Rongeurs
Mise en place et caractérisation d’un modèle murin de neuropathie induite par la monométhyl auristatine E
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent une injection quotidienne d'un cytotoxique anticancéreux, la monométhyl auristatine E, pendant sept semaines, et subissent chaque semaine le test de la plaque chaude, le test des filaments de von Frey, le rotarod et le grip-test. Le projet vise à créer un modèle de neuropathie induite par la chimiothérapie, les souris étant tuées pour prélever nerfs, peau et ganglions. Le porteur affirme qu'aucune méthode alternative ne reproduit l'ensemble des mécanismes de la douleur, une étude in vitro sur neurones humains étant menée en parallèle.
Objectifs
Parmi l’ensemble des thérapies anticancéreuses, de la chimiothérapie « traditionnelle » à la thérapie ciblée en passant par l’immunothérapie, de nombreux agents sont responsables d’une forte neurotoxicité à l’origine de neuropathies. Ces NPIC, pour neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie, dépendent de l’agent utilisé et de la dose. Elles se manifestent par l’apparition de troubles sensitifs telles que des douleurs neuropathiques ou des pertes de sensibilité. Les NPIC sont très fréquentes impactant fortement la bonne mise en œuvre des protocoles de chimiothérapie, pouvant conduire à une diminution des chances de survie des patients. A ce jour, la seule prévention reconnue repose sur le dépistage des neuropathies périphériques préexistantes et/ou la détection précoce de signes de neuropathie chez des sujets soumis à une chimiothérapie neurotoxique. Il apparaît évident que connaitre les mécanismes physiopathologiques des thérapies cancéreuses et les prévenir par une thérapeutique efficace sont une priorité pour améliorer la qualité de vie des patients et leur permettre de suivre leur traitement anti-cancéreux. Les immunoconjugués ou "antibody drug conjugate (ADC)" forment une nouvelle classe d'agents anticancéreux. Les immunoconjugués résultent d'un couplage entre un anticorps dirigé contre une cible spécifique d'un type de cancer et d'un cytotoxique. La monométhyl auristatine E (MMAE) est un puissant cytostatique anti-tubules, utilisé pour la synthèse de nombreux immunoconjugués. Un des effets indésirables imputés aux ADC-MMAE, et figurant parmi les plus fréquent, est l'apparition de neuropathies périphériques et des douleurs associées. Les douleurs neuropathiques secondaires à l'administration d'ADC-MMAE sont indépendante de la cible de l'anticorps et donc du type de cancer. Le relargage de la MMAE dans la circualation systémique serait fort probablement à l'origine de cette neurotoxicité. Aucun modèle animal de neuropathie périphérique induite par la MMAE n’a encore été développé. Un tel modèle serait l’outil idéal pour l’évaluation de potentielles thérapeutiques pour la prévention des neuropathies induites par des ADC-MMAE. L’objectif de ce travail est donc de développer et caractériser un modèle murin de neuropathie induite par la MMAE afin d’utiliser cet outil pour la mise en évidence future de molécules neuroprotectrices.
Bénéfices attendus
De plus en plus d'études montrent que les mécanismes pathophysiologiques inhérents au développment de neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie sont spécifique à chaque agent anticancéreux. Ainsi, par exemple, une stratégie thérapeutique efficace dans la prévention de la neuropathie périphérique induite par l'oxaliplatine (un agent anticancéreux alkylant indiqué principalement dans la prise en charge des cancers colorectaux), pourrait s'avérer infructeuse dans le cadre d'une neuropathie induite par la vincristine (un agent anticancéreux stabilisateur des microtubulues, principalement indiqué dans la prise en charge des leucémie lymphobloïde aiguë). Les "antibody drug conjugate" (ADC) associés à la monométhyle auristatine E sont de plus en plus nombreux sur le marché. Bien que la plupart des effets indésirables sytémiques associés aux chimiothérapies soient moindre avec les ADC-MMAE, ceux-ci induisent très fréquemment des neuropathies périphériques. Ce nouveau modèle de neuropathie induite par la MMAE serait un outil pertinent pour comprendre les mécanismes pathophysiologiques de ces neuropathies et pour la mise en évidence future de molécules neuroprotectrices. La découverte d'un stratégie thérapeutique efficace à l'aide de ce modèle, permettrait une translation chez l'Homme plus rapide et pour la prise en charge de neuropathies induites par plusieurs ADC (example: le polatuzumab-vedotin (lymphome diffus à grandes cellules B), le brentuximab-vedotin (lymphome de Hodgkin), le tisotumab-vedotin (cancer du col de l'utérus), le sofituzumab-vedotin (cancer urothélial) ).
Procédures
Chaque animal (soit 40 animaux) recevra une injection intrapéritonéale quotidienne pendant 7 semaines, et sera également soumis une fois par semaine pendant 7 semaines aux tests comportementaux suivants; le test de la plaque chaude pour évaluer la réponse à la chaleur, le test des filaments de von Frey pour évaluer la sensibilité tactile, le test du rotarod pour évaluer la coordination motrice et le grip-test pour évaluer la force musculaire. L'injection intrapéritonéale a été privilégiée par rapport à l'injection sous-cutanée et l'injection intra-veineuse. En sous-cutané, la MMAE peut comme de nombreux agents de chimiothérapie créer des lésions cutanées. Les injections seront répétées tous les deux jours pendant 7 semaines, ainsi la répétition des injections sera plus aisée en intrapéritonéal qu'en intraveineux. La pose d'un cathéter a été exclu afin de garantir une liberté de mouvement totale à l'animal nécessaire pour les tests comportementaux.
Impact sur les animaux
Les neuropathies périphériques induites par les ADC-MMAE se traduisent chez l'Homme par des troubles de la sensibilité, des douleurs neuropathiques ou des faiblesses. La MMAE est un agent ciblant les microtubules, tout comme la vincristine et le paclitaxel, deux agents anticancéreux "traditionnel". Nous avons dévellopé et caractérisé deux modèles de neuropathie induite par la vincristine et le paclitaxel. Dans ces modèles, nous observons l’apparition d’une allodynie mécanique suite à l’administration de vincristine. Cette allodynie se traduit par une hypersensibilité en réponse à un stimulus focalisé qui est l’application d’un filament de von Frey sur la voute plantaire. Les animaux ne présentent aucun trouble moteur (la coordination motrice et la force musculaire ont été évaluée). En dehors de la phase de test, les animaux ayant reçu de la vincristine et du paclitaxel présentent un comportement tout à fait similaire aux animaux témoins. Ils ne présentent aucun signe de souffrance ou de perte de poids. Ainsi, nous nous attendons à ce que les animaux recevant la MMAE présentent des symptômes similaires; ie. un hypersensibilité en réponse à un stimulus tactile provoqué, sans troubles moteurs associés.
Devenir
A la fin de l'expérimentation, les éventuelles altérations morphologiques associées à la MMAE seront mises en évidence par l’analyse histologique et immunohistologique des ganglions spinaux, du nerf sciatique et de l’innervation de la peau. Les prélèvements de GS, de nerfs sciatiques et de peau seront réalisés juste après la mise à mort. La mort sera donnée par dislocation cervicale après une anesthésie par inhalation d'isoflurane. L'ensemble des animaux seront mis à mort, puis les tissus du système nerveux sensitif seront prélèvés sur chaque animal (nerf sciatique, peau es pattes, ganglion rachidien dorsaux)
Remplacement
Il n'existe, à ce jour, aucune méthode alternative à l'expérimentation animale disponible qui reproduit l'ensemble des mécanismes mis en jeu à la génération d'une douleur induite par des cytotoxiques anticancéreux. Nous avons choisi un modèle dont la séquence d'injection des agents anti-cancéreux est la plus conforme aux protocoles de chimiothérapies neurotoxiques utilisés chez l'Homme. En parallèle de cette étude chez la souris, une étude in vitro évaluant l'effet de la MMAE seule ou conjuguée (brentuximab-vedotin) sur des neurones sensoriels humains dérivés d'iPSc (induced-pluripotents stem cells) est en cours. Ce modèle cellulaire nous permet de déterminer les mécanismes physiopathologiques (neurotoxicité, hyperexcitabilité, dérégulation du transport axonal, ...) mise en jeu en niveau du neurone sensitif humain, mais exclut les phénomènes de neuroinflammation inhérents aux neuropathies induites par la chimiothérapie, ainsi que toute la complexité des phénomènes aboutissant à la sensation douloureuse.
Réduction
Le nombre de 10 animaux par groupe a été calculé à partir de résultats (moyenne et écart-type) obtenus au cours d'une étude sur le modèle de neuropathie induite par la vincristine (un agent ciblant les microtubules, comme la MMAE) (Bessaguet, et al., 2018). Les résultats générés par les animaux du groupe MMAE de l'étude pilote (n = 5) pourront être utilisés pour l'analyse statistique de l'étude principale et ainsi permettre de réduire le nombre d'animaux du groupe MMAE de l'étude principale (de n = 10 à n= 5). Si les valeurs obtenues suivent la loi normale, nous utiliserons des tests statistiques paramétriques (ANOVA à deux facteurs, ANOVA, test t de Student). A l'inverse, si les valeurs ne sont pas distribuées normalement, nous utiliserons des tests non-paramétriques (Scheirer-Ray-Hare, Kruskal-Wallis et Mann et Whitney). L'analyse statistique sera réalisée à l'aide de deux logiciels; les logiciels R studio et Graph Pad Prism. Pour réduire le nombre d'animaux, chacun subira toutes les expérimentations les unes après les autres dans l'ordre chronologique : les injections, les tests de comportements puis la mise à mort pour prélèvements en fin d'expérimentation. Les prélèvements (peau, nerf et ganglions rachidiens dorsaux) seront effectués sur chaque animal mort (dislocation cervicale après anesthésie par inhalation d’isoflurane 3 %) avant qu'il soit placé dans le congélateur des cadavres.
Raffinement
Une étude pilote permettra d'évaluer l'effet de la MMAE à différentes doses (20, 50 et 100 µg/kg) sur l’état général des animaux et le développment d'une neuropathie sensitive sans troubles moteurs dans nos conditions d"hébergement : l’apparition de signes de souffrance ou de toxicité sera évaluée à l’aide d’une grille de suivi biquotidien et l'apparition de la neuropathie sensitive sera évaluée à l'aide de tests comportementaux. En fonction des résultats, cette étude pilote sera renouvelée avec des doses deux fois inférieures. Si aucun signe de souffrance ou de toxicité n’est observé au cours de cette étude pilote, alors nous procèderons à l’étude principale. Les animaux seront élevés dans des conditions d’hébergement (température et hygrométrie de l’environnement, densité d’animaux, présence systématique d’enrichissement, change régulier de la litière, nourriture et eau ad libitum, surveillance quotidienne de l’état général des animaux) qui respectent leur bien-être. Un temps d'habituation et/ou d’entrainement sera respecté pour chaque test comportemental afin de limiter le stress de l’animal et de réduire la variabilité des résultats. Seuls des test d'évitements seront utilisés pour l'évaluation de la sensibilité, et une valeur limite est établie pour chaque test à partir de laquelle l’animal est soustrait au stimulus même s’il ne présente aucun signe d'évitement. Les animaux exposés à la MMAE doivent présenter un comportement naturel similaire aux animaux Ctrl pour pouvoir particper à l'analyse comportementale. Les animaux présentant des signes de fatigue, troubles moteurs ou souffrance seront retirés du protocole. L’équipe de recherche maitrise les modèles de neuropathie chimio-induite et les tests de sensibilité associés qui requiert un savoir-faire et un suivi précis des réactions de l'animal.
Choix des espèces
Des modèles murins de NPICs ont déjà été validés, publiés et ont montré leur intérêt pour tester l'effet neuroprotecteur de molécules. Leur physiopathologie est très proche de celle de l'Homme. Nous utilisons un équipement adapté à la souris. Ce matériel est maitrisé par l’équipe et le porteur de ce projet, ce qui permet de limiter les étapes de mises au point et d’éviter une source de stress supplémentaire pour l’animal. Pour obtenir des résultats statistiquement fiables, malgré les faibles effectifs par lot, nous utilisons des souris présentant le moins de variabilité : même fond génétique, même âge, poids identique. Ces conditions sont les mieux réunies avec des adultes jeunes (7-8 semaines, poids 25-30g).
Evaluation in vivo par imagerie TEP d’un inhibiteur spécifique de DYRK1A : application à 2 modèles animaux sur-exprimant cette enzyme.
