
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-06-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-572957)
36 jeunes truies vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis rendues à l’unité d’élevage sans être tuées. Chaque cochette subit deux prises de sang à la veine jugulaire, avec une immobilisation par distribution d’eau sucrée ou, si elle ne suffit pas, au lasso, pour tester deux plantes comme substituts aux hormones de synthèse servant à synchroniser les cycles de reproduction. Le porteur justifie le projet par l’opposition croissante aux hormones de synthèse et leur interdiction en élevage biologique. Sur le remplacement, il affirme que l’ingestion des plantes et la mesure de la progestérone dans le sang « ne peuvent pas être remplacées » par des approches in vitro.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de ce projet est de tester deux plantes comme substituts naturels aux hormones de synthèse pour la synchronisation des cycles de reproduction des jeunes truies (cochettes). En effet, l’élevage porcin est basé sur une conduite en bande nécessaire à : – la gestion de lots d’animaux synchronisés (insémination de toutes les femelles en même temps, suivi des mises-bas et soins aux porcelets facilités), – la production de lots de porcelets homogènes en poids et en âge pour l’engraissement et l’abattage, – l’organisation de l’élevage (utilisation optimale des bâtiments, nettoyage entre bandes, vides sanitaires). La conduite en bande nécessite la synchronisation des cycles de reproduction des femelles. Cette synchronisation est réalisée grâce à la distribution par voie orale pendant 18 jours d’une hormone progestagène de synthèse (analogue de progestérone : altrenogest®). Toutefois, l’utilisation d’hormones de synthèse pour la conduite des élevages conduit à des rejets dans l’environnement et rencontre une opposition croissante chez les consommateurs et la société. De plus, le cahier des charges pour l’élevage biologique interdit d’avoir recours aux hormones de synthèse, mais il n’existe pas d’alternative pour la synchronisation des cycles dans les systèmes de production biologique. Nous recherchons donc un substitut naturel à cette hormone progestagène de synthèse parmi un certain nombre de plantes, leur utilisation étant autorisée dans les élevages en agriculture biologique et dans les élevages conventionnels ne souhaitant pas/plus utiliser d’hormones de synthèse. Nous avons identifié deux plantes ayant un effet progestagène, et l’objectif de ce projet est de tester l’effet de ces deux plantes en élevage porcin comme alternative aux hormones de synthèse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra d’identifier une ou deux plantes ayant un effet progestagène et susceptible de remplacer les hormones synthétiques actuellement utilisées pour la synchronisation des cycles en élevage porcin. L’utilisation d’hormones de synthèse dans les élevages conduisant à des rejets dans l’environnement, ce projet d’alternatives aux hormones apportera des bénéfices dans ce domaine. La comparaison des concentrations plasmatiques et salivaires de progestérone permettra de vérifier si les prélèvements salivaires donnent des résultats pertinents par rapport aux prélèvements sanguins afin de s’affranchir à terme des prises de sang dans un souci de bien-être animal et de réduction des actes douloureux en élevage.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour chacune des 36 cochettes nous réaliserons un prélèvement de sang 12 jours après l’oestrus 1 et un prélèvement de sang 20 jours après l’oestrus 1 dans la veine jugulaire lors d’une distribution d’eau sucrée favorisant l’immobilisation de l’animal, ce qui permet des prélèvements sans contention et sans stress pour l’animal. Si l’immobilisation n’est pas suffisante, une immobilisation au lasso sera réalisée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour chaque cochette nous réaliserons un prélèvement de sang 12 jours après l’oestrus 1 et un prélèvement de sang 20 jours après l’oestrus 1 dans la veine jugulaire lors d’une distribution d’eau sucrée favorisant l’immobilisation de l’animal, ce qui permet des prélèvements sans contention et sans stress pour l’animal. Si l’immobilisation n’est pas suffisante, une immobilisation au lasso sera réalisée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue des deux prélèvements de sang, tous les animaux retournent dans l’unité expérimentale.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation des animaux ne peut pas être remplacée car elle est nécessaire pour réaliser l’ingestion des plantes et des hormones de synthèse et documenter leurs effets sur la longueur de l’intervalle entre oestrus et les concentrations plasmatiques et salivaires de progestérone. Nous nous intéressons à une réponse physiologique complexe (passage de progestérone dans le sang après consommation de la plante d’intérêt), réponse qui ne peut être remplacée par des approches in vitro ou de modélisation.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisé a été réduit au minimum : 6 cochettes dans le lot témoin sans synchronisation, 6 cochettes dans le lot témoin avec synchronisation hormonale synthétique, 12 cochettes dans le lot Plante 1, 12 cochettes dans le lot Plante 2. Ces effectifs permettent d’améliorer la robustesse du protocole et d’augmenter la puissance statistique pour la comparaison de la longueur de l’intervalle entre deux oestrus et la variance de cet intervalle entre les lots de cochettes, tout en se conformant à la règle des 3R et notamment au R de Réduire. Les 4 lots seront comparés avec un test statistique d’analyse de la variance en one-way ANOVA et des post-tests de Dunnett permettant de comparer les lots de cochettes traitées avec le lot témoin. Le nombre et la fréquence des prélèvements de sang a été réduit au minimum : un prélèvement de sang 12 jours après l’oestrus 1 juste avant la distribution des plantes et un prélèvement de sang 20 jours après l’oestrus 1 à la fin de la distribution des plantes.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les conditions d’hébergement sont raffinées par la mise en groupe social et la mise à disposition d’une litière constituée d’une couche épaisse de paille, permettant une activité de fouille et de comportement exploratoire tel que préconisé dans le cadre des recommandations européennes (rapport EFSA). Les prélèvements de sang (2 par animal) seront réalisés dans la veine jugulaire avec du matériel stérile après désinfection de la peau avec de la bétadine lors d’une distribution d’eau sucrée permettant l’immobilisation, dans la mesure du possible, ce qui permet des prélèvements sans contention et sans stress pour l’animal (durée
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de cette étude est de développer des alternatives aux hormones de synthèse pour l’espèce porcine, nous utiliserons donc des porcins. Les animaux seront des femelles Large-White pubères âgées de 180 jours environ pour pouvoir travailler sur la synchronisation des cycles de reproduction en élevage porcin.