Autres poissons
Mesure de la consommation d’oxygène du gobie à tache noire en milieu naturel
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
24 gobies à tache noire, des poissons de rivière, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l'issue par surdose de MS-222. Pêchés à l'hameçon ou à la nasse dans la Saône, ils restent environ 24 heures à jeun en bourriche, puis jusqu'à 24 heures seuls dans une chambre de respirométrie immergée dans la rivière, pour mesurer leur consommation d'oxygène. Le projet cherche à comprendre la tolérance de cette espèce invasive aux variations de température et d'oxygène, avec des retombées pour la gestion des milieux renvoyées "à plus long terme". Le porteur les fait tuer plutôt que relâcher parce que l'espèce est invasive, en invoquant la réglementation.
Objectifs
Les cours d’eau sont des environnements fortement variables dans le temps, en particulier à l’échelle du cycle journalier, avec des fluctuations importantes de température et de disponibilité en oxygène. Ces variations représentent une contrainte majeure pour les organismes aquatiques, car une augmentation de la température accroît les besoins énergétiques tandis qu’une diminution de l’oxygène peut limiter la capacité à satisfaire ces besoins. Dans ce contexte, certaines espèces de poissons semblent particulièrement capables de tolérer ces conditions, notamment le gobie à tache noire (Neogobius melanostomus), une espèce invasive aujourd’hui largement répandue dans les cours d’eau français. Comprendre les mécanismes qui sous-tendent cette capacité de tolérance constitue un enjeu important pour mieux appréhender les dynamiques d’invasion biologique en milieu aquatique. L’objectif général du projet est de quantifier, en conditions naturelles, les performances métaboliques de cette espèce, en mesurant sa consommation d’oxygène directement en rivière, sur un cycle complet de 24 heures. Ces mesures permettront d’estimer le métabolisme minimal et maximal des individus, ainsi que leur capacité à ajuster leur dépense énergétique en fonction des variations naturelles de température et d’oxygène dissous. Plus spécifiquement, le projet vise à : (i) caractériser la variabilité du métabolisme individuel en conditions naturelles fluctuantes ; (ii) analyser la relation entre consommation d’oxygène et conditions environnementales (température, oxygène dissous) ; (iii) identifier dans quelle mesure ces capacités physiologiques peuvent contribuer à la tolérance de cette espèce aux conditions environnementales variables. Ce projet repose sur des mesures réalisées directement en milieu naturel, au plus proche des conditions écologiques rencontrées par les individus, afin de mieux comprendre le fonctionnement physiologique des poissons dans leur environnement réel.
Bénéfices attendus
Ce projet apportera des connaissances nouvelles sur la manière dont une espèce de poisson invasive, le gobie à tache noire (Neogobius melanostomus), ajuste son métabolisme face aux variations naturelles de son environnement. En mesurant directement la consommation d’oxygène des individus en rivière, sur un cycle complet de 24 heures, il permettra de mieux comprendre comment ce poisson répond à des fluctuations rapides de température et d’oxygène dissous, deux facteurs majeurs pour le fonctionnement des organismes aquatiques. Le projet contribuera ainsi à améliorer les connaissances sur les mécanismes physiologiques susceptibles de favoriser la tolérance de cette espèce à des conditions environnementales variables, voire contraignantes. Cette meilleure compréhension est particulièrement pertinente dans le contexte actuel de réchauffement des eaux continentales et d’augmentation de la fréquence des épisodes extrêmes, qui peuvent modifier les équilibres écologiques et favoriser certaines espèces opportunistes ou invasives. Au-delà du seul cas du gobie à tache noire, ce projet présente également un intérêt méthodologique et conceptuel plus large. Il permettra d’évaluer la faisabilité et l’intérêt d’une approche de respirométrie réalisée directement en milieu naturel, au plus près des conditions réellement rencontrées par les poissons. Cette démarche pourra alimenter de futurs travaux en écophysiologie de terrain en fournissant un cadre expérimental utile pour étudier les réponses physiologiques des animaux dans des environnements fluctuants. Enfin, les résultats obtenus pourront contribuer, à plus long terme, aux réflexions menées sur la gestion des milieux aquatiques et des espèces invasives, en identifiant certains contextes environnementaux potentiellement favorables au maintien ou à l’expansion de cette espèce.
Procédures
Les poissons seront capturés dans la Saône, soit par pêche au coup avec appât, soit à l’aide de nasses appâtées relevées dans un délai maximal de 12 heures. Après capture, ils seront maintenus temporairement dans l’eau de la rivière, dans de grandes bourriches, afin de limiter le changement de conditions environnementales. Ils resteront à jeun pendant environ 24 heures avant les mesures, afin de limiter l’influence de la digestion sur la consommation d’oxygène. Chaque poisson sera ensuite placé individuellement dans une chambre de respirométrie installée dans la rivière pendant 24 heures, afin d’enregistrer sa consommation d’oxygène dans des conditions naturelles. Le dispositif fonctionne en flux intermittent, avec une alternance de phases de mesure et de renouvellement de l’eau. Chaque animal est utilisé une seule fois dans la procédure. Il n’y a ni chirurgie, ni prélèvement invasif sur animal vivant, ni administration expérimentale de substance. À l’issue de la mesure, les poissons sont euthanasiés conformément à la réglementation applicable à cette espèce invasive.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus sont principalement liés au stress physiologique induit par : (i) la capture en milieu naturel (pêche au coup, nasses), (ii) le maintien temporaire en bourriche (mise à jeun), et (iii) le confinement en chambre de respirométrie en milieu naturel, ainsi qu’aux manipulations associées (transferts, installation dans les chambres). Ces contraintes peuvent entraîner des réponses comportementales (agitation, prostration transitoire), une augmentation de la ventilation, et potentiellement favoriser des troubles immunitaires chez des individus fragilisés. Effets indésirables spécifiques attendus : • Lésions légères possibles au niveau buccal lors de la pêche au coup (hameçon), et stress/confinement dans les nasses (limité par un relevé ≤ 12 h). • Jeûne pré-mesure (24 h en bourriche) : potentiellement inconfortable mais nécessaire pour éviter les biais liés à la digestion. • Isolement temporaire lors de la respirométrie (< 24 h) pouvant induire un stress social/comportemental ; il sera limité au strict nécessaire. • En respirométrie en milieu naturel, l’oxygène dissous et la température varient naturellement au cours du nycthémère ; ces fluctuations peuvent induire une contrainte physiologique (hyperventilation, baisse d’activité). Elles seront encadrées par des points limites et des critères d’arrêt. Tous les signes cliniques et comportementaux (respiration, posture, activité, lésions) seront surveillés. Les individus présentant des altérations persistantes seront retirés du protocole. En cas d’atteinte des points limites ou à l’issue de la procédure expérimentale, une euthanasie sera pratiquée par surdose de MS-222 tamponné, conformément à la réglementation applicable à cette espèce invasive.
Devenir
À l’issue des mesures, les poissons ne sont pas relâchés dans le milieu naturel, le gobie à tache noire étant une espèce invasive dans les rivières françaises. Conformément à la réglementation en vigueur, tous les individus sont euthanasiés à l’issue des mesures, par surdose d’anesthésique, afin d’éviter toute dispersion de l’espèce. Ce choix permet à la fois de répondre aux contraintes réglementaires liées à la gestion des espèces invasives et de garantir une fin de procédure rapide, limitant la souffrance des animaux. Si un individu doit être retiré du protocole avant la fin de la mesure (par exemple en cas de blessure ou de signes de détresse), il est immédiatement euthanasié selon la procédure décrite, afin d’éviter toute souffrance prolongée.
Remplacement
À ce jour, il n’existe pas d’alternative permettant de répondre à l’objectif du projet sans recourir à des poissons vivants. Le projet vise à mesurer, en conditions naturelles, la consommation d’oxygène du gobie à tache noire en lien avec les variations de température et d’oxygène dissous rencontrées en rivière au cours d’un cycle de 24 heures. Ces réponses dépendent du fonctionnement intégré de l’organisme entier, incluant la respiration, la circulation, l’activité spontanée et les interactions avec l’environnement. Des approches alternatives, telles que les mesures physico-chimiques du milieu, la modélisation, l’exploitation de données bibliographiques ou des approches sur tissus et cellules isolés, peuvent contribuer à interpréter les résultats, mais elles ne permettent pas d’estimer directement la consommation d’oxygène d’individus vivants dans leur environnement naturel, ni d’appréhender leurs réponses physiologiques en situation réelle. Le recours à des animaux vivants est donc indispensable pour atteindre les objectifs scientifiques du projet. Le protocole a toutefois été conçu de manière à limiter au maximum l’utilisation des animaux à ce qui est strictement nécessaire, avec une approche peu invasive reposant sur une mesure réalisée directement en milieu naturel, sans chirurgie, sans administration de substance et sans maintien prolongé en captivité.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été limité au strict nécessaire afin de répondre aux objectifs scientifiques tout en garantissant la robustesse des analyses. La stratégie de réduction repose sur un plan d’échantillonnage contraint par le dispositif expérimental de terrain. Les mesures de consommation d’oxygène étant réalisées sur une durée de 24 heures par individu, et le dispositif comprenant deux respiromètres fonctionnant simultanément, le nombre maximal d’individus pouvant être étudiés est de deux par jour. Sur une période de 12 jours, l’effectif total est ainsi limité à environ 24 individus. Ce nombre correspond au compromis entre (i) la nécessité de couvrir une variabilité environnementale réaliste (cycle jour/nuit et fluctuations naturelles de température et d’oxygène dissous) et (ii) la contrainte de durée des mesures individuelles. Il permet d’obtenir un nombre suffisant de réplicats indépendants pour analyser la variabilité interindividuelle et les relations entre métabolisme et conditions environnementales. L’approche retenue ne repose pas sur des procédures répétées sur un même individu, ce qui permet de limiter la contrainte cumulée et d’éviter une augmentation du nombre total d’animaux liée à des pertes ou des effets d’habituation. Enfin, aucun animal n’est soumis à des procédures invasives ou à des manipulations supplémentaires (chirurgie, prélèvements, traitements expérimentaux), ce qui permet de maximiser l’information obtenue par individu tout en maintenant un effectif global réduit.
Raffinement
Le protocole a été conçu afin de réduire au minimum la douleur, le stress et la durée des manipulations imposées aux animaux. La capture est réalisée à l’aide de méthodes peu traumatiques et sélectives (pêche à la ligne avec appât et nasses appâtées), avec un relevé des nasses dans un délai maximal de 12 heures afin de limiter le confinement prolongé. Les manipulations sont brèves, réalisées avec du matériel humidifié et en limitant au maximum l’exposition à l’air. Après capture, les poissons sont maintenus en bourriches immergées directement dans l’eau du site, ce qui permet de conserver des conditions physico-chimiques proches de leur environnement naturel (température, oxygène dissous), et de limiter le stress lié à un changement de milieu. Cette phase inclut une période de mise à jeun d’environ 24 heures, nécessaire pour la mesure du métabolisme, tout en permettant une récupération partielle du stress de capture. La respirométrie in situ constitue une approche peu invasive, reposant uniquement sur un confinement temporaire dans une chambre immergée, sans chirurgie, sans prélèvement sur animal vigile et sans administration de substance. Le dispositif fonctionne en flux intermittent, assurant un renouvellement régulier de l’eau à partir du milieu naturel. Afin de limiter les contraintes physiologiques liées aux variations naturelles de l’environnement (température, oxygène dissous), des points limites et des critères d’arrêt sont définis. Toute altération marquée et prolongée du comportement ou de la respiration (perte d’équilibre, ventilation excessive, absence de récupération) entraîne l’arrêt de la mesure et le retrait de l’individu. Une surveillance régulière des animaux est assurée tout au long du protocole, en particulier lors des premières mises en place, afin de vérifier le bon fonctionnement du dispositif et l’absence de détresse. Les manipulations répétées sont évitées afin de ne pas perturber les mesures et de limiter le stress. À l’issue de la procédure, les animaux sont euthanasiés par surdose d’anesthésique (MS-222 tamponné), permettant une perte rapide de conscience et limitant la souffrance, conformément à la réglementation applicable aux espèces invasives.
