
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-437369)
Renvoyées à l’élevage à la fin de chaque procédure, 40 juments et ânesses vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune subit cinq inséminations intra-utérines et cinq séances d’imagerie par an pendant deux ans, chaque imagerie étant accompagnée d’une injection intramusculaire de prostaglandine. S’y ajoutent 64 prises de sang à la veine jugulaire par femelle et par an, le porteur prévoyant un traitement en cas de phlébite, avec œdème et raideur de l’encolure. Le projet vise à conserver la semence d’âne assez longtemps pour inséminer les femelles d’une race dont il reste moins de dix mâles reproducteurs. Ces 64 prélèvements annuels ne sont rapportés à aucun calcul, quand le porteur détaille par ailleurs comment il a divisé par deux le nombre d’animaux.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’âne domestique est une espèce dont les effectifs sont en constante diminution, au point de mettre en péril certaines races locales. Les effectifs de certaines races ont atteint des seuils critiques qui ont justifié le stockage pérenne de semence congelée d’âne dans une cryobanque nationale. Il apparait cependant que cette semence congelée a une fertilité très faible (13 % de réussite), ce qui ne permet pas de produire des animaux en nombres suffisants pour assurer le renouvellement de l’espèce. L’insémination d’ânesses avec de la semence conservée sous forme liquide à 4°C (dans des conteneurs réfrigérés adaptés comme cela existe pour la semence équine) pourrait être une alternative à ce problème d’infertilité avec semence congelée. Toutefois la rareté des animaux entraine leur dispersion sur le territoire national et cela nécessite une distribution de la semence sur de grandes distances pour atteindre les élevages et les femelles à inséminer. La population de l’âne de race Grand Noir du Berry s’étend jusqu’en Belgique et au Luxembourg sans connexion entre les élevages. Le nombre extrêmement faible de baudets en activité de reproduction (moins de 10 individus) et leur dispersion géographique pose problème à la survie de la race. Le délai actuel d’utilisation de la semence d’âne, limité à quelques heures après la collecte de la semence sous peine de chute de fertilité, est un frein important à cette diffusion du patrimoine génétique. Etant donné les effectifs très réduits au niveau de chaque région, ceci augmente la consanguinité donc accélère la disparition de la race par baisse de fertilité et apparition d’anormalités génétiques. Il est donc nécessaire de trouver de nouvelles méthodes de conservation et d’insémination de la semence d’âne pour assurer une fertilité suffisante pour préserver la race Grand Noir du Berry. Ce projet a pour objectifs : – concevoir des méthodes de conservation et congélation de la semence mieux adaptées à l’âne par l’utilisation de milieux enrichis en antioxydants naturels d’origine végétale, – optimiser la fertilité par insémination dite profonde, c’est à dire par dépôt de la semence congelée/conservée dans l’extrémité de la corne utérine. Etant donnée le nombre limité d’ânes disponibles , l’espèce équine sera également utilisée dans ce projet comme espèce de comparaison avec l’espèce asine, en particulier pour la conservation / congelation et l’imagerie in vivo.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet vise à la mise au point d’une méthode de conservation / insémination de la semence pour améliorer la fertilité de l’âne et contribuer à la sauvegarde de races asines en péril. L’objectif est d’aboutir à un protocole technique recommandé pour une fertilité optimale. Outre l’aspect bénéfique pour notre étude, les résultats permettront d’enrichir les données obtenues précédemment chez la jument ainsi que la bibliographie sur la physiologie endocrinienne de la gestation chez l’ânesse. Pour se faire, nous souhaitons réaliser des dosages de progestérone (et autres) sur 20 femelles adultes et cycliques, à raison de 8 cycles par an sur 3 ans. Ce dispositif nous permettra d’effectuer les dosages sur l’ensemble des ânesses sachant que certaines sont mises à disposition de l’INRAE pour une durée plus ou moins longue selon les partenaires du projet (quelques mois à plusieurs années). L’idée de ce travail est de pouvoir mettre au point une technique permettant les dosages de progestérone en routine non invasif. Grâce aux tests salivaires, l’éleveur pourra éviter les prises de sang pour les tests de cyclicité ou de gestation et réaliser lui-même les prélèvements de salive, ce qui d’un point de vue éthique permettra de diminuer les actes douloureux en élevage, les contacts anxiogènes avec l’humain…
