
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-461932)
Sortis de leur cage et séparés de leur mère trois à quatre fois par semaine, des souriceaux porteurs d’une mutation de l’ataxie de Friedreich subissent trois à neuf tests comportementaux, à dix dates entre leur deuxième et leur vingt-cinquième jour de vie. Un morceau d’oreille leur est prélevé au dixième jour pour le génotypage. 346 souris sont utilisées ainsi, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, l’un des tests pinçant la patte du nouveau-né pour mesurer un réflexe d’extension croisée. Les souriceaux sortis à deux et dix jours sont tués pour un prélèvement de tissus, les autres à vingt-cinq jours, tandis que les reproducteurs et les porteurs sains restent en vie pour entretenir la lignée, seize animaux étant réutilisés ailleurs.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ataxie de Friedreich (AF) est une maladie génétique rare qui se caractérise par une maladie neurologique avec une dégradation progressive des fonctions motrices et sensorielles qui conduit à une perte des mouvements volontaires. La maladie est due à une diminution d’une protéine essentielle pour le bon fonctionnement des neurones. Les approches thérapeutiques pharmacologiques développées ciblant principalement les effets secondaires sont à ce jour faiblement efficaces et l’AF reste une maladie incurable. Un nouveau modèle de souris avec une mutation ponctuelle dans le gène responsable de l’AF a été généré, afin de mimer les effets d’une mutation présente chez certains patients. Ce modèle murin permet pour la première fois de reproduire les niveaux très faibles de la protéine d’intérêt dans tous les tissus, et ce depuis le développement embryonnaire. Ainsi, nous allons pouvoir déterminer si des symptômes précoces peuvent être détectés à des stades post-nataux clés. Nous travaillons en effet avec l’hypothèse que l’AF est due non seulement à une mort progressive des neurones, mais aussi à des défauts de formation du système nerveux pendant le développement de l’embryon. Ce projet est le premier à étudier la possibilité d’un défaut de développement des neurones dans l’AF et pourrait également permettre de changer la prise en charge des patients, en mettant en place des tests plus précoces pour détecter la pathologie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il y a plusieurs bénéfices attendus de ce projet. Le premier sera de continuer la validation de ce nouveau modèle de souris qui présente des faibles taux de protéine d’intérêt dans tous les tissus et reproduit donc la pathologie de façon plus fidèle que les autres modèles utilisés jusqu’ici. Ce modèle est le premier qui pourrait nous permettre de détecter des symptômes présents dès la naissance si ceux-ci existent. Les données recueillies pourront nous permettre de valider une nouvelle batterie de tests comportementaux sur les nouveau-nés, qui pourront par la suite être utilisés par d’autres groupes de la communauté scientifique. De plus, confirmer la présence d’un phénotype précoce d’AF pourrait permettre d’améliorer la prise en charge des patients en commençant des traitements plus tôt dans la vie des patients.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés en comportement seront sortis de leur cage et séparés de leur mère 3 à 4 fois par semaine. Les souriceaux subiront entre 3 et 9 tests comportementaux sur 10 dates entre leur 2ème et 25ème jour de vie. Ces tests dureront au maximum 15 minutes. Les animaux seront prélevés d’un morceau d’oreille pour effectuer le génotypage 10 jours après la naissance.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés pour l’élevage sont maintenus à un état ne présentant pas de phénotype. Ils ne présentent aucun phénotype dommageable et ne nécessitent pas de contrôle supplémentaires que les contrôles courants effectués en reproduction. Les animaux mutants utilisés pour la génération de nouveau-nés mutants présentent une taille réduite. Lors des tests comportementaux, les petits seront séparés de la mère, ce qui peut entraîner un stress. Certains tests peuvent entraîner une douleur légère, comme le test du réflexe d’extension croisée où la patte est pincée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux reproducteurs utilisés seront gardés en vie pour le maintien de la lignée. Les animaux sortis à 2 et 10 jours après la naissance pour prélèvement de tissus seront mis à mort. Les animaux sauvages et mutants seront mis à mort à 25 jours après la naissance pour prélèvement de tissus. Les animaux porteurs sains de la mutation seront rassemblés en groupes de sexe et d’âge pour le maintien de la lignée.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à optimiser une approche de thérapie génique pour l’ataxie de Friedreich afin d’améliorer la vie des patients et de ralentir la progression de la maladie, voire la stopper de façon pérenne sans induire des effets secondaires invalidants. Tous les outils moléculaires utilisés ont été testés dans des cellules en culture mais il est indispensable de réaliser une validation in vivo sur un modèle murin de la maladie. Ce modèle souris présente une mutation homologue retrouvée chez les patients atteints de l’ataxie de Friedreich, est le premier qui présente des niveaux aussi bas de cette protéine. En effet, les autres modèles animaux n’expriment pas de niveaux aussi faibles de cette protéine et ainsi présentent des limites quant à l’étude des mécanismes de développement et d’évolution de la maladie suite à une diminution des taux de cette protéine.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous n’avons pas pu effectuer de calculs de tailles de groupes en amont car aucune investigation du phénotype précoce de l’AF n’a été publiée à ce jour. Nous avons donc choisi de constituer des groupes de 30 animaux pour les études comportementales. Afin d’optimiser la production d’animaux, tous les animaux hétérozygotes seront réformés pour le maintien de la colonie. Aucune différence liée au sexe des animaux n’a été observée lors des études comportementales chez les souris mutantes adultes, et nous avons donc choisi de travailler sur des groupes mixtes afin de générer moins d’animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A chaque session de comportement, les petits seront pesés individuellement et examinés rapidement afin de détecter au plus vite tout signe de mal-être (manque de nutrition, problème de croissance). Lors des tests comportementaux, les petits seront séparés de la mère et seront sortis de la cage avec leur nid, qui sera lui-même placé dans une couveuse disponible dans l’animalerie afin d’éviter un stress thermique. Les manipulations dureront au maximum 15 minutes par portée pour éviter un stress trop important de la mère et des petits. A chaque fin de session de tests comportementaux, de la nourriture gélifiée sera mise à disposition de la mère et des souriceaux dans la cage. Pour chaque nouvelle portée manipulée, une nouvelle paire de gants sera utilisée et frictionnée avec la litière de la cage correspondante pour garder une odeur familière lors du déplacement des souris.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe à ce jour pas de méthodes alternatives pour évaluer in vivo la présence de défauts dans la formation du système nerveux périphérique dans l’AF au cours du développement néonatal précoce. Les modèles souris existants de l’ataxie de Friedreich reproduisent les symptômes de l’AF, mais ces modèles ont soit une absence totale de protéine dans un tissu spécifique, soit des niveaux trop hauts. Le modèle souris utilisé ici est porteur d’une mutation ponctuelle présente également chez les patients. C’est le premier modèle souris de l’AF présentant un aussi faible taux de protéine mutée dans tous les tissus. Il permet ainsi d’étudier les effets des niveaux bas de cette protéine sur la mise en place des différents tissus et organes durant le développement embryonnaire. De ce fait, ce modèle est le meilleur choix pour étudier les atteintes neuronales ainsi que des symptômes sensorimoteurs à des stades très précoces après la naissance. Les études aux stades postnataux débuteront à 2 jour après la naissance et se termineront à 25 jours, ou avant si les points limites fixés pour cette étude sont atteints. Afin de limiter au maximum le risque de cannibalisme des mères sur leur portée, les petits ne seront pas touchés pendant 2 jours après leur naissance. Les tests seront effectués jusqu’au sevrage des animaux et avant le début de l’adolescence considérée après 25 jours chez la souris.