Choix des espèces
Le gobie à tache noire (Neogobius melanostomus) a été choisi comme modèle en raison de son impact écologique et de son succès invasif dans plusieurs cours d’eau français (notamment Saône, Doubs, Moselle). Espèce benthique exotique envahissante, il colonise rapidement des habitats variés et peut entrer en compétition avec des espèces autochtones, notamment en occupant des zones à faible oxygénation parfois moins accessibles à d’autres poissons. Son comportement locomoteur (déplacements par bursts, maintien au substrat) et sa tolérance apparente aux contraintes de rivière (variations de température et d’oxygène dissous) en font un modèle pertinent pour tester l’hypothèse selon laquelle des aptitudes métaboliques (SMR, MMR, AS, plasticité) favorisent l’établissement et la dispersion en milieu variable. L’espèce est classée LC (préoccupation mineure) ; la capture d’un effectif limité, sous autorisation préfectorale, n’est pas susceptible d’impacter les populations locales. Les animaux utilisés seront des gobies subadultes à adultes, mesurant environ 8 à 15 cm. Ce choix est justifié par deux raisons principales : - (1) Compatibilité technique – cette gamme de tailles est la plus adaptée aux chambres de respirométrie de terrain (volume de chambre et rapport masse/volume permettant une mesure précise de la consommation d’oxygène sur 24 h, tout en laissant au poisson un espace suffisant pour se retourner) ; - (2) Pertinence écologique – ces tailles correspondent aux classes d’âge les plus fréquemment rencontrées dans les populations envahissantes de rivière et impliquées dans l’occupation des habitats et la compétition avec les espèces autochtones. Elles sont donc pertinentes pour tester l’hypothèse d’une tolérance/plasticité métabolique contribuant au succès invasif dans un environnement fluvial variable (température et oxygène dissous).
Etude de la connectivité écologique de quatre espèces de poissons pélagiques dans leur milieu naturel.
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pris à l'hameçon, posés sur une toile au bord du bateau, puis incisés sous anesthésie locale pour l'implantation d'un émetteur acoustique et d'une marque externe, 120 poissons pélagiques adultes vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L'intervention dure moins de cinq minutes avant leur remise à l'eau, et plus de 400 hydrophones suivent ensuite leurs déplacements dans le canal du Mozambique, pour orienter la gestion d'aires marines protégées. Le porteur prévoit le stress de la capture et d'éventuelles blessures dues à l'engin de pêche, et n'attend aucun effet indésirable de l'incision suturée. Les 120 poissons sont tous relâchés, et le résumé ne nomme aucune des quatre espèces.
Objectifs
Les écosystèmes marins sont soumis à une pression toujours croissante en raison des impacts directs et indirects des activités humaines, entraînant un déclin global des espèces marines et une érosion de la santé des écosystèmes. Cette érosion entraine un impact clair sur la capacité des océans à fournir de nombreux services dont dépendent les sociétés. Le rôle des aires marines protégées surtout quand elles englobent des îles entières est primordial pour protéger les ressources, mais également pour comprendre le fonctionnement à fine échelle de sa biodiversité et sa connectivité à de plus grande échelle. Basé sur des modèles biologiques aux traits de vie différents, mais présentant tous des capacités migratoires à grande échelle, quatre espèces de poissons pélagiques seront étudiées pour mieux comprendre (1) l’utilisation des différents habitats à fine (local) et large (régional) échelles par l’exploitation d’une technologie de télémétrie acoustique et en s’appuyant sur un réseau d’écoute existant dans le canal du Mozambique de plus de 400 hydrophones, (2) la structure et/ou la stabilité des populations locales et leur lien avec d’autres populations régionales par la génétique des populations, (3) la connectivité existante au niveau régionale avec les aires marines protégées (AMP) et l’identification de zones non protégées d’importance régionale.
Bénéfices attendus
L’analyse spatiale des données acoustiques des déplacements des individus, issues de l’important réseau d’écoute en place, couplées aux analyses génétiques déjà disponibles ou en cours d’acquisition sur ces espèces, permettront en fonction de l’espèce cible de confirmer les zones et périodes de migration, leur niveau de fidélité aux différents habitats et la dynamique spatiale qu'il existe au sein d’une île isolée et entre les aires marines protégées adjacentes. Les résultats seront directement exploités par les gestionnaires partenaires du projet pour proposer des mesures de gestion locale et régionale afin d'optimiser la préservation de ces ressources.
Procédures
L'ensemble des individus sera soumis à une phase de captures par un hameçon, une phase d'implantation d'une marque acoustique en interne et d'une marque externe pour son identification ultérieure. L'ensemble de la procédure dure moins de 5 mn avant le relâché de l’individu dans son milieu naturel.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont essentiellement le stress lié à la capture et d’éventuelles blessures liées à l’engin de pêche. Des mesures particulières seront prises pour limiter les nuisances à la capture, avec le positionnement du poisson dès sa sortie de l’eau dans un hamac constitué d’une toile souple non abrasive, et une attention particulière lors du retrait du leurre. Le marquage externe est équivalent à la piqûre d’une aiguille. Le marquage intracorporel sera réalisé sous anesthésie locale, et implique une incision suturée suite à laquelle il n’est pas attendu d’effets indésirables compte tenu des conditions d’asepsie et de la durée réduite du protocole (durée totale de l’intervention
Devenir
Les individus utilisés (soit N=120) dans le cadre de ce projet seront replacés dans leur milieu naturel, l’objectif de l’étude étant de caractériser leur cycle de vie dans le milieu marin.
Remplacement
L'intérêt du projet étant d’étudier le comportement spatial des espèces sauvages dans leur milieu naturel, il n’est pas possible de les remplacer. De plus la domestication de ces espèces n’est pas possible.
Réduction
Le nombre d’échantillons est conditionné par la puissance statistique recherchée et surtout par l’accessibilité aux individus ciblés. Il est difficile en écologie spatiale de déterminer le nombre d’individus nécessaire pour obtenir la variabilité acceptable de l’utilisation de l’espace par une population donnée. Ce nombre est variable en fonction des objectifs, des caractéristiques écologiques de l’espèce concernée et des modèles utilisés. Sur la base (1) d’études sur l’effet de l’échantillonnage sur la qualité des résultats, (2) du nombre minimum d’individus suivis par télémétrie pour capturer l’essentiel de la variabilité, le nombre d'individus testés dans les différents lots et procédures est minimal compte tenu de la dispersion de ces espèces (ouest océan Indien), leur nombre en milieu naturel et la nécessité de capturer la variabilité du comportement de ces espèces de grands migrateurs. Les poissons pélagiques ciblés sont communément présents et abondants dans les eaux de la région. En l’absence actuelle de connaissances sur leur déplacement dans la zone d’étude, il est prévu de cibler un maximum de 30 individus de chaque espèce en mer pour obtenir une première estimation des niveaux de déplacement local et régional. Les données acquises permettront de mieux évaluer le nombre cible pour une étude plus globale a posteriori.
Raffinement
La capture sera réalisée à l’hameçon avec des leurres de forme et de taille appropriées pour limiter les blessures et éviter l’ingestion par le poisson. Le protocole prend en compte le moins de manipulation directe, et le moins d’exondation (sortie de l’eau) possible des individus. Des épuisettes en silicone limiteront l’abrasion au contact des poissons qui seront positionnés dans un brancard en voile de voilier maintenue sur le franc-bord du bateau. Cette approche limitera la manipulation de ces animaux de très grande taille et les risques de blessures. Les marquages interne et externe seront réalisés sans exondation du poisson, en position décubitus dorsal induisant un état d'immobilité tonique et permettant la réalisation rapide sous anesthésie locale. Le comportement de chaque individu sera observé durant tout l’intervention et jusqu’au relâché. L'ensemble du protocole, de l’arrivée dans le brancard jusqu’à la remise en liberté dure moins de 5 mn.
Choix des espèces
Le cycle de vie des espèces de grands pélagique ciblés reste méconnu, limitant la capacité des scientifiques à fournir un appui aux gestionnaires. Ces espèces étant de grands migrateurs océaniques ciblées par les pêcheries artisanales de tous les pays de la région, une gestion locale et régionale passe par une meilleure connaissance de l’utilisation de l’espace et des mouvements migratoires de ces espèces. Tous les individus seront des adultes (ciblage des adultes par la taille des leurres utilisés pour la capture).
Etude des effets de différents aliments fonctionnels sur le renforcement du système immunitaire de l’esturgeon sibérien et sur sa résistance à l’aéromonose
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
1 040 poissons, des esturgeons sibériens juvéniles d'environ 10 grammes, vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère. 820 d'entre eux reçoivent sous anesthésie une injection de bactéries Aeromonas, et 60 témoins une injection de sérum physiologique, le résumé ne disant rien des 160 autres. Pendant jusqu'à deux semaines, les esturgeons infectés peuvent présenter hémorragies, lésions cutanées, anorexie, troubles de la nage et de l'équilibre, et certains peuvent mourir de l'infection. L'objectif déclaré est un aliment enrichi pour un élevage que le porteur dit d'"intérêt économique majeur", pour la chair et le caviar.
Objectifs
L’aquaculture fait face à des pertes économiques majeures liées aux maladies infectieuses, qui constituent l’un des principaux obstacles au développement durable de ce secteur. Parmi les espèces à forte valeur économique, l’esturgeon sibérien occupe une place importante en raison de la valeur commerciale élevée de sa chair et de son caviar. Sa production s’est fortement développée ces dernières années. Son élevage, qui est essentiellement réalisé en milieu ouvert (lac ou rivière) est particulièrement tributaires des conditions climatiques. Ainsi, une augmentation de l’incidence des maladies associée à l’intensification des périodes chaudes et sèches liées au changement climatique a eu lieu ces dernières années. Parmi les agents pathogènes responsables de pertes significatives en aquaculture d’eau douce, les bactéries mobiles du genre Aeromonas, figurent parmi les plus fréquemment impliquées. Naturellement présentes dans les écosystèmes aquatiques, ces bactéries opportunistes peuvent provoquer des infections sévères lorsque les conditions d’élevage deviennent défavorables. Chez l’esturgeon, l'aéromonose est notamment associée à des septicémies hémorragiques caractérisées par des lésions cutanées, des hémorragies et des atteintes d’organes internes tels que le foie, la rate et les reins, entraînant des mortalités importantes. C’est dans ce contexte que ce projet a été initié, afin de développer un aliment permettant de renforcer le système immunitaire de l’esturgeon sibérien et de réduire la mortalité associée à l’infection à Aeromonas. Pour réaliser cela, 2 additifs connus pour leurs effets stimulateurs du système immunitaire des poissons et protecteur vis-à-vis de bactéries du genre Aeromonas, ont été choisis pour être utilisés seul ou en combinaison dans de l’aliment afin d’identifier la formule la plus protectrice pour l’esturgeon. Ce projet se décomposera en 2 étapes, une première qui consistera à établir un modèle infectieux standardisé et à définir la dose de bactéries nécessaire à l’infection de l'esturgeon sibérien, et une seconde qui évaluera l’effet de différentes formulations alimentaires sur la croissance, les paramètres immunitaires, les réponses antioxydantes et la résistance à une infection expérimentale.
Bénéfices attendus
Ce projet présente plusieurs bénéfices scientifiques et appliqués susceptibles de contribuer à l’amélioration des connaissances en aquaculture et au développement de stratégies de lutte contre les infections bactériennes chez les poissons. À court terme, les bénéfices attendus concernent principalement l’acquisition de connaissances nouvelles et la caractérisation des réponses physiologiques et immunitaires de l’espèce, ainsi que la validation du modèle expérimental d’infection. À moyen terme, les résultats permettront d’identifier des formulations alimentaires potentiellement efficaces pouvant être directement exploitées pour optimiser les pratiques d’alimentation en élevage. À plus long terme, ces résultats pourraient contribuer à une réduction de l’utilisation des antibiotiques en aquaculture, en favorisant des stratégies préventives basées sur l’amélioration de la santé intrinsèque des animaux, ce qui aurait un impact positif sur la limitation de l’antibiorésistance et sur la durabilité des systèmes d’élevage. Ce projet pourrait également contribuer à l’amélioration durable de la santé des esturgeons en élevage, à la réduction de l’impact des maladies bactériennes et au renforcement de la durabilité et du bien-être au sein des systèmes aquacoles.
Procédures
Au cours de ce projet, un groupe de 820 esturgeons subira une anesthésie et une injection de bactéries (aéromonose). Un groupe témoin de 60 poissons subira les mêmes manipulations mais avec une injection de sérum physiologique. Chaque injection durera moins d'une minute par individu.
