
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-331160)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de valider la réduction de la durée de la collecte d’urines chez le primate non humain afin d’appliquer cette méthode par la suite dans les études de toxicologie réglementaires réalisées chez cette espèce. Actuellement, la collecte d’urines chez le primate non humain est réalisée pendant une durée maximale de 16 heures avec accès à l’eau, mais nous sommes confrontés à une problématique de densité urinaire faible probablement consécutive à une contamination des urines récoltées par de l’eau de boisson, ce qui compromet l’interprétation des paramètres de biochimie urinaire. La réduction de la durée de la collecte d’urines représentera d’une part une amélioration du bien-être animal dans le cadre de cette procédure car les animaux seront donc isolés pendant seulement 4 heures au lieu de 16, et permettra également de réaliser les collectes sans accès à l’eau afin d’éviter la dilution des urines sans pour autant priver les animaux d’eau pendant une durée excessive. Avant de déployer cette méthode dans les études de toxicologie réglementaires, il est nécessaire de vérifier que le volume et la qualité des urines obtenues dans nos conditions expérimentales en effectuant la collecte pendant une durée plus courte sont compatibles avec la réalisation des analyses urinaires prévues dans le cadre des études de toxicologie, et notamment que la densité urinaire est suffisante pour l’interprétation des paramètres de biochimie urinaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La validation de la réduction de la durée de la collecte d’urines chez le primate non humain permettra de mettre en place cette méthode par la suite dans les études de toxicologie réglementaires réalisées chez cette espèce, afin de contribuer à démontrer la sécurité de futurs médicaments. Cette validation représente un raffinement de la méthode de collecte d’urines chez le primate non humain, en offrant la possibilité de la réaliser sur une durée réduite (environ 4 heures) au lieu de la durée de 16 heures environ actuellement pratiquée pour les études de toxicologie. Cela permettra de diminuer le stress provoqué par cette procédure en réduisant significativement la durée d’hébergement dans un espace réduit avec privation de contact social lors des occasions de collecte d’urines pour les animaux utilisés dans les études de toxicologie réglementaires. La validation de cette méthode permettra aussi d’améliorer la qualité des urines récoltées en évitant le problème de dilution par l’eau de boisson.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal inclus dans ce projet participera au maximum à quatre sessions de collecte d’urines réalisée sur une durée d’environ 4 heures. Une session de collecte d’urines implique l’isolement des animaux vigiles dans un compartiment individuel de surface réduite équipé d’un système de récolte des urines pendant environ 4 heures, avec restriction alimentaire (retrait des croquettes mais possibilité d’accès à un légume) et sans accès à l’eau pendant la collecte afin d’éviter la dilution ou la contamination des urines (un légume pourra tout de même être distribué à chaque animal). Cette collecte peut éventuellement être répétée à l’identique le lendemain dans le cadre d’une même session si un animal n’urine pas lors de la première collecte. Le volume d’urines obtenu lors de chaque collecte pendant une période de 4 heures sera mesuré, et la qualité des urines sera évaluée grâce à une mesure de la densité, la réalisation d’une bandelette urinaire et l’analyse des paramètres de biochimie urinaire. Si un animal est réutilisé pour plusieurs sessions, une période de repos minimale de 3 jours sera respectée entre chacune. Le nombre de sessions pourra être réduit si des résultats satisfaisants et un nombre suffisant d’échantillons sont obtenus avec moins de sessions.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables pour les animaux peuvent être les suivants : stress et inconfort liés à l’hébergement isolé dans un compartiment individuel de surface réduite, incluant une restriction alimentaire (retrait des croquettes mais possibilité d’accès à un légume) et l’absence d’accès à l’eau, pendant environ 4 heures pour la collecte d’urines.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le degré de sévérité de la procédure étant classé à priori comme léger, les animaux seront gardés en vie avec l’accord du vétérinaire pour une éventuelle réutilisation dans un autre projet après une période de repos.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans les études de toxicologie réglementaires, un relevé des signes cliniques et une analyse semi-quantitative des urines (pH, quantité d’urine, présence de sang, protéines, leucocytes, glucose, …) sont réalisés, ce qui nécessite d’avoir accès à l’animal dans son entièreté. Le but de ce projet est de valider la réduction de la durée de la collecte d’urines chez le primate non humain pour appliquer cette méthode par la suite dans les études de toxicologie réglementaires conduites chez cette espèce. A ce jour, il n’existe pas de méthode non animale qui permettrait de modéliser nos conditions de collecte, et de vérifier que le volume et la densité des urines de macaque cynomolgus récoltées sur 4 heures dans nos conditions expérimentales soient suffisants et compatibles avec les analyses faites sur les urines dans les études de toxicologie.
