
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-019946)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau fréquente en Europe, touchant aussi bien les enfants que les adultes. Elle se caractérise par une inflammation persistante de la peau et une altération de sa fonction de barrière naturelle qui nous protège de la pénétration des micro-organismes pathogènes. Cette maladie pose un problème de santé publique car il n’existe pas vraiment de solution pour la guérir. Les personnes atteintes par cette maladie produisent une molécule inflammatoire appelée oncostatine M dont on soupçonne le rôle délétère sur le système immunitaire et son implication dans le développement de cette maladie. Ce projet a donc pour objectif d’étudier le rôle de l’oncostatine M dans le développement et le maintien de l’inflammation de la peau. Bien que l’oncostatine M soit présente dans les lésions de dermatite atopique chez l’être humain, son implication directe dans cette maladie n’a jamais été démontrée dans un organisme vivant. Pour cela, le projet utilisera un modèle de dermatite atopique chez la souris afin de comparer l’évolution de la maladie chez des animaux produisant l’oncostatine M et chez des animaux génétiquement modifiés qui ne produisent pas cette molécule.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats de cette étude nous permettront de faire progresser les connaissances sur le rôle de l’oncostatine M dans le développement de la dermatite atopique. A plus long terme, s’il s’avère que l’oncostatine M joue un rôle important dans le développement et/ou le caractère chronique de la maladie, celle-ci pourrait constituer une nouvelle cible pour le développement de biothérapies visant à bloquer les effets de cette molécule proinflammatoire, telles que le développement d’anticorps bloquants ciblant l’oncostatine M. Dans un contexte où le nombre de biothérapies pour le traitement de la dermatite atopique est actuellement limité et où certains patients peuvent être non-répondeurs ou développer des résistances à ces traitements, il est nécessaire de pouvoir identifier de nouvelles cibles pour développer ces nouveaux outils thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour tous les animaux inclus dans cette étude, une anesthésie sera pratiquée, une seule fois, le premier jour afin de pouvoir immobiliser l’animal pendant le temps de rasage des oreilles (pendant 10 secondes) à l’aide d’une tondeuse puis d’appliquer localement le traitement sur la peau pour induire la dermatite atopique (pendant 10 secondes) et mesurer l’épaisseur de la peau de manière non-invasive (10 secondes par oreille). Les jours suivants, les traitements et mesures seront effectuées sur animal vigile pour éviter les anesthésies répétées. Tous les animaux inclus dans cette étude seront donc brièvement maintenus par l’expérimentateur afin de permettre l’application locale du traitement sur la peau pour induire la dermatite atopique et mesurer l’épaisseur de la peau de manière non-invasive pendant une durée maximale de 20 secondes. Cette contention manuelle de courte durée peut entraîner un stress léger et transitoire. Elle sera répétée 12 fois pour les animaux qui sont inclus dans le protocole d’induction aigue, à court terme, et répétée 40 fois pour les autres animaux qui sont inclus dans le protocole d’induction chronique, à long terme. En fin de protocole, une analgésie et une anesthésie profonde seront réalisées pour effectuer un prélèvement sanguin terminal d’une durée de 30 secondes au maximum et la mise à mort des animaux en vue de collecter les échantillons biologiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au début du protocole, l’induction d’une anesthésie et le réveil après anesthésie provoquent un stress léger et transitoire des animaux. L’injection pour induire l’analgésie et l’anesthésie à la fin du protocole crée une douleur légère et transitoire. Les protocoles d’induction d’une dermatite atopique aigue et chronique provoquent un prurit susceptible d’occasionner un comportement de grattage des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux inclus dans le projet seront mis à mort de manière à collecter les différents échantillons biologiques (sang, peau de l’oreille) pour effectuer des analyses moléculaires et des analyses de tissus par microscopie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des études précédentes ont été réalisées in vitro pour décrire les propriétés de l’oncostatine M dans différents modèles de culture de cellules cutanées d’origine humaine et murine, développés sous la forme de peaux reconstruites. Cependant, il est nécessaire d’effectuer des expériences in vivo chez l’animal afin d’étudier la contribution de cette molécule à l’inflammation cutanée dans un système complexe où de nombreuses cellules immunitaires activées infiltrent la peau et où de nombreux médiateurs de l’inflammation y sont sécrétés. Il n’existe pas encore de modèle in silico pour mimer ces interactions complexes.
2. Réduction
A partir des données de la littérature scientifique, nous avons pu calculer un effectif de souris minimum nécessaire pour assurer une validation statistique de l’étude, à l’aide d’une formule mathématique appropriée. Une stratégie par étapes sera également appliquée permettant de réduire potentiellement de moitié le nombre d’animaux utilisés. De plus, au sein de l’animalerie, des accouplements de souris seront effectués à la demande, et non en continu, de manière à limiter le nombre d’animaux produits.
3. Raffinement
Afin de satisfaire les besoins comportementaux des souris, celles-ci seront maintenues en groupes de 3 à 4 individus par cage ventilée. Leur milieu sera enrichi de structures adaptées répondant à leur besoin naturel de ronger (buchettes de peuplier) et leur permettant de se cacher (nid). Afin de limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse des animaux, ceux-ci seront anesthésiés, avec contrôle de la température par tapis chauffant, lors de certaines phases d’expérimentation. Des points limites gradés, précis et adaptés sont listés dans une grille et feront l’objet d’une surveillance quotidienne des animaux. Une prise en charge par un traitement antalgique sera mise en oeuvre précocement en cas de besoin.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le protocole que nous utilisons chez la souris est reconnu pour reproduire de nombreuses caractéristiques cliniques de la pathologie humaine (rougeur, épaississement cutané, desquamation, prurit), histologiques (épaississement de l’épiderme, présence anormale de cellules immunes dans le derme) et ses mécanismes moléculaires et cellulaires. Par ailleurs, le système immuno-inflammatoire de la souris est décrit et étudié depuis des décennies et autorise des comparaisons avec le système immuno-inflammatoire humain. Les modèles murins, bien que pouvant présenter certaines limites par rapport à la physiologie humaine, restent largement utilisés pour étudier la réponse immuno-inflammatoire de la peau et évitent d’avoir recours à des espèces animales plus proches de l’Homme. Les animaux seront inclus dans le projet à partir de l’âge de 8 semaines, lorsque leur système immuno-inflammatoire est bien développé.