Impact sur les animaux
Les principaux effets indésirables attendus chez les esturgeons sibériens dans ce projet sont liés aux manipulations expérimentales, aux procédures d’anesthésie, aux prélèvements biologiques et à l’infection expérimentale. Les 1040 poissons inclus peuvent être concernés à différents degrés selon les procédures appliquées. Lors de la première procédure, un stress léger et transitoire est attendu lors des manipulations associées aux injections, notamment la capture et l’anesthésie des animaux. Une partie des poissons infectés pourra présenter des signes cliniques progressifs associés à l’infection expérimentale : diminution de l’activité et de la prise alimentaire, altération du comportement de nage, hémorragies et dégradation de l’état général. Ces effets, d’intensité modérée à sévères, peuvent apparaître progressivement sur plusieurs jours jusqu’à deux semaines. Dans la seconde procédure, les poissons seront soumis à une injection de bactéries, pouvant provoquer des effets modérés à sévères selon la sensibilité individuelle. Les manifestations possibles comprennent une baisse importante de l’activité, une anorexie, des troubles de la nage, une altération de l’équilibre, une diminution de la réponse aux stimuli ainsi que des signes compatibles avec une infection bactérienne (hémorragies, lésions cutanées, détérioration générale). Une mortalité peut également survenir en lien avec la progression de l’infection.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure car ils auront été soumis à une infection bactérienne. Des prélèvements de sang, de foie, de rein antérieur et d’intestin distal seront réalisés post-mortem afin de renseigner les effets de ce type d’infection sur la physiologie de l’esturgeon, ainsi que ceux des additifs testés.
Remplacement
Le recours à l’expérimentation animale dans ce projet s’explique par les objectifs scientifiques poursuivis, qui reposent sur l’étude intégrée des interactions entre un hôte vivant, son système immunitaire et un agent pathogène bactérien. L’évaluation de la réponse immunitaire, de la croissance, du métabolisme, ainsi que de la survie lors d’une aéromonose nécessite un organisme entier capable de reproduire l’ensemble des processus physiologiques impliqués dans une infection systémique. À ce jour, aucun autre modèle ne permet de reconstituer de manière fiable et simultanée les interactions complexes entre immunité innée, réponses inflammatoires, stress physiologique, métabolisme énergétique et dynamique de l’infection chez les poissons, à notre connaissance. L’objectif du projet inclut également l’évaluation de l’effet d’aliments fonctionnels sur la résistance à une infection bactérienne. Cette approche implique nécessairement l’ingestion des aliments, leur digestion, leur assimilation et leur impact sur les tissus et organes impliqués dans la réponse immunitaire, notamment le foie et le rein antérieur chez les poissons. Ces processus ne peuvent pas être reproduits de manière pertinente en culture cellulaire ou par des approches moléculaires isolées, car ils dépendent de l’intégration fonctionnelle de plusieurs systèmes biologiques interconnectés. Ainsi, l’utilisation de poissons est indispensable pour garantir la pertinence scientifique des résultats et leur transposabilité aux conditions d’élevage en aquaculture. Les données obtenues permettront d’améliorer la compréhension des mécanismes de résistance aux infections bactériennes et de développer des stratégies nutritionnelles applicables en conditions réelles de production. Pour ce type d’approche, il n’existe pas aujourd’hui de méthodes alternatives à l’expérimentation animale.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été réduit au maximum tout en permettant l’étude des esturgeons sibériens dans des conditions expérimentales adaptées à leurs besoins biologiques et compatibles avec l’obtention de résultats statistiquement exploitables. Afin de réduire davantage l’utilisation des animaux, le projet a été conçu de manière séquentielle. Dans un premier temps, nous déterminerons les conditions d’infection à utiliser afin d’éviter des répétitions expérimentales inutiles dans la seconde partie du projet. Enfin, plusieurs paramètres seront étudiés simultanément sur chaque poisson (croissance, paramètres immunitaires, activités antioxydantes, analyses histologiques, expression génique, signes cliniques et survie), permettant une exploitation maximale des données générées par chaque animal inclus dans le projet.
Raffinement
Le projet a été conçu pour minimiser les dommages causés aux animaux par l'application de points limites prédictifs et spécifiques à ce projet. L’ensemble du protocole a été structuré de manière à réduire le nombre de manipulations, à limiter leur durée et à éviter toute contrainte inutile sur les esturgeons. Plusieurs mesures de raffinement sont mises en œuvre tout au long du projet. Les manipulations sont réalisées par du personnel formé et expérimenté afin de réduire leur durée et d’assurer des gestes standardisés et rapides. Le matériel utilisé est spécifiquement adapté à la morphologie des esturgeons, notamment des épuisettes à mailles fines limitant les risques de lésions cutanées et des systèmes d’injection à usage unique permettant une administration précise et rapide de l’inoculum bactérien. Toutes les procédures invasives sont réalisées sous anesthésie générale, permettant de réduire significativement la perception de la douleur et le stress associé. Le temps d’exposition hors de l’eau est limité à quelques secondes et les manipulations sont organisées de manière à optimiser le flux de travail afin de réduire la durée globale d’intervention sur chaque individu. Après toute procédure, une phase de récupération est systématiquement respectée avec une surveillance rapprochée des poissons jusqu’au retour à un comportement normal, notamment la nage, l’équilibre et la réactivité. La surveillance clinique est renforcée tout au long du projet. Les poissons font l’objet d’observations régulières incluant l’évaluation du comportement, de la prise alimentaire, de l’activité locomotrice et de l’apparition de signes cliniques. L’utilisation d’une grille de scoring spécifique à ce projet permet une détection précoce des altérations de l’état général et l’application rapide de mesures correctives, incluant la mise à mort lorsque les points limites sont atteints. La qualité de l’eau et les paramètres environnementaux sont contrôlés régulièrement afin d’éviter toute source de stress supplémentaire. Des mécanismes d’amélioration continue sont intégrés au projet afin de renforcer le raffinement au cours de son déroulement. Toute nouvelle technique permettant de réduire la douleur, le stress ou la durée des manipulations pourra être intégrée si elle est validée sur le plan scientifique et éthique par les responsables du projet et du bien-être animal.
Choix des espèces
L’espèce choisie est l’esturgeon sibérien. Le choix de cette espèce a été fait car il s’agit d’une espèce aquacole d’intérêt économique majeur, élevée notamment pour la production de chair et de caviar. De plus, l’étude s’intéresse spécifiquement à l’amélioration de la résistance de cette espèce à l'aéromonose, maladie induite par une bactérie fréquemment impliquée dans des épisodes pathologiques chez les poissons d’eau douce et responsable de pertes importantes en élevage d’esturgeons, notamment dans des conditions de stress environnemental et thermique. Les animaux utilisés seront des esturgeons sibériens juvéniles d’environ 10 g. Ces tailles correspondent à des stades couramment rencontrés dans les pratiques d’élevage et présentent plusieurs avantages expérimentaux. Les individus d’environ 10 g utilisés dans la première procédure permettent de réaliser les infections expérimentales dans des conditions optimales tout en limitant les quantités de suspension bactérienne nécessaires pour l’établissement du modèle infectieux et la détermination de la dose infectieuse cible. Cette taille est également adaptée aux manipulations expérimentales, aux suivis cliniques permettant une observation fiable des signes associés à l’infection, ainsi qu’aux prélèvements biologiques prévus (sang, tissus et organes) en quantité suffisante pour les analyses immunitaires, antioxydantes, histologiques et moléculaires prévues dans le projet.
Reproduction du mulet dorée Liza aurata dans le but d’obtenir du matériel biologique
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Issus du milieu naturel, dont un lot pêché à l'automne quand les eaux côtières se refroidissent, 32 mulets dorés, poissons des eaux côtières, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque mois, ils sont sortis de l'eau sous anesthésie pour être pesés et mesurés, les femelles recevant un cathéter dans l'oviducte pour prélever des ovocytes, les mâles étant massés sur le ventre pour extraire leur semence, avec deux injections d'hormone si la ponte tarde. Tous sont gardés vivants comme stock de géniteurs. Le projet vise à "stabiliser un itinéraire zootechnique" pour fournir des alevins à la filière, et le porteur écrit qu'il n'existe "pas de manière de les remplacer" puisque l'objet même est la reproduction de l'espèce.
Objectifs
L’objectif du projet est d’obtenir des pontes de mulet doré (Liza aurata) en conditions contrôlées. Pour ce faire, deux lots de géniteurs (deux fois seize individus) sont maintenus dans des bassins et soumis à des paramètres d’ambiance naturels. Des prélèvements mensuels seront effectués afin d’évaluer le stade de maturation des individus. Ces suivis seront différents selon le sexe des animaux. Les mâles seront massés sur la partie ventrale afin de valider la facilité d’éjection du liquide reproducteur. Des prélèvements gonadiques seront effectués sur les femelles grâce à un petit cathéter introduit dans l’oviducte (tube menant aux gonades par lequel sont expulsés les œufs matures lors de la ponte). L’observation des ovocytes collectés permettra de suivre l’état de maturation des femelles. En parallèle, le poids et la taille sont mesurés afin de suivre l’évolution de la condition physique de chaque poisson. Chaque individu sera marqué à l’aide d’une puce RFID (1,25 x 7 mm) identique à celles utilisées pour les animaux de compagnie ou de la faune sauvage afin de pouvoir identifier chacun d’eux. À chaque fois que les individus sont manipulés, ils seront anesthésiés et analgésiés afin de faciliter leur prise en main. Ce processus permet de limiter au maximum le stress lors de la pêche et les risques de blessure (chute, perte d’écaille). Cela permet aussi de réduire au maximum la douleur lors de l’injection de la puce et des prélèvements associés au suivi de la maturation. Dans le cas où la maturation des individus serait avérée par le suivi mais qu’aucune ponte ne serait obtenue, une induction de celle-ci pourrait être déclenchée par une injection hormonale dans le muscle.
Bénéfices attendus
L’intérêt du projet est de pouvoir stabiliser un itinéraire zootechnique permettant de reproduire l’espèce et d’obtenir des pontes viables. Un protocole standardisé permettrait d’apporter, à terme, un moyen de produire des alevins pour soutenir l’essor durable de la filière en apportant une alternative au prélèvement d’individus dans les milieux naturels.
Procédures
Les animaux seront soumis à des biométries mensuelles hors de l’eau sous anesthésie générale. Lors de cette première biométrie, les individus seront identifiés par transpondeur en intramusculaire, toujours sous anesthésie. Durant les biométries suivantes, quelques ovocytes des mulets femelles seront prélevés par cannulation sous anesthésie. Selon le sexe établi, les individus seront soit massés (mâles), soit canulés (femelles). Les conditions d’élevage mises en place devraient permettre une maturation des individus et l’obtention de pontes. Dans le cas où elle ne surviendrait pas malgré l’observation de mâles spermiants et de femelles possédant des œufs hydratés de stade C, deux injections intramusculaires d’hormone, à 22 h d’intervalle, seront effectuées afin de déclencher la fin de la maturation et l’ovulation.
Impact sur les animaux
Dans le cadre de la reproduction des animaux issus du milieu naturel, plusieurs nuisances peuvent être identifiées au cours du projet : biométrie : la sortie hors de l’eau des individus pour les mesures et quelques blessures comme des pertes d’écailles et donc des lésions cutanées minimes, lors de la manipulation. Marquage : risque de saignement limité. Les prélèvements d’ovocytes peuvent entraîner une inflammation et saignements des voies génitales et des ovaires. Les prélèvements de sperme se font par stripping et peuvent provoquer des irritations cutanées et lésions superficielles.
Devenir
L’objectif étant de stabiliser un itinéraire zootechnique pour la reproduction de l’espèce, les individus seront conservés et maintenus comme stocks de géniteurs.
Remplacement
La demande d’autorisation de projet reposant sur la stabilisation d’une méthode de reproduction de l’espèce cible le mulet doré, il n’existe pas de manière de les remplacer.
