisants pour assurer le renouvellement de l'espèce. L'insémination d'ânesses avec de la semence conservée sous forme liquide à 4°C (dans des conteneurs réfrigérés adaptés comme cela existe pour la semence équine) pourrait être une alternative à ce problème d'infertilité avec semence congelée. Toutefois la rareté des animaux entraine leur dispersion sur le territoire national et cela nécessite une distribution de la semence sur de grandes distances pour atteindre les élevages et les femelles à inséminer. La population de l'âne de race Grand Noir du Berry s'étend jusqu'en Belgique et au Luxembourg sans connexion entre les élevages. Le nombre extrêmement faible de baudets en activité de reproduction (moins de 10 individus) et leur dispersion géographique pose problème à la survie de la race. Le délai actuel d'utilisation de la semence d'âne, limité à quelques heures après la collecte de la semence sous peine de chute de fertilité, est un frein important à cette diffusion du patrimoine génétique. Etant donné les effectifs très réduits au niveau de chaque région, ceci augmente la consanguinité donc accélère la disparition de la race par baisse de fertilité et apparition d'anormalités génétiques. Il est donc nécessaire de trouver de nouvelles méthodes de conservation et d'insémination de la semence d'âne pour assurer une fertilité suffisante pour préserver la race Grand Noir du Berry. Ce projet a pour objectifs : - concevoir des méthodes de conservation et congélation de la semence mieux adaptées à l'âne par l'utilisation de milieux enrichis en antioxydants naturels d'origine végétale, - optimiser la fertilité par insémination dite profonde, c'est à dire par dépôt de la semence congelée/conservée dans l'extrémité de la corne utérine. Etant donnée le nombre limité d'ânes disponibles , l'espèce équine sera également utilisée dans ce projet comme espèce de comparaison avec l'espèce asine, en particulier pour la conservation / congelation et l'imagerie in vivo.
Bénéfices attendus
Le projet vise à la mise au point d'une méthode de conservation / insémination de la semence pour améliorer la fertilité de l'âne et contribuer à la sauvegarde de races asines en péril. L'objectif est d'aboutir à un protocole technique recommandé pour une fertilité optimale. Outre l’aspect bénéfique pour notre étude, les résultats permettront d’enrichir les données obtenues précédemment chez la jument ainsi que la bibliographie sur la physiologie endocrinienne de la gestation chez l’ânesse. Pour se faire, nous souhaitons réaliser des dosages de progestérone (et autres) sur 20 femelles adultes et cycliques, à raison de 8 cycles par an sur 3 ans. Ce dispositif nous permettra d’effectuer les dosages sur l’ensemble des ânesses sachant que certaines sont mises à disposition de l’INRAE pour une durée plus ou moins longue selon les partenaires du projet (quelques mois à plusieurs années). L’idée de ce travail est de pouvoir mettre au point une technique permettant les dosages de progestérone en routine non invasif. Grâce aux tests salivaires, l’éleveur pourra éviter les prises de sang pour les tests de cyclicité ou de gestation et réaliser lui-même les prélèvements de salive, ce qui d’un point de vue éthique permettra de diminuer les actes douloureux en élevage, les contacts anxiogènes avec l’humain…
Procédures
Les animaux seront soumis à une insémination intra-utérine et une imagerie in vivo au rythme de 5 interventions par an pendant 2 ans ainsi qu'à une injection intramusculaire de prostaglandine par acte d'imagerie. L'acte d'insemination prend en moyenne 5mm, l'imagerie dure en moyenne 8mm et l'acte d'injection de prostanglandine dure 1 seconde. Le total des actes seront repetés 10 fois en 2 ans. Les anesses seront soumises à des prises de sang au niveau de la veine jugulaire. Cet acte se deroule en 1minute, et nécessite 64 interventions de ce type par femelle et par an.
Impact sur les animaux
La contention/manipulation peut engendrer du stress pour l’animal et une injection en intramusculaire (prostaglandine) peut entrainer une douleur au site d’injection. Dans le cas éventuel de stress liés à la manipulation, une légère sédation peut être envisagée (Sedivet 1ml à 10 mg/ ml). Lors des prises de sang, les animaux peuvent ressentir une douleur légère et de courte durée n’entrainant pas de trouble de l’état général
Devenir
Tous les animaux retournent en élevage à la fin de chaque procédure car tous les gestes effectués sont réalisés par des techniciens expérimentés et sont régulierement utilisés en élevage equin.