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à une insémination intra-utérine et une imagerie in vivo au rythme de 5 interventions par an pendant 2 ans ainsi qu’à une injection intramusculaire de prostaglandine par acte d’imagerie. L’acte d’insemination prend en moyenne 5mm, l’imagerie dure en moyenne 8mm et l’acte d’injection de prostanglandine dure 1 seconde. Le total des actes seront repetés 10 fois en 2 ans. Les anesses seront soumises à des prises de sang au niveau de la veine jugulaire. Cet acte se deroule en 1minute, et nécessite 64 interventions de ce type par femelle et par an.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La contention/manipulation peut engendrer du stress pour l’animal et une injection en intramusculaire (prostaglandine) peut entrainer une douleur au site d’injection. Dans le cas éventuel de stress liés à la manipulation, une légère sédation peut être envisagée (Sedivet 1ml à 10 mg/ ml). Lors des prises de sang, les animaux peuvent ressentir une douleur légère et de courte durée n’entrainant pas de trouble de l’état général
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux retournent en élevage à la fin de chaque procédure car tous les gestes effectués sont réalisés par des techniciens expérimentés et sont régulierement utilisés en élevage equin.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le transit des spermatozoïdes est le résultat de la mobilité des spermatozoïdes et des contractions des différents compartiments du tractus génital femelle. Il n’existe pas de méthode ou d’outil permettant simuler le transit des spermatozoïdes dans le tractus génital femelle. Les concentrations hormonales dans le sang et la salive ne peuvent pas être étudiées in vitro et nécessitent des prélèvements sur les animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effectifs des lots d’animaux ont été calculés afin d’obtenir des résultats statistiquement significatifs avec un nombre minimum d’animaux. En particulier, nous avons mis au point un protocole de double coloration de la semence qui permet d’imager et de comparer une condition contrôle et une condition traitée chez la meme femelle. Ainsi nous divisons par 2 le nombre d’animaux nécessaires et nous augmentons tres fortement la puissance de l’analyse statistique car chaque animal est son propre contrôle. Nous utiliserons des tests de comparaison non paramétrique pour mesures appariées pour comparer le nombre de spermatozoïdes dans chaque compartiment du tractus génital femelle (vagin, cervix, corps utérin, bas de corne utérine, haut de corne utérine). Nous analyserons les paramètres quantitifs de la mobilité des spermatozoïdes dans chacune des régions (% de spermatozoïdes mobiles et progressifs, vitesse de déplacement).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre procédure sera raffinée, minimisant les interventions. Les juments/ânesses seront logées en bâtiment conventionnel sur aire paillée avec accès au pâturage, en visibilité et contact des congénères pour rendre le plus agréable possible leur environnement expérimental pendant toute la durée du projet. Les animaux voient plusieurs fois par jours les animaliers et les expérimentateurs qui surveillent attentivement leur comportement. L’enrichissement du milieu est assuré par des brosses, des jeux, des bouts de bois à ronger. Les animaliers ont suivi une formation à la manipulation éthologique des animaux : les animaux sont habitués aux différentes procédures et les vivent sans stress. Les animaux recevront une récompense (pomme, carotte) après chaque acte d ‘imagerie. Afin de limiter la douleur et le stress, les prélèvements sanguins seront réalisés par des opérateurs expérimentés selon un mode opératoire réfléchi et clairement décrit. De plus, le personnel de l’unité expérimentale a suivi une formation pour comprendre la perception du cheval et apprendre les méthodes pour l’approcher et le manipuler sans induire de stress ou de peur. La zone sera désensibilisée par l’utilisation d’une bombe d’air froid quelques secondes avant l’introduction de l’aiguille. Une récompense alimentaire est également envisagée (poignée d’avoine). Aucune sédation n’est envisagée pour cette procédure. Néanmoins, tout individu présentant des signes de stress ou des signes d’inconfort sera retiré du protocole. Si des signes de phlébite apparaissent dans les 12 à 24 heures après la prise de sang (chaleur, douleur à la palpation, œdème diffus, raideur de l’encolure), l’animal sera immédiatement pris en charge. Un examen échographique de la veine jugulaire sera pratiqué avec une sonde linéaire. L’application d’une crème à base d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sera appliquée pour réduire l’œdème, la douleur et le risque d’infection. Des pommades à base d’héparine seront également utilisées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet porte sur la sauvegarde de l’âne. Les animaux , juments et anesses, seront adultes et cycliques.