Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

256 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Dès le neuvième jour de vie, les souriceaux sont séparés de leur mère pendant 24 heures, en hypoglycémie et hypothermie, puis soumis à une batterie de tests comportementaux nommés, labyrinthe en Y, labyrinthe en croix surélevé, test de sursaut et préférence au sucrose, avec une restriction alimentaire maintenant leur poids à 85-90 %. Ce modèle dit « 2-hit » combine une mutation génétique et ce stress précoce pour imiter la schizophrénie, avant une mise à mort par perfusion intracardiaque. Le porteur revendique une « nécessité majeure » de nouveaux traitements et affirme qu’aucun modèle in vitro ne peut remplacer l’animal vivant.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-294274v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles nerveux ·
Mots-clés
Schizophrénie, modèle animaux, antagoniste 5-HT6, études comportementales
Souris : 256

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La schizophrénie est une pathologie psychiatrique qui touche environ 1% de la population. Les traitements pharmacologiques actuels sont efficaces sur une partie des symptômes (les délires et les hallucinations) mais d’autres symptômes (perte de motivation, anhédonie, déficits mnésiques, troubles de la perception et de l’attention) ne répondent pas aux traitements. D’autre part, ces traitements ont de nombreux effets secondaires et environ 30% des patients y sont résistants. Il y a donc une nécessité majeure d’en développer de nouveaux, particulièrement pour viser la sphère cognitive, ce qui ne pourra se faire que par l’amélioration de la validité des modèles animaux dans les études précliniques. Ainsi, ce projet se positionne dans le développement d’un nouveau modèle de schizophrénie pour tester par la suite, une molécule potentiellement intéressante pour traiter les symptômes qui ne sont pas encore pris en charge. Le modèle, appelé « 2-hit », combine deux facteurs connus pour être impliqués dans l’étiologie de la schizophrénie : un facteur génétique, la délétion du gène de la sérine racémase, enzyme nécessaire à la production de l’acide aminé D-sérine, et un facteur environnemental qui est un stress précoce induit par une séparation maternelle de 24h au 9ème jour de vie post-natal. La combinaison de ces deux facteurs devrait permettre d’obtenir un modèle animal plus fidèle aux données épidémiologiques actuelles de la maladie humaine. Le projet se découpe donc en trois procédures : • La caractérisation comportementale du modèle 2-hit sur un lot d’animaux (n=125). • L’étude des effets d’un traitement chronique par un antagoniste des récepteurs sérotoninergiques de type 6 (5-HT6), le SB-271046, sur le comportement du modèle 2-hit (n=131). • L’intervention pour la mise à mort induite par perfusion intracardiaque a été rajouté à la fin de chaque procédure Une étude post-mortem sera ensuite effectuée pour comprendre les mécanismes neuronaux impliqués dans ces comportements (électrophysiologie et immunohistochimie).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La schizophrénie est une pathologie psychiatrique qui touche environ 1% de la population. Les traitements pharmacologiques actuels sont efficaces sur une partie des symptômes (les délires et les hallucinations) mais d’autres symptômes (perte de motivation, anhédonie, déficits mnésiques, troubles de la perception et de l’attention) ne répondent pas aux traitements. D’autre part, ces traitements ont de nombreux effets secondaires et environ 30% des patients y sont résistants. Il y a donc une nécessité majeure d’en développer de nouveaux, particulièrement pour viser la sphère cognitive, ce qui ne pourra se faire que par l’amélioration de la validité des modèles animaux dans les études précliniques. Ainsi, les données obtenues chez l’animal permettront d’apporter de nouvelles connaissances scientifiques sur les effets pro-cognitifs d’un traitement pharmacologique (blocage des récepteurs 5HT6 par un antagoniste) et sur les effets secondaires indésirables de ces substances.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les différentes interventions auxquels les animaux seront soumis durant 3 mois sont : – Séparation maternelle : une seule fois à l’âge de 9 jours, durée : 24h – Identification sous anesthésie générale permettant de placer une puce RFID : une seule fois à l’âge de 30 jours, durée : 2 minutes – Tests comportementaux réalisés une seule fois : mémoire de travail en labyrinthe en Y (5 minutes), activité motrice à l’aide d’un actimètre (30 minutes), comportement de type anxieux dans un labyrinthe en croix surélevé (5 minutes), comportement social (5 minutes) – Restriction alimentaire et test d’apprentissage sur écrans tactiles durant 6 semaines (85-90% du poids). Durée de chaque phase de test d’apprentissage : 1h. – Test de l’inhibition du réflexe de sursaut deux fois, durée : 30 minutes. Avec un sans injection intra-péritonéale préalable selon le groupe (injection 30 minutes avant). – Test de préférence au sucrose, durée : 3 jours. – Mise à mort lors d’une perfusion-fixation. Les animaux de la procédure 2 recevront une injection intra-péritonéale quotidienne durant 15 jours avant le début des tests.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Lors de la séparation maternelle de 24h, les animaux sont en état d’hypoglycémie, d’hypothermie et de stress psychologique. Une augmentation de l’anxiété à l’âge adulte peut être observée, il s’agit d’un état attendu à la suite de cette manipulation. Une légère perte de poids transitoire peut être observée suite à la séparation. Cet état est attendu, c’est le but de la modélisation, mais toutes les mesures seront prises pour réduire au maximum ces formes d’inconfort et de souffrance. Afin qu’ils puissent maintenir au mieux leur température en restant groupés, les souriceaux restent dans le nid et c’est la mère qui est placée dans une cage attenante. La restriction alimentaire nécessaire pour le test de l’écran tactile sera contrôlée quotidiennement et sera stoppée et/ou réadaptée si nécessaire. Le calcul des 15% maximum de perte de poids sera basé sur le poids moyen des animaux témoins nourris ad libitum afin de prendre en compte l’évolution des besoins inhérents à la croissance « normale » des souris. La quantité de nourriture donnée chaque jour aux animaux dépendra également du poids moyen des animaux de la cage ce jour-là. Si une grande différence de poids apparaît entre les animaux d’une même cage alors les animaux ayant perdu le plus de poids seront alimentés séparément puis replacés avec leurs congénères. La restriction alimentaire sera effective seulement durant le test de -l’écran tactile et sera stoppée dès le test fini.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A la fin des procédures, tous les animaux seront mis à mort dont une partie (160) seront réutilisés pour des études immunologiques.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

