
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-06-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-169538)
108 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque rat subit un amincissement du crâne d’une heure puis deux injections dans le cerveau avec perçage bilatéral du crâne, avant des séances d’imagerie cérébrale par ultrasons ou par TEP, pour étudier le rôle des astrocytes dans une neuroinflammation provoquée. Le porteur signale comme nuisances possibles une hémorragie lors de la chirurgie et une mise à jeun de quatre heures, et indique qu’une perfusion intracardiaque tue tous les animaux en fin de procédure pour les analyses. Sur le remplacement, il affirme qu’un modèle in vitro ou mathématique n’est « pas pertinent » pour construire cet outil d’imagerie préclinique.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les besoins thérapeutiques liées aux maladies du système nerveux central ne sont que partiellement couverts par les médicaments actuels. Il est nécessaire de revisiter certains concepts pharmacologiques afin d’ouvrir le champ à de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment en ciblant des cellules autres que les neurones. Ainsi, les cellules gliales, composant 50% des cellules cérébrales de l’Homme, sont dorénavant considérées comme des acteurs à part entière dans la transmission des signaux chimiques et la régulation des neurones. Parmi les cellules gliales, les astrocytes contribuent à cette ‘gliotransmission’, représentant ainsi une nouvelle cible pharmacologique d’intérêt pour l’élaboration de nouveaux médicaments. Le projet aura pour but d’exposer le potentiel des modalités de neuroimagerie (tomographie par émission de positons (TEP), et imagerie par ultrasons à haute résolution (fUS) dans l’exploration des contributions des réseaux neurogliaux dans un modèle de neuroinflammation in vivo. D’un point de vue métabolique et moléculaire, la TEP représente une technique d’imagerie de pointe pour l’étude pharmacologique relatif au fonctionnement cérébral. Elle repose sur l’utilisation de radiotraceurs intégrés à des molécules cibles tels que le glucose et permet l’étude de la distribution ainsi que de la cinétique des molécules étudiées. L’imagerie fUS récemment développée, est basées sur l’utilisation d’ondes ultrasonores et nous permet d’évaluer et de cartographier l’activité cérébrale par la mesure des variations du volume sanguin cérébral local. L’expertise dans ces différentes méthodes d’imagerie, et leurs associations dans le cadre d’études pharmacologiques, permettent d’envisager des perspectives de recherches innovantes. Plusieurs molécules seront utilisées à la fois pour créer une inflammation cérébrale locale mais également pour moduler l’activité des astrocytes. En bref, l’objectif principal sera d’identifier et de caractériser la modulation astrocytaire dans les données d’imagerie multimodale fUS et TEP obtenues chez le rat présentant une neuroinflammation locale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La gliopharmacologie (par analogie à la neuropharmacologie) est un nouvel enjeu pour les médicaments de demain, il est primordial d’avoir à disposition des approches in vivo permettant l’étude de l’activité de ces cellules. Ainsi ce projet permettra de caractériser les contributions des astrocytes dans les données de neuroimagerie dans un contexte d’inflammation cérébrale et d’élaborer des nouveaux outils permettant le développement de nouveaux médicaments, plus spécifiques présentant moins d’effets secondaires.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure 1 (Deux interventions + deux acquisions d’imagerie fUS) : 1) Amincissement du crâne (durée : 60 minutes) -Réalisé sous anesthésie générale (isoflurane) -Sur les animaux impliqués dans la procédure 1 uniquement : soit 60 rats -Chaque animal subit cette chirurgie qu’une seule fois 2) Injections stéréotaxiques (durée : 45 minutes) : -Réalisées sous anesthésie générale (isoflurane) -Sur la totalité des animaux décrits dans cette procédure : soit 60 rats -Chaque animal subira deux injections stéréotaxiques comprennant 15 min de préparation de l’animal (placement dans le cadre, anesthésie, et perçage bilatéral du crane)+ 15 min par côté nécessaire à l’injection). 