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Rats : 15
25 souris et rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent l'injection d'un radiotraceur marqué au carbone 11 sous anesthésie, suivie d'une imagerie IRM et TEP, pour évaluer un marqueur de l'enzyme DYRK1A impliquée dans la maladie d'Alzheimer et la trisomie 21. Le porteur décrit une procédure peu douloureuse et prévoit une analgésie en cas de douleur, les animaux étant tués en fin d'étude pour des prélèvements. Il affirme que le devenir d'un radiotraceur dans un organisme vivant ne peut pas être étudié in vitro.
Objectifs
L’imagerie fonctionnelle TEP (Tomographie par Emission de Positons) est un outil clinique aujourd’hui indispensable pour le diagnostic de nombreuses pathologies. Le principe est d’injecter une molécule radioactive au patient afin de suivre sa distribution dans l’organisme grâce à la caméra. Le développement de nouveaux radiotraceurs est donc d’un intérêt majeur pour venir compléter la gamme d'outils diagnostiques dont disposent les médecins. La tyrosine kinase DYRK1A est connue pour être impliquée dans certaines maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou la trisomie 21. Le projet a pour but de développer un radiotraceur marqué au Carbone 11 (11C) à partir du composé prometteur EHT-1610, possédant une excellente affinité et sélectivité pour cette enzyme. Il n'existe pas de technique permettant d'étudier cette cible de façon spécifique et non invasive, bien que cela puisse être un outil pertinent afin de mieux comprendre son implication dans divers maladies. La synthèse du [11C]EHT-1610 est opérationnelle et le radiotraceur a été testé avec succès chez le rongeur sain. Ces travaux nécessitent maintenant d’être complétés par des études dans un cadre pathologique. Cette demande d'autorisation porte donc sur l'étude du comportement du radiotraceur chez 2 modèles murins transgéniques, un de rat et un de souris, présentant une surexpression de DYRK1A. La première étape consiste à étudier la distribution du composé chez le rat pathologique, afin de comparer ces résultats aux données dont nous disposons déjà pour le rat sain. Dans un second temps, nous sommes actuellement en train d’étudier la spécificité de la fixation du radiotraceur à DYRK1A chez le rat sain, par mise en compétition avec d’autres molécules connues ayant une affinité pour la cible, et nous souhaitons reproduire ces travaux chez les rats pathologiques. Il sera ainsi possible de comparer les niveaux de captation dans les différents organes entre les animaux sains et pathologiques, avec ou sans administration de compétiteur. Enfin, le comportement d’un radiotraceur pouvant être différent d’une espèce à l’autre, nous souhaitons étudier la distribution du radiotraceur chez la souris sur-exprimant la cible dans les mêmes conditions expérimentales. Nous disposerons alors d’un panel complet de tests permettant de valider l’intérêt de notre méthode d’imagerie.
Bénéfices attendus
La validation du [11C]EHT-1610 comme marqueur pour l’imagerie TEP permettra de mieux comprendre l’implication de DYRK1A dans les processus physiologiques et pathologiques et d’aider au traitement des maladies du système nerveux central.
Procédures
Injection d'un radiotraceur sous anesthésie générale suivi d'une imagerie IRM/TEP. Les rats sont imagés 2 à 3 fois (partie haute et basse du corps séparément puis, si les résultats sont concluants, une troisième fois en présence d’un compétiteur) et les souris 1 fois (et seulement si les résultats chez le rat sont concluants). Pour chaque session d'imagerie, l'animal est anesthésié environs 1h, incluant environs 10 min d'imagerie IRM et 30 min d'imagerie TEP auquel s'ajoute le temps de préparation de l'animal (mise en place de l'abord veineux et positionnement dans le berceau d'imagerie).
Impact sur les animaux
En théorie, faible. Les animaux sont manipulés sous anesthésie générale. Les seules nuisances attendues sont donc le stress à l’induction de l’anesthésie et au réveil et une éventuelle douleur au point d’injection (jamais observée jusqu’à aujourd’hui dans nos expériences ultérieures). Concernant l’étude de compétition, la littérature scientifique et nos résultats préliminaires avec l’EHT-1610 ne montrent pas de toxicité aigüe dans nos conditions expérimentales et les animaux seront mis à mort sans réveil afin de réaliser des prélèvements d’échantillons post-mortem.
Devenir
Les animaux seront mis à mort en fin de projet pour prélèvement d'échantillons biologiques post-mortem.
Remplacement
Pour comprendre le devenir d’un radiopharmaceutique dans un organisme vivant, les essais in vitro sont pour l’instant insuffisants (grande complexité des processus physiologiques) et l’évaluation ne peut se faire que sur l’animal vivant. L’EHT-1610 a cependant déjà fait l’objet de nombreuses études in vitro permettant d’attester de son excellente affinité en tant qu’antagoniste (IC50 = 0.36 nM et validation de la méthode de blocage de la fixation de l’ATP à l’enzyme par cristallographie) et sélectivité pour DYRK1A (en comparaison de 339 autres kinases), ce qui en fait déjà un candidat médicament prometteur.
Réduction
Avant de débuter cette étude sur des modèles pathologiques, des travaux préliminaires ont été réalisés chez le rongeur sain afin de vérifier la faisabilité technique de l'utilisation de la molécule radio-marquée en imagerie TEP. Les imageurs TEP précliniques, mis en service à partir des années 2000, permettent de valider un nouveau radiotraceur avec un nombre limité d’animaux, en réduisant fortement le besoin de recourir aux méthodes ex vivo. Le protocole étant peu invasif, un même animal pourra être réutilisé pour plusieurs sessions d'imagerie, réduisant ainsi le nombre total d'animaux nécessaire. Les études de compétition ne seront réalisées que si les résultats en amont sont concluants. La littérature scientifique et nos résultats préliminaires avec l’EHT-1610 ne montrent pas de toxicité aigüe dans nos conditions expérimentales. Les animaux seront commandés par petit groupe et le projet prendra fin lorsque nous disposerons de suffisamment de données, limitant ainsi le nombre total d’animaux.
Raffinement
Tous les animaux sont hébergés en animalerie conventionnelle respectant leurs besoins physiologiques et comportementaux. Les caméras μTEP/μIRM ainsi que l'ensemble de l'environnement technique sont adaptés aux rongeurs, permettant ainsi d'étudier in vivo le devenir d'une molécule tout en respectant leurs besoins physiologiques. Afin de limiter leurs mouvements durant l'imagerie et de maintenir des conditions physiologiques correctes, les animaux seront anesthésiés par voie gazeuse (isoflurane dans un mélange O2/N2O) avec un monitoring de température et un suivi de la fréquence respiratoire. Les administrations se font sans recours à la chirurgie. Un radiotraceur devant, par définition, être formulé en solution injectable et administré à dose « traceuse », c'est à dire sans effets biologiques ou radiologiques, aucune douleur n'est attendue suite à son administration. Si, malgré ces précautions, une douleur est constaté, des antidouleurs seront administrés. Pour cela, nous surveillerons le comportement de l'animal durant les 24 heures suivants l’imagerie afin de contrôler l'absence de signes visibles de douleur (prostration, perte de poids, état anormal du poil ou des yeux, ...) ou de problème au niveau du point d'injection (démangeaisons, état anormal de la peau, ...). Pour le rat, il est prévu un traitement à la buprénorphine adapté, sur la base de 0,05 mg/kg sc 2 à 3x/jour, pendant 2 jours. La non-résolution de cette douleur est considérée comme un point limite et entrainera une mise à mort de l'animal. Les souris n’étant imagé qu’une seule fois, l’apparition d’une douleur entrainera une mise à mort anticipé comme prévu en fin de protocole. Lors de nos essais préliminaires, l’EHT-1610 était bien toléré lors de son utilisation comme compétiteur.
Choix des espèces
Le rat et la souris sont les 2 espèces de référence pour ce type d'étude et nous disposons de matériel et de protocoles expérimentaux bien adaptés aux rongeurs. La souris présente l'avantage de pouvoir être imagée en intégralité dans notre caméra TEP, ce qui est particulièrement intéressant pour étudier globalement la distribution d'un nouveau radiotraceur. La taille plus importante du rat permet d'imager des parties du corps plus petites, comme les structures cérébrales. Des différences de comportement du radiotraceur entre espèce sont aussi parfois observées, même entre rongeurs. Le suivi de l'évolution du modèle animal durant la vie des individus ne présente pas d'intérêt pour notre étude. En effet, le niveau d’expression de la cible reste stable au cours du temps. Nous nous focaliserons donc sur de jeunes adultes de façon à avoir des animaux en bonne santé (et limiter les risques d'incidents durant l’expérimentation) et d’un poids raisonnable (compatible avec le volume restreint du berceau de l’imageur).
Étude des effets cardiovasculaires de peptides de venins in vivo chez le rat WISTAR HAN adulte.
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
260 rats vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. Ils subissent une chirurgie d'accès aux valeurs hémodynamiques puis un suivi de quatre heures pendant lequel des peptides de venins de serpents sont testés sur le système cardiovasculaire, avant le prélèvement des organes. Le porteur indique que certaines toxines peuvent perturber la respiration ou provoquer des convulsions, l'animal étant alors tué par injection létale. Il affirme que les réactions complexes de l'organisme ne peuvent pas être reproduites in vitro et qualifie le recours aux rats d'"indispensable".
Objectifs
Cette étude vise à identifier de nouveaux composés intéressants et de nouvelles approches thérapeutiques au niveau cardio-vasculaire in vivo. Les venins de serpents contiennent de nombreuses toxines ayant des propriétés physiologiques intéressantes. Au-delà de l’intérêt, de la connaissance de la composition et du mode d’action des venins, certaines protéines se sont révélées comme d'excellents outils pharmacologiques. De nombreux chercheurs se sont intéressés aux venins dans la perspective de développer de nouveaux médicaments. Les venins et les toxines sont des mélanges complexes de protéines avec parfois plusieurs centaines de peptides et de protéines dans un même venin qui ont chacune leur activité biologique propre. Le venin contient de nombreux composés ayant des propriétés physiologiques intéressantes. Les toxines produites par les espèces animales venimeuses peuvent servir de bases au développement de médicaments contre la douleur, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Dans une précédente étude, nous avons montré que certains peptides pouvaient avoir des effets hypotenseurs ex-vivo en ciblant les récepteurs muscariniques. Cette précédente étude n'avait pas pour objectif de comprendre les voies de signalisation impliquées dans la mise en place des effets hypotenseurs et n'a pas pu confirmer les effets in vivo à moyen terme. L'étude actuelle visera donc à comprendre les mécanismes moléculaires à l'origine des effets des peptides et de caractériser leurs effets à moyen terme grâce à un protocole de monitoring comprenant des électrocardiogrammes et des mesures de pressions à long terme sur une durée de 4h sous anesthésie générale. Le but de notre projet est donc d’étudier et de valider les effets de différentes toxines provenant de peptides sur le système cardiovasculaire chez le rat WISTAR HAN adulte.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra une meilleure compréhension physiopathologique du rôle de toxines provenant de venins et potentiellement à terme l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques au niveau cardio-vasculaire chez l’Homme. Les toxines de venins ont une forte affinité (grâce à l’action directe qu’elles ont sur les récepteurs, les enzymes ou les canaux ioniques de l’organisme) et une grande sélectivité (elles bloquent ou activent plus particulièrement un récepteur, permettant de limiter les effets secondaires), ce qui en font d’excellents candidats pour de futurs médicaments.
Procédures
Les animaux seront soumis à 1 intervention permettant d’avoir accès aux valeurs hémodynamiques de l’animal grâce à une chirurgie de 10 min. Au bout de 4h, les rats seront mis à mort pour le prélèvement des organes.
Impact sur les animaux
Au cours du protocole, pour certaines toxines, nous pourrions avoir des modifications de la respiration des rats liées à la fixation sur des récepteurs cholinergiques. Si le rat venait à convulser, lutter, ou qu’un mouvement du diaphragme devenait important, avec des difficultés respiratoires sévères ou prolongées, le rat sera mis à mort par injection intrapéritonéale de dose létale (120 mg/kg) de pentobarbital sodique. Un saignement abondant non maitrisable soit une perte de plus de 20 % de la volémie de l’animal conduira à la mise à mort de celui-ci. L’animal sera suivi tout au long de la procédure et en fonction des points limites abordés précédemment, soit nous garderons l’animal en vie soit il sera mis à mort par injection intrapéritonéale de dose létale (120 mg/kg) de pentobarbital sodique. Le protocole se fera sous anesthésie générale pendant 4 heures sans réveil de l’animal.
Devenir
Après mise à mort de l’animal, divers prélèvements seront réalisés pour compléter l'étude. Des échantillons de mésentères, d’aorte, de cœur, de poumons, de reins, de foie seront prélevés immédiatement pour les études de réactivité vasculaire, de biologie moléculaire et de biochimie.