Réduction
L’objectif minimal est d’obtenir au moins six femelles donnant des œufs/ovules fécondables, afin de disposer d’un nombre suffisant de pontes biologiquement indépendantes pour décrire la réponse au protocole, le délai de latence, la qualité ovocytaire, le taux de fécondation, le taux d’éclosion et la survie larvaire précoce. En retenant une probabilité conservatrice de succès de 85 % par femelle mature utilisable, l’inclusion de dix femelles permet d’obtenir au moins six femelles réussies avec une probabilité de 99,0 %, selon une loi binomiale. Le nombre de mâles a été dimensionné séparément. L’objectif est de disposer d’au moins trois mâles fournissant un sperme exploitable, afin de sécuriser la fécondation et de permettre, si nécessaire, la constitution d’un pool de sperme. En retenant également une probabilité de succès de 85 % par mâle mature utilisable, l’inclusion de six mâles permet d’obtenir au moins trois mâles utilisables avec une probabilité de 99,4 %. Sous l'hypothèse d’indépendance entre la disponibilité des femelles et celle des mâles, la probabilité d’atteindre simultanément les deux objectifs est d’environ 98,4 %. L’effectif retenu est donc de seize géniteurs : dix femelles et six mâles. Ce nombre constitue un compromis entre réduction du nombre d’animaux utilisés et sécurisation de la réussite biologique de l’essai. Un deuxième lot d’effectif identique sera également constitué à partir d’animaux ayant maturé dans le milieu naturel dans le but d’obtenir une reproduction naturelle. Ces animaux seront prélevés durant l’automne lors de la baisse de température des eaux côtières.
Raffinement
Une fois dans les installations les individus seront acclimatés pendant au moins 3 semaines aux installations et nouveau régime alimentaire (aliments inertes). Ils seront maintenus en condition contrôlée reproduisant le plus fidèlement possible les conditions naturelles (température, luminosité) avec un enrichissement sur le fond du bac via des plantes en plastiques. Les individus seront maintenus dans des bacs de volume important en très faible densité (
Choix des espèces
Les animaux utilisés pour l’expérimentation seront exclusivement des poissons de l’espèce Liza aurata matures. L’utilisation d’individus mature est indispensable afin d’obtenir des pontes. D’autre part, travailler avec des modèles matures permet de s’affranchir d’une phase de grossissement éventuelle avant la phase de reproduction.
Réponses physiologiques des poissons face au réchauffement climatique : rôle du transport de l’oxygène et de la plasticité métabolique
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système endocrinien
180 médakas vont être utilisés, tous tués à l'issue, chacun passant environ cinq heures par séance dans un dispositif qui mesure sa consommation d'oxygène puis le fait nager contre un courant dont la vitesse augmente progressivement. Chaque poisson reçoit d'abord un marquage sous la peau sous anesthésie, de dix à quinze minutes, puis vit à 20, 25 ou 30 degrés pendant une semaine ou environ deux mois selon le groupe. À chaque étape, deux poissons par aquarium sont anesthésiés profondément, saignés et mis à mort sans réveil, les autres subissant le même sort à la fin du protocole, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Le porteur justifie le choix du médaka par sa tolérance de 0 à 40 degrés, sa reproduction rapide, et par la plateforme d'élevage dont l'INRAE d'Aix-en-Provence dispose déjà.
Objectifs
Le réchauffement climatique entraîne une augmentation de la température des rivières, des lacs et des autres milieux aquatiques. Cette hausse peut avoir des conséquences importantes pour les poissons d’eau douce, car leur température corporelle dépend directement de celle de l’eau. Lorsque l’eau se réchauffe, leurs besoins en énergie et en oxygène augmentent. On ne comprend cependant pas encore complètement comment les poissons parviennent à s’adapter lorsqu'ils sont exposés à des températures élevées pendant une longue période. Le projet EPO a pour objectif de mieux comprendre les mécanismes qui permettent aux poissons de s’adapter à ces changements de température. Les chercheurs étudieront notamment la manière dont leur organisme utilise l’oxygène et produit l’énergie nécessaire à leur fonctionnement, afin de déterminer pourquoi certains poissons supportent mieux la chaleur que d’autres. Pour cela, l’étude sera réalisée sur une espèce de petit poisson appelée médaka (Oryzias latipes). Les poissons seront maintenus dans des aquariums à trois températures différentes (20, 25 et 30 °C). Une partie des animaux sera étudiée après une semaine d’exposition, et une autre après environ deux mois, afin de comparer les effets à court et à long terme. Les chercheurs mesureront leur consommation d’oxygène, leurs capacités physiques ainsi que certains paramètres de leur sang et du fonctionnement de leurs cellules. Les résultats de ce projet permettront de mieux comprendre la capacité des poissons à s’adapter au réchauffement des eaux. Ils contribueront à mieux prévoir les effets du changement climatique sur les espèces aquatiques et pourront aider à orienter les actions de protection de ces milieux.
Bénéfices attendus
L’étude des effets du changement climatique sur les poissons d’eau douce est essentielle pour mieux comprendre et protéger les milieux aquatiques. Lorsque la température de l’eau augmente, le fonctionnement de leur organisme peut être perturbé. Cette augmentation de température entraîne également une diminution de la solubilité de l’oxygène dans l’eau, réduisant ainsi sa disponibilité pour les organismes aquatiques. Les poissons sont donc confrontés à une double contrainte physiologique : une augmentation de leurs besoins en oxygène liée à l’accélération de leur métabolisme, alors même que la quantité d’oxygène disponible dans leur environnement diminue. Toutefois, la réponse des poissons au réchauffement ne dépend pas uniquement de la disponibilité en oxygène du milieu, mais également de leur capacité à transporter, diffuser et utiliser cet oxygène au niveau des tissus.. Le projet EPO a pour objectif de mieux comprendre comment les poissons réagissent lorsque l’eau se réchauffe. Les chercheurs étudieront la manière dont leur organisme transporte et utilise l’oxygène, depuis la respiration de l’animal jusqu’au fonctionnement de ses cellules. En mesurant leur consommation d’oxygène, en analysant certaines caractéristiques de leur sang et le fonctionnement de leurs cellules, ils chercheront à déterminer si les difficultés rencontrées à haute température sont dues à un transport insuffisant de l’oxygène, à une mauvaise utilisation de celui-ci par les cellules, ou à une combinaison de ces deux phénomènes. Les résultats de ce projet permettront de mieux comprendre pourquoi certaines espèces supportent mieux le réchauffement que d’autres. Ils aideront à mieux prévoir les conséquences du changement climatique sur les populations de poissons et apporteront des connaissances utiles pour la protection et la gestion des écosystèmes aquatiques.
Procédures
Après leur arrivée et une période d’adaptation dans l’animalerie, les médakas seront répartis dans des aquariums maintenus à trois températures différentes : 20, 25 ou 30 °C. Chaque poisson recevra un petit marquage sous la peau, réalisé sous anesthésie, afin de pouvoir le reconnaître et suivre son évolution tout au long de l’étude. Cette intervention durera environ 10 à 15 minutes par poisson. Les poissons seront ensuite étudiés dans un dispositif permettant de mesurer leur consommation d’oxygène et leurs capacités de nage. Ils seront placés dans ce dispositif environ une à deux heures avant les mesures afin de réduire le stress lié aux manipulations. Les chercheurs mesureront d'abord leur consommation d’oxygène au repos, puis leur demanderont de nager face à un courant dont la vitesse augmentera progressivement afin d'évaluer leurs capacités physiques. Chaque séance de mesure durera environ cinq heures par poisson. Au début de l'étude, puis après une semaine et après environ deux mois d'exposition aux différentes températures, les poissons seront pesés, mesurés et soumis à ces mesures de consommation d’oxygène. À chacun de ces moments, deux poissons par aquarium seront anesthésiés profondément afin de réaliser un prélèvement de sang. Ils seront ensuite mis à mort pour permettre l'analyse de certains organes et cellules, indispensable pour comprendre comment leur organisme produit et utilise l'énergie.
Impact sur les animaux
Les principales contraintes pour les poissons sont liées aux différentes manipulations nécessaires au suivi de l’étude. Ils recevront un petit marquage individuel sous anesthésie, seront régulièrement manipulés pour être pesés et mesurés, et participeront à des tests permettant de mesurer leur consommation d’oxygène et leurs capacités de nage. Ces manipulations peuvent provoquer un stress temporaire, une respiration plus rapide pendant un court moment, ainsi qu'une fatigue passagère après les tests de nage. Le marquage peut également entraîner une légère irritation au niveau de la zone d’injection. Après chaque anesthésie, les poissons seront surveillés jusqu’à leur récupération complète avant d’être replacés dans leur aquarium. Les poissons seront maintenus à trois températures différentes (20, 25 et 30 °C). Ces températures sont adaptées à cette espèce et correspondent à des conditions qu'elle peut rencontrer dans son environnement. Les changements de température seront réalisés progressivement afin de limiter le stress. La qualité de l’eau, notamment sa température, son oxygénation et ses autres paramètres, sera contrôlée régulièrement tout au long de l’étude pour garantir de bonnes conditions de vie. Les poissons seront observés chaque jour afin de vérifier leur état de santé. Les chercheurs surveilleront notamment leur comportement, leur alimentation, leur respiration et leur façon de nager. Si un poisson présente des signes de souffrance ou un problème de santé persistant, il sera retiré de l’étude et pris en charge selon les procédures prévues. Les prélèvements de sang et de tissus seront réalisés uniquement sur des poissons profondément anesthésiés. Ils seront ensuite mis à mort sans être réveillés. L'ensemble du projet a été conçu pour limiter autant que possible le nombre de manipulations, le stress et les effets sur les animaux, tout en permettant de répondre aux objectifs scientifiques de l'étude.
Devenir
À l’issue des différentes étapes expérimentales, certains poissons seront mis à mort afin de réaliser les prélèvements sanguins et tissulaires indispensables aux objectifs scientifiques du projet. Ces prélèvements doivent être effectués immédiatement après la mise à mort afin de préserver l’intégrité fonctionnelle des tissus et des cellules utilisés pour les analyses, notamment celles portant sur la respiration mitochondriale. Les autres poissons seront maintenus dans leurs conditions expérimentales jusqu’à la fin du protocole. Ils seront ensuite également mis à mort afin de permettre la réalisation des analyses terminales prévues dans le projet. Le nombre d’animaux utilisés et mis à mort a été limité au strict minimum nécessaire pour atteindre les objectifs scientifiques tout en garantissant la robustesse des analyses, conformément au principe de Réduction.
Remplacement
À ce jour, il n’existe pas de méthode permettant de remplacer l’utilisation de poissons vivants pour cette étude. Les chercheurs doivent observer le fonctionnement de l’animal dans son ensemble afin de comprendre comment il réagit lorsque la température de l’eau augmente. Les expériences réalisées sur des cellules ou les modèles informatiques ne permettent pas de reproduire fidèlement le fonctionnement d’un organisme vivant. L’utilisation de poissons est donc indispensable pour comprendre comment ils s’adaptent au réchauffement de leur environnement.
Réduction
Le nombre de poissons a été limité au minimum nécessaire pour répondre aux objectifs du projet tout en obtenant des résultats fiables. Les poissons seront répartis dans plusieurs aquariums et exposés à trois températures différentes (20, 25 et 30 °C). Les mêmes poissons seront suivis tout au long de l’étude afin de réaliser plusieurs mesures sur les mêmes individus, ce qui permet de recueillir davantage d’informations sans utiliser plus d’animaux. Seul un petit nombre de poissons sera mis à mort à chaque étape de l’étude pour réaliser les analyses qui nécessitent des prélèvements de sang et de tissus. Enfin, le marquage individuel des poissons permettra de suivre chaque animal au cours de l’étude et de limiter le nombre total d’animaux utilisés.
Raffinement
Les poissons sont maintenus dans des conditions adaptées à leurs besoins afin de préserver leur bien-être tout au long de l’étude. Ils sont élevés en groupes dans des aquariums aménagés avec des refuges et des plantes pour limiter le stress et favoriser leurs comportements naturels. Ils sont nourris quotidiennement et la qualité de l’eau est contrôlée régulièrement. Les animaux sont observés chaque jour et, en cas de problème, des mesures sont prises immédiatement. Si nécessaire, le vétérinaire est consulté et un poisson peut être isolé en aquarium de quarantaine. Toutes les manipulations sont réalisées par du personnel formé. Les procédures susceptibles d’être stressantes sont effectuées sous anesthésie afin de limiter la douleur et le stress. Les poissons sont manipulés avec précaution, dans un environnement calme, puis replacés dans leur aquarium après une période de récupération. Leur état est surveillé tout au long de l’étude et tout animal présentant des signes persistants de souffrance est retiré de l’expérimentation conformément aux points limites définis dans le projet.
