Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le lithium est aujourd’hui l’un des traitements les plus efficaces pour stabiliser l’humeur chez les personnes atteintes de trouble bipolaire. Le lithium existe sous plusieurs formes chimiques et permet de réduire le risque de rechute. Cependant, son utilisation doit être très bien contrôlée, car la dose efficace est proche de la dose toxique. Cela peut entraîner des effets secondaires importants, notamment au niveau des reins et du cerveau. Des études d’imagerie réalisées chez l’être humain ont montré que le lithium ne se répartit pas de la même façon dans toutes les zones du cerveau, et que cette répartition varie d’une personne à l’autre. Cela remet en question l’idée selon laquelle le lithium se diffuserait uniformément dans le cerveau. Ces résultats amènent à se demander si différents sels de lithium pourraient se comporter différemment dans le corps et le cerveau. Parmi eux, l’orotate de lithium (LiOr) est une forme encore peu étudiée. Certaines données en laboratoire suggèrent qu’il pourrait être mieux absorbé et mieux atteindre le cerveau. Si cela se confirme, il pourrait être possible d’utiliser des doses plus faibles tout en limitant les effets secondaires, notamment ceux qui touchent les reins. Dans ce contexte, le but de ce projet est d’étudier comment différents sels de lithium se comportent dans le sang, comment ils se répartissent dans le cerveau, quelle est leur efficacité et quels risques ils présentent pour les reins. Ces tests seront d’abord réalisés chez le rat après une seule dose de chaque forme de lithium administrée par voie orale. Par la suite, les mêmes analyses seront faites après 14 jours d’administration continue. L’objectif final est de mieux comprendre pourquoi certaines personnes répondent mieux que d’autres au lithium, et d’identifier des formes de lithium plus efficaces et mieux tolérées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Cette étude constituera une première étape pour vérifier, avant les essais chez l’Homme, si l’orotate de lithium permet au lithium de mieux atteindre le cerveau et d’être plus efficace. Si ces résultats se confirment, cela pourrait, à long terme, permettre d’utiliser des doses plus faibles de lithium. Des doses réduites seraient potentiellement mieux tolérées et pourraient diminuer les effets secondaires, améliorant ainsi le confort et la sécurité des patients sous traitement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’ensemble des animaux subiront entre 1 et 14 gavages (durée < 30 secondes). L’anesthésie et l’analgésie seront réalisées par injection intrapéritonéale et sous-cutanée respectivement (moins d’une minute chacune 1 à 2 fois maximum). Certains animaux subiront un isolement 4 fois 24 h. Une partie des animaux subiront une perfusion intracardiaque sous anesthésie liquide profonde (15 mins). Une autre partie des animaux subiront une procédure chirurgicale sous anesthésie liquide (20 mins) + port d’un cathéter (72h) + prélèvements de sang sur animaux vigiles (9 prélèvements ; 30 secondes/ prélèvement sur 24h). Une autre partie des animaux sera soumise à une série de 2 tests comportementaux, répartis sur 2 jours successifs. Les tests incluent l’évaluation de l’activité locomotrice (1h30), de l’exploration et de l’anxiété (5 min) (2 jours consécutifs de tests réalisés 3 fois).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Stress de courte durée lors des injections, gavage et prélèvements sanguins. Stress induit par l’hébergement individuel du rat pendant 24 heures. Isolement du rat dans un cylindre de plexiglas pendant 8h pour réaliser les prélèvements sanguins.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les rats seront mis à mort à la fin des procédures pour analyses post-mortem ou suite à l’atteinte d’un point limite requérant la mise à mort des animaux.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des premières expériences réalisées en laboratoire, sur des cellules, ont montré que les différentes formes de lithium n’entrent pas dans les cellules à la même vitesse ni de la même manière. Pour vérifier ces observations, il est essentiel de réaliser des tests chez l’animal. Cela permettra de mieux comprendre comment le lithium circule dans l’organisme après avoir été ingéré, et de voir si ces différences ont un impact réel sur le comportement, la distribution dans l’organisme et l’apparition éventuelle d’effets secondaires, notamment au niveau des reins.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les effectifs ont été determinés comme nécessitant 6 à 10 rats par groupe à l’aide de tests statistiques permettant une analyse des résultats obtenus adaptée. Dans le but de réduire le nombre d’animaux utilisés, les procédures seront réalisées de manière séquentielle. Ainsi, l’étude pharmacocinétique ainsi que l’étude comportementale n’auront lieu que si une différence d’exposition significative au niveau sanguin et/ou cérébrale est observée entre les différents sels de lithium.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’ensemble des procédures sont réalisés par un personnel compétent. Pour améliorer leur bien-être, les animaux sont hébergés en groupes sociaux dans des cages contenant de l’enrichissement. La surveillance quotidienne des animaux sera assurée par un personnel qualifié, et des points limites spécifiques adaptés aux différentes procédures seront mis en place pour détecter et réduire toute souffrance ou douleur. Si nécessaire, des analgésiques seront administrés, tout en veillant à ne pas perturber le déroulement de l’expérience. En cas de besoin, des procédures réglementaires de mise à mort anticipée seront appliquées. Toutes les interventions chirurgicales prévues dans ce projet seront réalisées sous anesthésie générale et accompagnées d’une gestion adéquate de la douleur pendant la période périopératoire. De plus, une ouate en silicone sera utilisée après la chirurgie pour favoriser une meilleure cicatrisation et une prise en charge plus rapide en cas de saignement. Par ailleurs, lors de la mise en cage métabolique pour 24h des rats, des tunnels en polycarbonate et/ou des batons à ronger seront ajoutés à ces cages pour enrichissement en vue de réduire le stress induit par l’isolement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rongeur, et plus spécifiquement le rat, est le modèle de choix dans le domaine de la toxicité rénale, notamment du fait de sa physiologie qui est très proche de la physiologie humaine. De plus, son métabolisme est très semblable à celui de l’Homme, ce qui facilitera les études pharmacocinétiques. Des rats âgés de 7 à 9 semaines seront utilisés dans le but de pouvoir faire l’analogie avec les expériences déjà faites au sein du laboratoire et les articles publiés dans la littérature, puisqu’il s’agit de la période à laquelle est le plus souvent diagnostiquée le trouble bipolaire et donc initiés les traitements.