
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-063467)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie rénale chronique touche environ 3 millions de personnes en France. Elle correspond à un mauvais fonctionnement des reins, qui ne filtrent plus correctement le sang. Cela entraîne une accumulation de substances que l’organisme n’arrive plus à éliminer normalement. Certaines de ces substances peuvent devenir toxiques et participer aux complications associées à la maladie. Parmi ces substances, certaines proviennent de la transformation des protéines de l’alimentation, et en particulier d’un acide aminé appelé tryptophane. Des études récentes réalisées chez l’humain ont montré que certaines molécules issues de la dégradation du tryptophane sont associées à une aggravation de la maladie rénale chronique. En revanche, leur effet direct sur le fonctionnement des reins n’a jamais été étudié. L’objectif de ce projet est donc d’évaluer l’effet de ces molécules, appelées molécules XANA, KYNA, AAN, sur les reins de souris. Le projet se déroulera en deux parties : 1/ Déterminer les doses auxquelles ces molécules peuvent être administrées. 2/ Évaluer l’effet de ces molécules chez des souris atteintes de maladie rénale chronique. Plusieurs paramètres seront analysés afin de mesurer leur impact sur le fonctionnement des reins et sur le métabolisme général.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à mieux comprendre comment les molécules issues de la dégradation du tryptophane affectent la progression de la maladie rénale. Si ces molécules sont liées à une aggravation des problèmes rénaux, il serait possible d’utiliser des inhibiteurs pour réduire leur production. Cela pourrait offrir de nouvelles options de traitements pour ralentir la progression de la maladie chez les humains.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les 90 animaux seront identifiés une fois par une perforation de l’oreille (≈1 mm, 20 sec avec contention). Induction de la maladie rénale : – 1ère étude (modèle chirurgical) : 36 souris recevront une anesthésie gazeuse (15 min) + 1 locale à chaque chirurgie,
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’identification des animaux par une petite perforation de l’oreille peut provoquer une douleur légère et de très courte durée. Les deux opérations nécessaires dans le modèle chirurgical peuvent entraîner une douleur après l’intervention, du stress temporaire et un risque classique de complications liées à la chirurgie ou à l’anesthésie. Dans nos expériences précédentes, la mortalité associée à cette procédure était inférieure à 5 %, et survenait surtout dans les 24 à 48 h suivant la seconde chirurgie. Les molécules doivent être administrées par gavage, ce qui nécessite une contention quotidienne des animaux pendant 4 semaines (sauf samedi et dimanche). Cette manipulation peut être stressante, même si elle dure moins d’une minute. Les gavages répétés peuvent irriter l’œsophage et provoquer une douleur. Les mesures de composition corporelle nécessitent de placer brièvement la souris dans un petit tube pendant moins de deux minutes ; cela peut provoquer un stress léger. L’évaluation de la fonction du rein implique une courte anesthésie gazeuse pour l’injection du produit et la pose du capteur, puis le port du capteur pendant environ une heure. Cela peut entraîner un inconfort temporaire. La période de jeûne de six heures, indispensable pour étudier le métabolisme du glucose, peut générer un inconfort modéré. La petite prise de sang au niveau de la queue provoque une gêne brève et légère. Aucun comportement anormal n’a été observé lors de protocoles similaires dans notre laboratoire. Toutes les procédures sont réalisées par un personnel formé, avec une surveillance adaptée, afin de réduire au maximum la douleur et le stress des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les 90 animaux de ce projet seront mis à mort à l’issue du prélèvement sanguin terminal afin de collecter les tissus et répondre aux questions scientifiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les mécanismes des molécules issues de la dégradation du tryptophane sont complexes et impliquent plusieurs organes. Ni la modélisation informatique ni les études in vitro ne permettent de répondre à cette question. Une étude chez l’Homme est impossible à ce stade, car il n’existe pas de moyens non invasifs pour étudier en détail la fonction rénale et le métabolisme. L’utilisation d’un modèle animal est donc actuellement indispensable pour évaluer l’impact de ces molécules sur la progression de la maladie rénale chronique.
2. Réduction
Les molécules étudiées dans ce projet n’ont jamais été testées dans le cadre de la maladie rénale chronique (MRC). Un nombre minimal de 12 souris a été choisi pour la première étude. Pour la seconde étude, le nombre de souris par groupe a été déterminé à l’aide d’un logiciel, sur la base de données issues de protocoles précédents utilisant des souris atteintes de MRC. Un effectif de 12 souris par groupe est nécessaire pour obtenir des résultats significatifs, tandis que 6 souris suffisent pour le groupe contrôle non malade. Un maximum de tissus sera collecté lors de la mise à mort et conservé afin de répondre à d’éventuelles nouvelles questions et d’éviter la répétition inutile des expériences. Ces échantillons pourront également être partagés avec d’autres équipes.
3. Raffinement
Toutes les manipulations seront réalisées par trois expérimentateurs expérimentés afin de garantir des gestes rapides et précis. Les animaux seront manipulés avec douceur, dans un environnement calme, et observés 7x/semaine. La prise alimentaire et hydrique sera mesurée 2x/semaine par cage, et le poids individuel suivi deux fois par semaine. Les chirurgies rénales seront réalisées par du personnel expérimenté. L’anesthésie générale sera adaptée au poids et surveillée en continu, complétée par une anesthésie locale. Des analgésiques seront administrés avant et après l’intervention. Au réveil, les animaux seront placés au chaud et surveillés jusqu’à récupération complète, puis feront l’objet d’un suivi post-opératoire renforcé. La planification en deux étapes réduit la sévérité de chaque chirurgie et permet une induction progressive de la maladie. L’administration des métabolites se fera par gavage, uniquement en semaine, afin de limiter le stress et l’irritation œsophagienne. Les animaux seront surveillés 5 jours/7. Pour la mesure de la fonction rénale, une anesthésie gazeuse légère et brève facilitera l’injection du produit et la pose du capteur ; un collyre anesthésique sera appliqué. Pendant l’enregistrement (≈60 min), les animaux resteront vigiles, dans leur cage, sous surveillance rapprochée. Pour la mesure de la composition corporelle, un apprentissage préalable sera effectué une fois, une semaine avant afin d’habituer les souris à entrer dans le tube de mesure. Cet entraînement vise à réduire le stress pendant la séance de mesure, qui dure moins de deux minutes. En fin d’étude, les animaux seront anesthésiés pour un prélèvement de sang, puis mis à mort par dislocation cervicale. Des points limites précis permettront une détection précoce de toute souffrance ou dégradation de l’état général.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Bien que la souris présente certaines différences par rapport à la physiologie humaine, elle constitue un excellent modèle pour étudier la maladie rénale et l’effet de molécules spécifiques. Sa physiologie est suffisamment proche de celle de l’humain pour reproduire les altérations de la fonction rénale observées chez les patients. Des souris âgées de 10-18 semaines seront utilisées. À cet âge, les animaux sont sortis de la phase de croissance ce qui garantit une meilleure homogénéité des réponses expérimentales. Les manifestations cliniques de la MRC induite à cet âge sont reproductibles et bien caractérisées.