3) Sessions d’imagerie fUS (durée : 80 minutes) – Réalisées sous anesthésie générale (isoflurane+médétomidine) – Sur la totalité des animaux décrits dans cette procédure : soit 60 rats. Chaque animal subit cette session d’imagerie deux fois. Procédure 2 (Deux interventions + une acquisition d’imagerie TEP) : 1) Injections stéréotaxiques (durée : 45 minutes) : -Réalisées sous anesthésie générale (isoflurane) -Sur la totalité des animaux décrits dans cette procédure: soit 48 rats -Chaque animal subira deux injections stéréotaxiques comprennant 15 min de préparation de l’animal (placement dans le cadre, anesthésie, et perçage bilatéral du crane) + 15 min par côté nécessaire à l’injection. 2) Mise à jeun 4h avant l’imagerie TEP pour la totalité des animaux décrits dans cette procédure : soit 48 rats. 3) Session d’imagerie TEP (durée : 75minutes) – Réalisée dans un état éveillé pour l’injection et la captation du radiotraceur et sous anesthésie générale (isoflurane) pour l’acquistion TEP – Sur la totalité des animaux décrits dans cette procédure : soit 48 rats. Chaque animal subit cette session d’imagerie une seule fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les procédures d’imagerie fUS nécessiteront chez le rat de réaliser une fenêtre d’amincissement afin de visualiser les structures d’intérêt. De plus, les animaux subiront des injections de molécules modulatrices dans un état d’anesthésie générale. Une nuisance possible serait l’apparition d’hémorragie lors de la chirurgie. Le protocole est alors optimisé pour que les risques de ces complications soient minimes (zone opérée réduite au maximum). Pour les procédures d’imagerie TEP, une mise à jeun (4h avant l’acquisition) est nécessaire et constitue également une nuisance potentielle pour l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de chaque procédure, l’ensemble des animaux subiront une perfusion intracardiaque nécessaire pour l’analyse immunohistochimique et biochimique post-mortem.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble du projet et des procédures ont été choisis après une lecture minutieuse de la littérature actuelle, avec une comparaison détaillée des données expérimentales mises à notre disposition. S’agissant d’un projet dont l’objectif final est de construire un outil préclinique in vivo, l’utilisation d’un modèle in vitro ou d’un modèle mathématique n’est pas pertinente, ni cohérente avec l’état actuel des connaissances.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux par groupe a été déterminé sur la base de calcul de puissance statistique compte tenu de la taille des effets observés et de la variabilité connue. Dans le cadre de l’imagerie fUS, les animaux réaliseront deux passages, ce qui permettra d’obtenir des informations importantes avec un aspect longitudinal sur un même individu, en limitant ainsi le nombre d’animaux, sans compromettre les résultats. De plus, pour l’imagerie TEP, contrairement à l’imagerie fUS, l’accumulation des interventions et des anesthésies est moins importante ; ce qui nous permet de réduire le nombre d’animaux par groupe dans la procédure correspondante à cette modalité.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront surveillés quotidiennement grâce à une grille de score et des points limites adaptés. La douleur sera réduite au maximum par l’administration d’analgésiques dès l’apparition de signes. En cas de signe de détresse, la procédure serait interrompue et si nécessaire, la mise à mort serait effectuée. L’environnement sera enrichi avec morceaux de bois, boîtes ou cylindres.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Souvent préconisé pour l’utilisation des dispositifs d’imagerie, le rat constitue un modèle animal pour lesquelles ils existent déjà des données précliniques impliquant l’utilisation des molécules utilisées et des différentes modalités d’imagerie utilisés au sein de ce projet. De plus, la taille du cerveau du rat est plus favorable en imagerie (TEP et fUS) que d’autres modèles animaux. Rats adultes afin d’étudier les contributions astrocytaires et neuronales au sein de réseaux neurogliaux pleinement développés.