
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-155340)
5 600 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Du stade œuf jusqu’à trente jours après l’éclosion, ils sont exposés dans l’eau à plusieurs concentrations d’une substance chimique, avec pour effets déclarés possibles malformations, immobilité, hyperventilation et mortalité. À la fin de l’essai, tous les survivants sont tués par surdose d’anesthésique, mesurés et pesés. Le porteur inscrit ces essais dans le cadre réglementaire REACH pour évaluer le danger environnemental de substances, et présente le recours aux poissons comme un « dernier recours » après examen des méthodes sans animaux.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette demande d’autorisation concerne la réalisation d’essais de toxicité chez le poisson zèbre aux premiers stades de la vie (ligne directrice OCDE 210) pour répondre à des exigences réglementaires notamment l’enregistrement à l’Annexe 9 du règlement REACH (Enregistrement, Evaluation, Autorisation et Restriction des Produits Chimiques). Les données générées, à partir de ces essais, sont essentiellement utilisées pour évaluer le danger pour l’environnement des substances chimiques et éventuellement contribuer à l’établissement du classement correspondant. Les valeurs obtenues peuvent également servir de données complémentaires pour la démarche d’évaluation des risques liés à l’utilisation de ces substances chimiques. La mise en oeuvre de ces essais dépend à la fois des informations mises à disposition de l’établissement utilisateur par le donneur d’ordre et également de l’objectif spécifique de réalisation. Dans le cadre de l’enregistrement de substances chimiques selon le règlement REACH, la stratégie expérimentale qui est proposée est conforme aux recommandations de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques), reprises par l’ECHA (Agence Européenne des Produits Chimiques).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces études sont conduites dans le cadre strict de demandes règlementaires et contribuent à améliorer les connaissances des effets sur l’environnement des proquits testés.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les poissons aux premiers stades de leur vie sont exposés à une série de concentrations du produit chimique testé dissout dans l’eau du stade oeuf jusqu’à 30 jour après éclosion.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des effets chroniques seront mesurés pour une partie importante du cycle de vie des poissons. L’accent n’est pas mis sur la mortalité des poissons (bien qu’elle soit également enregistrée), mais sur des paramètres chroniques tels que le temps d’éclosion, les malformations, la longueur et le poids du corps. D’autres effets peuvent également survenir dans ce type d’études selon les stades de développement considérés : mortalité, immobilité, hyperventilation ou absence de mouvement respiratoire, anomalie comportementale et/ou corporelle et/ou de croissance.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin du test, tous les poissons survivants sont mis à mort par une surdose d’anesthésique, la longueur de chaque poisson est mesurée et ils sont ensuite pesés (poids humide, poids sec).
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le donneur d’ordre doit d’abord évaluer l’ensemble des données disponibles sur les propriétés intrinsèques d’une substance. Des essais supplémentaires ne peuvent être nécessaires que lorsque ces données ne répondent pas aux exigences règlementaires. Il est cependant nécessaire d’envisager l’utilisation de méthodes alternatives et toutes autres options avant de procéder à des essais sur des animaux vertébrés. Il existe des lignes directrices utilisant des embryons ou des larves de poissons mais ces essais ne permettent pas d’évaluer la toxicité sur l’ensemble des premiers stades de la vie et notamment la croissance et le développement. La vérification de la disponibilité de données bibliographiques acceptables dans un cadre réglementaire sur la substance soumise à essai sera effectuée, au préalable, afin de ne réaliser que les essais strictement nécessaires. Si de nouvelles données doivent être produites, les essais sur les animaux ne peuvent être utilisés qu’en dernier recours. Les méthodes alternatives seront évaluées en amont être utilisées au lieu d’essais directs pour tirer des conclusions aux fins de plusieurs exigences d’information. Les méthodes alternatives présentées dans REACH sont les suivantes: l’approche des éléments de preuve, les méthodes in vitro, les modèles de la relation quantitative structure-activité (RQSA) et les références croisées/catégories. Toutefois, les exigences réglementaires varient en fonction des effets spécifiques. Le niveau d’information doit être équivalent à celui atteint avec des essais standard.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour répondre aux critères statistiques de la ligne directrice 210 de l’OCDE, un essai complet doit être effectué en utilisant un minimum de 80 oeufs fécondés pour chacune des cinq concentrations de la substance d’essai, aussi bien que dans le groupe témoin (et le groupe témoin-solvant si nécessaire). Un essai complet utilise entre 480 et 560 œufs fécondés. Dans certains cas un essai limite, ou un essai limite prolongé, impliquant moins de cinq concentrations comme l’essai complet, peut être acceptable si l’on cherche à établir une Concentration Sans Effet Observé (CSEO) de façon empirique uniquement. L’effectif sera réduit en conséquence entre 160 et 240 œufs fécondés. Si une donnée de CL50 (Concentration Létale pour 50% des organismes) après 96 heures est disponible, il n’est pas nécessaire de tester les concentrations au-delà de cette valeur ou de 10 mg/L si la CL50 est supérieure à cette concentration.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En amont du lancement de l’essai, les données disponibles sur la toxicité aiguë, obtenues de préférence à partir d’essais sur les mêmes espèces et/ou d’un essai de détermination de l’ordre de grandeur, devront être prises en considération pour délimiter la gamme des concentrations d’essai. Cependant, toutes les sources d’informations devraient être prises en compte lors de la sélection des concentrations d’essai, y compris des données de substitution, des données issues d’essais de toxicité aiguës sur des embryons de poissons, etc. Les observations quotidiennes du comportement et des effets seront réalisées sur les oeufs et les larves après éclosion. En cas de malformations et donc d’apparence anormale telles que l’organisme est en état de souffrance considérable et irréversible, l’organisme sera retiré de l’essai. Les animaux concernés seront mis à mort de façon anticipée et comptabilisés comme morts aux fins de l’analyse statistique ultérieure. Durant la phase d’exposition les volumes d’hébergement seront adaptés pour évoluer avec la taille et l’age des poissons du jour 1 jusqu’à la fin de l’essai pour permettre une croissance correcte des animaux. Le nourrissage en conditions d’exposition correspondra à celui distribué en élevage avec des quantités ajustées pour maintenir une bonne qualité d’eau pendant toute la durée de l’essai.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le poisson zèbre fait partie des espèces recommandées dans les différents textes normatifs de référence. Il est recommandé de choisir l’espèce de poissons en fonction de certains critères pratiques importants, tels que leur disponibilité tout au long de l’année, leur facilité d’élevage, leur commodité pour l’essai, ainsi que tous facteurs économiques, biologiques ou écologiques susceptibles d’être pris en considération. Les poissons doivent être en bonne santé et exempts de toute malformation visible. Le poisson zèbre peut être facilement produit et élevé en laboratoire, avec un contrôle des maladies ou des parasites, ce qui permet d’obtenir des sujets sains et d’ascendance connue. Les stades de développement utilisés sont des oeufs fertilisés de poisson au lancement de l’essai jusqu’à des juvéniles de 30 jours après éclosion à la fin de l’essai.