Remplacement
Le transit des spermatozoïdes est le résultat de la mobilité des spermatozoïdes et des contractions des différents compartiments du tractus génital femelle. Il n’existe pas de méthode ou d’outil permettant simuler le transit des spermatozoïdes dans le tractus génital femelle. Les concentrations hormonales dans le sang et la salive ne peuvent pas être étudiées in vitro et nécessitent des prélèvements sur les animaux.
Réduction
Les effectifs des lots d'animaux ont été calculés afin d'obtenir des résultats statistiquement significatifs avec un nombre minimum d'animaux. En particulier, nous avons mis au point un protocole de double coloration de la semence qui permet d'imager et de comparer une condition contrôle et une condition traitée chez la meme femelle. Ainsi nous divisons par 2 le nombre d'animaux nécessaires et nous augmentons tres fortement la puissance de l'analyse statistique car chaque animal est son propre contrôle. Nous utiliserons des tests de comparaison non paramétrique pour mesures appariées pour comparer le nombre de spermatozoïdes dans chaque compartiment du tractus génital femelle (vagin, cervix, corps utérin, bas de corne utérine, haut de corne utérine). Nous analyserons les paramètres quantitifs de la mobilité des spermatozoïdes dans chacune des régions (% de spermatozoïdes mobiles et progressifs, vitesse de déplacement).
Raffinement
Notre procédure sera raffinée, minimisant les interventions. Les juments/ânesses seront logées en bâtiment conventionnel sur aire paillée avec accès au pâturage, en visibilité et contact des congénères pour rendre le plus agréable possible leur environnement expérimental pendant toute la durée du projet. Les animaux voient plusieurs fois par jours les animaliers et les expérimentateurs qui surveillent attentivement leur comportement. L’enrichissement du milieu est assuré par des brosses, des jeux, des bouts de bois à ronger. Les animaliers ont suivi une formation à la manipulation éthologique des animaux : les animaux sont habitués aux différentes procédures et les vivent sans stress. Les animaux recevront une récompense (pomme, carotte) après chaque acte d 'imagerie. Afin de limiter la douleur et le stress, les prélèvements sanguins seront réalisés par des opérateurs expérimentés selon un mode opératoire réfléchi et clairement décrit. De plus, le personnel de l’unité expérimentale a suivi une formation pour comprendre la perception du cheval et apprendre les méthodes pour l’approcher et le manipuler sans induire de stress ou de peur. La zone sera désensibilisée par l’utilisation d’une bombe d’air froid quelques secondes avant l’introduction de l’aiguille. Une récompense alimentaire est également envisagée (poignée d’avoine). Aucune sédation n’est envisagée pour cette procédure. Néanmoins, tout individu présentant des signes de stress ou des signes d’inconfort sera retiré du protocole. Si des signes de phlébite apparaissent dans les 12 à 24 heures après la prise de sang (chaleur, douleur à la palpation, œdème diffus, raideur de l’encolure), l’animal sera immédiatement pris en charge. Un examen échographique de la veine jugulaire sera pratiqué avec une sonde linéaire. L'application d’une crème à base d'antibiotiques et d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sera appliquée pour réduire l'œdème, la douleur et le risque d'infection. Des pommades à base d'héparine seront également utilisées.
Choix des espèces
Le projet porte sur la sauvegarde de l’âne. Les animaux , juments et anesses, seront adultes et cycliques.
Restauration de l’odorat par implant olfactif chez la brebis anosmique site 4-4
- Recherche appliquée
- Troubles sensoriels
- Recherche fondamentale
- Organes sensoriels
20 brebis vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue, l'anosmie leur étant provoquée au cours du projet. Dix d'entre elles subissent une chirurgie de deux heures pour la pose d'une électrode dans les bulbes olfactifs, un test de stimulation de trente minutes sur animal vigile et une IRM fonctionnelle d'une heure sous anesthésie. Les dix autres passent vingt séances d'entraînement à associer une odeur à une récompense, puis trois interventions chirurgicales, et portent une muselière rotative sur laquelle est fixée la partie externe de l'implant. Le porteur décrit des essais menés en laboratoire, un capteur de gaz exposé à un flux d'air odorant et une stimulation électrique enregistrée dans un verre d'eau, puis conclut que le recours aux animaux est "irremplaçable" pour évaluer la tolérance et l'efficacité du dispositif.
