Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet est d’évaluer la toxicité et le profil de sécurité d’un candidat thérapeutique oncologique. Après administration, l’élément d’essai entraîne la production de cellule immunitaire dans la circulation générale. Cet élément d’essais a déjà été évalué lors d’une étude préalable, conduite à une dose dix fois supérieure à celle prévue ici. Cette étude avait révélé une augmentation de certains paramètres sanguins, suggérant un événement associé à une réaction inflammatoire augmenté. Dans la présente étude, l’élément d’essai sera administré à une concentration dix fois plus faible. L’objectif est de démontrer que les effets observés précédemment étaient liés à la dose élevée – susceptible d’avoir induit une réaction inflammatoire importante – et non à la composition de l’élément d’essai lui même. Le profil de sécurité de cet élément d’essai sera donc évalué à des doses alignées avec celles envisagées pour le développement clinique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus de ce projet sont à terme la validation et la mise sur le marché du traitement innovant en oncologie. Ce médicament permettrait de cibler un type cellulaire précis et de d’augmenter l’activation immunitaire anticancéreuse proche des tumeurs. Cela permettrait d’améliorer significativement la qualité de vie des patients avec un traitement plus ciblé, qui permettrait d’injecter des doses plus faibles et de ce fait permettrait de réduire les effets secondaires.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Après plus de deux semaines d’acclimatation et d’habituation, les 2 animaux inclus dans le projet recevront une injection lente de l’élément d’essais (perfusion durant 30 minutes). Des prélèvements de sang seront réalisés avant et après administration sur animal vigile afin d’étudier la concentration de l’élément d’essais dans le sang au cours du temps et de mesurer certains paramètres physiologiques des animaux (11 prélèvements sanguins seront réalisés sur une période de 5 semaines). Le temps de contention nécessaire à la réalisation de ces prélèvements est compris entre 3 et 15 minutes. Le suivi des paramètres physiologiques (poids et température corporelle) tout au long du projet nécessitera une contention d’environ 5 minutes. Une pesée sera réalisée chaque semaine. La température corporelle sera mesurée 1x/jour 3 jours avant administration, 2x le jour de l’administration, et 1x/jour 3 jours après administration. Le projet prendra fin 15 jours après administration de l’élément d’essais et les 2 animaux impliqués seront mis à mort sous anesthésie afin de récolter leurs organes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’administration intra-veineuse par perfusion lente peut provoquer un stress léger, une douleur légère et/ou l’apparition de réactions locales (du type hématome ou œdème léger par exemple). Les prélèvements de sang pourront provoquer un stress léger, une douleur légère et/ou l’apparition de réactions locales (du type hématome ou œdème léger par exemple). Les pesées et les mesures de température rectale peuvent également engendrer un stress léger chez les animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les 2 animaux utilisés dans le cadre de ce projet seront mis à mort à la fin de la procédure afin de récolter leurs organes pour déterminer la toxicologie éventuelle de l’élément d’essais.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

En l’état actuel des connaissances, l’évaluation du profil de sécurité d’un candidat thérapeutique en oncologie nécessite des études in vivo, car seule l’expérimentation animale permet de reproduire la complexité des réponses immunitaires, inflammatoires et systémique attendues, ainsi que de satisfaire les exigences réglementaires nécessaires à un développement clinique. Ceci ne pourrait être obtenu in vitro, car les modèles cellulaires utilisés en laboratoire restent trop simplifiés : ils ne reproduisent qu’une partie d’un organe isolée du reste du corps. Or, la biodistribution, la pharmacodynamie et la pharmacocinétique dépendent d’un grand nombre de facteurs qui interagissent en temps réel dans un organisme vivant complexe (exemples : le débit sanguin, les échanges entre les tissus, le fonctionnement du foie et des reins, les barrières biologiques, …). Seul un organisme complet, où tous les organes sont en interaction constante, permet de répondre aux objectifs scientifiques du projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet a été réduit au minimum sans compromettre les objectifs scientifiques du projet. En effet, 2 animaux seront utilisés. Les deux animaux recevront l’élément d’essais, le nombre de deux permettra une comparaison. Le suivi longitudinal de chaque animal (analyses biologiques et suivi métabolique avant et après administration) permettra de recueillir un maximum de données à partir de chaque individu, réduisant ainsi le besoin d’animaux supplémentaires. Cette étude étant préliminaire et non règlementaire, elle ne nécessite pas d’utiliser de grandes cohortes d’animaux pour réaliser des tests statistiques.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Un programme d’enrichissement complet sera mis en place au sein de l’animalerie. Ce dernier comprendra des enrichissements structuraux, de la litière pour permettre aux primates de fourrager, des jouets variés faisant l’objet d’une rotation une fois par semaine, des friandises (ex: céréales, fruits secs) et des fruits et légumes frais distribués quotidiennement (cachés dans la litière ou dans des jouets distributeurs), de la musique d’ambiance diffusée pendant la journée à un volume raisonnable dans le but de réduire le stress en couvrant le bruit causé par les activités du personnel dans les salles adjacentes et en habituant les animaux à la voix humaine. Les animaux seront acclimatés à leur environnement (volières, personnel, congénères) durant minimum deux semaines avant le début du projet. Les animaux seront suivis individuellement et bi-quotidiennement tout au long de l’étude pour détecter tout signe de stress ou de douleur. De même, le personnel veillera à garder une interaction quotidienne avec chaque animal. Les temps de repos accordés aux animaux entre les prélèvements et les volumes prélevés respecteront les recommandations éthiques en vigueur au sein de l’établissement utilisateur. Les prélèvements de sang seront réalisés sur animal vigile car l’anesthésie modifie les paramètres physiologiques étudiés et engendre un stress et un risque plus important pour l’animal que la procédure elle-même. Cependant, une sédation pourra être envisagée en cas de besoin. Des points limites précoces ont été déterminés afin de prendre en charge toute forme de douleur ou de souffrance. En cas d’atteinte d’un de ces points, l’animal concerné sera pris en charge selon les recommandations du vétérinaire. L’arrêt du protocole sera envisagé si l’animal ne répond pas au traitement ou si son état se dégrade (sous la responsabilité du vétérinaire).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’utilisation du primate non humain est nécessaire car il s’agit de la seule espèce capable de reproduire fidèlement les réponses immunitaires, inflammatoires et physiologiques humaines requises pour évaluer la sécurité d’un candidat thérapeutique oncologique. Leur système immunitaire réagit de façon très semblable au nôtre, ce qui permet de prévoir d’éventuelles défenses du corps contre l’élément d’essai. Leur grande proximité génétique et physiologique avec l’Homme les rend aussi très utiles pour étudier comment l’élément d’essai agit et dans quels organes il se diffuse. Ainsi, son emploi est indispensable pour répondre aux objectifs scientifiques de ce projet. De jeunes adultes seront utilisés dans ce projet. À ce stade de développement, les animaux présentent un système immunitaire pleinement fonctionnel, comparable à celui d’un patient adulte, ce qui est indispensable pour évaluer la réponse du corps vis-à-vis de l’élément d’essai testé. Leur organisme a atteint la maturité physiologique et métabolique, mais ne subit pas encore de variations néfastes liées au vieillissement. L’utilisation de jeunes adultes permet de réduire les facteurs associés à des pathologies liées à l’âge qui pourraient interférer dans l’analyse des résultats et la qualité des échantillons prélevés. Sachant que des prélèvements d’organes seront réalisés post-mortem dans ce projet, il est préférable d’écarter au maximum ce biais lié à l’âge des animaux.