Remplacement
Nécessitant impérativement l'utilisation de modèles animaux, les réactions systémiques complexes de l'organisme ne peuvent pas être reproduites in vitro sur des modèles cellulaires, rendant l'utilisation d'animaux indispensables pour mieux comprendre les mécanismes associés et explorer de nouvelles pistes thérapeutiques. Ainsi, il n’existe pas de méthode alternative pour reproduire notre modèle et évaluer l’efficacité de nouvelles thérapies. Des études in-vitro ont déjà été effectuées montrant la fixation des peptides sur leurs récepteurs.
Réduction
Les rats utilisés sont des Wistar mâles et femelles âgés de 10 à 13 semaines, âge standard pour ces manipulations permettant de réaliser l’acquisition de plusieurs paramètres (pressions, ECG) sur un même animal et donc de limiter le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Les différentes procédures expérimentales de la première étape (mise au point) seront réalisées sur des effectifs réduits (n=8) afin de déterminer les conditions d’expérimentation optimales (tels que le temps de suivi des animaux pour l’étude des constantes hémodynamiques). Dans un second temps, lorsque les conditions d'expérimentation optimales auront été déterminées, les procédures seront réalisées sur un plus grand nombre d’animaux avec seulement les conditions sélectionnées dans la première étape. Tout au long de l’étude, les animaux seront hébergés par 2, dans des cages avec enrichissement, sur portoirs ventilés et avec accès à l’eau et à la nourriture ad libitum. Un respect strict des cycles jour/nuit sera observé. Toutes les procédures seront réalisées sous anesthésie. L’analgésie des animaux est réalisée 20 à 30 minutes avant le début de la procédure. Afin de prévenir une éventuelle sécheresse oculaire liée à l’anesthésie prolongée, de la pommade ophtalmique contenant de la vitamine A est ajoutée sur les yeux au début de la procédure pour le bien-être de l’animal avant la pose d’un champ stérile. Toutefois au cours de la procédure, si l'un des peptides devait entrainer des effets indésirables détectables sous anesthésie, comme des difficultés respiratoires ou des convulsions, l'examen serait interrompu et le rat mis à mort par injection intrapéritonéale d’une dose létale d'anesthésique. Au cours de la chirurgie, un saignement abondant non maitrisable conduira à la mise à mort de celui-ci.
Choix des espèces
Ce modèle est actuellement le plus utilisé et le mieux décrit. C’est un modèle qui a une très bonne reproductibilité et qui en fait un modèle efficace pour cribler et valider l’efficacité des traitements. Nous avons la connaissance de ce modèle dans l’équipe et toute les procédures réalisées sont maîtrisées au sein de notre équipe et effectuées par une personne titulaire d’une formation à la chirurgie du rongeur. Les rats utilisés sont des Wistar Han âgés de 10-13 semaines, âge standard pour ces manipulations. Leurs tailles permettent de réaliser plusieurs analyses sur un même animal et de limiter le nombre d’animaux utilisés. Les effectifs sont choisis pour avoir une puissance statistique suffisante pour conclure sur nos résultats grâce à notre connaissance du modèle et à de précédentes études menées dans notre équipe permettant de mettre en évidence ou non des différences entre les groupes. Nous réduisons ainsi le nombre d'animaux. Les rats Wistar Han utilisés dans ce projet auront entre 10 et 13 semaines soit un âge adulte. C’est un âge standard pour ce genre de manipulation. De plus, la bio collection réalisée en fin de procédure permettra de réaliser plusieurs expériences et donc de réduire le nombre d’animaux dans l’étude.
Mise au point d’une méthode de mesure de la douleur viscérale par distension colon-rectale couplée à la mesure de la pression intra-colonique
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
796 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, pour mettre au point une mesure de la douleur viscérale par distension du colon et du rectum. Un ballonnet est inséré dans le rectum sous anesthésie puis gonflé sur l'animal éveillé, sans analgésie, le porteur indiquant que soulager la douleur serait incompatible avec l'objectif de l'étude. Il estime qu'environ un tiers des souris, soit 265 individus, seront réutilisées dans d'autres procédures légères ou modérées, le reste étant tué. Sur le remplacement, il affirme que seuls des animaux vigiles permettent d'étudier la douleur et pas seulement la nociception.
Objectifs
Le syndrome du côlon irritable (irritable bowel syndrome: IBS) est un trouble gastro-intestinal fonctionnel caractérisé par des douleurs abdominales récurrentes associées à des troubles du transit intestinal. Environ 1 personne sur 10 dans le monde souffre du syndrome du côlon irritable et ce diagnostic est associés à une altération de la qualité de vie des patients ainsi que des impacts socio-économiques importants. L’objectif global de ce projet est de développer des modèles murins de syndrome du côlon irritable afin de mesurer l’hypersensibilité viscérale dans le but final d’évaluer l’efficacité de différentes molécules analgésiques. Le projet se découpe en différents sous-objectifs : 1) Développement d’une méthode de mesure de la douleur viscérale (distension colorectale (DCR) couplée à la mesure de la pression intra-colonique (ICP)). 2) Développement de modèles murins de syndrome du côlon irritable. La présente demande d’autorisation de projet ne porte que sur le sous-objectif n°1. Lorsque la méthode de mesure de la douleur viscérale sera maitrisée, des modèles reproduisant la pathophysiologie du syndrome du côlon irritable seront développés (objectif n°2) et couplés à cette méthode mesure. Ce travail fera l’objet d’une prochaine demande.
Bénéfices attendus
La douleur viscérale est une cause récurrente de consultation médicale. Le syndrome du côlon irritable, qui entraine des douleurs viscérales récurrentes, a une prévalence s’élevant à une personne sur 10 dans le monde et des conséquences socio-économiques lourdes. Les options pharmacologiques pour la prise en charge des patients restent limitées, et concentrées sur la régularisation du transit intestinal, bien que la douleur soit la plainte principale des patients. Ce projet vise à développer une mesure de la sensibilité viscérale basée sur une stimulation mimant le passage des selles dans le colon/rectum (qui est un événement douloureux chez les patients) puis dans un second temps à le coupler à des modèles d’hypersensibilité viscérale reproduisant la pathophysiologie du syndrome du côlon irritable. De plus, le test développé dans ce projet a été employé chez l’homme comme mesure de la sensibilité viscérale dans l’étude du syndrome du côlon irritable. Le développement et l’amélioration de modèles afin que ceux-ci se rapprochent au mieux de la physiopathologie du syndrome du côlon irritable soutient la recherche pharmaceutique dans le développement de traitements en raffinant les outils d’évaluation des molécules et in fine les patients en augmentant les chances de succès de développement de médicaments capables de les soulager.
Procédures
Chaque animal ne subira qu'une seule procédure. Chaque procédure comprend une contention légère durant maximum 2 heures au total, l'insertion du ballonnet sous anesthésie et la distension.
Impact sur les animaux
Dans le domaine de la pharmacologie préclinique de la douleur, les tests entraînent inévitablement l’apparition de douleurs passagères. Toutefois l’insertion du ballonnet permettant de simuler le passage des selles dans le colon/rectum est réalisée sous anesthésie gazeuse afin de favoriser le relâchement musculaire de l’animal et d’éviter tout dommage tissulaire ou stress lié à la contention des animaux pour réaliser l’insertion. Une fois l’animal éveillé, le ballonnet est ensuite gonflé progressivement et la pression intracolonique est enregistrée. L’enregistrement est réalisé sur des animaux éveillés afin d’éviter toute interférence des anesthésiques sur l’activité musculaire et donc la pression intracolonique puis le ballonnet est dégonflé et retiré. Aucun effet indésirable n’est attendu en dehors de la période d’observation.
Devenir
Les animaux ayant subi le protocole de distension colorectale n’en gardant pas de séquelles, il est envisageable de les garder en vie en vue de leur réutilisation pour dans d’autres protocoles. Ainsi, en fonction des besoins liés à l’activité de l'établissement, les animaux n’ayant présenté aucun signe clinique (notable ou sévère) pourront être réutilisés dans le cadre des procédures classées « légère » ou « modérées » afin de contribuer à l’objectif de réduction du nombre d’animaux utilisés pour la recherche. Les animaux qui ne pourront être réutilisés seront euthanasiés par les méthodes décrites précédemment. En se basant sur une estimation de l’activité de l'entreprise, il est estimé qu’environ 1/3 des animaux seront réutilisés.
Remplacement
L’objectif de ce projet est le développement de modèles permettant de tester l’efficacité de candidats médicaments analgésique. Les modèles in silico et in vitro permettent seulement d’étudier les effets de ces molécules sur la nociception, c’est-à-dire les mécanismes biologiques encodant les stimuli endommageant, ou susceptibles d’endommager les tissus. Selon sa définition par IASP, la douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle ». L’étude de potentiels traitements analgésiques doit donc être conduite dans des modèles restituant à la fois la composante sensorielle et émotionnelle et permettant l’analyse du comportement en plus de la physiologie ; faute de quoi c’est la nociception et non la douleur qui est étudiée. L’étude des candidats médicaments analgésiques chez l’animal vigile reste la seule option pour démontrer l’efficacité sur la douleur avant le passage chez l’homme.
Réduction
L’estimation du nombre d’animaux s’élève à 796 souris. Le nombre d’animaux prévu pour ce projet est basé sur les données publiées dans l’article princeps décrivant le développement du test de distension colorectale/mesure de la pression intracolonique et sur les données de nos collaborateurs maitrisant la technique. Ce nombre est cohérent avec l’expérience du laboratoire dans d’autres modèles de douleurs viscérale. Cette estimation théorique sera confirmée lors des stades initiaux de développement du modèle (dès que l’approbation du projet permettra le début des expérimentations et la génération de données) par la réalisation d’une analyse statistique par la méthode des tirages aléatoires et d’un calcul de puissance via BiostaTGV. Il est attendu que le nombre d’animaux effectivement nécessaire soit inférieur aux prévisions de cette demande d’autorisation de projet. Les animaux inclus dans une étude seront randomisés en utilisant un fichier Excel pour leur attribuer aléatoirement un numéro d’individu et un code de groupe de traitement. L’administration des composés et les tests comportementaux seront réalisés par du personnel en aveugle, n’ayant connaissance que du code de groupe de traitement mais pas de l’identité du produit/traitement administré. En fonction du design de chaque étude (groupes appariés ou indépendants, mesures répétées ou non) et de la distribution des valeurs (conformité à la loi normale), un test paramétrique ou non paramétrique sera réalisé (test-t, analyse de variance à une ou deux voie(s)) suivi si nécessaire d’un test post-hoc approprié via SigmaStat).
Raffinement
L’objectif global du projet étant de développer un protocole permettant de tester l’efficacité de candidats médicaments analgésiques, l’utilisation d’anti-douleur est incompatible avec l’objectif scientifique des procédures. Toutefois, le test de distension colorectale/mesure de la pression intracolonique (DCR/ICP) a été sélectionné car il correspond à un raffinement par rapport à la technique canonique de mesure de la douleur viscérale, à savoir l’enregistrement des crampes abdominale par la technique d’électromyographie. En effet la technique de DCR/ICP ne nécessite pas de chirurgie ni d’hébergement des animaux en cages individuelles. Le protocole initial décrit dans ce document s’appuie sur les données de la littérature et de nos collaborateurs. Cependant, plusieurs axes de raffinement seront investigués durant ce projet : nécessité ou non de la mise à jeun des animaux, possibilité de réduction de la durée et de l’intensité de la procédure, etc. L’enjeu de cette étape de mise au point du modèle est la détermination des paramètres de test les moins sévères permettant d’obtenir des résultats robustes et reproductibles en vue de leur application dans la suite du projet.
Choix des espèces
La question du remplacement des rongeurs par des espèces « moins évoluées » est critique et suivie avec attention. Chez ces espèces la démonstration la capacité à ressentir la douleur telle que définie par l’IASP est récente et les modèles d’étude de la pharmacologie de la douleur à visée clinique ne sont pas encore développés. La souris a été sélectionnée pour ce projet car sa sensibilité au stimulus utilisé est confirmée et que différents modèles de syndrome du colon irritable, dont plusieurs d’intérêt, ont été développés dans cette espèce. Le syndrome du côlon irritable étant principalement répandus chez les adultes dans la population humaine, les souris utilisées seront adultes.
Développement d’un nouveau procédé de reconstruction osseuse 3D pré-vascularisé : optimisation des propriétés régénératrices des cellules stromales mésenchymateuses de moelle osseuse humaine, approche organoïdes et biomatériaux
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
1593 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit une greffe sous-cutanée de quatre biomatériaux sous anesthésie, puis est tué de six heures à six semaines après l'opération pour récupérer les implants. Le porteur qualifie la chirurgie de faiblement invasive et bien supportée, tout en reconnaissant un risque de septicémie. Il affirme que la sélection du meilleur couple cellules-biomatériau passe par l'animal, une partie du travail restant menée in vitro.
