Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le rétrécissement aortique calcifié (RAC) est une pathologie fréquente touchant environ 2 % de la population âgée de plus de 65 ans. Cette maladie se caractérise par une calcification des tissus et une réduction de la surface valvulaire, ce qui entrave l’éjection du sang. Au stade avancé, elle se traduit par des symptômes tels que dyspnée, insuffisance cardiaque et angor, responsables d’une morbi-mortalité cardiovasculaire élevée. Actuellement, aucun traitement pharmacologique ne permet de stopper le développement des calcifications valvulaires. La seule option thérapeutique consiste en une intervention chirurgicale visant le remplacement de la valve aortique. Des études préliminaires in vitro ont montré l’intérêt de cibler un mécanisme épigénétique impliqué dans la régulation des monocytes-macrophages, afin de réduire les processus menant à la calcification des feuillets valvulaires et, par conséquent, de ralentir la progression de la maladie. L’objectif principal de ce projet est d’évaluer l’effet d’inhibteurs pharmacologiques de ce mécanisme épigénétique afin de réduire la calcification valvulaire aortique dans le contexte du RAC, en utilisant un modèle biologique complet.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le Rétrécissement Aortique Calcifié (RAC) est la valvulopathie la plus fréquente chez l’adulte dans les pays développés. Sa prévalence augmente avec l’âge et constitue un problème de santé majeur dû au vieillissement de la population En effet, il est estimé que le nombre de sujet souffrant de RAC doublera en France d’ici 2050. Actuellement, il n’existe aucun traitement pharmacologique permettant de ralentir, à défaut de stopper, le développement des calcifications valvulaires. Seuls, le remplacement valvulaire et l’implantation d’une bioprothèse valvulaire aortique par voie percutanée aussi appelée TAVI (Transcatheter aortic valve implantation) peuvent être proposé aux patients souffrant de la pathologie mais cela nécessite une intervention à l’hôpital. Dans cette étude nous souhaitons démontrer l’intérêt thérapeutique du ciblage d’un mécanisme épigénétique pour réduire et ralentir le développement des calcifications valvulaires aortique associées au développement du RAC in vivo.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

1.Chirurgie rénale : durée approximative 30 minutes, classée comme procédure sévère, réalisée une seule fois au cours de l’étude. 2. Prélèvement sanguin : effectué à la 4ᵉ semaine post-chirurgie pour vérifier la réussite de l’intervention et mesurer les paramètres plasmatiques de la dysfonction rénale (créatinine, urée) chez 420 rats ; classé comme procédure modérée. 3. Échocardiographie (évaluation de la fonction cardiaque) : durée approximative 30 minutes, classée comme procédure légère, réalisée cinq fois au cours de l’étude.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les prélèvements sanguins peuvent entraîner une fatigue temporaire chez les animaux, et l’administration des traitements par gavage peut provoquer une prostration passagère. La procédure chirurgicale est considérée comme sévère et peut entraîner une perte de poids corporelle après l’intervention. Les traitements pourraient provoquer certains effets secondaires, même si l’un d’entre eux est bien documenté et est autorisé par la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis pour le traitement des patients adultes atteints d’un cancer depuis 2020

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

La mise à mort sera réalisée dans le but de prélever du sang les organes et d’étudier, sur le plan histologique, les effets de la maladie ainsi que la réponse aux différents agents pharmacologiques utilisés. Ces analyses permettront de mieux comprendre le développement du rétrécissement aortique et d’évaluer l’efficacité des substances testées pour ralentir ou prévenir le processus pathologique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des résultats non publiés de notre laboratoire ont montré que le ciblage in vitro d’un mécanisme épigénétique dans les cellules inflammatoires réduit leur potentiel à contribuer au développement de la calcification de la valve aortique. Dans cette étude, nous souhaitons évaluer, in vivo et dans un organisme complet, l’effet du ciblage de ce mécanisme sur les processus impliqués dans le développement du RAC. De plus, l’utilisation d’un modèle animal constitue une étape indispensable avant de pouvoir envisager le développement d’un traitement chez l’Homme.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour réduire au maximum le nombre d’animaux nécessaires à cette étude, nous avons mis en place une stratégie d’optimisation des prélèvements et des analyses ex vivo, à la fois pendant la procédure et au moment de la mise à mort. Des mesures non invasives de la fonction cardiaque ainsi que des analyses histologiques seront réalisées. Le choix des inhibiteurs pharmacologiques d’Ezh2 repose sur des expériences préalablement réalisées dans des modèles de RAC in vitro. Le nombre d’animaux nécessaires est ajusté à l’aide d’un logiciel prenant en compte la variabilité statistique des résultats obtenus. Des animaux des deux sexes seront utilisés afin d’éviter tout biais lié au genre. Pour chaque sexe, la procédure comprend 6 groupes expérimentaux, soit un total de 12 groupes correspondant à 420 rats.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés selon les normes requises, avec un enrichissement des cages pour favoriser leur bien‑être. Des points limites adaptés sont définis à l’aide d’une grille de score basée sur le comportement de l’animal, son apparence, sa perte de poids (≥15 %) et des signes cliniques spécifiques. Cette stratégie est combinée à un suivi quotidien incluant anesthésie (gazeuse à l’isoflurane induction à 4 % d’isoflurane + O₂, maintien entre 1,5 et 2 % d’isoflurane + O₂), analgésie (xylazine 10 mg/kg, buprénorphine 0,05 mg/kg) et réhydratation. Pour favoriser une récupération optimale après la chirurgie, les animaux seront placés sous lampe chauffante jusqu’à leur réveil dans une cage contenant de la nourriture en gel. De plus, les expérimentateurs auront des contacts plurihebdomadaires avec les animaux afin de faciliter leur habituation et réduire le stress.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le choix du rat Sprague Dawley se justifie par l’expérience du laboratoire à la fois pour la chirurgie de néphrectomie mais également pour l’étude de la fonction cardiaque par échocardiographie. Par ailleurs, le rapprochement des espèces humaines et des rongeurs sur le plan phylogénétique rend pertinent le choix de cette espèce en garantissant une bonne extrapolation des résultats chez l’Homme. Nous allons inclure des rats mâle et femelle (sexe ratio 1/1) de 10 semaines pour l’étude. La taille des rats à cet âge permet une réalisation facilitée des chirurgies et correspond à un âge habituel dans la littérature pour l’induction du modèle.