Choix des espèces
Le médaka est un petit poisson particulièrement adapté à cette étude, car il peut vivre dans une large gamme de températures (de 0 à 40 °C). Il permet ainsi de mieux comprendre comment les poissons s’adaptent au réchauffement de leur environnement. Cette espèce se reproduit rapidement, est facile à élever et supporte bien les manipulations nécessaires à l’étude. L’INRAE d’Aix-en-Provence dispose déjà d’une plateforme d’élevage dédiée à cette espèce, avec des installations adaptées et du personnel expérimenté, garantissant de bonnes conditions d’hébergement et le bien-être des animaux.
Impact de l’arasement de barrages sur les populations de poissons migrateurs
- Conservation des espèces
Autres poissons : 550
Pour mesurer comment les poissons migrateurs recolonisent une rivière après l'arasement de deux barrages, 1 900 salmonidés et 550 poissons d'autres espèces, le résumé citant saumon, truite, anguille et lamproies, sont capturés et soumis à des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Chaque individu est anesthésié, mesuré, pesé, pucé d'un transpondeur, puis privé de quelques écailles et d'un fragment de nageoire de 0,25 cm² pour les analyses génétiques. Le porteur limite à moins d'une minute le temps hors de l'eau, emploie des épuisettes sans nœud et des bassins oxygénés pour le réveil, et sort de la procédure tout individu qui perd l'équilibre ou ventile anormalement. Les 2 450 poissons sont remis à l'eau à leur point de capture, une trentaine de minutes après le début de l'anesthésie.
Objectifs
La construction d’un barrage entrave la circulation de l’eau, des sédiments et des organismes aquatiques et rivulaires, modifiant alors fortement les écosystèmes. A l’inverse, son effacement devrait restaurer leur fonctionnement naturel en rétablissant la continuité écologique entre la source, l’estuaire et l’océan. La destruction de 2 barrages empechant la continuité écologique a fortement impacté le fonctionnement des ecosystèmes et la distribution des espèces de poissons dans le bassin versant. En particulier, les poissons migrateurs amphihalins (qui migrent entre l’océan et la rivière au cours de leur vie) qui circulent de nouveau librement dans le cours d’eau. Ces espèces n’ont jamais réellement quitté ce cours d’eau après la construction des barrages il y a un siècle. Mais elles étaient cantonnées dans la partie aval de la rivière, jusqu'au pied des barrages. Le rétablissement de la continuité écologique leur permet de recoloniser le cours principal et ses affluents à l’amont du bassin versant. L’objectif est de caractériser la démographie et l’expansion des populations de ces poissons migrateurs.
Bénéfices attendus
Les données collectées et les travaux qui en sont issus ont une vocation opérationnelle pour la préservation de cette biodiversité remarquable et de ses habitats. Elles contribuent à améliorer les connaissances scientifiques sur la restauration écologique des cours d'eau suite à l'effacement d'obstacles.
Procédures
Les animaux seront soumis à des mesures biométriques (taille et poids), à un marquage individuel à l'aide d'un transpondeur (puce identique à celles utilisées pour l'identification des chiens, chats ...), à un prélèvement d'écailles pour la mesure de l'âge et de la croissance et d'un petit bout de nageoire (0.25 cm²) pour des analyses génétiques, avant d'être rélachés sur leur lieu de capture. Le temps de procédure comprenant l'anesthésie, la manipulation, le réveil et le relâché est d'environ trente minutes.
Impact sur les animaux
La capture de poissons peut générer un stress ponctuel chez le poisson. La manipulation pour les mesures biométriques et les prélèvements peuvent aussi générer un stress ponctuel. L'anesthésie réalisée permet de réduire ces effets indésirables
Devenir
Tous les individus sont remis à l'eau dans leur secteur d'origine
Remplacement
Il n’existe pas de substitut aux données et échantillons collectées in natura sur des populations réelles de poissons migrateurs.
Réduction
Afin de ne pas échantillonner l’ensemble du cours d’eau tout en étant représentatif de la diversité d’habitats, des populations et de l’environnement, des plans d’échantillonnage (nombre de stations, période d’échantillonnage, répartition sur le cours d’eau) et des protocoles d’échantillonnage ont été développés pour permettre de capturer ces diversités tout en limitant le nombre d’individus manipulés. Pour les collections d’échantillon (écailles, tissus), tout est fait depuis la collecte (plan d’échantillonnage, mise en place de quota) jusqu’à la gestion des collections (subdivision des prélèvements, archivage et mutualisation des données...) pour maîtriser le nombre d’échantillons collectés et leur utilisation tout en répondant aux objectifs scientifiques. Pour les programmes de marquage, c’est essentiellement le nombre de marques recapturées qui conditionne la fiabilité des analyses statistiques ultérieures. Les effectifs d’individus marqués ne représentent que quelques % de la population totale dans nos protocoles, entrainant un effet très limité (voire négligeable) sur la population.
Raffinement
Une attention particulière est portée à l’amélioration du bien-être animal. Des épuisettes à fines mailles et sans nœud sont utilisé pour les capturer et les transvaser d’un bac à l’autre (stabulation ou anesthésiant). Le protocole utilisé limite au maximum le temps de manipulation hors de l’eau du poisson et des bassins oxygénés sont utilisés pour le temps de réveil. Il ne s’écoule en général pas plus de 30 minutes maximum entre l'anesthésie et le relâcher dans le milieu naturel et tous les individus capturés sont relâchés à l’endroit de leur capture dès leur manipulation terminée Les bacs de stockage sont adaptés à la taille et au nombre de poissons. La durée d’émersion et de manipulation (principale source de stress) est limitée au maximum (moins d’une minute en général). Les manipulations se font après une anesthésie légère pendant quelques minutes qui vise à tranquilliser les animaux et à éviter tout risque de blessure. Si les points limites (signes extérieurs d’altération de leur état sanitaire e.g. perte de l’équilibre, ventilation anormale ...) sont observés, les individus sont sortis de la procédure et remis immédiatement dans leur milieu.
Choix des espèces
Les poissons espèces diadromes (poissons migrateurs qui partagent leur cycle de vie entre l’eau douce et le milieu marin ) étudiées sont des animaux migrateurs (saumon, truite, anguille, lamproies …) qui partagent leur cycle de vie entre l’eau douce et le milieu marin. Ces espèces sauvages emblématiques sont fragilisées par de nombreuses pressions anthropiques, telles que la pollution de l’eau, les barrages, l’exploitation halieutique et le changement climatique. Leur fragilité est reconnue par l’Union Européenne, entre autres dans sa directive « Habitat », mais aussi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ces espèces sont des indicateurs de la fonctionnalité des milieux qu’elles fréquentent et en particulier de leur connectivité. Les animaux sont capturés aux stades juvéniles et adultes. C’est la possibilité d’observer ces différents stades qui permet d‘appréhender la dynamique de renouvellement de ces populations. Ces deux aspects sont clés pour évaluer la capacité des espèces et de leurs populations à faire face à des environnements changeants.
Etude de l’innocuité de dispositifs de dévalaison pour l’anguille européenne sur un barrage
- Protection de l’environnement
- Tests réglementaires
- Contrôles de qualité
Capturées, gardées jusqu'à trois jours en vivier dans l'obscurité, anesthésiées à trois reprises puis marquées par insertion d'une marque dans la cavité ventrale au trocart, 90 anguilles européennes de dix à vingt ans subissent ce protocole, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ces poissons migrateurs menacés sont ensuite lâchés dans les dispositifs de dévalaison d'un barrage de douze mètres, pour vérifier que ces installations neuves ne les blessent pas et ne les tuent pas, une vérification imposée par arrêté inter-préfectoral. Le porteur annonce un saignement léger à l'incision, une douleur modérée de courte durée, une perte de mucus, et des blessures possibles au passage dans les dispositifs. Les 90 anguilles sont comptées comme relâchées dans la rivière, alors que le protocole prévoit aussi qu'une "mise à mort par surdosage progressif d'anesthésiant pourra être justifiée par atteinte des points limites".
Objectifs
L’étude vise à vérifier l’innocuité (absence de blessures ou de mortalité) de nouveaux systèmes permettant la migration des anguilles au niveau d’un grand barrage (12m de haut, 150 mètres de large). En effet, l’anguille est un poisson migrateur menacé qui doit effectuer une migration vers la mer pour se reproduire. Historiquement, les anguilles étaient bloquées une partie de l’année au niveau de ce barrage. Pour migrer, certaines tentaient de passer dans les canalisations du barrage, ce qui engendrait des blessures ou de la mortalité sur une partie des anguilles. Les nouveaux systèmes mis en place sont novateurs et apparaissent plus sécurisés. Ils doivent cependant être testés in situ pour vérifier qu’ils ne causent pas de blessures ou de mortalités. Il s’agit d’une étude réglementaire, fixé par arrêté inter-préfectoral.
Bénéfices attendus
L'étude permettra de vérifier l'innocuité des nouvelles installations permettant la migration de dévalaison des anguilles. Dans le cas où des blessures et/ou une mortalité seraient observées, des améliorations sur les dispositifs pourront être réalisées. A l’inverse, si les tests s’avèrent satisfaisants, ces nouveaux dispositifs pourront être installés sur d’autres barrages et ainsi réduire les mortalités d'anguilles à une plus large échelle afin d'améliorer la conservation de l'espèce.
Procédures
Stabulation en vivier pendant 3 jours maximum. Anesthésie, à 3 reprises pendant environ 10 minutes. Marquage par insertion d'une marque dans la cavité ventrale au trocart (tige cylindrique creuse), une seule fois par poisson, la durée de l'intervention est estimée entre 1 et 2 min maximum.
Impact sur les animaux
Nuisance par la capture : stress, perte de mucus (substance de protection de la peau du poisson). Nuisances induites par la biométrie : stress ,perte de mucus, dessication, éblouissement. Nuisances induites par le marquage : saignement léger lors de l'incision, stress, douleur modérée de courte durée, gêne légère par la présence de la marque. Nuisances induites par le passage dans les nouveaux dispositifs : stress, blessures
Devenir
Poissons remis en liberté dans la rivière
Remplacement
Le modèle biologique ne peut être remplacé pour cette étude d'innocuité qui implique de travailler nécessairement sur des individus vivants dans le milieu naturel. La reproduction de l'anguille n'est pas maitrisée, les anguilles d'élevages proviennent tous d'alevins sauvages (civelles). Il n'est pas possible de remplacer l'anguille par une autre espèce.
Réduction
Le projet est prévu sur un maximum de deux années. Il prévoit le marquage de 90 individus afin de s'adapter à la migration annuelle de dévalaison qui est très variable selon les années. Ainsi, Il est prévu d’utiliser 3 lots d’individus : un lot de 30 individus pour tester le déversoir de crue, un lot de 30 individus pour tester la conduite de dévalaison avec le pompage de la prise d’eau en service, un lot de 30 individus pour tester la conduite de dévalaison avec le pompage de l’usine à l’arrêt.
Raffinement
Des mesures de Raffinement sont prises pour réduire la douleur, la souffrance et l’angoisse infligées aux anguilles. Pour toutes les phases de stabulation avant et après marquage, les anguilles sont maintenues dans de l’eau bien oxygénée et dans une totale obscurité. Avant le marquage, les anguilles sont préalablement anesthésiées. Pour le marquage, le poids de la marque sera inférieur à 2% du poids du poisson afin de s’assurer qu’aucune modification comportementale ne soit susceptible d’entrainer des biais. Les anguilles présentant un état sanitaire externe anormal (maigreur, blessure, ...) ne seront pas marquées. Pour le marquage, les marques et la zone de marquage sont désinfectées pour prévenir les infections. L’intervention de marquage est rapide et maitrisée, 1 à 2 minutes, permettant un retour rapide dans le bac de réveil. Lors de la remise à l'eau de l'anguille, un contrôle des températures d'eau bac de réveil/milieu récepteur est effectué afin de garantir l'absence de choc thermique. La remise à l'eau s'effectue lorsque l'anguille est totalement réveillée et à proximité d'un habitat constituant une cache préférentielle pour l'anguille. Une mise à mort par surdosage progressif d’anesthésiant pourra être justifiée par atteinte des points limites.
Choix des espèces
Les dispositifs de dévalaison ont été conçus spécifiquement pour l'anguille qui est présente naturellement sur le site d'étude. Il n'est donc pas pertinent d'utiliser un autre modêle biologique. Il s'agit d'anguilles dîtes "argentées". Ces individus sont agés de 10 ans à 20 ans et présentent des tailles approximativement comprises entre 300 mm et 900 mm.