Objectifs
Le traitement des grands défauts osseux est un défi chirurgical puisque 5 à 20% des fractures des os longs sont incapables de se consolider après 6 mois, causant ainsi des morbidités et des hospitalisations prolongées. Actuellement, une partie de l’os de la hanche du patient est prélevée puis greffée au niveau du site du défaut osseux. Ces fractures vont augmenter avec le vieillissement de la population, ce qui nécessite de trouver des alternatives de soin moins invasives et moins douloureuses pour le bien être des individus touchés. Plusieurs alternatives ont donc été développées comme l’utilisation de matériaux synthétiques ou d’origine naturelle (biomatériaux). Cependant, ces supports ne possèdent pas la capacité de former de l’os du fait, notamment, de l’absence de cellules souches. L’ingénierie tissulaire combinant les cellules souches mésenchymateuses de moelle osseuse humaines (BMSCs) avec des biomatériaux, représente une approche prometteuse pour réparer l’os endommagé. Cependant, malgré des résultats cliniques encourageants (essais de phase II), le délai de reconstruction de l’os reste encore trop long pour 75% des patients, révélant ainsi la nécessité d’optimiser l’efficacité de ces approches. Les résultats encore insuffisants des essais cliniques sont probablement dus à la courte durée de vie des BMSCs en raison du foyer inflammatoire et de l’absence de nutriment et d’oxygène au niveau du site endommagé. Ce projet est une phase préliminaire permettant d'étudier la vascularisation au niveau de l’implant afin d'améliorer la survie des cellules stromales mésenchymateuses greffées et ainsi améliorer la formation osseuse. L’association cellules-biomatériau ainsi que la répartition des cellules au sein du biomatériau semblent donc être fondamentales. L’objectif de ce projet à long terme est d’améliorer les thérapies de reconstruction osseuse existantes en concevant un produit d’ingénierie tissulaire efficace, adapté au patient et à moindre cout.
Bénéfices attendus
Tout d’abord, en travaillant sur les procédés de culture des cellules stromales mésenchymateuses humaines, nous envisageons de réduire le temps et le cout de production des cellules. Concernant le biomatériau, nous utiliserons des biomatériaux issus de l’impression 3D permettant une adaptabilité parfaite au défaut du patient. Ce projet nous permettra de déterminer le biomatériau avec la porosité et les propriétés biomécaniques les plus adaptées au développement de la vascularisation, ainsi qu’à la croissance et à la différenciation vers la voie osseuse de nos cellules.
Procédures
Chaque animal du projet sera soumis à un acte chirurgical sous anesthésie générale d’une durée de 15 minutes environ. Les animaux seront mis à mort afin de récupérer les biomatériaux greffés 6 heures, 72 heures, 1 semaine, 2 semaines, 4 semaines et 6 semaines après l’acte chirurgical.
Impact sur les animaux
La procédure chirurgicale de greffe sous-cutanée est faiblement invasive et très bien supportée par les animaux. Une fois réveillés de l’anesthésie, les animaux retrouvent très rapidement leur mobilité permettant de retrouver une alimentation et des interactions sociales normales. Toutefois, bien que toutes les précautions nécessaires d’asepsie soient respectées, un risque de septicémie suivant l’acte chirurgical ne peut être écarté.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue du projet afin de récupérer les échantillons greffés en sous-cutané.
Remplacement
Une partie du projet s’effectuera in vitro en testant la toxicité des potentiels biomatériaux sur les cellules ainsi que les capacités d’adhésion des cellules au biomatériau, son impact sur la différenciation vers la voie osseuse et sur la sécrétion de protéines favorisant l’inflammation. Le but de ce projet est de déterminer la meilleure association cellules / biomatériau afin d’améliorer les stratégies thérapeutiques existantes. Pour sélectionner la meilleure association, des analyses in vivo sont nécessaires afin d’étudier les interactions avec les cellules de l’hôte ainsi que la mise en place de la vascularisation.
Réduction
-La procédure chirurgicale est maitrisée dans le laboratoire et est effectuée par du personnel qualifié. - chaque animal est greffé avec 4 biomatériaux en sous-cutané afin de réduire au maximum le nombre d’animaux, tout en s’assurant de la véracité des résultats obtenus - Pour que l’étude soit statistiquement pertinente, 6 implants par condition dans 6 animaux indépendants seront réalisés. Afin de limiter les effets donneurs-dépendants, l’étude sera menée en utilisant les cellules stromales mésenchymateuses de 3 donneurs différents.
Raffinement
Les animaux sont hébergés en portoirs ventilés avec un système d'abreuvement automatique et un accès libre à la nourriture. Les conditions de température et d'hygrométrie sont contrôlées et monitorées. Le cycle d'éclairage est de 12h par jour (6h-18h). Les animaux sont hébergés avec leurs congénères (6 par cage maximum) et l'isolement est évité au maximum. Le milieu est enrichi avec au choix : lanières de papier Kraft, abris en carton, ou carré de coton compacté. La présence de blessure ou de tout autre signe de souffrance seront évalués quotidiennement par le personnel de l’animalerie. Une période d’acclimatation d’une semaine est respectée avant de démarrer toute procédure sur les animaux. Une grille de score d'évaluation est proposée pour la prise en compte des critéres d'arrêt de la souffrance. Pour cela, nous suivrons la grille d’évaluation proposée : a)Changement du poids corporel 0. Normal 1. Perte de poids 20% b)Apparence physique 0. Normale 1. Manque de toilettage 2. Poil ébouriffé, paupière fermée 3. Poil très ébouriffé, posture anormale c)Comportement 0. Normal 1. Changements mineurs : activité réduite 2. Anormal : inactif 3. Très agité ou immobile, auto-mutilation Tout animal auquel aura été attribuée une valeur totale comprise entre 3 et 4 recevra de la Buprénorphine toutes les 12h pendant 3 jours après la chirurgie (0.1mg/kg en sous-cutané). Tout animal auquel aura été attribuée une valeur > 4 sera immédiatement mise à mort.
Choix des espèces
Afin d’éviter les biais dus à des variations physiologiques durant la phase de croissance osseuse, les souris utilisées seront d’âge adulte situé entre 6 semaines et 9 semaines (au-delà de cet âge une diminution de la masse osseuse due au vieillissement est observée)
Caractérisation d’une thérapie génique sur modèle murin de myopathie liée au gène Bin1.
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
220 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections intramusculaires et intrapéritonéales, des mesures de force musculaire sous anesthésie, un test de suspension et un test d'actimétrie, pour mettre au point une thérapie génique contre une myopathie liée au gène Bin1. Le porteur décrit une atteinte musculaire qu'il juge légère et sans douleur, mais tue les souris pour prélever leurs organes et parce que la maladie deviendrait sévère si elles restaient en vie. Sur le remplacement, il affirme que les cultures cellulaires ne reproduisent pas un "organisme entier" et conclut que seul le modèle animal permet d'étudier la maladie.
Objectifs
Les myopathies centronucléaires sont une classe de maladies génétiques qui détériorent la fonction des muscles squelettiques et handicapent fortement la qualité de vie des patients qui en sont atteints et aucune thérapie n’est à ce jour disponible. Le principal objectif de ce projet est de mettre au point une preuve de concept thérapeutique pour traiter les myopathies centronucléaires liées au gène Bin1. En parallèle nous souhaitons également étudier plus en détail les fonctions des différentes régions de la protéine BIN1 ainsi que ses effets à différentes étapes du développement musculaire.
Bénéfices attendus
Dans l’hypothèse où notre stratégie thérapeutique s’avèrerait efficace sur le phénotype de notre animal modèle, cette étude serait une preuve de concept thérapeutique pour traiter les myopathies centronucléaires liées au gène Bin1. Ce projet permettra également de faire avancer les connaissances scientifiques relatives aux fonctions des différentes régions de la protéine BIN1 ainsi que ses effets à différentes étapes du développement musculaire.
Procédures
Les 100 souris de la cohorte « Injections intra-musculaires » seront soumises aux procédures suivantes : - Mesure de la force musculaire sous anesthésie générale, non-invasive, hebdomadaire de 6 à 12 semaines d’âge, 20min par animal. - Injections intra-musculaires sous anesthésie générale, non-invasive, unique à 8 semaines d’âge, 5min par animal. - Mesure de la force musculaire sous anesthésie générale, acte chirurgical, unique à 12 semaines d’âge. Les 120 souris de la cohorte « Injections Intra-péritonéale » seront soumises aux procédures suivantes : - Injection intra-péritonéale, animal vigile, unique au premier jour post-natal, 1min par animal. - Test de suspension, animal vigile, non-invasif, hebdomadaire de 3 à 10 semaines d’âge, 5min par animal. - Test d’actimétrie, animal vigile, non-invasif, unique à 10 semaine d’âge, 24h par animal. - Mesure de la force musculaire sous anesthésie générale, acte chirurgical, unique à 10 semaines d’âge.
Impact sur les animaux
Les animaux présentent une légère atrophie et faiblesse musculaire mais qui n’affecte pas leur qualité de vie de manière significative aux âges analysés. Les animaux interagissent, se déplacent et s’alimentent normalement (poids normal). A notre connaissance il n’y a pas de douleurs associées au phénotype myopathique. La pose des électrodes sous-cutanée et l’injection intra-musculaire peux causer une inflammation dans le muscle tibial antérieur.
Devenir
Les animaux sont mis à mort sous anesthésie à la fin des deux procédures expérimentales pour plusieurs raisons : Notre projet nécessite la collection d’organes pour compléter l’analyse au niveau histologique et moléculaire. La myopathie étudiée est progressive et deviendrait potentiellement sévère si les souris étaient maintenues en vie.
Remplacement
Ces analyses ne peuvent pas être effectuées sur des cellules en culture car celles-ci ne reproduisent pas la fonction d’un organe et encore moins d’un organisme entier. En effet seul le modèle animal permet d’étudier d’une part la maladie dans sa globalité et d’autre part l’évolution des symptômes, ce qui est essentiel dans le cadre d’une mise au point de thérapie.
Réduction
Le nombre d’animaux a été basé sur les résultats de précédentes études sur ces mêmes animaux. Il nous permet d’assurer la robustesse statistique des différences entre animaux sains et malades et ainsi d’évaluer correctement l’effet de notre traitement. Afin de limiter le nombre d’animaux de la cohorte d’injections intra-musculaires nous injecterons les deux pattes (muscle tibial antérieur) de chaque animal, l’une avec la solution contrôle et l’autre avec un des traitements. L’utilisation d’un contrôle interne à chaque souris plutôt qu’un groupe de souris contrôles permet de renforcer la puissance statistique en s’affranchissant de la variation inter-groupes et de réduire le nombre d’animaux nécessaires. Toutes les souris passeront des tests phénotypiques et leurs tissus seront collectés pour compléter l’analyse histologique et moléculaire, nous permettant ainsi de nous affranchir de la création d’une deuxième cohorte pour la collection de tissus. La mesure de la force musculaire in vivo par la procédure non-invasive hebdomadaire nous permet de faire le suivi de chaque animal, ce qui renforce la puissance statistique et nous affranchit de créer une cohorte d’animaux pour chaque semaine d’âge analysée.
Raffinement
Si des difficultés de locomotion apparaissent lors de l’hébergement, de la nourriture en gel sera placée dans la cage afin de soulager l’animal dans ses déplacements. Les souris seront hébergées par groupe de 2 à 4 par cage et la qualité de l’air sera assurée par une ventilation. Des nids seront disposés dans chaque cage avec un accès illimité à la boisson et à la nourriture. Lors de la procédure de mesure de la force musculaire hebdomadaire, les souris seront anesthésiées afin d’immobiliser l’animal et de prémunir tout stress causé par la procédure. Un gel protecteur oculaire sera appliqué pour prévenir tout inconfort d’assèchement oculaire lors du réveil. Les souris seront observées jusqu’à leur réveil (~5min) pour s’assurer qu’elles sont capables de se déplacer après le test. Lors de la procédure de mesure de la force musculaire sous anesthésie générale , les souris seront anesthésiées afin d’immobiliser l’animal et de prémunir toute douleur lors de l’opération chirurgicale. Durant la procédure les souris seront placées sur une plaque chauffante pour maintenir leur homéostasie thermique et elles seront monitorées en permanence.
