Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’atrophie multisystématisée est une maladie neurodégénérative rare et mortelle touchant environ 5000 personnes en France. Cette pathologie se caractérise par une perte progressive de neurones dans plusieurs régions du cerveau. Cette perte neuronale s’accompagne de l’accumulation toxique d’une protéine spécifiquement dans certaines cellules. Cependant les mécanismes liant ces deux évènements restent peu connus. Comme pour de nombreuses autres maladies, les modèles animaux représentent un outil essentiel pour répondre aux limites des modèles informatiques et cellulaires. Ils apportent beaucoup de connaissances sur cette pathologie. Ainsi, il est essentiel de poursuivre leur optimisation. Dans le contexte de l’atrophie multisystématisée, les modèles transgéniques présentent une pathologie tissulaire large mais peu de troubles comportementaux. Il faut donc poursuivre le développement de nouveaux modèles mimant le plus possible la pathologie humaine. L’objectif de cette étude est de tirer avantage de nouveaux outils moléculaires (vecteurs viraux) pour développer un nouveau modèle de souris d’atrophie multisystématisée qui rassemble de nombreux avantages des modèles précédents. En particulier, nous souhaitons générer un modèle plus pertinent et plus accessible à la communauté scientifique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Comme pour les autres maladies, les modèles animaux d’atrophie multisystématisée sont des outils essentiels pour mieux comprendre les mécanismes pathologiques et développer des thérapies. Par le développement de ce nouveau modèle, nous espérons apporter de nouvelles connaissances concernant les mécanismes cellulaires et moléculaires responsables de la pathologie. En effet, notre approche permettra l’apparition de signes pathologiques dans l’ensemble du système nerveux central adulte qui est plus vulnérable à ces processus toxiques. Tous ces signes permettront une modélisation plus fidèle de cette maladie chez l’animal. Enfin, de nombreux chercheurs n’ont actuellement pas accès à des modèles animaux d’atrophie multisystématisée, souvent par défaut d’expertise ou du matériel nécessaire à la chirurgie du cerveau. Notre nouvelle méthode de modélisation, obtenue par une simple injection intra-veineuse, permettra de fournir un modèle accessible à une grande communauté de chercheurs.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à une injection dans la veine (5 minutes) ou une chirurgie du cerveau (20 minutes). Dans la semaine avant ces interventions ainsi qu’un, trois et 6 mois plus tard, les animaux réaliseront des tests de comportements répartis sur 2 jours. Chacun de ces tests peut durer entre 3 minutes et environ 30 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances ou effets indésirables sont : 1-L’injection dans la veine ou dans le cerveau qui peut induire un stress attendu. 2-L’induction du modèle qui peut induire une dégénérescence d’environ 50% de certaines populations neuronales et gliales et l’apparition de légers troubles moteurs et non-moteurs. 3-Les tests comportementaux qui peuvent induire des stresses attendus, y compris lors du déplacement des animaux vers les salles expérimentales.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort pour l’analyse du cerveau.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet a pour but de mesurer des marqueurs de la maladie, notamment comportementaux, au cours du développement de l’atrophie multisystématisée. De ce fait, il est impossible de reproduire la complexité d’un organisme vivant et de remplacer notre approche chez l’animal par un modèle cellulaire ou une simulation informatique.

2. Réduction

3R / Réduction :

La détermination du nombre d’animaux est basée a priori sur nos études antérieures et celles d’autres équipes démontrant des résultats statistiquement significatifs avec une taille d’échantillons de 15 animaux par condition. Ce nombre pourra être corrigé après l’obtention des résultats des expériences pilotes qui nous fourniront une estimation de la taille de l’effet de l’induction du modèle. Celle-ci nous permettra de calculer le nombre minimal théorique d’animaux nécessaires pour détecter une différence statistiquement significative après un test de mesures répétées ou une comparaison directe de 2 groupes expérimentaux. Le nombre d’animaux nécessaire sera calculé à l’aide d’un logiciel danalyse statisitique. Le nombre d’animaux sera limité au nombre minimum nécessaire par groupe sans compromettre les objectifs du projet. Avant leur utilisation en expérimentation, un contrôle qualité des vecteurs viraux sera réalisé.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Suite à leur arrivée dans l’animalerie, les animaux auront une semaine d’acclimatation. L’injection du vecteur viral sera réalisée sous anesthésie et traitement anti-douleur. Les tests comportementaux ont été répartis sur plusieurs jours et les animaux seront acclimatés à la salle avant de réaliser les tests. La mise à mort des animaux sera réalisée selon un protocole d’anesthésie et de double analgésie adaptées. Des points limites basés sur des signes indicatifs seront utilisés afin d’évaluer l’état général de chaque animal et de prendre le plus rapidement possible des mesures nécessaires pour préserver leur bien-être.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est une espèce adéquate car il existe un degré de similitude important avec le cerveau humain, notamment au niveau des régions affectées dans l’atrophie multisystématisée. Le modèle sera induit chez des animaux jeunes adultes (10 semaines). À ce stade, les systèmes cérébraux sont matures et stables et le resteront tout au long des procédures expérimentales proposées.