Objectifs
L’anosmie est une perte totale et irréversible de l’odorat. Les données épidémiologiques estiment que 10 à 15% de la population mondiale souffre d’une altération de l’odorat, et que 5% de la population mondiale est totalement anosmique. C’est un symptôme fréquent de la Covid-19, mais qui survient aussi après d’autres infections virales, ou après un traumatisme, ou qui peut être lié à des maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer) ou à des tumeurs cérébrales. La plupart des anosmies sont liées à un déficit de détection des odeurs dans la cavité nasale au niveau de l’épithélium olfactif, qui a tendance à dégénérer pendant le vieillissement et dont la fonction peut être altérée dans le cas d’infections. A terme l’anosmie altère le plaisir de manger, entraîne une perte d’appétit et de poids et réduit également la capacité à détecter des dangers. Elle affecte l’humeur, la santé, le travail et le bien-être. Elle est fréquemment associée à une détérioration de la qualité de vie perturbant la relation des patients à eux-mêmes et aux autres, menant très souvent à la dépression. Et il n'existe à ce jour aucun traitement pour corriger l’anosmie. Dans la plupart des cas d’anosmie, la première structure cérébrale recevant les informations olfactives, localisée au niveau des bulbes olfactifs (BO), reste fonctionnelle. La solution thérapeutique que nous proposons, consiste en un implant olfactif combinant un nez électronique (capteur olfactif externe) et un réseau d’électrodes, placé au niveau des bulbes olfactifs pour une stimulation électrique directe mimant l’information olfactive qui arrive au niveau du système nerveux central lorsque le système olfactif est fonctionnel. L’implant olfactif est une solution prometteuse pour les patients anosmiques. Notre objectif est de développer un implant qui serait à l’olfaction ce que l’implant cochléaire est à l’audition. Une étude pré-clinique sur l’animal est un prérequis indispensable avant d’envisager une implantation olfactive chez des patients. Ce projet consiste donc à fournir une preuve de la faisabilité chez le mouton, choisi pour ses similitudes d’organisation et de taille du système olfactif par rapport à l’humain. Pour la première fois, des tests de stimulations et de comportements olfactifs générés via un implant seront réalisés sur un animal éveillé. Ce projet se déroulera dans 4 établissements utilisateurs qui y collaborent.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour ambition de développer un implant olfactif qui aidera les patients anosmiques à retrouver des sensations olfactives, et d’apporter la preuve que cette stratégie produirait effectivement des sensations reconnues comme des odeurs. Ce projet constitue une étape clé dans l'amélioration de la qualité de vie et de la sécurité de nombreux patients anosmiques qui ne récupèrent pas leurs sensations olfactives. L’impact médical attendu est la réduction des complications associés à l'anosmie (malnutrition, dépression, accidents domestiques). En outre, les modèles animaux d'anosmie montrent qu'en l'absence d'apport olfactif, les signaux nerveux liés à la respiration (et aux émotions) disparaissent. Nous souhaitons développer un nez électronique capable de rétablir à la fois la détection des odeurs la perception des saveurs et l’apport respiratoire dans le bulbe olfactif imitant la détection naturelle du flux respiratoire par les neurones olfactifs. Cette restauration aurait un impact thérapeutique sur les états dépressifs, apportant un réel bénéfice aux patients anosmiques. Le projet permettra d’évaluer une approche chirurgicale originale pour la stimulation électrique du cerveau qui pourrait en outre promouvoir la régénération des neurones olfactifs. Cela pourrait aider les patients souffrant d'un dysfonctionnement olfactif, comme lors de maladies neurodégénératives (Alzheimer, accidents vasculaires cérébraux). L’impact scientifique attendu est une meilleure compréhension de l’interprétation des odeurs par le cerveau.