S’agissant d’études comportementales faisant appel à des fonctions cérébrales très intégrées et à une pathologie psychiatrique très complexe, aucun modèle in vitro ne peut remplacer, à l’heure actuelle, l’utilisation des animaux vivants dans notre projet.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront utilisés pour l’ensemble des tests comportementaux puis pour les études post-mortem permettant ainsi de diminuer le nombre d’animaux nécessaire. De plus, nous avons déterminé un nombre de 15 animaux minimum par groupe. En effet, un test de puissance proposé sur le site https://biostatgv.sentiweb.fr/?module=etudes/sujets# nous a permis d’aboutir à ce nombre sur la base de données précédentes acquises au laboratoire.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront quotidiennement surveillés, et régulièrement pesés. Ils seront manipulés par du personnel expérimenté. Une semaine avant le début des expériences, les animaux seront manipulés quotidiennement (handling). De plus, au moins 30 min avant le début de chaque test, les animaux seront placés dans la pièce d’expérimentation pour leur permettre de s’habituer à l’environnement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A l’heure actuelle, il n’existe qu’une seule espèce animale, la souris de souche C57BL/6, dont le génome a été modifié pour porter la délétion du gène sérine racémase (souris SR-KO). Les animaux seront testés une fois devenus adulte entre le 3ème et le 5ème mois puisque que les déficits cognitifs apparaissent dès l’âge adulte. Ils seront cependant préparés en amont : accouplement des animaux (témoins et SRKO) puis séparation maternelle au 9ème jour de vie post-natale mimant ainsi un des facteurs de risque chez l’Homme, le stress post natal. Les études en électrophysiologie et immunohistochimie seront réalisées post-mortem.