
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-491716)
5 souris vont être utilisées dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. Elles reçoivent une injection intraveineuse de rhodamine 6G et sont maintenues sous anesthésie pendant l’imagerie, une acquisition de plus de deux heures suivie de sutures rendant tout réveil impossible dans de bonnes conditions. L’objectif est seulement d’établir la faisabilité de la microscopie intravitale, technique d’observation en temps réel de la formation d’un caillot, en vue de l’appliquer ensuite aux projets de l’équipe sur la thrombose veineuse. Le porteur précise utiliser des souris surnuméraires d’élevage déjà destinées à être tuées et indique qu’aucun remplacement n’est possible pour cette mise au point.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La maladie veineuse thromboembolique (MVTE) comprend la thrombose veineuse et sa complication l’embolie pulmonaire. La thrombose veineuse correspond à la formation d’un caillot de sang dans les veines des membres inférieurs. La (MVTE) est une maladie fréquente, et elle représente à elle seule la troisième cause de mortalité cardiovasculaire après l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral (AVC). Cette pathologie multifactorielle implique le vaisseau sanguin, les cellules sanguines (plaquettes, globules rouges et globules blancs) et le flux. Toutefois, la physiopathologie de la thrombose veineuse n’est pas encore totalement élucidée et il existe une proportion importante de personnes pour lesquelles on ne comprend pas pourquoi la thrombose est survenue. Notre équipe s’intéresse aux phénomènes précoces intervenant dans la formation d’un thrombus. Au cours de cette première phase, les cellules sanguines s’activent et interagissent entre elles et avec les cellules composant la couche la plus interne du vaisseau sanguin (les cellules endothéliales). Ces interactions conduisent à une agrégation des cellules puis à la constitution d’un caillot sanguin. Dans le cadre de nos projets de recherche, nous avons identifié différentes cibles qui pourraient être impliquées dans la formation pathologique d’un thrombus. Afin de caractériser leur rôle dans la thrombose veineuse, nous souhaitons les étudier chez l’animal. Pour cela, il est possible à l’aide d’un microscope de suivre en temps réel les cellules sanguines au sein d’un vaisseau sanguin et d’observer la formation d’un thrombus. Cette technique appelée microscopie intravitale est couramment utilisée par les laboratoires de recherche qui s’intéressent à la thrombose. Ce projet vise à établir la faisabilité de la microscopie intravitale en collaboration avec un laboratoire d’optique. Cet outil sera un atout majeur pour notre équipe dans la compréhension de la physiopathologie de la thrombose veineuse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de ce projet de recherche est de mettre au point une nouvelle approche fonctionnelle pour notre équipe afin d’étudier les mécanismes cellulaires mis en jeux dans la physiopathologie de la thrombose veineuse. La microscopie intravitale permet de suivre en temps réel chez l’animal la formation d’un thrombus, elle est un outil de pointe pour les laboratoires de recherche qui travaillent sur la thrombose. Il existe encore de nombreuses zones d’ombre dans la compréhension de la maladie veineuse thromboembolique dont le traitement actuel repose sur les anticoagulants qui présentent un risque hémorragique important. Le risque de récidive étant difficile à établir, les patients doivent dans la majorité des cas prendre leur traitement à vie, ce qui impacte fortement leur qualité de vie. Dès que nous aurons mis au point la microscopie intravitale, nous l’appliquerons à tous nos projets de recherche nous permettant ainsi de tester de nouvelles approches thérapeutiques. De façon transversale, ces travaux conduiront à une prise en charge personnalisée des patients en terme de type de traitement et de durée.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à une seule intervention : l’administration intraveineuse d’une solution de rhodamine 6G. Ces animaux auront au préalable reçu une analgésie adaptée et ils seront maintenus sous anesthésie gazeuse tout le temps de la procédure (Durée totale 5 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux après une prise en charge adaptée en terme d’analgesie (Buprénorhine 0.1mg/kg et sous cutanée) et d’anesthésie (Isoflurane), recevront par voie intra-veineuse (sinus veineux retro-orbitaire) 50µL d’une solution de rhodamine 6G (2.5mg/kg). Les animaux seront maintenus sous anesthésie et mis à mort 5 minutes après l’injection. Selon notre propre expérience, les données de la littérature scientifique et la fiche de sécurité du produit, nous n’attendons aucun effet indésirable de la rhodamine 6G à la dose utilisée. Toutefois, au cours de ces 5 minutes, nous serons attentifs à leurs éventuelles survenues (modification de la respiration ou spasmes). La souris sera mise immédiatement à mort si un effet délétère survient.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux inclus dans cette procédure seront mis à mort à l’issue de la procédure. En effet : – Il n’est pas nécessaire que l’animal soit maintenu en vie pour tester la faisabilité de la microscopie intravitale. – Pour les tests que nous souhaitons réaliser, nous avons estimé un temps d’acquisition d’images de plus de 2h00 auquel nous devrions ajouter 20-30 minutes pour la réalisation des sutures (paroi abdominale et peau). Ce temps très long est incompatible avec un réveil de l’animal dans de bonnes conditions.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre demande de projet vise à étudier la faisabilité d’un modèle expérimental permettant de suivre en temps réel la formation d’un caillot sanguin chez la souris. Ce modèle est appelé microscopie intravitale. Il n’est pas possible de remplacer les souris utilisées dans cette étude de faisabilité.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la mise en place de ce modèle expérimental, nous utiliserons au maximum 5 animaux à raison d’un animal par jour d’expérimentation. Les expérimentations s’arrêterons dès que nous aurons la certitude que le microscope que nous souhaitons utiliser est bien adapté (ou non) à la microscopie intravitale. Les animaux utilisés dans cette demande sont des animaux surnuméraires issus d’élevage et destinés à être mis à mort, en conséquence aucun animal ne sera commandé pour cette mise au point
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En dehors de la procédure expérimentale, nous constituons des groupes sociaux de 3 à 6 animaux par cage. Les souris seront hébergées dans des cages avec enrichissement (igloo et de fibres de cartons à dérouler). Elles sont suivies quotidiennement par les responsables du bien-être animal. Au cours de la procédure expérimentale, tous les animaux utilisés recevront une analgésie et une anesthésié adaptée. Ils sont pris en charge par la responsable de la mise en œuvre générale du projet qui s’assura de leur bien-être.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’animal de référence pour l’étude de la maladie veineuse thromboembolique est la souris. Les modèles animaux comme celui de la microscopie intravitale chez la souris sont bien caractérisés dans la littérature scientifique, fiables et reconnus par nos pairs. La maladie veineuse thromboembolique touche les adultes, tous les animaux que nous utiliserons serons âgés de 8 à 16 semaines (poids entre 20-30g).