
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-520202)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En temps normal, les synapses (les espaces de contact et de communication entre neurones) présentent un équilibre entre stabilité et plasticité qui permet à un individu d’être « flexible » sur le plan comportemental : il a un schéma de fonctionnement stable dans son environnement (croyances, habitudes) mais il peut s’adapter à un changement d’environnement. La flexibilité comportementale est un processus central au développement social et cognitif typique des individus. Les troubles du spectre autistique (TSA) sont caractérisés par une forte altération de cette flexibilité comportementale. Les TSA résultent parfois d’une variation sur un gène qui maintient l’équilibre entre plasticité et stabilité synaptique, car ce gène permet de fabriquer les protéines de « charpente » pour les synapses . Nous testerons donc le lien entre les protéines de « charpente » liées aux TSA, la plasticité neuronale et la flexibilité dans un contexte d’apprentissage. Notre hypothèse est que le lien entre protéines synaptiques et flexibilité comportemental est fait dans les différentes aires du cortex préfrontal, nous cherchons donc à comprendre comment.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Précisément, nous déterminerons: – le rôle causal des aires du cortex préfrontal dans la flexibilité – le codage au niveau neuronal de la flexibilité dans les différentes aires préfrontales – le rôle des protéines de « charpente » dans ces processus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux seront soumis à des neurochirurgies. La durée de l’opération est de 45 minutes à 1h30, avec toutes les précautions possibles pour éviter la douleur (anesthésie gazeuse, anesthéisques locaux, morphiniques en péri-opératoire). Les seules manipulations quotidiennes consisteront en un branchement des implants à électrodes (geste non douloureux). Des injections intra-péritonéales seront réalisées pour certains animaux (4 injections par animal sur la totalité de l’expérience). Le reste des procédures implique des tests comportementaux de type « jeux de décisions », basés sur des récompenses, et décrits comme positifs pour le bien-être animal dans la littérature
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux qui subiront des neurochirurgies peuvent éventuellement avoir des douleurs associées aux interventions effectuées sur l’os mais aussi au niveau des sutures. Certains effets indésirables peuvent être causés par une technique (« optogénétique ») qui permet d’allumer ou d’éteindre des neurones grâce à la lumière comme troubler l’activité locomotrice (le mouvement est incontrôlable mais non douloureux, comme lever une patte ou tourner un peu la tête). Les animaux d’une des procédures auront des contentions (pour lesquelles ils seront habitués en douceur) en vue d’injections intrapéritonéales sur quatre jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont tous mis à mort après les procédures pour vérifier que les sites (les zones très précises du cerveau) pour l’injection et d’implantation sont corrects.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous cherchons à évaluer le rôle des neurones pendant le comportement de décision, il est donc impossible de remplacer les méthodes in vivo par des methodes in vitro.
2. Réduction
Nous avons déjà effectué des expériences similaires (pour étudier d’autres zones cérébrales) ce qui nous permet de réduire le nombre d’animaux au strict nécessaire. De plus nous développons un modèle informatique de réseau de neurones récurrent capable de modéliser la prise de décision. L’activité électrique des neurones y est fonction des connexions synaptiques, qui elle-mêmes évoluent en fonction de l’activité électrique des neurones et des récompenses reçues par l’animal (plasticité synaptique). ce modèle fournira des prédictions précises sur ce qu’il est important d’enregister comme activité électrique, ce qui réduit le nombre d’animaux.
3. Raffinement
Pour diminuer et abolir les douleurs chirurgicales, nous utilisons une combinaison d’anesthésiques et d’antiinflammatoires pendant la chirurgie et en péri-opératoire. La technique sera réalisée en conditions d’asepsie pour prévenir les infections. Si la technique (« optogénétique ») qui permet d’allumer ou d’éteindre des neurones grâce à la lumière déclenche des mouvements incontrôlables, même non douloureux, comme lever une patte ou tourner un peu la tête, le protocole sera interrompu. Le protocole sera aussi interrompu si les points limites définis sont atteints. Nous tiendrons une feuille de suivi post-opératoire sur les deux jours suivant l’opération pour évaluer rapidement ces points. Le stress de l’animal sera limité par un enrichissement permanent de l’environnement, ainsi qu’une habituation quotidienne à l’expérimentateur/rice et à la salle expérimentale. Le protocole de comportement consiste en un jeu de décisions et augmente le bien-être des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le système de décision (le circuit de la récompense) est plus proche anatomiquement et fonctionnellement entre mammifère (rongeurs et Humains) qu’entre mammifères et invertébrés, poissons ou oiseaux. De plus, la génétique de la souris offre des outils de modulations des réseaux neuronaux. Enfin, nos tâches comportementales de type « jeux » ont été spécifiquement développées et adaptées à l’étude des prises de décision de la souris, tout en assurant leur bien-être. Ce projet implique d’utiliser des groupes de souris de même stade de développement (8 semaines) qui est un stade classique dans les études sur les prises de décision (8 semaines étant considéré comme le début de l’âge adulte dans cette espèce).