Choix des espèces
Pour tester l'éventuelle amélioration thérapeutique, nous avons besoin d'effectuer des expériences physiologiques in vivo sur modèle animal. Nous disposons déjà de plusieurs modèles murins de myopathies avec lesquelles nous avons publié plusieurs études sur les myopathies centronucléaires. Conserver la même espèce animale pour ce projet s’inscrit dans un effort de continuité et de reproductibilité de nos études. Nous prévoyons ainsi de réaliser cette étude sur des lignées de souris déjà disponibles dans nos laboratoires, ces modèles présentent des phénotypes comparables aux symptômes observés chez les patients humains. Enfin, le modèle murin présente l’unique avantage d’être génétiquement très proche de l’homme et facile d’élevage en raison de sa taille et de ses capacités de reproduction. Nous utiliserons ces animaux à des stades très précoces pour étudier l’effet de notre traitement avant l’apparition des symptômes mais également des animaux adultes pour étudier cet effet après l’apparition des symptômes.
Développement d’un modèle d’hypersensibilité viscérale par irritation colonique chez la souris.
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
640 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 600 tuées à l'issue et 40 réutilisées pour des formations. Chaque souris reçoit sous anesthésie une injection intracolonique de composés irritants comme l'huile de moutarde ou la capsaïcine, pour développer un modèle de douleur viscérale du côlon irritable. Le porteur indique que la stimulation ne peut être interrompue en fin d'observation, ce qui justifie la mise à mort des animaux dès la fin de la phase expérimentale. Il affirme que l'étude d'analgésiques chez l'animal vigile reste "la seule option" avant le passage chez l'humain.
Objectifs
Le syndrome du côlon irritable est un trouble gastro-intestinal caractérisé par des douleurs abdominales récurrentes associées à des troubles du transit intestinal. Environ 1 personne sur 10 dans le monde souffre du syndrome du côlon irritable et ce diagnostic est associés à une altération de la qualité de vie des patients ainsi que des impacts socio-économiques importants. L’objectif de ce projet est de développer deux modèles d’hypersensibilité viscérale non invasifs et ne nécessitant pas l’hébergement isolée des animaux. Ce modèle est basé sur l’administration de composés irritants, l’huile de moutarde et la capsaïcine, naturellement présents dans l’alimentation. L’administration de ces composés permet de stimuler les voies nerveuses viscérales et cause un ensemble de comportements spécifiques qui sont quantifiés afin d’obtenir une estimation de l’hypersensibilité viscérale. Le développement de ces modèles permettra de tester le potentiel analgésique de composés pharmacologiques pour avancer leur développement.
Bénéfices attendus
La douleur viscérale est une cause récurrente de consultation médicale. Les options pharmacologiques pour la prise en charge du syndrome du côlon irritable, qui entraine des douleurs viscérales récurrentes, restent limitées et concentrées sur la régularisation du transit intestinal, bien que la douleur soit la plainte principale des patients. Ce projet vise à développer un modèle d’hypersensibilité viscérale qui sera intégré à batterie de tests conçue pour évaluer rapidement et sur un nombre réduit d’animaux le potentiel analgésique de composés pharmacologiques. Le développement et l’amélioration de modèles afin que ceux-ci se rapprochent de la physiopathologie du syndrome du côlon irritable soutient la recherche pharmaceutique dans le développement de traitements en raffinant les outils d’évaluation des molécules. Enfin, le test de composés pharmacologiques des batteries de tests est une bonne pratique recommandée afin d’augmenter la probabilité de succès des composés lors des phases cliniques de leur développement.
Procédures
Les animaux seront soumis à l’administration de composés irritant naturellement présents dans l’alimentation par une injection intracolonique réalisée sur des animaux sous anesthésie gazeuse puis observés pendant les vingt minutes suivant leur réveil. Cette intervention type administration ne prend que quelques minutes. Chaque animal ne subira la procédure qu’une seule fois.
Impact sur les animaux
Dans le domaine de la pharmacologie préclinique de la douleur, l’induction des modèles entraîne inévitablement l’apparition de symptômes douloureux. L’administration intracolonique des composés irritants est réalisée sous anesthésie gazeuse afin favoriser le relâchement musculaire de l’animal et d’éviter tout dommage tissulaire ou stress lié à la contention. Les modèles d’hypersensibilité viscérale par irritation colonique entrainent un ensemble de comportements spécifiques (léchage de l’abdomen, étirement de l’abdomen, écrasement/pression de l’abdomen contre le sol, rétraction de l’abdomen) qui sont quantifiés afin d’obtenir une estimation de l’hypersensibilité viscérale pendant les 20 minutes d’observation. L’interruption de la stimulation chimique à la fin de la période d’observation n’étant pas réalisable, les animaux sont mis à mort à la fin de la procédure. Aucun autre effet indésirable n’est attendu en dehors de la période d’observation.
Devenir
Le stimulus administré (i.e. injection d’une substance irritante dans le côlon) ne pouvant être effectivement interrompu à la fin de la période d’observation et l’hypersensibilité viscéral induite risquant de se prolonger, les animaux seront euthanasiés dès la fin de la phase expérimentale. Par ailleurs, pour la procédure 1 : le groupe Sham neutre qui reçoit un véhicule et le groupe naïf qui ne reçoit aucune substance pourront être réutilisés pour des formations. De ce fait, ces animaux (n=40) ne seront pas mis à mort à la fin de la phase expérimentale.
Remplacement
L’objectif de ce projet est le développement de modèles permettant de tester l’efficacité de candidats médicaments analgésique. Les modèles in silico et in vitro permettent seulement d’étudier les effets de ces molécules sur la nociception, c’est-à-dire les mécanismes biologiques encodant les stimuli endommageant, ou susceptibles d’endommager les tissus. Selon sa définition par l’Association Internationale pour l’Etude de la Douleur (IASP), la douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle ». L’étude de potentiels traitements analgésiques doit donc être conduite dans des modèles restituant à la fois la composante sensorielle et émotionnelle et permettant l’analyse du comportement en plus de la physiologie ; faute de quoi c’est la nociception et non la douleur qui est étudiée. L’étude des candidats médicaments analgésiques chez l’animal vigile reste la seule option pour démontrer l’efficacité sur la douleur avant le passage chez l’homme.
Réduction
Le nombre d’animaux prévu pour ce projet est basé sur les données publiées dans l’article princeps décrivant le développement des modèles ajusté pour prendre en compte la variabilité de ces modèles rapportée dans la littérature. Ce nombre est cohérent avec l’expérience du laboratoire dans des modèles équivalents (Cette estimation théorique sera confirmée lors des stades initiaux de développement du modèle (dès que l’approbation du projet permettra le début des expérimentations et la génération de données) par la réalisation d’une analyse statistique par la méthode des tirages aléatoires et d’un calcul de puissance. Il est attendu que le nombre d’animaux effectivement nécessaire soit inférieur aux prévisions de cette demande d’autorisation de projet.
Raffinement
Dans le domaine de la pharmacologie préclinique de la douleur, l’induction des modèles entraîne nécessairement l’apparition de symptômes douloureux et l’objectif des études réalisées ne permet pas la mise en place de dispositions spécifiques (e.g. couverture analgésique). Le choix d’un modèle d’hypersensibilité viscérale aigue constitue un raffinement par rapport aux modèles chroniques qui augmentent la durée pendant laquelle les animaux sont exposés à des nuisances. L’irritation colonique subie par les animaux est limitée à la durée de l’observation et l’administration des composés est réalisées sous anesthésie gazeuse. La concentration des composés irritants sélectionnée sera la concentration minimale permettant d’éliciter une réponse reproductible avec le minimum d’effets secondaires pour les animaux. Les animaux seront suivis de près à la suite de l’instillation. De plus, avant l’instillation les animaux sont habitués au dispositif expérimental pour limiter les impacts sur leur bien-être. La procédure est arrêtée en cas d’atteinte de points limites tels que : Signes notables: freezing, tremblements, immobilité et signes sévères : morsure/mutilation de l'abdomen ou de la zone périanale, saignement anal, prostration/absence de réaction à la stimulation. Ces signes notables/sévères sont traités pour chaque animal. L'apparition récurrente de ces signes pendant la procédure entrainera la mise à mort de l'animal.
Choix des espèces
La question du remplacement des rongeurs par des espèces « moins évoluées » est critique et suivie avec attention au sein du laboratoire. Chez ces espèces la démonstration de la capacité à ressentir la douleur telle que définie par l’Association Internationale pour l’Etude de la Douleur est récente et les modèles d’étude de la pharmacologie de la douleur à visée clinique ne sont pas encore développés. La souris a été sélectionnée pour ce projet car les modèles développés dans ce projet l’ont initialement été chez la souris et bien reproduits et caractérisés dans la littérature. Les animaux utilisés seront des souris adultes, en cohérence avec la population humaine chez laquelle la prévalence est maximale.
Evaluation d’un nouveau procédé visant à éradiquer des bactéries indésirables dans le tractus gastro-intestinal
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
220 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant de léger à sévère. Elles reçoivent jusqu'à cinq gavages successifs d'une bactérie pathogène puis d'une bactérie modifiée, pour tester une approche censée éradiquer des bactéries multirésistantes dans l'intestin. Le porteur indique que l'infection par Citrobacter rodentium provoque perte de poids et inconforts digestifs. Il affirme qu'il est "indispensable" d'avoir recours aux animaux pour observer l'efficacité du traitement dans un "organisme entier", les applications cliniques restant hypothétiques.
Objectifs
La résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé humaine et la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale. En effet, un nombre croissant d’infections bactériennes deviennent de plus en plus difficiles à traiter car l’antibiothérapie n’est plus efficace lorsque l’agent pathogène responsable de l’infection est multi-résistant. Dans ce contexte, notre projet vise à développer une nouvelle approche antimicrobienne innovante permettant d’éradiquer spécifiquement un agent pathogène ciblé. Cette méthode est basée sur l’utilisation d’une souche bactérienne capable de transférer un système de ciseaux moléculaires qui coupe le chromosome de l'agent pathogène et conduit à sa destruction. Cet outil a été validé in vitro en utilisant des cultures bactériennes pures. L’étape suivante est désormais d’évaluer l’efficacité de cette méthode in vivo lors d’infections expérimentales d’animaux à travers l’utilisation de 2 modèles.
Bénéfices attendus
Dans le contexte actuel nécessitant l’identification de nouvelles stratégies antibactériennes, l’approche TAP(Targeted Antibacterial Plasmids) testée dans ce projet pourrait devenir une nouvelle stratégie antibactérienne contribuant à améliorer la santé humaine, animale et végétale. Cela représenterait une véritable avancée pour la microbiologie clinique et environnementale, en démontrant une efficacité de l’approche TAP pour limiter le devenir d'une infection intestinale ou de permettre la décolonisation du tractus digestif par des souches multi-résistantes aux antibiotiques (portage asymptomatique). Sous couvert de s’adapter à l'évolution de la réglementation OGM (Organisme Génétiquement Modifié) , la technologie TAP permettrait de concevoir des microbes « thérapeutiques » pour cibler spécifiquement les souches multirésistantes ou les agents pathogènes dans le microbiote intestinal, tout en respectant les espèces commensales résidentes dont nous savons qu'elles sont bénéfiques pour la santé de l'hôte. Cette méthode pourrait s’appliquer aussi bien à l’éradication d’agent pathogène intestinaux qu’à la décolonisation préventive de souches multirésistantes associées à un portage asymptomatique, et ainsi de réduire la probabilité de dissémination de la résistance et donc l’émergence de nouvelles souches pathogènes multirésistantes.
Procédures
Afin d'évaluer une nouvelle approche antimicrobienne, il sera nécessaire de réaliser des gavages oraux de souris dont la fréquence varie en fonction des lots d'animaux (gavage avec une bactérie responsable d'infection intestinale ou multi-résistante aux antibiotiques en tant qu'agent à éradiquer; gavage avec une bactérie bénéfique intégrant le système anti-microbien visant à supprimer la bactérie indésirable préalablement inoculée). Au maximum, les souris subiront 5 gavages avec une fréquence de gavage tous les 2 jours.
Impact sur les animaux
Le premier modèle expérimental impliquant une colonisation du tractus digestif des souris par une souche d'E. coli exprimant une BLSE (beta-lactamase à spectre étendue) ne genère aucune nuisance particuliere d'après les données de la littérature. Le second modèle impliquant une infection par le pathogène C. rodentium va induire différents effets indésirables sur les animaux tels que perte de poids et inconforts associés à la pathologie intestinale.
