Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet de recherche permettra de soutenir une demande d’essais cliniques pour un candidat vaccin contre le virus du Nil Occidental. C’est un virus transmis par les moustiques. Il circule surtout chez les oiseaux, qui servent de réservoir naturel. Chez l’être humain, la plupart des infections ne provoquent aucun symptôme (environ 80 % des cas). Cependant, environ 20 % des personnes peuvent avoir de la fièvre et se sentir mal pendant quelques jours. Dans moins de 1 % des cas, le virus peut toucher le système nerveux et provoquer des complications plus graves, comme des inflammations du cerveau ou des méninges, voire une paralysie soudaine ou encore la mort. Ces formes graves sont plus fréquentes chez les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli. Il est présent dans de nombreuses régions du monde dont l’Europe. Il n’existe actuellement pas de vaccin contre cette maladie et le vaccin candidat que nous proposons pourra répondre à un besoin en santé publique mondiale. La cible du vaccin candidat a été identifiée et correspond à un composé présent dans la salive du moustique. L’équipe de recherche a déjà démontré que l’immunisation contre ce composé protège contre l’infection par le virus de la fièvre du Nil Occidental. Pour soutenir le développement vaccinal, le projet décrit ici a pour objectif de déterminer si la protection vaccinale est liée aux cellules immunitaires ou à d’autres acteurs de l’immunité. Le projet se déroule dans deux établissements utilisateurs.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice à court terme est la compréhension des mécanismes cellulaires de protection du vaccin candidat. A long terme, les résultats soutiendront le développement d’un vaccin contre ce virus transmis par les moustiques. Le vaccin qui découlera de ce projet a le potentiel de sauver la vie de milliers de personnes chaque année et d’atténuer le fardeau sanitaire, social et économique de cette maladie transmise par les moustiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans un premier temps, nous évaluerons la fonction des cellules immunitaires dans la protection vaccinale. Nous vaccinerons des souris en les injectant à deux reprises avec le candidat vaccin. Les injections dureront quelques minutes. Deux semaines après la dernière injection, les souris seront anesthésiées pour prélever les cellules immunitaires de la rate, puis euthanasiées. Dans des souris non immunisées, nous injecterons les cellules immunitaires isolées puis les exposeront à la piqûre de moustiques infectés par le virus de la fièvre du Nil Occidental. L’exposition aux moustiques, sous anesthésie, durera moins de 30 minutes. Nous effectuerons ensuite un seul prélèvement sanguin pour vérifier l’infection et évaluerons les symptômes pendant 14 jours. Dans un deuxième temps, nous testerons si ces cellules immunitaires injectées sont recrutées au niveau de la peau suite à la piqûre de moustiques infectés. Toutes les expériences d’infection seront réalisées dans l’EU1, alors que le reste des expériences sera conduit dans l’EU2.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Douleur passagère au niveau du site d’injection lors de l’administration du vaccin candidat et des anesthésiques, ainsi que lors des prélèvements sanguins. La piqûre de moustique se fera sous anesthésie donc sans douleur. Une faible irritation peut être attendue aux points de piqûres des moustiques. Les troubles liés à l’infection par le virus peuvent inclure des modifications de l’apparence, de l’alimentation et du comportement. Les souris seront surveillées quotidiennement pour évaluer leurs éventuels symptômes.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux utilisés pour la production de cellules immunitaires seront euthanasiés afin de permettre la collecte de leur rate. Tous les animaux infectés seront euthanasiés à la fin des procédures, conformément à l’obligation légale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans notre cas, le modèle animal est incontournable. A ce jour, aucun modèle autre que le modèle animal ne permet d’évaluer la réponse immunitaire à un vaccin et la protection contre une infection par exposition à une piqûre de moustique infecté. Néanmoins, nous avons généré les données préliminaires nécessaires pour supporter notre hypothèse sur des modèles cellulaires. Ces travaux antérieurs nous on permit d’identifier notre vaccin candidat.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire le nombre de souris, nous avons calculé le nombre limite nécessaire pour obtenir des résultats significatifs. Des travaux préliminaires ont été réalisés pour calculer ce nombre au plus juste.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris auront un temps d’acclimatation (5 jours) avec visite quotidienne pour limiter le stress lié à la manipulation. Les souris seront hébergées de 3 à 5 individus/cage avec de la litière et des enrichissements variés, tels que des tunnels en carton, des abris en carton et en bois, des copeaux de carton pour fabriquer un nid et du carton rigide à ronger. Elles seront anesthésiées durant l’exposition aux moustiques pour limiter la gêne de la piqûre. Une grille de score évaluant l’état général des souris sera quotidiennement suivie. Cette grille permet d’observer différents signes de bien-être ou de malaise (comme l’apparence, l’activité, le comportement ou la perte de poids). Nous avons défini des seuils à ne pas dépasser pour garantir la santé et le bien-être des animaux. Si l’un de ces seuils est atteint, l’expérience sera immédiatement arrêtée afin d’éviter toute souffrance inutile. L’évaluation quotidienne sera effectuée par les responsables de la mise en oeuvre générale du projet dans l’EU. Pour une note supérieure à 4, nous considérerons l’injection de 0.05 mg/kg de buprénorphine en S/C de 3 à 4 fois par jour. A partir de 8, la surveillance sera renforcée et nous considèrerons l’euthanasie. Une note supérieure ou égale à 12 est le point limite. Si ce point limite est atteint, une révision du protocole expérimental sera effectuée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous allons utiliser des souris avec lesquelles nous avons développé et évalué la stratégie vaccinale. Nous continuerons à documenter la protection conférée par notre vaccin candidat sur souris avant de tester le vaccin candidat sur des animaux plus grands pour soutenir une demande d’essais cliniques. Nous allons utiliser des souris adultes de 6-8 semaines car elles ont un système immunitaire mature permettant une réponse immunitaire adéquate. Leur taille permet aussi la piqûre simultanée par plusieurs moustiques, nécessaire pour maximiser l’effet de l’infection.