
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-07 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-172089)
744 souris modèles de la myopathie de Duchenne vont être utilisées, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés et sans réveil pour une partie. Sous anesthésie, elles reçoivent des injections intraoculaires et intraveineuses et des enregistrements d’électrorétinogrammes par électrodes posées sur la cornée, après un test comportemental en environnement nouveau, pour étudier les troubles visuels de la maladie et une thérapie génique. Le porteur indique que les injections oculaires peuvent provoquer déshydratation, ulcère de la cornée ou cataracte, et que les souris sont tuées pour analyser leurs rétines, 80 individus surnuméraires étant gardés pour la reproduction. Il affirme qu’il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico pour ces tests fonctionnels.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est causée par des mutations du gène DMD qui conduisent à une dégénérescence musculaire pouvant être associée à des troubles cognitifs et divers autres troubles sensoriels et cérébraux. Les patients atteints de DMD peuvent notamment développer des rétinopathies. Ce projet a pour but de mieux comprendre le rôle des protéines de la famille des dystrophines, qui sont impliquées dans cette maladie et présentes dans la rétine, d’étudier les conséquences pathologiques de leur perte chez des souris modèles de la DMD, et les possibilités de traitement basés sur des approches de thérapie génique. Ce projet est important pour le diagnostic et le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement des troubles affectant le système nerveux dans la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les patients atteints de DMD peuvent développer une rétinopathie proliférative, une cataracte, des anomalies de l’électrorétinogramme (ERG), une altération de la sensibilité aux contrastes, des pertes de vision des couleurs et des seuils élevés de détection des stimuli visuels dans l’obscurité. Ces troubles ont été très peu étudiés mais ne peuvent plus être aujourd’hui considérés comme secondaires, car vu l’évolution des thérapies et prises en charge dans cette maladie, la durée de vie des patients s’accroit considérablement et les troubles affectant le système nerveux prennent progressivement une place de plus en plus importante dans la vie des patients. La présence et la sévérité des troubles sensoriels et cérébraux semblent liées à la position des mutations dans le gène et au nombre de protéines impactées (plusieurs protéines dystrophines sont produites par ce gène), et une meilleure connaissance des effets de différentes mutations a donc un intérêt diagnostique majeur qui permettra d’anticiper la sévérité et l’évolution des troubles sensoriels et cognitifs dans cette maladie. Ces évaluations sont très rarement effectuées chez les patients, d’où les connaissances très parcellaires de ces dysfonctions. De plus, les approches thérapeutiques développées ces dernières années et actuellement en phase d’essai clinique ont principalement été validées pour leurs effets sur les muscles, mais leur capacité à améliorer les fonctions liées au système nerveux restent très peu étudiée. Il est donc important d’apporter des réponses à ces questions au cours d’études précliniques sur des modèles animaux de la maladie, porteurs de différentes mutations. Les résultats de ce projet permettront ainsi de préciser les relations entre mutations et sévérités des déficits visuels. Nous évaluerons également si ces troubles sont sensibles aux thérapies géniques actuellement disponibles et s’ils peuvent servir de marqueur, non seulement pour le diagnostic, mais aussi pour suivre de manière peu invasive l’impact d’un traitement sur le système nerveux. Le cas échéant, ce projet aura démontré que l’évaluation des fonctions visuelles a un intérêt majeur en clinique pour cette maladie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Test comportemental : 3 essais quotidiens de 10 min espacés d’une heure, pendant 3 jours – Animal placé dans un environnement nouveau et libre de ses mouvements sur une surface de 8 cm2 au cours de chaque essai. Anesthésie générale et placement d’électrodes (lentilles de contact sur la cornée et électrode sous-cutanée), enregistrement d’électrorétinogrammes (30 min). Anesthésie générale et analgésie pour injections intraoculaires (intra-vitréennes) : durée de l’injection inférieure à 3 min. Anesthésie générale pour injections intraveineuses (sinus retro-orbitaire) : durée de l’injection inférieure à 1 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le phénotype dommageable potentiel dans ces lignées à cet âge est de l’anxiété et une plus forte réactivité au stress, de manière temporaire en fonction des conditions et évènements. Le test comportemental peut potentiellement induire un léger stress, dû à l’introduction dans un environnement nouveau et à la surface limitée de mouvement (8 cm2). Les injections intraoculaires et les enregistrements électrophysiologiques sont susceptibles d’induire une déshydratation oculaire, un ulcère de la cornée ou une cataracte.