
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-305366)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies auto-immunes résultent d’un dysfonctionnement du système immunitaire qui conduit ce dernier à s’attaquer aux constituants normaux de l’organisme. L’ensemble de ces pathologies touchent environ 5 à 10% de la population mondiale avec une forte prévalence pour les femmes (80%). Ces maladies évoluent de façon chronique tout au long de la vie, avec des alternances de phases de crises et de rémissions. A ce jour, plus de 80 maladies auto-immunes ont été décrites. Parmi les plus fréquentes, on peut citer la sclérose en plaque et la polyarthrite rhumatoïde. En première intention, les principaux traitements sont basés sur des médicaments appelés immunosuppresseurs. Malheureusement, ces traitements entravent également les réponses immunitaires physiologiques destinées à lutter contre les infections et ont d’autres effets secondaires potentiellement sérieux. Actuellement, l’objectif de la recherche médicale reste de mettre au point des traitements efficaces avec moins d’effets secondaires. Des biothérapies se développent, elles sont le plus souvent utilisées lorsque la maladie ne répond pas suffisamment aux immunosuppresseurs. Cette recherche se concentre sur le développement de thérapies qui ciblent spécifiquement le processus pathologique concerné et qui interférent avec des fonctions précises de la réponse immunitaire, fonctions qui sont impliquées dans la pathogénie de la maladie. Afin de modéliser ces pathologies, différents modèles animaux sont validés par la communauté scientifique. Ces modèles permettent d’étudier les mécanismes physiopathologiques des maladies auto-immunes et permettent ainsi de développer de nouveaux traitements. Ils sont en général basés sur la stimulation d’une réponse immunitaire connue de la maladie. Dans ce projet, nous nous proposons d’utiliser différents modèles de maladies auto-immunes pour tester des composés en cours de développement. Les procédures mettrons en oeuvres des modèles de sclérose en plaque ou des modèles de polyarthrite rhumatoïde.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Avec ce projet nous espérons participer à la sélection de nouveaux traitements pour traiter les maladies auto-immunes que sont la sclérose en plaque et la polyarthrite rhumatoïde. De plus comme nous testons également des molécules déjà sur le marché ou en phase clinique, nous participons à une meilleure connaissance de la prédictivité des modèles mis en œuvre.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
En fonction de la procédure réalisée les animaux subirons au maximum une injection sous anesthésie induisant la pathologie puis 35 scorages de leur état clinique (2 min) ou 15 scorages de l’inflammation et 15 mesures sous anesthésie du volume de l’oedème au niveau des pattes postérieures (3 min). Tous les scorages sont effectués sur animaux vigiles. Ils pourront être amenés à recevoir un maximum de 140 administrations (dont le traitement anti-douleur, sous anesthésie pour les administration intraveineuse) et de 1 à 73 prélèvements sanguins sur la période de 35j en ne dépassant pas les recommandations éthiques en termes de volume prélevé et en garantissant le délai de récupération réglementaire.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les pathologies induite provoquent de façon transitoire une faiblesse de la queue et une paralysie des membres. Les administrations répétées ainsi que les potentiels prélèvements sanguins peuvent induire des désagréments au niveau des sites d’administration et de prélèvement comme une douleur passagère ou une irritation, une inflammation, une induration mais aussi un phénomène de mâchonnement et de fausse route pour la voie per os. Un stress lié aux différentes manipulations (administration de composés, contention, …) et tests comportementaux peut également apparaitre. Si le prélèvement terminal de sang nécessite une mise à jeun (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux seront mis à mort à la fin de l’expérience. Une partie des animaux est mise à mort pour faire des prélèvements, l’autre partie ne peut pas être replacée ou ré-utilisée car les animaux sont traités avec des substances à long terme.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le développement des maladies auto-immunes et de leurs symptômes sont des phénomènes complexes qui mettent en jeu plusieurs acteurs (système immunitaire, microbiote, système nerveux, muscle, …) et différents processus. Actuellement aucune méthode de remplacement n’est disponible pour étudier les problématiques du présent projet. Néanmoins, les molécules testées dans ce projet ont fait l’objet d’une sélection sur des tests in vitro afin de choisir celles qui ont le plus fort potentiel thérapeutique.
2. Réduction
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’informations scientifiques par test. C’est pourquoi, très souvent, des prélèvements post-mortem seront associés aux études in vivo dans l’objectif de soutenir les données obtenues par des analyses histologiques. Au regard de notre expertise, de la littérature et de la variabilité inter-individuelle et d’une éventuelle différence à l’exposition aux traitements, les groupes expérimentaux seront constitués de 10 à 15 animaux selon la procédure. Des analyses statistiques finales seront réalisées.
3. Raffinement
Le bien-être des animaux est primordial durant les expérimentations. Ainsi un certain nombre de mesures sont mises en œuvre notamment l’inclusion de phase d’acclimatation (minimum 1 semaine) avant toute expérimentation. Les animaux sont hébergés dans des conditions optimales afin de réduire au maximum le stress lié à la captivité et aux expérimentations. Nous portons une attention particulière à ce que les animaux puissent exprimer certains de leurs comportements propres. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux. De plus, l’environnement des animaux est enrichi par un tunnel en carton pour leur permettre de se cacher et des boules de bois pouvant servir de jeu et de matériel à ronger. Les inductions, les mesures d’œdème et le prélèvement de sang sont réalisées sous anesthésie. Dans les procédures 1 et 2, dès le jour 7, de la nourriture en gel est mise à disposition des animaux afin de facilité la prise alimentaire lors du pic de la pathologie. Dans les procédures 3 et 4, dès l’apparition de l’inflammation jusqu’à la fin de l’expérience la douleur des animaux est prise en charge par un traitement biquotidien. De plus nous avons établis des points limites spécifiques à chaque procédure afin de soustraire l’animal à une douleur qui n’est pas en relation avec les signes attendus du projet. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec notre SBEA pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans le cadre de ce projet, nous utilisons des rats non transgéniques. Les différents modèles décrits dans ce projet sont largement utilisés chez le rat pour lequel le matériel est adapté et les résultats pertinents. Les maladies auto-immunes peuvent apparaitre à tout âge mais la prévalence est la plus importante chez les jeunes adultes. Nous utiliserons donc des rats d’environ 10 semaines au début de l’expérience.