Effets des interactions intra- et interspécifiques sur la tolérance thermique des poissons d’eau douce
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Chauffés jusqu'à la perte d'équilibre, 440 poissons d'eau douce capturés en nasses subissent une élévation rapide de la température pendant 80 minutes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Trois espèces seront retenues parmi le gardon, la perche soleil, la grémille, le goujon, le rotengle et le gobie à tache noire, maintenues jusqu'à 48 heures en bourriche et à jeun, la manipulation pouvant leur faire perdre mucus et écailles. Tous sont ensuite tués pour des mesures sur les tissus. Le porteur qualifie pourtant le test employé, le CTmax, de "mesure de tolérance thermique non létale".
Objectifs
Les effets des changements climatiques se manifestent de manière particulièrement prononcée dans les écosystèmes d’eau douce, où les vagues de chaleur augmentent en fréquence et en intensité. Les organismes ectothermes (e.g. poissons) y sont particulièrement vulnérables, dans la mesure où leur température corporelle dépend de celle de leur environnement. En conséquence, la tolérance des organismes aquatiques aux variations rapides de la température dans leur environnement constitue un facteur déterminant de leur résilience et de leur survie. Toutefois, comment un individu répond au stress thermique dépend des interactions biotiques (interactions intra- et interspécifiques) inhérentes à tout écosystème et qui persistent pendant un épisode de vague de chaleur. En ce sens, des données indiquent que les interactions entre espèces peuvent influencer des processus physiologiques tels que la croissance, la reproduction et le taux métabolique. Cependant, les recherches sur la manière dont ces interactions influencent la tolérance thermique individuelle sont limitées, puisque les études se sont jusqu’à présent focalisées principalement sur des individus isolés, sans tenir compte des interactions intra- et interspécifiques. L’objectif du présent projet de recherche est de mesurer l’impact des interactions intra- et interspécifiques sur la tolérance thermique chez les poissons. Plus précisément, notre objectif sera composé de deux volets expérimentaux : (1) Établir si les interactions intra- et interspécifiques augmentent ou réduisent la tolérance thermique maximale (volet 1) (2) Déterminer si les interactions intraspécifiques augmentent ou réduisent la tolérance thermique maximale, selon le sexe (mâle vs. femelle), en tenant compte de l’âge, de la taille et de la charge parasitaire comme covariables. (volet 2). Afin de répondre à nos objectifs de recherche, nous mesurons la tolérance thermique maximale via le test CTmax ; une mesure de tolérance thermique non létale couramment utilisée chez les poissons. La mesure de CTmax permet d’estimer rapidement la température maximale au-delà de laquelle les performances physiologiques d’un organisme ne sont plus soutenues. Pour chaque objectif nous quantifierons la charge parasitaire de chaque individu car cette interaction biotique peut avoir un effet sur la tolérance thermique.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d'acquérir des connaissances fondamentales sur les limites thermiques des poissons, un aspect essentiel pour comprendre comment les organismes répondent au stress thermique dans leur environnement. Pour chaque espèce, il est possible de déterminer une température de tolérance maximale (CTmax), à partir de laquelle les performances de l'individu chutent fortement et comment la tolérance varie en fonction des facteurs biotiques (présence de congénères ou d’individu d’autres espèces). Dans un contexte de réchauffement climatique, la valeur de CTmax est particulièrement importante, puisqu’elle indique la température maximale que l'organisme peut supporter et donc prédire la résilience des populations face aux changements climatiques. Ce projet est novateur sur deux aspects, puisqu’il utilise des organismes issus de milieux naturels et réplique les interactions biotiques présentes dans l’écosystème, alors que la plupart des études sur la tolérance thermique maximale utilisent des organismes élevés en laboratoire et ne considèrent pas ces interactions.
Procédures
Pendant l’expérience de tolérance thermique, les individus subiront une augmentation rapide de la température jusqu’à perte d’équilibre : 1 seule fois pendant 80 minutes
Impact sur les animaux
La mise en place du protocole expérimental décrit ci-dessus peut amener les nuisances ou effets indésirables suivants sur les animaux : (1) Stress lié à la capture en nasses (2) Stress lié au maintien temporaire en bourriche et au jeûne (maximum 48h). (3) Stress lié à la manipulation qui peut entrainer une perte de mucus ou d’écailles. (4) Stress lié à l’augmentation rapide de la température pendant le protocole de CTmax
Devenir
Tous les poissons utilisés seront mis à mort pour effectuer des mesures sur tissus.
Remplacement
Le but de notre étude est de comprendre comment la dynamique entre espèces et au sein d’une même espèce affecte la tolérance thermique de l’individu. Cela apportera des informations sur la dynamique de l’écosystème auquel ces espèces appartiennent, susceptible de changer en réponse aux changements climatiques. Le modèle animal demeure indispensable puisque nous examinons les interactions biotiques et la manière dont la réponse comportementale à une vague de chaleur est affectée par celles-ci. En conséquence, le remplacement est impossible ici, puisqu'il s’agit d'analyser la réponse intégrale de l'organisme face à une vague de chaleur à l'aide de mesures comportementales. Nous privilégions l'utilisation des poissons, qui sont souvent les principaux prédateurs poïkilothermes dans les écosystèmes aquatiques et jouent un rôle fonctionnel clé.
Réduction
Afin de répondre au principe de réduction, le nombre d’individus a été calculé pour fournir un pouvoir statistique suffisant pour évaluer les variations de la tolérance thermique maximale entre les trois groupes expérimentaux. Sur la base de publications récentes, nous estimons le CTmax du gobie à tache noire (Neogobius melanostomus) autour de 35 °C, celle de la perche soleil (Lepomis gibbosus) à environ 34 °C, ainsi qu’à 30 °C chez la grémille (Gymnocephalus cernua), 32 °C chez le goujon (Gobio gobio) et 36 °C chez le rotengle (Scardinius erythrophthalmus).
Raffinement
Pour la stabulation, les poissons seront placés dans des bourriches immergées dans la rivière afin de maintenir les poissons en milieu semi-naturel avant le début du protocole expérimental CTmax. Entre le moment de la capture et le début du protocole expérimental (CTmax), un délai maximal de 48 h sera observé afin de limiter le temps passé en dehors de leur milieu naturel. Lors de la stabulation dans les bourriches, la densité sera limitée à un maximum de 12 individus pour permettre le maintien des interactions intra- et interspécifiques tout en évitant les interactions antagonistes. Les bourriches seront enrichies de rochers et de végétation pour refléter les conditions naturelles, tout en favorisant des zones de repli afin de réduire le stress. Pour les trois aquariums expérimentaux, nous utiliserons des aquariums non enrichis pour observer la perte des fonctions locomotrices, qui se traduit par un retournement indiquant que la limite de tolérance thermique maximale de l’individu est atteinte. Le protocole expérimental sera réalisé dans des glacières dont le fond et les quatre côtés seront opaques afin de limiter les stimulations visuelles liées à la présence humaine. La présence des manipulateurs sera limitée grâce à un système de surveillance vidéo à distance. Tous les aquariums seront équipés d’un bulleur afin de maintenir une concentration en oxygène dissous proche de 100 %. L’eau utilisée proviendra de la rivière. La température, le pH et l’oxygène dissous seront mesurés par sonde durant le test. Pour chaque test, les individus seront sous la surveillance d’un binôme formé et expérimenté en manipulation animal. Des limites établies pour assurer le bien-être animal permettront une intervention rapide en cas de signes indiquant que l’individu est en souffrance. Un arbre décisionnel guide les actions à entreprendre en fonction de l’état clinique observé. Si l’état des individus se dégrade, des critères d’arrêt peuvent entraîner la fin anticipée de l’expérience, conformément à la réglementation en vigueur. L’augmentation de la température sera planifiée de manière différenciée entre les trois set-up expérimentaux, de sorte que les individus d’une unité n’atteignent jamais simultanément leurs limites thermiques avec ceux d’un autre mésocosme, garantissant ainsi une prise en charge rapide et individualisée.
Choix des espèces
Afin de remplir l’objectif du volet 1, nous sélectionnerons parmi la liste d’espèces suivante, les trois espèces qui seront trouvées en abondance et dont la niche écologique est similaire : gardon (Rutilus rutilus) ; perche soleil (Lepomis gibbosus) ; grémille (Gymnocephalus cernua) ; goujon (Gobio gobio) ; rotengle (Scardinius erythrophthalmus) ; gobie à tache noire (Neogobius melanostomus) Les trois espèces seront choisies pour leurs caractéristiques écologiques communes et leur pertinence pour l’étude des réponses aux stress thermiques. Les trois espèces d’écrevisses sont des espèces exotiques à fort impact écologique. Il est donc particulièrement pertinent d’étudier leur limite thermique. Pour le volet 2, nous avons choisi le gobie à tache noire, une espèce exotique envahissante à fort impact écologique, dont l’étude de la tolérance thermique permet de mieux comprendre son potentiel de persistance et d’expansion dans un contexte de réchauffement climatique.
Analyse du comportement de migration des civelles d’anguille europ?enne en milieu exp?rimental
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pêchées au tamis à main, acclimatées trois à quatre jours, anesthésiées, pesées, mesurées, puis marquées de deux ou trois points de couleur injectés sous la peau à l'aiguille : 720 civelles d'anguille européenne sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles passent ensuite six jours dans des bassins qui reproduisent l'alternance des courants de marée et le cycle jour-nuit, filmées trente secondes toutes les quarante minutes. Elles ne sont pas nourries pendant toute cette période, ce que le porteur ne compte pas comme une nuisance puisque les civelles jeûnent aussi lors de la migration en estuaire. L'espèce est classée en danger critique d'extinction, et les 720 poissons sont tous tués à l'issue, le porteur indiquant que leur poids, de 150 à 350 milligrammes, ne permet pas de recueillir assez de matériel biologique autrement.
Objectifs
L'anguille europ?enne est une esp?ce de poisson migrateur qui a connu un d?clin spectaculaire depuis les ann?es 1980 et suscite de vives inqui?tudes tant pour la conservation de l?esp?ce que pour la durabilit? de la p?che. Ce projet concerne le stade juv?nile de l?esp?ce, appel? civelle, qui vient de la mer et remonte les estuaires pour atteindre les rivi?res dans lesquelles elles vont se d?velopper pendant plusieurs ann?es. Il est n?anmoins aujourd'hui ?tabli que toutes les civelles ne remontent pas jusqu'? la rivi?re mais se s?dentarisent en estuaire. Les raisons de ces diff?rents comportements de migration ne sont pas connues mais l?enjeu est important car le sexe des individus d?pend de l'environnement. Les civelles se s?dentarisant en estuaire se transforment plut?t en m?les tandis que les individus migrant en rivi?re se d?veloppent majoritairement en femelles. L?objectif de ce projet sera de tester l?hypoth?se d?une diff?rence g?n?tique entre les civelles migrantes et non migrantes, permettant d'expliquer, au moins en partie, cette migration facultative. Afin de r?aliser ces analyses, nous devons tout d?abord identifier les diff?rents comportements de migration en milieu exp?rimental. En milieu naturel, les civelles utilisent les courant de mar?e pour remonter les estuaires : elles montent dans la colonne d'eau et avancent avec le courant lors de la mar?e montante, puis redescendent et s'enfouissent dans le substrat lors de la mar?e descendante. Afin de d?terminer ces comportements de migration en milieu exp?rimental, les civelles seront marqu?es pour les reconnaitre individuellement. Elles seront ensuite plac?es dans deux installations identiques mimant l'alternance des courants de mar?e. Un enregistrement vid?o permettra d'observer le comportement de chaque individu afin de d?terminer s'il est migrant ou non migrant. Nous travaillerons sur des civelles pr?lev?es sur deux sites: ? l?entr?e d?un estuaire et ? plusieurs kilom?tres de son embouchure en zone d'eau douce . Nous travaillerons ?galement sur deux phases d?arriv?es de civelles sur nos c?tes: l?automne et le printemps. Les analyses g?n?tiques effectu?es sur chaque individu seront mis en relation avec leur comportement, le site de pr?l?vement et la saison.
Bénéfices attendus
Ce projet vise ? contribuer ? une meilleure compr?hension du comportement de migration des civelles d?anguille europ?enne dans l'estuaire. L'analyse de la variabilit? g?n?tique entre individus migrants et non migrants devra nous permettre d?anticiper le fonctionnement et l??volution de la population.