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la suite des tests comportementaux et des électrorétinogrammes, et après une période de récupération (1 semaine) les animaux seront euthanasiés pour prélèvements et analyses de leurs rétines pour préciser les bases cellulaires des altérations visuelles. Suite aux expériences incluant un traitement par thérapie génique, et après une période de récupération (1 semaine) les animaux seront euthanasiés pour prélèvements et analyses de leurs rétines pour vérifier et quantifier la réexpression des dystrophines induites par les traitements. Une partie des femelles et mâles surnuméraires sera gardée en vie et utilisée pour former de nouveaux accouplements (n=80), les autres seront euthanasiées.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les recherches précliniques pour ces pathologies n’ont pas de modèle in silico ou in vitro et sont initialement menées sur des souris. Notre projet a pour but d’effectuer des tests fonctionnels qui nécessitent l’utilisation d’animaux vivants. Les traitements les plus prometteurs sont habituellement testés dans une seconde étape sur de plus gros mammifères, par nos collaborateurs ou d’autres laboratoires, avant d’envisager leur entrée en phase d’étude clinique si on pense qu’ils peuvent conduire à de nouveaux médicaments.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux par groupe correspond au minimum nécessaire pour une démonstration statistique convaincante des objectifs. Sur la base de nos récentes études, la réussite des expériences nécessite 12 souris par groupe expérimental. Nous utilisons des tests statistiques adaptés aux petits échantillons et des analyses statistiques régulières en cours d’expérience permettent d’interrompre éventuellement l’expérience avant d’atteindre l’effectif maximal. De plus, nous utilisons une approche longitudinale permettant d’obtenir les données comportementales, électrophysiologiques et morphologiques à partir d’un même groupe expérimental ; pour les injections intra-vitréennes, un seul œil est traité par souris, l’autre œil servant de contrôle interne non-injecté pour évaluer les effets de l’injection en évitant un groupe supplémentaire ; la répétition des mesures qui sont ensuite moyennées au sein de chaque expérience permet de réduire encore la variabilité et donc le nombre d’animaux. Un nombre réduit de souris non atteintes par la pathologie sera utilisé dans des groupes servant à contrôler les effets des injections. Alors que certaines procédures impliquent la comparaison de 4-5 modèles porteurs de mutations différentes, l’approche thérapeutique se focalise sur 2 souris modèles, l’une présentant les altérations les plus sévères, l’autre étant représentatives d’une importante population de patients. Enfin, l’expérience basée sur l’administration périphérique du traitement ne sera effectuée que si la procédure précédente a montré des effets thérapeutiques encourageants. L’ensemble de ces mesures permet de réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés dans l’ensemble du projet.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les injections/anesthésies, la récupération post-opératoire et les études fonctionnelles ont été optimisées en concertation avec notre vétérinaire. Elles comprennent une anesthésie/analgésie générale et locale au niveau de l’œil, une prévention de la déshydratation oculaire et un collyre cicatrisant antibactérien et anti-inflammatoire en fin d’expérience pour éviter notamment les risques d’ulcères cornéens. Toutes les manipulations sont effectuées par des personnels qualifiés parfaitement formés aux procédures mis en place dans ce projet, et le taux d’échec des expériences est très faible. Afin d’évaluer si un animal présente néanmoins des signes de souffrance ou d’inconfort, nous avons prévu un suivi quotidien et post-opératoire avec des grilles d’observations spécifiques, et mis en place des critères d’arrêt précis avec prise en charge des animaux le cas échéant (arrêt de la procédure, soins, ou euthanasie) en concertation avec notre vétérinaire, la cellule bien-être animal et l’équipe zootechnique. Les conditions d’hébergement sont enrichies jusqu’à la fin du projet et les souris expérimentales sont maintenues en groupe sociaux par fratrie. L’état général des animaux est suivi quotidiennement et en cas de signes de souffrance ou d’inconfort, des mesures correctives sont prévues selon un protocole mis en place avec notre vétérinaire référent.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les explorations précliniques dans le cadre de cette pathologie sont menées sur des souris. D’autres modèles animaux de la DMD existent (rat, chien, porc), mais seule l’espèce souris permet actuellement de disposer de différents modèles mutants ou transgéniques porteurs de mutations variées et représentatives des sous-groupes de patients montrant des variations dans la sévérité des symptômes. Les souris modèles dans ce projet sont toutes sur un fond génétique spécifique, nous utiliserons donc aussi des mâles de cette souche provenant d’un éleveur agréé afin d’effectuer des croisements en « backcross » pour éviter toute dérive génétique au cours du projet. Les souris jeunes adultes seront étudiées (minimum 6-8 semaines). Des résultats récemment publiés montrent par exemple qu’en injection intraoculaire, l’ensemble de la rétine est ciblé par nos outils de thérapie génique après injection chez des jeunes adultes. Les électrorétinogrammes en condition basale ne seront pas effectués avant 8 semaines, car les réponses ne sont stables qu’à partir de cet âge, et il est important de ne pas inclure des variations liées à l’âge qui pourraient compliquer nos conclusions sur les effets des traitements.