2. Réduction
Le nombre d’animaux dans ce projet correspond au minimum requis pour pouvoir conclure à la validation de la méthode, en prenant en compte la variabilité individuelle et le fait qu’il est possible que certains animaux n’urinent pas pendant une ou plusieurs occasion(s) de collecte. Si possible, les mêmes animaux seront réutilisés pour plusieurs sessions de collecte d’urines (dans la limite de quatre sessions maximum par animal), ce qui permettra de réduire le nombre total d’animaux utilisés dans le projet. Les animaux inclus dans ce projet sont des animaux précédemment utilisés pour un autre projet et/ou susceptibles d’être réutilisés ensuite dans un autre projet, sur avis vétérinaire et après avoir respecté une période de repos définie dans les procédures internes encadrant la réutilisation des animaux en accord avec la structure chargée du bien-être animal.
3. Raffinement
Le projet dans son ensemble a pour finalité le raffinement de la méthode de collecte d’urines chez le primate non humain, en validant la possibilité de la réaliser sur une durée réduite (environ 4 heures) au lieu de la durée de 16 heures environ actuellement pratiquée pour les études de toxicologie réglementaires. Cela permettra de diminuer le stress provoqué par cette procédure en réduisant significativement la durée d’hébergement dans un espace réduit avec privation de contact social lors des occasions de collecte d’urines pour les animaux utilisés dans les études de toxicologie réglementaires. Pour améliorer leur bien-être, les animaux seront hébergés en groupes sociaux en dehors des périodes de collecte d’urines et auront une période d’acclimatation d’au moins une semaine dans la salle d’étude avant la première procédure. Si les animaux sont réutilisés d’un projet précédent, une période de repos sera respectée. Les animaux bénéficient également hors du temps de procédure de divers enrichissements tels que des jouets (en rotation sur la semaine), des bâtonnets de bois à ronger, des graines de tournesol/raisins secs, des tunnels en carton et des fruits et légumes sont distribués en plus de l’alimentation classique. Les animaux sont hébergés dans des volières qui comportent des tubes en PVC, des perchoirs, des barrières visuelles et des balançoires. La musique sera présente dans l’ensemble des hébergements. Des récompenses alimentaires seront distribuées après les actes contraignants. Un légume pourra être distribué à chaque animal pendant les collectes d’urines. Les animaux seront observés au moins une fois par jour (incluant le week-end) afin de permettre la détection rapide de signes cliniques et d’agir au plus vite pour limiter toute souffrance ou douleur inutile. En cas de signes cliniques ayant des répercussions sur le bien-être animal, des mesures appropriées seront prises par le vétérinaire (mise en place d’un traitement médical, interruption de la procédure par exemple).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation du primate non humain pour les études de toxicologie se justifie d’un point de vue réglementaire car c’est une des espèces non-rongeurs acceptée pour la réalisation d’études non cliniques. Le choix du primate non humain est basé sur la réglementation qui réserve l’utilisation de primates non humains aux études non cliniques sur des candidats médicaments destinés à traiter des pathologies humaines invalidantes ou mortelles et sous réserve qu’il existe des éléments scientifiques indiquant que la finalité de la procédure ne peut pas être atteinte en utilisant d’autres espèces. L’objectif de ce projet étant de valider la réduction de la durée de la collecte d’urines pour appliquer ensuite cette méthode dans le cadre des études de toxicologie réglementaires réalisées chez le primate non humain, il est nécessaire de conduire cette validation chez la même espèce et dans les mêmes conditions expérimentales. Le projet sera mené sur des animaux jeunes adultes / adultes, correspondant au stade de développement des animaux dans les études de toxicologie réglementaires.