Procédures
10 animaux seront soumis à : • 1 intervention chirurgicale, sous anesthésie générale et analgésie pour la pose de l’électrode de stimulation, d’une durée totale estimée à 2 heures (EU2). • 1 test de stimulation du bulbe olfactif, sur animal vigile, d’une durée de 30 minutes (EU1). • 1 IRM fonctionnelle par stimulation du bulbe olfactif, sous anesthésie générale, d’une durée de 1 heure (EU3). • 1 euthanasie (EU4) .10 animaux seront soumis à : • 20 sessions d’entraînement à l’association d’odeur à une récompense de quelques minutes en tout, reparties pendant 4 à 8 semaines (EU1). • 1 intervention chirurgicale, sous anesthésie générale et analgésie, d’une durée totale estimée à 2 heures (EU2). • 2 interventions chirurgicales, sous anesthésie générale et analgésie, d’une durée de 1H chacune (EU2). • 1 euthanasie (EU1)
Impact sur les animaux
Après les différentes interventions chirurgicales, les animaux sont susceptibles de ressentir des douleurs post-opératoires, d’avoir un léger saignement de nez, une fuite de liquide céphalo-rachidien ou une infection. Ces risques sont considérés comme très limités étant donné les précautions chirurgicales appliquées pour toutes les interventions. Les différentes injections (analgésie, anesthésie, antalgie, antibiotiques...) réalisées au cours du projet, peuvent provoquer un léger stress lié à la manipulation de l’animal et une légère douleur liée à la piqure. Un inconfort dû aux pansements peut être également ressenti pour certains animaux au début de la phase de récupération (2 ou 3 jours), ainsi que lors du changement de ces pansements (10 minutes au maximum). Lors du test de stimulation du bulbe olfactif, les animaux seront placés individuellement dans une case de dimensions réduites, à proximité des autres brebis, ce qui peut générer un léger stress. Les entrainements au test olfactif et la manipulation des animaux peuvent entrainer du stress ou de la frustration en cas d’échec au test pour certaines brebis au début de l’entrainement. La mise en place d’une muselière rotative permettant donc de s’alimenter normalement et sur laquelle sera fixée la partie externe de l’implant olfactif des brebis, va probablement demander un temps d’adaptation aux animaux, donc un léger stress de quelques jours.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés pour des prélèvements de tissus post-mortem : les deux bulbes olfactifs de chaque brebis, ainsi que des biopsies d’épithélium olfactif, seront réalisées sur tous les animaux afin d’évaluer, par analyses histologiques et biochimiques, la réaction inflammatoire et la perte neuronale au sein de ces tissus.
Remplacement
Le développement et le test de l’implant olfactif seront réalisés avant tout démarrage de l’expérimentation animale. Ainsi, plusieurs tests se feront en laboratoire par les ingénieurs, sans recourir à l’animal. Le nez électronique sera ainsi exposé à une simulation de flux inspiratoire amenant l’odeur test sur le capteur de gaz. La stimulation électrique découlant de la détection de l’odeur sera quant à elle effectuée dans un milieu conducteur (verre d’eau) afin d’enregistrer la réponse électrique à la stimulation olfactive. Le but ultime de ce projet étant de développer un implant olfactif, le recours aux animaux est irremplaçable afin d’évaluer la tolérance et l'efficacité du dispositif.
Réduction
Les techniques chirurgicales ont été raffinées en amont sur le modèle animal de ce projet lors de dissections post-mortem de 5 brebis destinées à la réforme, ce qui permet de réduire le nombre d’animaux nécessaires à la mise au point de la technique. Le nombre de brebis choisis (20) a été défini sur la base des résultats obtenus sur des protocoles similaires sur brebis, qui ont montré qu’un tel effectif était nécessaire et suffisant pour mettre en évidence des différences statistiquement significatives lors des tests de comportement. Trois stratégies permettent de réduire le nombre d’animaux utilisés dans ce projet : i) La combinaison successive des différentes approches (chirurgie, électrophysiologie, imagerie par IRM fonctionnelle, comportement) sur les mêmes animaux ; ii) l’utilisation des animaux comme leur propre contrôle, avant et après induction de l’anosmie, avant et après entraînement comportemental olfactif ; iii) la comparaison entre les deux bulbes olfactifs d’un même animal (côté implanté, versus côté non-implanté).