Devenir
L’ensemble des animaux prévus pour chaque procédure expérimentale sera euthanasié par dislocation cervicale
Remplacement
Les études in vitro de l'approche TAP en condition de laboratoire ont d’ores et déjà été effectuées et ont permis de valider l’efficacité de cette nouvelle approche antimicrobienne (Nucleic Acids Res. 2021;49(6):3584-3598). Dans une optique de développement de nouvelles stratégies anti-infection, il est indispensable d’avoir recours aux animaux pour observer l’efficacité du traitement dans un organisme entier afin de prendre en compte la complexité du système qui intègre à la fois la réponse immunitaire, la structure du tractus digestif ainsi que la présence du microbiote intestinal. Il n’existe pas de modèles cellulaires reproduisant la complexité de ces interactions.
Réduction
Pour nos expérimentations, nous avons prévu le nombre d’animaux nécessaire pour répondre aux différentes questions scientifiques à la fois pour garder une puissance statistique suffisante dans le traitement de nos résultats, et pour palier l’exclusion de certains animaux au cours de l’expérimentation. Après application d'un test de Grubbs pour repérer et exclure de possibles valeurs aberrantes, un test ANOVA sera appliqué afin d'évaluer l'impact des traitements sur les paramètres mesurés. Il s’agit d’un nombre d’animaux maximal qui sera revu à la baisse en fonction des premiers résultats obtenus qui pourront dans certains cas ne pas nécessiter de répétitions pour valider les observations. Par ailleurs, certains lots d'animaux sont partagés entre les deux procédures expérimentales afin de limiter le nombre d'animaux utilisés sans pour autant amoindrir la qualité scientifique des données.
Raffinement
Les protocoles expérimentaux ont été raffinés à partir des données de la littérature et de notre expérience antérieure. Un enrichissement de l'environnement est prévu par ajout de cylindre de coton dans les cages (Cocon SERLAB). L’ensemble des animaux seront suivis quotidiennement par du personnel qualifié selon une grille de suivi clinique claire comprenant 4 stades distincts établis en fonction de la perte de poids et de l'état visuel des animaux (pelage et comportements). Si les points limites tels que définis dans le projet sont atteints, les animaux seront immédiatement sortis du protocole expérimental et euthanasiés selon la réglementation en vigueur.
Choix des espèces
La souris est l’hôte naturel de l’agent pathogène Citrobacter rodentium utilisé dans cette étude et constitue un bon modèle pour étudier les infections bactériennes intestinales chez les mammifères. Animaux de 4 à 6 semaines. L’utilisation d’animaux pesant entre 18 et 20 g le jour de l’infection permet de limiter la variabilité de réponse entre animaux vis-à-vis de l’infection.
Rôle du CD36 intestinal dans l’apparition de l’obésité et de l’inflammation « bas bruit » liées à la surconsommation de lipides saturés: Etude de l’impact sur la physiologie oro-intestinale, sur modèle murin.
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
192 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Nourries douze semaines avec un régime gras à l'huile de palme, elles subissent des prélèvements sanguins répétés, des gavages et des périodes de jeûne, pour étudier le rôle d'une protéine intestinale dans l'obésité. Le porteur indique que le régime vise à induire l'obésité et que l'isolement, le gavage et les injections peuvent provoquer stress et gêne. Il affirme que le recours au modèle animal est "indispensable" pour une approche intégrée de plusieurs organes.
Objectifs
L’excès de lipides alimentaires est associé à l’obésité via un excès d’apport énergétique et une élévation de l’endotoxémie. Le récepteur membrannaire CD36 (cluster of differentiation) semble impliqué dans le transport de ces toxines du microbiote intestinal. Dans un précédent projet, nous avons étudié l’impact d’un régime riche en acides gras insaturés. L’objectif de ce projet sera donc d’évaluer la contribution du CD36 intestinal dans la mise en place de l’obésité induite par un régime riche en acides gras saturés. En effet le CD36 pourrait constituer une cible thérapeutique dans le traitement des pathologies associés à un excès de lipides. Pour ce faire nous utiliserons des souris n’ayant plus de CD36 dans l’intestin, comparées à des souris contrôles. 96 souris contrôles et 96 souris déficientes en CD36 seront nourries soit avec un régime classique soit avec un régime hyperlipidique enrichi en huile de palme durant 12 semaines (temps nécessaire pour observer des effets). Afin d’étudier les variations liées au sexe l’intégralité de ce projet sera réalisée avec des animaux mâles et des animaux femelles. 192 animaux au total seront donc utilisés.
Bénéfices attendus
Ce travail devrait permettre de répondre aux questions suivantes : 1. La proteine CD36 intestinale modifie-t-elle la dépense énergétique en régime normo- et hyper-lipidique riche en acides gras saturés ? 2. La proteine CD36 intestinale modifie-t-elle les capacités d’absorption intestinale des lipides alimentaires et l’adaptation intestinale à un régime hyperlipidique riche en acides gras saturés ? 3. La proteine CD36 intestinale modifie-t-elle l’endotoxémie et l’écologie du microbiote intestinal en régimes normo- et hyperlipidique riche en acides gras saturés? 4. La proteine CD36 intestinale modifie-t-elle l’effet obésogène de l’exces de lipides alimentaires saturés ? En fonction des résultats obtenus dans ce projet, CD36 pourrait constituer une cible thérapeutique en cas de surconsommation de lipides alimentaire.
Procédures
L’ensemble de l’effectif du projet recevra un régime alimentaire spécifique (standard ou obésogène) et sera soumis à un suivi de masse corporelle hebdomadaire, ainsi qu’un suivi de masse grasse et masse maigre par EchoMRI (technique de mesure non invasive nécessitant une simple contention pendant 2 à 3 minutes) en semaine 0, 2, 4 et 12. La procédure 1 est appliquée à la moitié de l’effectif pour laquelle des mesures de prise alimentaire et de récolte des feces dans la cage seront réalisées, en semaine 0 et 11. Des prélèvements sanguins seront également réalisés en semaine -2, -1, 6, 7 et 9. La procédure 2 est appliquée à l’autre moitié de l’effectif où une mesure de la dépense énergétique est réalisée en semaine 7. Cette mesure est indolore et non invasive et s’effectue dans des cages spécifiques de mesure. Des prélèvements sanguins seront également réalisés en semaine 0 et 5. A l’issue du régime en semaine 12, l’ensemble de l’effectif subira un dernier prélèvement sanguin sous anesthésie générale, puis sera euthanasié pour réaliser des prélèvements d’organes.
Impact sur les animaux
Le régime hyperlipidique est utilisé pour induire l'obésité chez les animaux. Des difficultés à se mouvoir en raison du surpoids pourraient être attendues. Toutefois, elles ne sont jamais observées après 3 mois de régime. Le projet requiert d’individualiser les souris sur de courtes durées, ce qui peut engendrer un stress pour les animaux. Un enrichissement supplémentaire sera proposé dans leurs cages d'hébergement afin de compenser cet effet indésirable. Le gavage gastrique peut entraîner un certain stress, des irritations ou une gène de courte durée. L'echoMRI est une technique non invasive, qui recquiert une contention courte inférieure à 2 minutes. La mesure de la dépense énergétique est indolore et non invasive. Cependant, elle nécessite une individualisation en cage spécifique, qui peut induire un stress sur 5 jours. Le sprelèvements sanguins à la queue des souris nécessite une contention légère et ne dure pas plus de 30 secondes. Le prélèvement sanguin en intracardiaque final est réalisé sous anésthésie, et ne dure pas plus de 30 secondes. Les souris subiront une mise à jeun de 12 heures. Pour les injections en IP (intrapéritonéale, au niveau de la cavité abdominale) et en IV (intraveineuse), il peut y avoir une douleur au point d'injection. Les produits injectés sont indolores (insuline) et à de faibles volumes.
Devenir
A l’issue de chaque procédure, tous les animaux seront euthanasiés sous anesthésie selon le planning prévu par l’étude afin de réaliser des prélèvements d'organes.
Remplacement
Le remplacement est impossible car il s’agit d’étudier des processus physiologiques mettant en jeu plusieurs organes (intestin, tissu adipeux et foie). Il est donc indispensable de recourir au modèle animal pour une approche intégrée.
Réduction
Afin de limiter le nombre d’animaux nécessaires et le nombre d’expériences réalisées sur chaque animal, nous avons adopté la stratégie suivante : • Réduire le nombre d’animaux au minimum nécessaire à une analyse statistique robuste de cette expérience à l’aide de tests non paramétriques (ANOVA), sachant qu’il y a des variations individuelles dans la réponse intestinale aux lipides • Les 2 procédures se clôturent par un test du charge lipidique identique, ce qui permet en cumulant les effectifs des deux procédures d'atteindre de nombre requis d'individus pour une analyse statistique correcte.
Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions optimales avec un enrichissement (carrés de coton, tunnels en polycarbonates…) de leur milieu adapté. Ils bénéficieront d’un suivi quotidien de leur état général. Lors des procédures expérimentales, les actes susceptibles d’entrainer une souffrance ou une douleur seront réalisés sous anesthésie générale, par des personnes expérimentées, en surveillant le maintien de la température corporelle grâce à une table chauffante spécifique. S’agissant d’un projet nécessitant l’utilisation d’animaux vivants, l’utilisation de techniques non invasives et indolores ainsi que de tests comportementaux est privilégiée afin d’acquérir les paramètres physiologiques nécessaires au projet tout en respectant les questions d’éthiques en expérimentation animale et la règle des 3R. De plus, des points limites en adéquation avec ce projet ont été définis (signes généraux de souffrance, perte de poids supérieure à 20% en 7 jours). En cas d’atteinte d’un de ces points limites, l’animal concerné sera retiré du projet. Enfin, un nombre restreint d’expérimentateurs disposant d’une formation et d’une qualification adéquate à l’expérimentation animale interviendra dans ce projet.
Choix des espèces
La souris est utilisée car son métabolisme présente de nombreuses similarités avec celui de l’Homme, en particulier au niveau oro-intestinal. Elle exprime les mêmes protéines clés de la détection des lipides et de la synthèse des lipoprotéines par l’intestin qui sont régulées de la même manière. Ce modèle est largement documenté dans la bibliographie scientifique. Dans ce projet, nous travaillons sur des lignées de souris OGM présentant une délétion spécifiquement au niveau intestinal. Les animaux seront utilisés au stade adulte à partir de 8 semaines afin de s’affranchir des effets de la puberté dans les résultats obtenus.
Etude du rôle des vésicules extracellulaires d’origine astrocytaire dans la transmission synaptique et la plasticité synaptique à long-terme chez la souris adulte.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
980 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque souris subit une chirurgie du crâne d'environ une heure avec deux injections dans l'hippocampe, pour étudier le rôle de vésicules libérées par les astrocytes dans la mémoire. Le porteur indique que la chirurgie peut provoquer douleur, perte de poids et infection du site opératoire. Il affirme que l'étude in vivo est "indispensable", d'éventuelles pistes contre la maladie d'Alzheimer restant renvoyées au long terme.
Objectifs
Depuis maintenant plusieurs décennies, de nombreuses études indiquent que certaines cellules du cerveau, que l’on appelle « astrocytes », jouent un rôle clé au cours de la communication entre neurones. En effet, un astrocyte peut détecter l’information qui est transmise dans la zone de communication entre deux neurones et en retour venir réguler cette communication neurone-neurone en libérant des transmetteurs. Des études récentes sur des modèles de cultures cellulaires suggèrent cependant qu’une autre voie encore très peu explorée permettrait également aux astrocytes de réguler la communication neurone-neurone: la voie des vésicules extracellulaires. En effet, les astrocytes libèrent de petites vésicules contenant des protéines et des acides nucléiques capables de réguler l’expression de protéines à l’intérieur des cellules voisines. Ces vésicules, une fois libérées par les astrocytes, pourraient être capturées par les neurones voisins et modifier l’expression de protéines jouant potentiellement un rôle clé dans la communication entre neurones. Il est maintenant crucial de vérifier si cette voie des vésicules extracellulaires, identifiée dans des cultures cellulaires, est également présente dans des conditions physiologiques. Pour ce faire, nous allons étudier leur rôle dans l’hippocampe, une région du cerveau jouant un rôle clef dans la mémoire. Les astrocytes y régulent les communications neurone-neurone qui sont considérées comme la base cellulaire de la mémoire. Si les vésicules extracellulaires jouent un rôle dans cette régulation, alors empêcher leur libération par les astrocytes aura un impact sur les communications neurone-neurone et affectera potentiellement la mémoire. Notre projet vise donc à mieux comprendre le rôle des vésicules extracellulaires libérées par les astrocytes dans l’hippocampe de souris adultes en évaluant leur impact sur la communication neuronale et sur la mémoire.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra de mieux comprendre les mécanismes astrocytaires sous-tendant les bases cellulaires de la mémoire. Au travers des résultats attendus, ce travail pourrait avoir des répercutions positives sur la recherche pré-clinique s’intéressant aux maladies neurodégénératives touchant la mémoire, comme la maladie d’Alzheimer, et pourrait à terme mettre en lumière de nouvelles pistes thérapeutiques.