Procédures
Les civelles seront p?ch?es en milieu naturel et rapport?es au laboratoire dans leur eau d'origine. Elles seront acclimat?es ? l'eau douce durant 3 ? 4 jours puis anesth?si?es pour les peser, les mesurer et les marquer individuellement avec 2 ? 3 points de couleur non toxique. Le marquage est r?alis? en injectant un point de couleur d'environ 1 mm sous la peau de la civelle ? l'aide d'une aiguille tr?s fine. Pour chaque site/saison, 180 civelles seront plac?es dans deux installations identiques mimant l'aternance des courants et l'alternance jour/nuit (90 civelles dans chaque installation). Des enregistrements vid?o seront r?alis?s ? raison de 30 secondes toutes les 40 minutes pour suivre le comportement des civelles. Le suivi s'effectuera sur 6 jours afin de stabiliser les comportements. Toutes les civelles sont ensuite mises ? mort pour analyses g?n?tiques.
Impact sur les animaux
Les nuisances potentielles sur les animaux concernent les manipulations qui peuvent g?n?rer un stress: p?che, mise en place dans les installations, r?veil apr?s anesth?sie, environnement inconnu. Le marquage pourrait constituer une g?ne momentan?e au r?veil bien qu?aucune modification du comportement de nage n?ait ?t? observ?e jusqu?? maintenant. Les civelles jeunant durant toute la migration estuarienne en milieu naturel, l?absence d?alimentation n?est pas consid?r?e comme une nuisance.
Devenir
L'objectif final du projet ?tant d'effectuer des analyses g?n?tiques sur chaque civelle, elles doivent toutes ?tre mises ? mort. En effet, de par la petite taille des animaux (150 ? 350 milligrammes) le pr?l?vement d'un morceau de nageoire, de mucus, ou une biopsie ne permet pas de collecter suffisamment de mat?riel biologique pour les analyses.
Remplacement
Le comportement de migration ?tant sp?cifique ? l?esp?ce et au stade, le remplacement par une autre esp?ce ou un autre stade n?est pas envisageable. Il n?existe par ailleurs aucune pisciculture d?anguille.
Réduction
Les analyses g?n?tiques pr?vues n?cessitent habituellement chez les mammif?res plus de 1000 individus. Dans le cas de l?anguille europ?enne, nous comptons sur la particularit? de l'esp?ce (une seule population), pour limiter notre ?chantillon ? 720 individus (environ 200 grammes au total) tout en gardant une puissance suffisante pour les analyses.
Raffinement
Les civelles seront p?ch?es au tamis ? main par nos soins, une technique beaucoup moins traumatisante que le tamis pouss? par un bateau, utilis? par les p?cheurs professionnels. Les bacs de stabulation sont ?quip?s d?abris sp?cialement con?us pour les civelles (carr?s de 5cm/5cm de paillasson retourn?s et lest?s). Le marquage par points de couleur non toxique et la biom?trie seront effectu?s par une ?quipe exp?riment?e, selon une proc?dure ne durant pas plus de 4 minutes entre le d?but de l'anesth?sie et le r?veil. Les civelles d?anguille remontent les estuaires en nageant principalement de nuit avec le courant ? mar?e montante et en s?abritant dans le substrat ? mar?e descendante. Pour nos tris comportementaux, les animaux seront donc plac?s dans des structures leur permettant de synchroniser leur comportement sur l'alternance du jour et de la nuit ainsi que sur l?alternance du courant toutes les 6,2h, mimant les courants de mar?e. Nos installations sont ?quip?es de substrat (cailloux de 2 ? 3 cm) permettant aux civelles de s?enfouir. L?esp?ce ?tant nocturne et fuyant la lumi?re, l?intensit? lumineuse dans toutes les installations sera tr?s faible durant la journ?e et nulle durant la nuit. Une aube et un cr?puscule seront appliqu?s afin d'?viter les changements de luminosit? brutaux et de permettre la synchronisation du comportement de nage sur l?alternance jour-nuit. Une lumi?re ultraviolette, non d?tect?e par les civelles, permettra de suivre les marques color?es fluorescentes la nuit. La temp?rature sera maintenue ? 12 ?C afin de se rapprocher des conditions en milieu naturel.
Choix des espèces
L'anguille europ?enne pr?sente un int?r?t patrimonial et ?conomique. L'esp?ce est en danger critique d'extinction et il est urgent de mieux comprendre son cycle de vie afin de contribuer ? optimiser la gestion de la population. Notre projet porte sur le stade juv?nile, appel? civelle, car c'est ? ce stade de d?veloppement que l'animal remonte les estuaires.
Impacts des vagues de chaleur sur les communautés aquatiques
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Les expérimentateurs chauffent rapidement l'eau des bacs jusqu'à ce que les poissons perdent l'équilibre. Trois espèces sont concernées, 342 vairons, gardons et gobies à taches noires juvéniles, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Le porteur décrit un stress thermique aigu, accélération respiratoire, agitation, fatigue importante et perte d'équilibre, reconnaît un risque de non-récupération ou de mortalité malgré l'arrêt immédiat du test, et présente par ailleurs les aquariums de stabulation de deux cents litres, avec rochers, plantes et cachettes, comme un "environnement non stressant". Ils sont ensuite tués pour des analyses physiologiques de leurs tissus.
Objectifs
Le changement climatique entraîne une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur. Les conséquences de ces épisodes extrêmes sur les écosystèmes aquatiques restent encore mal connues. Ce projet vise à comprendre comment des vagues de chaleur affectent les organismes vivant dans les lacs, depuis les algues microscopiques et petits invertébrés jusqu’aux poissons. Une attention particulière sera portée à trois espèces de poissons d’eau douce : le vairon, le gardon, et le gobie à taches noires. Le vairon est un petit poisson très répandu et souvent utilisé pour étudier l’impact des changements de l’environnement. Le gobie à taches noires est une espèce envahissante dont il est important de comprendre la capacité à s’adapter au réchauffement. Le gardon est une espèce très commune qui joue un rôle important dans les écosystèmes aquatiques. Étudier ces trois espèces permettra de mieux comprendre comment différents poissons réagissent à l’augmentation de la température de l’eau.Les poissons seront maintenus soit en laboratoire, soit dans des mésocosmes (bassines extérieures reproduisant un mini-lac). Ils seront ensuite exposés à une augmentation progressive de la température afin de déterminer leur limite de tolérance thermique. L’objectif est de savoir si la capacité d’un individu à résister à la chaleur permet de prédire la survie des espèces et le fonctionnement global de l’écosystème lors d’une vague de chaleur. Les résultats permettront de mieux comprendre la vulnérabilité des espèces aquatiques face au réchauffement climatique et d’améliorer les outils permettant d’anticiper les effets futurs du changement climatique sur la biodiversité.
Bénéfices attendus
Habituellement, la mesure de tolérance thermique est réalisée sur des individus isolés, en laboratoire. Ici, elle sera également étudiée dans un écosystème complet intégrant plusieurs niveaux de la chaîne alimentaire. Cette approche est importante car la présence d’autres espèces et les interactions naturelles peuvent modifier la tolérance réelle à la chaleur et conduire à des résultats différents de ceux obtenus en conditions simplifiées.
Procédures
Les poissons seront marqués individuellement pour pouvoir suivre leur comportement. 16h avant la mesure de tolérance (c.-à-d. la veille), les poissons seront mis à jeun car la digestion peut influencer la mesure de tolérance. Pendant l’expérience de tolérance thermique, les poissons subiront une augmentation rapide de la température jusqu’à perte d’équilibre.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances susceptibles d’être observées sont le stress lié à la capture, au transport, et aux manipulations (incluant le marquage des individus). Lors des tests de tolérance à la chaleur, les poissons peuvent présenter un stress thermique aigu se traduisant par une augmentation du rythme respiratoire, une agitation, une fatigue importante et une perte d’équilibre. Un risque limité de non-récupération ou de mortalité existe malgré l’arrêt immédiat du test dès l’apparition des points limites définis.
Devenir
Les individus seront euthanasiés afin de réaliser des analyses physiologique de leur tissus.
Remplacement
L’écologie a pour objet l’étude de la dynamique des peuplements et des écosystèmes. Les recherches en écologie nécessitent donc d’intégrer des niveaux d’organisation du vivant allant jusqu’à l’écosystèmes. Ainsi, il n’est pas possible de substituer des tissus ou des cellules à des individus pour de telles recherches. Le modèle animal ne peut pas être remplacé pour répondre à la problématique posée (règle des trois R : remplacement) étant donné qu’il s’agit ici d’étudier la réponse physiologique de poissons. Nous avons choisi d’utiliser les poissons car ils sont souvent les tops prédateurs dans les écosystèmes aquatiques. Utiliser un modèle vertébré (le poisson) est pertinent dans ce contexte car il s’ajoute au modèle invertébré, déjà présent dans cette expérimentation.
Réduction
Le nombre de poissons utilisés est déterminé de manière à obtenir des résultats fiables, tout en limitant le nombre d’animaux. D’après la littérature scientifique, la température maximale supportée par le vairon est estimée autour de 32°C, celle du gardon autour de 35,8°C et celle du gobie à taches noires autour de 35°C également. Ces estimations permettent d’anticiper les seuils critiques lors des tests. Deux opérateurs assureront une surveillance continue pendant l’augmentation de la température. Dès qu’un poisson montre qu’il atteint sa limite de tolérance (perte d’équilibre), il est immédiatement retiré et placé dans un bac à température adaptée pour favoriser sa récupération. L’augmentation de la température sera organisée de façon progressive et décalée entre les différents bassins afin d’éviter que tous les poissons atteignent leur limite thermique en même temps.
Raffinement
Les aquariums où les poissons sont maintenus avant les expériences contiendront des rochers, des plantes et des cachettes afin de leur offrir un environnement non stressant. Leur grand volume (200 litres) permet aux poissons de s’isoler et d’avoir des comportements naturels. Les aquariums utilisés pour les tests seront plus petits et simples afin d’observer clairement les réactions des poissons. Trois côtés seront opaques pour réduire les stimulations visuelles liée aux déplacements de l’observateur, accompagné d’un système de surveillance vidéo à distance. Tous les aquariums seront bien oxygénés et alimentés avec une eau identique à celle des aquariums de stabulation. La température et la qualité de l’eau seront contrôlées régulièrement. Les poissons seront manipulés avec précaution : capturés un par un, placés brièvement dans un petit bac sombre pour les transferts (environ 30 secondes), et maintenus par deux afin de limiter l’isolement. L’éclairage des pièces sera tamisé pour réduire le stress. Des critères d’arrêt précis (points limites) sont définis afin d’interrompre immédiatement l’expérience en cas de signe de souffrance.
Choix des espèces
Le vairon, le gardon et le gobie à taches noires ont été choisis pour leurs caractéristiques écologiques complémentaires et leur pertinence pour l’étude des réponses aux stress thermiques. Le vairon est une espèce d’eau douce couramment utilisée en toxicologie, sensible aux variations environnementales et bien adapté à la manipulation expérimentale, ce qui permet de relier des mesures physiologiques en laboratoire à des réponses observables en mésocosmes. Le gobie à taches noires est une espèce exotique envahissante à fort impact écologique, dont l’étude de la tolérance thermique permet de mieux comprendre son potentiel de persistance dans un contexte de réchauffement climatique. Finalement, le gardon est une espèce généralise et très abondantes dans les écosystèmes aquatiques. Il est plus tolérant que le vairon. Seuls des individus juvéniles seront utilisés afin de s’affranchir des effets liés à la reproduction et d’attribuer les variations observées uniquement aux traitements thermiques.
Evaluation de la migration piscicole dans un cours d’eau restauré par des ouvrages type castor
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Autres poissons : 300
Capturés par pêche électrique, anesthésiés trois à cinq minutes, mesurés et pesés, 900 poissons subissent une incision ventrale de 3 à 5 mm pour l'implantation manuelle d'une puce électronique dans la cavité abdominale. Truites, blageons, chabots et vairons sont maintenus hors de l'eau entre trente secondes et une minute pendant l'opération, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La moitié des individus pêchés en amont des ouvrages en bois sont transportés en aval avant d'être marqués, pour retenir ceux qui seront enclins à remonter. Le porteur signale que certains poissons perdent leur puce dans les semaines suivantes et que des femelles peuvent l'expulser lors de la reproduction. Tous sont replacés dans la rivière après réveil en vivier, aucun n'est tué.