Raffinement
Les brebis seront hébergées en groupe pour conserver les relations sociales, s’acclimater à leurs différents environnements, avec surveillance accrue du personnel, conditions d’élevage optimisées (boisson, nourriture ad libitum, litière), enrichissements de milieu (brosses, ballons, mobiles suspendus, pierres à sel) et manipulations régulières pour les habituer aux interactions humaines et aux tests comportementaux. Les brebis soumises à des tests de stimulation électrique du bulbe olfactif ou sélectionnées pour les tests comportementaux olfactifs ne seront jamais placées en situation d’isolement. En fonction des besoins (situation post-opératoire, soins, tests, …) les animaux seront placés temporairement dans des loges d’hébergement individuelles, simplement séparés des autres par une barrière à clairevoies qui limite la taille de la loge, mais les laissent au contact visuel, olfactif, et auditif de leurs congénères. Les animaux sont habitués à ce genre de cloisonnement nécessité par certains soins (parage, prélèvements, échographies, …). Les chirurgies seront réalisées sous anesthésie générale avec une gestion adaptée de la douleur et du risque infectieux ; suivi de la température ; tapis chauffant, réveil en cage individuelle, sous lampes infrarouge pour limiter l’hypothermie ; enrichissement de milieu, contact visuel et olfactif avec leurs congénères. La surveillance post-opératoire implique un traitement analgésique systématique et antibiotique si nécessaire. Nous utiliserons une grille d’évaluation de la douleur basée sur les mimiques faciales. S’il y avait des complications sévères, sans alternative thérapeutique, les brebis concernées seraient euthanasiées. D’une manière générale, si une brebis montre des signes d’inconfort (prostration, manque d’appétit, arrêt des relations sociales animal/animal, soigneur/animal), un vétérinaire sera consulté et son avis sera suivi (traitements, sortie du protocole pour une situation extrême). Tous les transports/transferts des animaux entre les différents sites se feront en bétaillère agrée, paillée et toujours en groupe pour limiter le léger stress lié au transport. Des points limites seront appliqués, au-delà desquels les animaux seront temporairement ou définitivement sortis de la procédure.
Choix des espèces
Les ovins ont été choisis car c’est une espèce dont l’organisation de la cavité nasale et les dimensions du bulbe olfactif sont quasi-similaires à celles de l’humain. Des brebis de 12 à 18 mois, c’est-à-dire ayant achevé leur puberté, et avant l’apparition d’une épaisseur d’os crânien trop importante, de manière à permettre des chirurgies plus aisées et rapides, pour une meilleure récupération des animaux.
Etude de la prévalence et de l’impact des endométrites subcliniques dans 3 races bovines françaises et recherche de biomarqueurs.
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
Pour mesurer la fréquence des inflammations utérines sans symptôme dans trois races bovines françaises, 900 vaches sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune subit une prise de sang à la veine caudale et deux prélèvements intra-utérins pour frottis, entre le trentième et le quarantième jour après le vêlage puis juste avant la première insémination. Les vaches restent dans les élevages commerciaux où elles vivent et sont gardées vivantes à l'issue du projet, sauf avis contraire du vétérinaire ou de l'éleveur. Le porteur annonce la constitution d'une biobanque "indispensable" et le développement de services de conseil et de génétique auprès des éleveurs.