Procédures
Les différents gestes techniques utilisés lors de ce projet sont au nombre de 5 : 1/ Chirurgie pour injections intrahippocampiques: les animaux seront anesthésiés durant toute la chirurgie (soit environ 1h par animal). Elle consiste en une incision de la peau au niveau du crâne, puis deux petites craniotomies permettant la descente de l’électrode d’injection au niveau des deux hippocampes. Les animaux subiront donc au total 2 injections chacun, puis seront suturés. 980 soit la totalité des animaux seront concernés. 2/ Anesthésie pour perfusion : Avant de réaliser les perfusions intracardiaques, les animaux recevront une injection intra-péritonéale unique d’un mélange d’anesthésiques. Tous les animaux utilisés pour les études immunohistochimiques sont concernés, soit un total de 180 animaux. 3/ Perfusions intracardiaques sur animal anesthésié : une fois l’injection d’anesthésiques réalisée, une perfusion intracardiaque sera effectuée. Les mêmes 180 animaux seront utilisés. 4/ Expériences d'électrophysiologie et de PatchSeq : les animaux seront anesthésiés puis le cerveau prélevé. 680 animaux sont concernés. 5/ Spectrométrie de masse et de nanocytométrie de flux : les animaux seront anesthésiés par une injection intra-péritonéale unique du mélange d'anesthésiants. Puis, 30 min après l’induction de l’anesthésie, et suite à la surveillance de la respiration et des réflexes de la patte et palpébral, le cerveau sera prélevé et transféré dans de l’azote liquide. Pour ce geste technique, 120 animaux sont concernés.
Impact sur les animaux
Suite aux procédures chirurgicales, une douleur ainsi qu’une perte de poids peuvent survenir dans des cas très rares. Pour prévenir ces phénomènes, un analgésique sera injecté en préemptif par voie sous-cutanée. Si nécessaire, l’injection sera renouvelée 24 heures après la chirurgie pour calmer la douleur. La plaie chirurgicale sera observée quotidiennement afin de déceler les traces d’infection au niveau du site opératoire (rougeur, enflure, écoulement, saignement). Si la plaie présente un de ces signes, nous appliquerons quotidiennement une pommade cicatrisante, jusqu’à complète cicatrisation et pendant 7 jours maximum. Si l’état de l’animal ne s’améliore pas, nous ferons intervenir la vétérinaire responsable. Enfin, en cas d’absence d’amélioration de l’état de l’animal après traitement, il sera mis à mort. Les animaux seront observés quotidiennement et la douleur sera évaluée jusqu’à J2 après chirurgie selon la grille d’évaluation (cf grille jointe), organisée selon 5 grands critères : apparence physique, comportement non provoqué, changements de poids corporel, la locomotion ou encore l’aspect de la plaie. Si l’animal présente des signes de douleur (score entre 3 et 6), nous injecterons immédiatement un analgésique en sous-cutané pour calmer la douleur. Si nous n’observons pas d’amélioration de l’état de l’animal, nous ferons intervenir la vétérinaire responsable. Enfin, en cas d’absence d’amélioration de l’état de l’animal après traitement ou en cas de souffrance avérée (score entre 7 et 15), l’animal sera mis à mort.
Devenir
A l’issue de toutes les expériences, les animaux ne seront pas gardés du fait des procédures subies et seront de ce fait mis à mort.
Remplacement
Travaillant sur les interactions des cellules neuronales et astrocytaires dans un réseau adulte, il est impossible de recourir à des modèles bioinformatiques ou à des cellules en culture. L’étude in vivo et sur tranches aigües de cerveau est donc indispensable. De plus, la souris est classiquement utilisée afin de mieux comprendre le rôle des astrocytes dans la communication neuronale et la plasticité synaptique à long terme (base cellulaire de la mémoire). Nous ne pouvons donc pas recourir à des techniques de remplacement.
Réduction
Le nombre de souris par groupe a été évalué sur la base des travaux précédents en tenant compte des divers problèmes que nous pourrons rencontrer au cours des différentes phases expérimentales (problème au cours de la chirurgie, pipette utilisée pour injecter le virus bouchée, injection dans la mauvaise structure cérébrale, problème au moment de la dissection, problème rencontré au moment de l’expérience d’électrophysiologie). Le projet sera réalisé sur des souris mâles et femelles. Si au cours du projet nous observons que les résultats sont similaires entre les mâles et les femelles, nous regrouperons les données obtenues ce qui permettra de REDUIRE de moitié le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Dispositions d’hébergement : Pour chacune des études, les animaux seront placés dans des cages enrichies (carrés de cellulose lab’nest et sizzle nest), jusqu’au nombre de huit animaux par cage. Ils seront stabulés dans une animalerie thermorégulée avec hygrométrie contrôlée. L’accès à la nourriture et à l’eau sera ad libitum et un changement de litière effectué chaque semaine. Dispositions visant à réduire la douleur : Si l’animal présente des signes de douleur (score entre 3 et 6) au cours de l’expérimentation, nous administrerons immédiatement un analgésique en sous-cutané pour calmer la douleur. Si nous n’observons pas d’amélioration de l’état de l’animal, nous ferons intervenir la vétérinaire responsable. Enfin, en cas d’absence d’amélioration de l’état de l’animal après traitement ou en cas de souffrance avérée (score entre 7 et 15), l’animal sera mis à mort.
Choix des espèces
Le modèle utilisé est la souris. La souris est classiquement utilisée afin de mieux comprendre le rôle des astrocytes dans la communication neuronale et la plasticité synaptique à long terme (base cellulaire de la mémoire). Ce modèle permet de produire des tranches aiguës de cerveau afin de réaliser des études d’électrophysiologie. Les souris seront âgées de 7 semaines minimum au moment des injections intra cérébrales. Ensuite, les diverses études seront réalisées 3 à 5 semaines après les injections intra cérébrales. Les questions que nous posons concernent le stade adulte, c’est pourquoi les expériences seront réalisées sur des souris adultes âgées de 10 à 12 semaines.
Caractérisation des mécanismes responsables d’une reprise retardée de fonction du greffon rénal après arrêt cardiaque récupéré du donneur.
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
350 souris mâles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque souris subit l'ablation d'un rein et la pose d'un clamp sur les vaisseaux du rein restant, une chirurgie de vingt à trente minutes destinée à recréer une lésion d'ischémie rénale. Le porteur indique que cette chirurgie provoque "indubitablement" une douleur, une perte de poids et une déshydratation. Il affirme qu'un prélèvement sanguin important est "nécessaire" pour les analyses, ce qui justifie la mise à mort de tous les animaux.
Objectifs
La transplantation est le meilleur traitement de l'insuffisance rénale terminale. Malgré les améliorations apportées ces dernières années dans leur prise en charge, 30% des reins greffés ne récupèrent pas une fonction normale après la greffe. L'identification des causes de cette absence de récupération est indispensable à l'amélioration de la greffe. Une de ces causes pourrait être l'existence d'une première agression du rein du donneur avant le prélèvement pour la greffe. Un tiers des donneurs en état de mort cérébrale a souffert d'un arrêt cardiaque récupéré (ACR). L'arrêt temporaire de la circulation sanguine qui en découle est un facteur reconnu de stress important pour le rein. Cependant, et de façon surprenant, aucune étude n'a pour l'instant mis en évidence d'effet négatif de cet ACR sur la fonction du rein après greffe. D'autres facteurs pourraient donc expliquer pourquoi les reins ne récupèrent pas tous une fonction normale après greffe. Notre hypothèse est que l'intervalle entre l'arrêt cardiaque et le prélèvement du greffon pourrait influencer sa survie et sa fonction. Nous avons testé cette hypothèse grâce au registre CRISTAL, qui contient toutes les informations sur les conditions du prélèvement de rein chez le donneur pour la greffe. Nous avons ainsi montré qu'un délai entre arrêt cardiaque et prélèvement inférieur ou égal à 3 jours est associé à un risque plus élevé de mauvaise fonction du rein après greffe. Afin de déterminer les mécanismes moléculaires et cellulaires responsables, nous allons utiliser deux modèles animaux, la souris et le porc, chez qui nous allons recréer les conditions de l'arrêt cardiaque et du prélèvement pour la greffe. Cette demande d'autorisation de projet porte sur le modèle souris.
Bénéfices attendus
L'insuffisance rénale chronique est un problème majeur de Santé Publique, et son meilleur traitement, la greffe rénale, est limité par la durée réduite de fonctionnement du greffon. Le nombre de patients sur la liste d'attente d'une greffe de rein a augmenté de 6% en 2020. Cependant, le nombre de greffons n'augmente pas de la même façon, demeurant ainsi largement insuffisant. Il est donc indispensable d'augmenter la qualité et la survie des greffons disponibles afin de diminuer le risque de non-reprise de fonction, qui survient rapidement après transplantation. Si notre projet confirme notre hypothèse de travail, il pourra permettre d'améliorer la qualité des greffons en recommandant un intervalle de temps optimal pour le prélèvement après un arrêt cardiaque récupéré (ACR). Le délai entre ACR et prélèvement du rein pour greffe est un paramètre modifiable qui n'a jamais été étudié auparavant.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : (1) Tous les animaux du projet (350 souris mâles de 9-10 semaines) seront soumis à une procédure chirurgicale qui consiste à exciser le rein droit et à poser un clamp autour du pédicule vasculaire rénal gauche Cette chirurgie dure entre 20 et 30 minutes. Des prélèvements de 50 microlitres d'urine seront effectués avant la chirurgie et à plusieurs temps après la chirurgie (miction spontanée ou léger massage abdominal). La durée de cette procédure, effectuée sur animal vigile, est de 1-2 minutes. 290 animaux y seront soumis. (3) Tous les animaux recevront au moins une injection intrapéritonéale. Cette procédure, effectuée sur animal vigile, dure 1 minute. (4) Tous les animaux seront soumis à la mesure du débit de filtration glomérulaire qui nécessite une anesthésie gazeuse pour injecter par voie intra-veineuse le traceur fluorescent et installer sur le dos de l'animal un capteur de fluorescence miniaturisé. Cette partie de la procédure dure 5 minutes. Une deuxième anesthésie est nécessaire 2h plus tard pour retirer le capteur. Cette partie de la procédure ne dure que 2 minutes. (5) Tous les animaux seront soumis à un prélèvement sanguin sous anesthésie générale, avant d'être euthanasiés par élongation cervicale, réalisée par une personne expérimentée.
Impact sur les animaux
La chirurgie et l'induction de d'une insuffisance rénale aigue provoquent indubitablement une douleur, une altération de l'état général et un stress de l'animal : (1) douleur provoquée par la procédure chirurgicale nécessaire pour la néphrectomie et la pose du clamp vasculaire (ouverture des plan cutané et musculaire, sutures); (2) altération de l'état général : perte de poids, déshydratation; (3) stress induit par les manipulations quotidiennes.
Devenir
Tous les animaux du projet seront euthanasiés. En effet, nous avons besoin de prélever le rein ischémié et un volume de sang important (500µl) pour réaliser toutes les analyses nécessaires à l'évaluation de la fonction et de la structure rénales. Ces prélèvements ne permettent pas de garder les animaux en vie.
Remplacement
Comme indiqué ci-dessus, une partie du projet est réalisée à partir des données de l'Agence de Biomédecine et sur des biopsies de greffons humains. Ces travaux nous ont permis de poser les hypothèses décrites ci-dessus qu'il faut maintenant tester dans l'organe complexe qu'est le rein, composé de plusieurs types de cellules chargés chacun d'une mission spécifique (cellule épithéliale tubulaire, cellules de la paroi des vaisseaux et cellules du système immunitaire).
Réduction
Des expériences préliminaires ont permis d’évaluer l’hétérogénéité inter-individuelle du phénotype étudié (les lésions tubulaires) dans notre modèle. Dans le cas de l'ischémie-reperfusion, des lots de 10 animaux sont nécessaires pour obtenir la puissance suffisante pour mettre en évidence les différences phénotypiques entre les groupes d’animaux, et s’assurer de la reproductibilité de ces résultats d’une série à l’autre. Chaque procédure sera effectuée deux fois sur des lots indépendants. Il sera nécessaire de procéder à des tests statistiques pour une interprétation fiable des résultats.
