
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-593385)
Une hypoglycémie confirmée sur deux prélèvements successifs entraîne la mise à mort immédiate de la souris. 6 048 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles portent une modification génétique qui augmente le risque de tumeurs neuroendocrines, reçoivent une injection de tamoxifène, jusqu’à deux prélèvements sanguins et jusqu’à trois injections d’anti-inflammatoires en cas de douleur, avant une anesthésie terminale. Les mises à mort s’échelonnent à 3, 6, 12, 18 et 24 mois de vie pour prélever les organes, et l’effectif de 6 048 animaux repose sur une probabilité de phénotype tumoral estimée d’après la littérature, le porteur indiquant qu’il le réduira si l’effet observé dépasse son estimation.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La néoplasie endocrinienne multiple de type 1 (NEM1) est une maladie rare prédisposant à la survenue de plusieurs tumeurs du système endocrinien. Elle est due à des mutations du gène MEN1, codant pour la ménine. Notre hypothèse est que l’inactivation de Men1 dans des cellules dérivées de la crête neurale (CCN) favorise la tumorigénèse dans les sites endocriniens avoisinants. Notre objectif est de développer, de caractériser et de comparer les phénotypes tumoraux et hypophysaires de modèles murins présentant une inactivation du gène Men1 dans ces CCN à différents moments de leur différenciation pré- et post-natale, afin de déterminer le rôle de la crête neurale dans le développement des tumeurs hypophysaires. L’étude des autres lésions de la NEM1 dans nos modèles murins permettra de mieux connaître le rôle des CCN dans la tumorigénèse des patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous attendons de ce projet qu’il augmente nos connaissances sur le rôle des cellules dérivées de la crête neurale dans le développement tumoral hypophysaire, pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans ces tumeurs. Nous pensons que ce travail nous permettra de mettre en évidence des facteurs juxtacrines ou paracrines impliqués dans la prolifération et l’hypersécrétion hypophysaire. L’étude des autres lésions de la NEM1 dans nos modèles murins permettra de mieux connaître le rôle des CCN dans la tumorigénèse des patients. Ce travail original permettra de mieux comprendre l’expression et les conséquences des déficiences de la ménine et plus généralement la tumorigénèse hypophysaire, afin d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques translationnelles et actionnables.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à: – Une modification génétique augmentant le risque d’apparition de tumeur neuro endocrinienne – Une injection unique intrapéritonéale de tamoxifène – Des potentiels prélèvements sanguins pour suivi de la glycémie (maximum 2/souris) – Des potentiels injections sous cutanées d’anti inflammatoires en cas de douleur (maximum 3 injections/souris)- Une anesthésie générale profonde terminale pour laquelle deux injections seront réalisées (une en sous cutanée et une intrapéritonéale)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours de ce projet, les individus seront susceptibles de développer des anomalies du système endocrine et neuroendocrine 🙁 (adénome hypophysaire, hyperparathyroïdie primaire, tumeur neuroendocrine digestive (dont insulinome), tumeur surrénalienne, tumeurs testiculaires). Le risque de développer ces tumeurs chez les lignées que nous étudierons ne peut pas être prédit car seule une faible proportion des cellules de chaque souris portera la mutation. Les tumeurs liées à une déficience du gène Men1 sont le plus souvent bénignes et de croissance lente et donc peu susceptibles d’entraîner une souffrance, d’altération de l’état général ou de symptômes liés à la compression ou la mort des individus par des phénomènes de compression. Les animaux issus des certains croisements recevront une injection unique de tamoxifène, qui en dehors de l’inconfort lié à la contention et à l’injection, ne devrait pas induire d’effet indésirable.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux de ce projet seront mis à mort pour prélèvement d’organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet consiste en l’étude du rôle du microenvironnement dans la tumorigénèse hypophysaire et en particulier, du rôle des cellules dérivées de la crête neurale dans cette tumorigénèse, par leur rôle de soutien et leurs effets paracrines. Ces interactions ne peuvent être reproduites en culture cellulaire. Le modèle murin est le modèle de choix pour étudier ces mécanismes puisque : 1) Ce modèle a été validé dans la littérature 2) L’étude du phénotype endocrinien des individus n’est pas possible chez la drosophile et le zébrafish
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés dans cette procédure, nous avons choisi une approche statistique pour réduire au strict minimum le nombre d’animaux utilisés dans notre projet. Notre critère de jugement principal est un critère qualitatif : l’objectivation d’un phénotype tumoral hypophysaire. Nous avons estimé la probabilité d’observer ce phénotype en nous basant sur la littérature concernant les souris Men1 mutées hétérozygotes dans toutes les cellules. Néanmoins, si l’effet observé était plus fort que celui estimé nous réduirons le nombre de souris engagées dans chaque groupe.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dès la naissance des animaux dans notre établissement utilisateur, nous porterons une attention au bien-être animal. Nous avons opté pour une méthode d’identification couplée au prélèvement pour génotypage, afin de réduire la douleur et le stress des animaux (prélèvement par poinçonnage à l’oreille). L’environnement sera enrichi en fonction des préférences des animaux à l’aide de bandelettes de kraft ou de dômes en carton ou de batônnets à ronger. La manipulation des animaux ne sera faite que par des personnes compétentes et sensibilisées à la manipulation à faible stress des rongeurs. Certains des modèles que nous allons utiliser n’ont pas été caractérisé d’un point de vue phénotypique. Nous allons donc procéder à des observations poussées des animaux et identifier, de la manière la plus précoce, l’apparition de signe de souffrance ou de détresse. Les tumeurs liées à une déficience du gène MEN1 sont le plus souvent bénignes et donc peu susceptibles d’entraîner la mort des individus par des phénomènes de compression ou d’envahissement métastatique. Pour certaines tumeurs extra hypophysaires, en particulier les insulinomes, l’hypersécrétion hormonale pourrait induire une hypoglycémie, que nous surveillerons par glycémie capillaire si des signes cliniques (tremblements, faiblesses musculaires) venaient à apparaître. En cas d’hypoglycémie, une supplémentation par une eau enrichie type DietGel ou un régime hyperénergétique seront mis en place. En cas d’hypoglycémie objectivée sur deux prélèvements successifs, la souris sera euthanasiée immédiatement. Les points limites seront revus régulièrement en discussion avec la Structure chargée du Bien Etre Animal (SBEA)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’anatomie et la fonction de l’hypophyse et du système endocrinienne des souris et des hommes sont proches, les orthologues impliqués dans la tumorigénèse également. Les souris génétiquement modifiées sont des modèles reconnus d’étude de la tumorigénèse du système endocrine et de ses causes génétiques. Les animaux seront mis à mort à 3 mois de vie puis à 6 mois, 12 mois, 18 mois et 24 mois. Trois et six mois correspondent à des stades matures (post pubertaire) et donc pleinement fonctionnels de l’hypophyse auxquels nous pensons pouvoir mettre en évidence des différences biologiques reflets des interactions paracrines prétumorales entre CCN et cellules hypophysaires sécrétantes. Douze mois, 18 mois et 24 mois correspondent aux stades auxquels un phénotype tumoral peut être observé d’après la littérature concernant le phénotype des souris Men1+/-.