Objectifs
La santé de l’utérus est un facteur limitant majeur de la fertilité bovine. Après vêlage, le tractus génital est systématiquement colonisé par des bactéries qui provoquent une inflammation utérine systématique et physiologique. Mais cette inflammation initiale est normalement jugulée par la vache. Une inflammation intra-utérine résiduelle est encore présente 21 jours après le vêlage mais à partir de 45 jours elle doit être totalement éteinte. Chez environ 25% des vaches, cette inflammation utérine est encore trop intense à J21 et/ou persiste au-delà de J45, elle est alors pathologique et on parle d’endométrite. Or, si 60% des endométrites se manifestent par un écoulement vaginal purulent facile à mettre en évidence, près de 40% des endométrites ne déclenchent aucun symptôme autre que l’infertilité. Ces formes subcliniques ne sont pas diagnostiquées sur le terrain à l’heure actuelle car la seule technique diagnostique disponible est un acte technique et chronophage consistant en un prélèvement intra-utérin suivi de la réalisation, coloration et lecture d’un frottis endométrial sous microscope. La définition de seuils définissant un frottis pathologique (proportion de neutrophiles sur le frottis) a fait l’objet de publications, majoritairement étrangères et en race Prim’Holstein, sans arriver à un consensus précis du fait de facteurs de variation entre études (population concernée, délai post-partum, méthode de prélèvement et de comptage,…). Néanmoins, dans cette race, tous les résultats s’accordent sur une prévalence élevée (en moyenne 1 vache laitière sur 4) et sur l’importance de l’impact sur la fertilité (- 25 points de réussite à l'insémination animale) et la fécondité (allongement de l’intervalle vêlage-IA fécondante de 26 à 88 jours). Très peu d’études scientifiques ont été réalisées dans un contexte français, dans d’autres races laitières ou encore dans des races allaitantes.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’acquérir des connaissances consolidées sur les endométrites subcliniques dans un contexte français et d’identifier les approches analytiques les plus prometteuses pour faciliter leur détection. Ce projet permettra également de constituer une biobanque d’échantillons indispensable à la validation des acquis du projet et au développement, in fine, des services en matière de conseil et de génétique auprès des éleveurs.
Procédures
Les 900 vaches hébergées en fermes commerciales seront soumises à un prélèvement sanguin de faible volume à la veine caudale entre le 30ème et le 40ème jour suivant le vêlage ainsi qu'à deux examens cytologiques pour la réalisation d'un frottis endométrial entre le 30ème et le 40ème jour suivant le vêlage et juste avant la première insémination. Dans les deux cas, les interventions sont de courte durée (inférieure à 5 minutes).
Impact sur les animaux
Les prélèvements sanguins, même si ils peuvent générer du stress de façon transitoire, ne devraient pas conduirent à des nuisances importantes (hématome de façon exceptionnelle) pour les animaux puisque ceux-ci sont peu nombreux et de faible volume. De ce fait, le projet présenté n'est susceptible d'engendrer qu'un stress ou une douleur légère et très ponctuelle chez les animaux.
Devenir
Les interventions réalisées sur les animaux étant assimilées à des procédures d'élevage classiques qui n'induiront, à priori, que peu de nuisances, toutes les vaches seront normalement gardées en vie à la fin de ce projet sauf avis contraire du vétérinaire sanitaire des élevages concernés et des éleveurs impliqués. Les vaches impliquées seront conservées dans leur exploitation d'origine.
Remplacement
A notre connaissance, il n'existe aucune alternative non aminale pour étudier la prévalence des endométrites subcliniques et identifier des biomarqueurs de cette maladie dans les 3 races bovines visées. De ce fait, le recours à l'animal est nécessaire pour atteindre les objectifs visés dans le projet.
Réduction
Au total, 900 femelles seront utilisées dans ce projet. Compte-tenu des données présentes dans la littérature scientifique, ces effectifs permettront d’obtenir à minima 75 vaches « malades » pour chacune des 3 races étudiées. Ces effectifs représentent le minimum nécessaire pour avoir une bonne vision de la prévalence et de l’impact de la pathologie dans ces populations. L’utilisation de vaches en fermes non expérimentales dans le cadre d’une activité commerciale permet également de ne pas utiliser ces animaux uniquement à des fins expérimentales.
Raffinement
Les prélèvements seront effectués par des techniciens formés à la réalisation des actes (prélèvements endométriaux et sanguins) sur des femelles immobilisées à l’aide de moyens contention adaptés. Toutes les précautions seront prises lors de ces prélèvements. Les vaches n’étant pas hébergées en fermes expérimentales, l'établissement agrée s'assurera dans la mesure du possible des conditions d'hébergement et de soins optimales de ces animaux. Un suivi quotidien des animaux sera assuré les éleveurs.
Choix des espèces
Compte-tenu de l’objectif même de l’étude, aucune autre espèce animale ne peut être choisie. Les animaux utilisés dans ce projet seront des vaches de parité différentes (primipares, multipares) car elles représentent la population cible pour cette pathologie. En effet, même si la présence d’endométrites subcliniques a été documentée chez les génisses, la prévalence est moindre que sur les vaches.