Raffinement
Le bien-être des animaux est assuré par un enrichissement de leur environnement grâce à l'utilisation d'une litière à base de cellulose composée de plusieurs éléments, de tailles différentes (matière compacte initialement, décompactée par les animaux) et de morceaux de bois à ronger. Les animaux sont observés quotidiennement. Si une agressivité est observée, des abris seront placés dans la cage. Les actes chirurgicaux s'accompagneront d'une prise en charge péri-opératoire de la douleur (injection de buprénorphine avant la chirurgie, 6h, 24h, 36h et 48h après). Le bien-être des animaux sera également assuré par une surveillance quotidienne afin de pouvoir détecter tout signe de douleur et/ou problème de cicatrisation. Les animaux seront pesés quotidiennement pendant 7 jours puis une fois par semaine. Les critères d’arrêt sont la prostration, la présence de plaies ne cicatrisant pas, ou la perte de 20% du poids initial. Pour assurer le bien-être des animaux pendant et après la chirurgie, des antalgiques seront administrés avant et après l'opération, pendant 48h. La semaine suivant la chirurgie, les animaux seront examinés quotidiennement puis une fois par semaine.
Choix des espèces
- modèle d'ischémie proposé pour ce projet bien validé dans cette espèce dans le laboratoire ; - nombreuses données relatives au projet déjà disponibles dans la littérature scientifique, plus que dans d'autres espèces. Tous les animaux sont des mâles C57Bl/6J fournis par un éleveur agrée. Ils sont livrés à l'âge de 7 semaines. Une période d'acclimatation de 2-3 semaines est respectée avant le début des procédures. Les animaux sont donc soumis aux procédures à l'âge de 9-10 semaines. Des animaux jeunes sont utilisés pour éviter l'accumulation de tissu gras autour du pédicule vasculaire rénal, qui peut gêner l'interruption de la circulation.
Procédures d’injection intra-cérébrale préalable à des enregistrements électrophysiologiques ex vivo chez le rongeur
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Rats : 1840
5 440 souris et rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent des administrations répétées puis une injection intracérébrale sous anesthésie, avant d'être mis à mort par décapitation, y compris des nouveau-nés décapités à la guillotine ou après refroidissement, pour tester ex vivo des molécules candidates de laboratoires clients. Le porteur indique que ces gestes peuvent provoquer stress, inflammations, infections et blessures de l'œsophage. Il décrit une activité de prestation pour l'industrie pharmaceutique et affirme que ces enregistrements sur tissu vivant constituent la "meilleure approche".
Objectifs
Les groupes pharmaceutiques et les sociétés biotechnologiques souhaitent avoir des informations pharmacologiques fonctionnelles sur leurs molécules en développement pour traiter des maladies du système nerveux central ou pour traiter la douleur. D’autre part, pour une meilleure prédictibilité d’éventuels effets secondaires, les agences réglementaires exigent une connaissance complète des cibles et des mécanismes d’action associés à ces nouvelles molécules qui sont soumises à une demande d’autorisation de mise sur le marché. En phases précliniques réglementaires, il n’est pas possible de tester les effets des molécules sur de grandes quantités d’animaux, à la fois pour des questions de quantité disponible des molécules (quelques milligrammes le plus souvent) et pour des questions éthiques (aucune idée sur les effets éventuels qui pourraient être observés). A l’importance de mise au point de nouvelle molécule, il faut ajouter le développement de modèle rongeur génétiquement modifié. Ces modèles permettent de mimer des pathologies humaines, leur utilisation est alors un avantage pour l’évaluation de l’efficacité de molécule d’intérêt. Il faut pour cela que ceux-ci soient électrophysiologiquement caractérisés. L'utilisation de tranches et/ou de cellules nerveuses de système nerveux central de rongeurs, traités par des molécules directement dans ce système nerveux central, permet une étude sur l'activité du composé et une information sur ses mécanismes d’action dans le modèle rongeur considéré. Pour ce faire, nos laboratoires utilisent deux types de technique, le Multi-Electrode Array (MEA) = enregistrements extracellulaires multipoints avec circuit imprimé d’électrodes et le Patch = un enregistrement à l'échelle du neurone. Le projet vise à déterminer, ex vivo, les effets pharmacologiques et/ou toxiques de nouvelles entités chimiques en développement préclinique afin de permettre à nos clients d’évaluer les propriétés de leur(s) molécule(s) - et/ou les propriétés d’une famille de molécules.
Bénéfices attendus
Notre projet permet de mieux caractériser, évaluer et comprendre les effets de futurs candidats médicaments pour traiter les pathologies du système nerveux central. Nos techniques mises en œuvre dans ce projet, pour l’évaluation ex vivo des effets pharmacologiques fonctionnels et/ou toxiques sur des explants de tissus vivants, exposés de façon chronique ou de façon aigüe, injectés directement dans le cerveau constitue la meilleure approche car elle permet : - de franchir la barrière hémato-encéphalique ; - de limiter le nombre d’animaux à tester par l’utilisation de tissus (mesures multipoints sur le même tissu séparé en petits échantillons) ; - de faire, dans un premier temps, une analyse pharmacologique/toxicologique précise à l’échelle du tissu et/ou du neurone et/ou de la protéine tout en s’affranchissant des problèmes de passage de la barrière hémato-encéphalique et des problèmes de pharmacocinétique. Ce projet permet ainsi d’affiner la sélection et l’orientation du développement de futurs médicaments avant de lancer les premières étapes précliniques couteuses de leur mise sur le marché.
Procédures
Les animaux seront administrés deux fois par jour avec une manipulation de 5 minutes maximum par animal, soit 10minutes da manipulation au total par jour. Ces injections pourront durer trois mois, mais durent en moyenne trois semaines au cours de nos études. Ces multiples manipulations et peuvent souffrir d’inflammation ou de blessure à l’œsophage en fonction des sites d’injections choisis. Tous les animaux subiront l’injection intracérébrale, durant 30-45 minutes sous anesthésie générale et analgésie. Les nuisances pouvant apparaitre sont des inflammations aigues, des infections et, en conséquence indirecte, un défaut de reconnaissance et de soin de la part des mères pour les individus entre 0 et 21 jours post naissance (c’est-à-dire non sevrés). Les temps de mise à mort varient en fonction du moyen utilisé mais n’excèdent pas dix minutes sous anesthésie et analgésie quand cela est nécessaire. Pour les Rats et Souris < P5 sont anesthésiés sur un bloc froid réfrigérant, sans contact direct, jusqu’à perte des réflexes au pincement d’une patte postérieure, puis décapités avec une paire de ciseaux adaptés, il temps entre l’anesthésie et la mise à mort est de 7 min ; Pour lesP5 < Rats et Souris P10 : les animaux seront anesthésiés par induction gazeuse à l’isoflurane (3.5% rat et 2.5% souris) puis décapités grâce à une guillotine adaptée, pour un temps de manipulation de maximum 7min. Si les animaux sont mis à mort par exsanguination, la totalité de l’intervention est de 12 minutes et passe par une anesthésie gazeuse, puis une analgésie sous masque anesthésique, 5 minutes d’attente et enfin exsanguination.
Impact sur les animaux
Nous avons une procédure qui peut amener à des effets indésirables. La procédure peut par : *-la manipulation régulière d’un animal, générer du stress ; *-l’injection régulière, provoquer des effets indésirables au site d’injection comme des inflammations, des infections, de blessure de l’œsophage ; *- la mise à mort par perfusion intracardiaque sous anesthésie gazeuse peut amener un stress premortem important ; *-la nature des animaux génétiquement modifiés, créer des douleurs auxquelles les animaux ne peuvent s’échapper ; *-l’injection intra-cérébrale peut induire des problèmes de type opératoire et post-opératoire, comme des inflammations aigues, des infections et une conséquence indirecte : un défaut de reconnaissance et de soin de la part des mères pour les individus opérés entre 0 et 21 jours post naissance.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour mesurer l’efficacité du traitement par la molécule à tester. Ces mises à mort seront nécessaires pour assurer l’évaluation d’efficacité et la détermination des mécanismes d’action de futurs candidats médicament, grâce aux modèles d’animaux mimant les pathologies neurodégénératives et à la maîtrise des protocoles d’enregistrement d’activité électrique cérébrale.
Remplacement
Nos évaluations ou caractérisations nécessitent de pouvoir réaliser des observations sur des réseaux neuronaux natifs et connectés, « donc plus physiologiques ». Il n’est pas envisageable de réaliser sur l’Homme ces tests que nous proposons. Nous devrons, en effet, tester des molécules avec des effets potentiellement inconnus, en les administrant à un organisme vivant. De plus, nous utilisons des tissus fraichement prélevés, car il n’est pas possible, in silico, de reproduire la complexité de ces connexions et/ou la particularité d’un neurone spécialisé.
Réduction
Notre capacité à utiliser un même animal pour plusieurs mesures et plusieurs conditions d’exposition diminue le besoin en nombre d’animaux et nous permet de faire, dans un premier temps, une analyse pharmacologique/toxicologique précise à l’échelle du tissu et/ou du neurone et/ou de la protéine tout en s’affranchissant des problèmes de passage de la barrière hémato-encéphalique et des problèmes de pharmacocinétique. Grâce à notre expérience sur les projets antérieurs, nous avons déterminé un nombre suffisant d’animaux nous permettant de valider nos enregistrements. Compte tenu des variations du taux de réussite attendu lors de l’injection intracérébrale au cours des études utilisant cette procédure, nous adapterons ce nombre grâce à une étude pilote qui sera réalisée avant d’introduire plusieurs conditions de test. Cette étude pilote ne sera pas réalisée si les données de notre client sont suffisantes pour garantir une significativité. Les enregistrements validés sont rassemblés par condition pour l’analyse. Nos analyses statistiques des résultats permettrons de déterminer l’efficacité du test. Lors de l’étude pilote, nous pourrons évaluer la significativité statistique et si elle n’est pas atteignable, l’étude sera suspendue. Si celle-ci est présente, l’étape suivante pourra donc être menée en poursuivant par 4 conditions différentes au maximum.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe sociaux (4 souris adultes et 2 rats adultes/cage). Ils bénéficient d’enrichissement adaptés, deux types différents par cage (système permettant la création de nid soit tunnel ou soit pièce de bois à ronger par exemple). Cet enrichissement est validé par le fournisseur ou le partenaire et l’information est conservée et partagée dans les documents de renseignement de la lignée. .Les animaux préalablement administrés seront habitués aux différentes contentions utiles pour les voies d’administration des composés à tester. Nous diminuerons les futurs stress dus à ces manipulations. Ces administrations seront réalisées par du personnel compétent et formé en respectant les recommandations vétérinaires. Les solutions injectées seront contrôlées pour s’assurer de leur innocuité. Les animaux seront surveillés deux fois par jour et pesés. Un contrôle de l’apparition d’infection ou d’inflammation sera effectué. Si un animal infecté apparait, il sera sorti temporairement du projet et le vétérinaire sera consulté pour un traitement adapté jusqu’à récupération. Les animaux génétiquement modifiés auront une semaine d’acclimatation et un mois de temps d’hébergement, maximum. Il se fera en groupes sociaux en mélangeant les génotypes pour assurer la meilleure expression de phénotypes normaux. Chaque lignée modifiée aura une documentation de suivi spécifique. Ces animaux seront asymptomatiques. L’injection intracérébrale sera précédée d’une prémédication et suivi par des soins antalgiques et enfin d’une couverture antalgique et de suivi clinique deux fois par jours. Les animaux seront mis à mort sous anesthésie gazeuse et analgésique pour assurer l’enregistrement des activités neuronales.
Choix des espèces
La grande quantité d’informations scientifiques disponible sur le fonctionnement du système nerveux central des rongeurs, ajoutée à la maîtrise de leurs élevages, de leur génétique, de leur relative petite taille et au développement de technique d’enregistrements électrophysiologiques sur explants vivants font de ces espèces un modèle de choix pour l’évaluation pharmacologique de molécules. Ponctuellement, nous utilisons d’autres lignées de ces espèces, après discussion de la pertinence du modèle espèce-lignée-lignée génétiquement modifiée-protocole avec notre client. Toute demande de caractérisation de lignée modifiée fera l’objet d’une analyse bibliographique et circonstanciée en amont. L’impact du phénotype devra être décrit. Nous ne travaillerons qu’avec des animaux asymptomatiques. L’âge des animaux testés est déterminé en fonction du type de test et d’une analyse bibliographique. Nous pouvons travailler aussi bien avec des animaux nouveaux nés, juvéniles, adultes ou âgés en fonction des cibles fonctionnelles à observer et de l’évolution de la pathologie considérée (maladies neurodégénératives le plus souvent). Les choix de l’espèce, de la lignée et de l’âge sont validés en collaboration avec le client. En effet, l’expression phénotypique de la pathologie et/ou d’un déficit et/ou d’une lésion est souvent déterminante pour le choix de l’âge d’utilisation des animaux.