
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-09-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-251483)
810 rongeurs, souris et rats, vont être utilisés dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés. Ils subissent une chirurgie de une à deux heures pour implanter des électrodes dans le cerveau, puis reçoivent des substances dont l’activité électrique cérébrale est enregistrée, une partie étant tuée en fin d’étude et d’autres réutilisées. Le porteur indique que l’implantation peut causer douleurs, infections de la plaie et troubles du transit, et que les animaux sont isolés après l’opération. Il précise que ces études sont « principalement réalisées pour des clients du secteur privé pharmaceutique ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
D’un point de vue scientifique: le projet consiste en l’utilisation de techniques permettant de tester l’innocuité et l’efficacité de substances pharmacologiques en développement sur l’activité cérébrale chez le rongeur. L’activité électrique cérébrale peut être évaluée sur un animal anesthésié ou vigile en fonction des tests/modèles utilisés. Les études sont principalement réalisées pour des clients du secteur privé pharmaceutique. Ces études sont validées par les directeurs d’étude et la direction du site d’essai. D’un point de vue réglementaire, les études sur l’évaluation de l’activité cérébrale ne font par partie des études réglementaires selon les recommandations de l’ICHS7a pour évaluer la sécurité d’un nouveau candidat médicament. Néanmoins, ces études d’électrophysiologie peuvent compléter le dossier lorsque des effets adverses sont observés sur le comportement de l’animal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La recherche de nouvelles thérapies est indispensable pour améliorer les conditions ainsi que l’espérance de vie des patients atteints de maladies neurologiques. A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitements curatifs pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. La recherche de substances améliorant les performances cognitives reste une priorité. Des efforts de recherche sont également réalisés pour trouver de nouvelles thérapies dans le cas des maladies psychiatriques, des troubles du sommeil ou des migraines/céphalées. Les traitements actuels ne sont pas suffisamment actifs ou induisent de forts effets secondaires chez les patients. L’innocuité de nouveaux candidats médicaments sur le système nerveux central peut également être évaluée par des mesures électrophysiologiques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’enregistrement de l’activité cérébrale chez l’animal vigile nécessite une intervention chirurgicale sous anesthésie générale (entre 1h30 et 2h de chirurgie par animal) afin de placer des électrodes épidurales ou dans des régions cérébrales situées en profondeur (procédure pour mesurer l’électroencéphalogramme et le rythme circadien). Une période de récupération d’environ 2 semaines est nécessaire suite à la chirurgie. Pour les tests, les animaux sont administrés par voie orale ou par voie systémique (en standard, par voie intrapéritonéale, intraveineuse ou sous-cutanée). Chaque addministration est réalisée en bolus sur quelques secondes. Un transmetteur est placé sur la tête des rats et l’implant est activé chez la souris. Le modèle de propagation d’ondes dépolarisantes est réalisé sur animal anesthésié. L’animal est donc placé sous anesthésie gazeuse pendant toute la durée du test puis ce dernier est euthanasié.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des douleurs peuvent être liées à l’implantation d’électrodes au niveau cérébrale. Suite à la chirurgie, les animaux sont isolés pour protéger le connecteur semi-externe incluant les électrodes. Les animaux peuvent perdre du poids ou une plaie peut se former au niveau de l’implant en raison d’une infection post-chirurgicale. Dans certains cas, on peut observer le gonflement de l’abdomen lié à un ralentissement du transit intestinal/constipation post-chirurgicale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les rongeurs peuvent être réutilisés pour une seconde étude pour les tests sur la mesure d’activité cérébrale ou de veille-sommeil. Pour la propagation d’ondes dépolarisantes, les animaux sont euthanasiés à la fin de chaque expérience car il n’est pas possible d’assurer une récupération et de bonnes conditions de vie des rongeurs après la chirurgie nécessaire aux études.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des modèles alternatifs ont été développés au laboratoire mais ne permettent qu’une modélisation partielle de la maladie. Par exemple, l’effet de traitements sur la mémoire peut être évalué sur des tranches cérébrales afin de limiter le nombre d’animaux utilisés et sélectionner les meilleurs candidats médicaments. Néanmoins, l’efficacité de nouveaux traitements doit également être démontrée sur des modèles plus complexes (modèles animaux) permettant ainsi l’observation des effets de substances pharmacologiques sur l’activité cérébrale d’un réseau neuronal complet (encéphale) et sur des tests cognitifs.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans ce projet, les animaux seront réutilisés plusieurs fois afin de limiter leur nombre pour une même étude. Les analyses statistiques sont également affinées pour utiliser le nombre minimum d’animaux. Pour la mesure de l’activité cérébrale par bandes de fréquence, chaque animal est testé en situation contrôle puis suite à l’administration d’un traitement. Les données appariés sont comparés avec un test de Wilcoxon. Pour le test de veille-sommeil et la propagation d’ondes dépolarisantes, les données sont analysées par un test de Student apparié. Des prélèvements de sang ou d’organes peuvent être également ajoutés pour compléter les analyses et éviter l’utilisation d’autres animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les procédures décrites ont été optimisées pour limiter la souffrance chez l’animal. Une analgésie est assurée avant le début de la chirurgie et pendant les 48 heures après l’opération pour les procédures avec une implantation d’électrodes intra-cérébrales. Une substance analgésique locale est également appliquée sur le crâne de l’animal pour limiter la douleur. Enfin, un gel ophtalmique est appliqué sur les yeux pour éviter le dessèchement de l’oeil. Lors de la chirurgie, la surface du cerveau peut être endommagée lorsque le crâne est percé et induire une hémorragie. Si l’hémorragie ne cesse pas après l’application de tampons absorbants, l’animal sera euthanasié. Pour les 2 procédures avec réveil, les animaux vont être pesés suite à la chirurgie pour évaluer leur récupération. Un rat montrant une perte de poids supérieure à 15%, le poil hérissé ou encore le manque de toilettage sera euthanasié. Au niveau de l’implant, une plaie peut se former. Dans ce cas, l’animal est désinfecté quotidiennement avec une solution antiseptique. Un antibiotique peut être administré, le cas échéant. La chirurgie peut entrainer le gonflement de l’abdomen, lié à un ralentissement du transit intestinal/constipation. De l’huile naturelle (huile de maïs par exemple) peut être administrée pendant plusieurs jours, une à 2 fois par jour, pour limiter la douleur chez l’animal et éviter l’occlusion intestinale. Dans certains modèles, l’enregistrement de l’électroencéphalogramme permet de compléter l’analyse comportementale et raffiner le modèle. L’enregistrement des signaux est réalisé par télémétrie (transmission de signaux entre un transmetteur et un receveur) ce qui permet à l’animal de ne pas être attaché à un câble pendant les mesures. Les conditions d’hébergement sont également optimisées avec la présence d’un enrichissement adapté (bois à ronger par exemple). Les animaux isolés sont hébergés dans des cages transparentes leur permettant de voir leurs congénères.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les études de mesure de l’activité électrique cérébrale sont effectuées chez le rongeur (souris ou rat) car ces modèles sont translationnels. Les substances mises sur le marché pour traiter les troubles psychiatriques ou du sommeil ont été découverts en utilisant des modèles chez le rongeur. Les rongeurs (rats, souris) sont testés une fois sevrés, l’âge peut varier entre 3 semaines et 2 ans, conformément aux données historiques et à la bibliographie scientifique. Ces procédures décrites dans ce projet peuvent être utilisées de façon longitudinale sur des rongeurs sevrés (âgés de 3 semaines) jusqu’à l’âge adulte.