Objectifs
Dans de nombreux cours d’eau dégradés, la mise en place d’ouvrages en bois, dits castor mimétiques, constitue une nouvelle opportunité de restaurer leur fonctionnalité écologique par des moyens peu coûteux et bas carbone. La présence de ces ouvrages modifie les conditions locales d’écoulement et pose ainsi des questions sur la capacité des poissons à maintenir leurs migrations naturelles et accéder à leurs habitats de reproduction ou de croissance. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est d’évaluer la franchissabilité de ces ouvrages castors en suivant précisément le passage des poissons au travers de ces aménagements, pour plusieurs espèces distinctes, différentes classes d’âge et différentes conditions de débit. Pour cela, un panel de poissons représentatif des peuplements du cours d’eau est capturé par des techniques adaptées (pêche électrique). Sous anesthésie générale, chaque individu est mesuré, pesé, examiné, puis équipé d’une puce électronique (PIT‑tag) de taille adaptée, implantée dans la cavité abdominale selon un protocole chirurgical respectant les exigences de bien‑être animal. Les poissons sont ensuite remis à l’eau sous surveillance jusqu’à leur réveil complet, puis relâchés à proximité des ouvrages. Les poissons ainsi marqués peuvent être détectés lorsqu’ils franchissent les ouvrages castors, grâce à des antennes de détection disposées stratégiquement dans le lit du cours d’eau. L’enregistrement de ces passages permet de vérifier si les ouvrages castors restent perméables aux déplacements piscicoles, d’identifier les trajectoires privilégiées et, le cas échéant, de repérer des situations de blocage ou de retard qui pourraient justifier des ajustements de gestion.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de vérifier les conditions de franchissabilité des ouvrages castors par les peuplements piscicoles en présence. Il est indispensable de réaliser ce type de suivi biologique en milieu naturel pour vérifier s’il est nécessaire de réaliser des modifications de conception de ces ouvrages castors pour que les poissons puissent librement circuler.
Procédures
Après anesthésie générale pendant 3 à 5 minutes, les animaux seront mesurés puis pesés, puis une incision ventrale de 3 à 5 mm sera réalisée et une puce électronique sera implantée manuellement sur 900 poissons. Ces interventions nécessiteront de maintenir les poissons entre 30 secondes et une minute hors d’eau.
Impact sur les animaux
La capture, la stabulation et le marquage sont autant d’étapes nécessaires à l’étude et susceptibles d’induire un stress modéré sur les animaux. Il existe également un risque de douleur légère post-anesthésie suite à l’incision.
Devenir
Tous les individus seront replacés dans leur habitat naturel
Remplacement
Le modèle biologique ne peut être remplacé pour cette étude comportementale qui implique de travailler nécessairement sur des individus vivants dans leur milieu naturel. L'évaluation du franchissement d’un aménagement (ici un ouvrage bois castor mimétique) doit obligatoirement être réalisée in situ en étudiant le comportement migratoire des espèces considérées.
Réduction
L’effectif prévu est un minimum (règle des 3 R : réduction) pour pouvoir décrire les comportements des poissons par espèce et par stade, et évaluer la franchissabilité des ouvrages castors. Il est adapté au gabarit du milieu (rivière de tête de bassin versant) et à la diversité spécifique et la densité de population. L’effectif tient compte de plusieurs facteurs, pour garantir un certain nombre de détections : - L’implantation des puces ne génère en principe pas ou très peu de mortalité post-opératoire en respectant les préconisations de tailles minimales. Toutefois, certains individus peuvent perdre leur puce dans les semaines suivant l'implantation. - Certaines femelles peuvent également expulser la puce lors de la reproduction. Tous les individus d'une même espèce ne vont pas forcément migrer. Les individus pêchés en amont des ouvrages castors (50%), seront transportés en aval, où ils seront pucés puis relâchés, de manière à privilégier l'étude sur des individus enclins à migrer et in fine réduire le nombre d'individus marqués. Il n'est pas prévu d'analyses statistiques dans le cadre de cette étude comportementale menée en milieu naturel, en-dehors des statistiques descriptives (taux de franchissement, voies de passage, durée moyenne de franchissement).
Raffinement
Le raffinement des procédures sera pris en compte de la capture des animaux jusqu’au relâcher dans leur milieu naturel. Le maintien des conditions thermiques et d’oxygénation optimales sera assuré. Les animaux capturés seront stockés dans des viviers placés directement dans la rivière. Ainsi, la teneur en oxygène et la température seront constantes. La solution d'anesthésie sera renouvelée toutes les 30 minutes, pour éviter que la température du bain n’augmente et soit toujours suffisamment fraiche pour éviter le stress des poissons et l’altération de l’efficacité de l’anesthésiant. En outre, l’accent sera mis sur la rapidité d’exécution des mesures biométriques et du marquage pour réduire le temps d’anesthésie, sachant que les poissons seront maintenus hors d’eau pendant toute la durée de la prise des mesures biométriques et marquages. La taille des puces sera adaptée à la taille de l’animal. Un chiffon humide sera placé au niveau de la tête de l’animal et la règle de biométrie sera humidifiée en permanence pour éviter d’ôter le mucus. Seuls les individus jugés visuellement en bonne santé seront marqués, les autres seront relâchés sans marquage, après stabulation. Aucun antibiotique ne sera utilisé, par contre une pommade iodée antiseptique sera appliquée au niveau de l’incision. Le réveil sera contrôlé dans un vivier placé dans la rivière. L’application de points limites stricts et spécifiques du projet limitera les risques de douleur tout au long de la procédure.
Choix des espèces
4 espèces de poissons sont ciblées et sont caractéristiques de la rivière et du territoire concerné : truite, blageon, chabot, vairon. 1 stade de développement est retenu : subadultes-adultes.
Cartographie fonctionnelle du système immunitaire du Nothobranchius furzeri avec l’âge
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Troubles immunitaires
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Filmés trente minutes dans un bac pour classer leurs performances de nage, traités par un antalgique, endormis, puis injectés dans la cavité abdominale avec un vaccin, 270 killis turquoise d'Afrique sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Ces poissons vieillissent vite, six mois de vie en captivité, et le porteur attend chez eux une perte de pigmentation, une émaciation, une baisse de la prise alimentaire et des changements de comportement qu'il qualifie d'anxiété ou de résignation. Les individus sont observés entre 2 et 6 mois, par groupes de 6 à 10, pour relier des populations immunitaires à la perte de mobilité au cours du vieillissement. Tous sont tués et disséqués à l'issue, afin d'extraire les cellules immunitaires de leurs organes.
Objectifs
Aujourd’hui, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent 1/4 de la population française et pourraient en représenter 1/3 en 2050. Si l’espérance de vie en France après 50 ans s’avère élevée, le nombre d’années vécues en bonne santé reste inférieur à celui de plusieurs pays de l’UE. Il est donc urgent d’intervenir pour ralentir cette progression défavorable et améliorer la qualité de vie au cours de l’avancée en âge. Dans ce contexte, l'OMS a identifié 5 domaines, la mobilité, la vitalité, les capacités neurosensorielles, le psycho-social et la cognition, qui doivent être préservées ou restaurées chez la personne âgée pour promouvoir son "bien vieillir". L’objectif de ce projet est de caractériser les modifications du système immunitaire associées à la perte de mobilité spontanée, une des grandes fonctions à préserver pour vieillir en bonne santé, en utilisant un modèle animal présentant un vieillissement accéléré, l'African Turquoise Killifish.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes moléculaires et cellulaires mis en jeu au cours du vieillissement. Nous pourrons évaluer quelles populations immunitaires sont associées à la diminution de la locomotion. Les outils développés dans ce projet pour cartographier les réponses immunitaires avec l’âge seront mis à disposition de la communauté scientifique. A plus long terme, les résultats permettront d'identifier de nouveaux gènes candidats et/ou de proposer de nouvelles approches d'immunomodulation afin de préserver la mobilité et favoriser le "bien vieillir".
Procédures
Nous utiliserons des poissons mâles pour caractériser les populations immunitaires modifiées avec la perte de mobilité associée au vieillissement. Les principales populations identifiées chez le mâle seront testées chez les femelles. Puis, nous évaluerons la réponse à une vaccination chez les poissons en comparant les réponses immunitaires induites par l'injection intrapéritonéale de vaccin contenant ou non un composé pro-inflammatoire. Les poissons seront traités par un antalgique avant d’être endormis pour prévenir la douleur liée à l'injection et réduire l’angoisse associées à cette intervention. Les poissons injectés seront également traités par un antalgique après l’injection. Les poissons seront filmés au préalable (trois jours à une semaine avant la vaccination) pendant 30 min dans un bac pour enregistrer les mouvements de nage spontanés et permettre de classer les individus âgés en fonction de leur performance physique.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables chez le poisson concernent principalement les conséquences du vieillissement naturellement rapide chez l'African Turquoise Killifish. Les autres effets à évaluer concernent l’injection du vaccin et les conséquences de la vaccination. Les individus peuvent présenter une réduction de la pigmentation de la peau, une perte de poids, ou émaciation, accompagnées de changements comportementaux de type anxiété ou résignation avec notamment une diminution de la prise alimentaire ou une position dans la colonne d'eau qu'il sera facile à identifier (navigation exclusivement à la surface ou prostration au fond de l'aquarium).
Devenir
Au terme des procédures, tous les animaux (n=270) seront mis à mort et disséqués afin de récupérer différents organes pour extraire les cellules immunitaires ou pour procéder à des analyses histo-pathologique et transcriptomique.
Remplacement
Le processus de vieillissement est très variable d'un individu à l'autre. Pour mieux comprendre ces différentes trajectoires de vieillissement à l'échelle individuelle, il est nécessaire d'étudier l'évolution des fonctions, comme la mobilité, chez des organismes vivants. Les individus âgés nous permettront d’étudier les réponses immunitaires dans leur contexte pathologique et physiologique de vieillissement in vivo. Le Turquoise Killifish est un modèle unique et indispensable pour étudier, de manière intégrée, à l'échelle de l'organisme entier, les réponses immunitaires en fonction de la qualité du vieillissement des individus.
Réduction
Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d’individus, en tenant compte des expériences déjà réalisées au laboratoire. Les poissons sont observés aux âges extrêmes de la vie (2 mois à 6 mois) et leur capacité de locomotion est évaluée. Compte tenu de la variabilité des paramètres biologiques et fonctionnels généralement observée au sein d’un groupe homogène et de la durée des protocoles, des groupes de 6 à 10 individus au total seront constitués pour mettre en évidence des différences statistiques (principe de réduction). Des analyses post mortem sur différents organes seront réalisées afin d'obtenir le plus d'informations possibles pour un même individu.
Raffinement
Les procédures seront réalisées dans le respect du bien-être animal, sous anesthésie lorsque nécessaire pour limiter la souffrance, la douleur ou l’angoisse des animaux, et en respectant des points limites définis par le comportement des animaux, que ce soit leur comportement alimentaire, leur locomotion (position dans la colonne d'eau: nage en surface ou prostration au fond du bac) ou leur fonction respiratoire (mouvement operculaire) ou l'amaigrissement (creusement de la partie ventrale du poisson). L'altération d'un ou plusieurs de ces paramètres conduira à un suivi du poids sur 1 semaine. Si la perte de poids est trop importante, le protocole expérimental sera interrompu. La surveillance du poids se poursuivra jusqu'à stabilisation ou atteinte d'un point limite nécessitant la mise à mort de l'individu.
Choix des espèces
Pour étudier les mécanismes en lien avec le vieillissement, l'African Turquoise killifish est l'espèce de choix, puisqu'il est le vertébré dont la durée de vie est la plus courte en captivité avec 6 mois. En tant que vertébré, il possède une anatomie comparable à celle du rongeur en terme de tissus et de cellules présents. Une abondante littérature montre comment chez le mâle et la femelle, ce poisson présente un vieillissement systémique, là aussi comparable à celui des rongeurs et à l'Homme (sarcopénie, déclin cognitif ou maladies métaboliques). Pour toutes ces raisons, l'African Turquoise Killifish est à l’heure actuelle un modèle très pertinent utilisé dans des laboratoires académiques, de plus en plus nombreux, pour modéliser un large spectre de pathologies liées à l'âge, avec la possibilité d’une exploration fonctionnelle in vivo couplée à des études biologiques intégrées et à la caractérisation de sous-populations cellulaires ex vivo. Toutes les explorations et expérimentations seront réalisées sur poissons adultes puisque l'ensemble de la physiopathologie que nous étudions se développe à l'âge adulte.