
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-597803)
240 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent une chirurgie cérébrale reproduisant la maladie de Parkinson, des injections quotidiennes pendant six semaines et un isolement de cinquante jours, avant une perfusion mortelle dans le cœur. Le porteur reconnaît que l’isolement rompt le groupe social et provoque un stress, et décrit un ralentissement des mouvements lié à la lésion. L’objectif est de créer un modèle de prise compulsive de nourriture, un effet secondaire des traitements chez une partie des patients parkinsoniens.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les objectifs de ce projet sont multiples. Il s’agit donc de modéliser la prise compulsive de nourriture, un effet secondaire non moteur des traitements anti-Parkinsoniens retrouvé jusqu’à chez un tiers des patients, afin de mieux en comprendre la pathophysiologie. Pour cela, nous regarderons, d’une part les effets des traitements seuls, et d’autre part les effets des traitements cumulés à la lésion dopaminergique caractéristique de la maladie de Parkinson. Effectivement, aucun modèle animal de trouble de contrôle des impulsions (effet secondaire non-moteur des traitements) n’est actuellement disponible et l’étude de leurs développement et conséquences reste donc difficile. De plus, l’incidence de la maladie de Parkinson ne cesse d’augmenter du fait du vieillissement de la population. Les troubles du contrôle des impulsions affectent de façon non négligeable la qualité de vie des patients, notamment la prise compulsive de nourriture qui entraîne des perturbations importantes du sommeil (les patients grignottent beaucoup, notamment au cours de la nuit) et des difficultés sociales au sein de l’entourage proche. Les troubles du contrôle des impulsions touchant jusqu’à un tiers des patients parkinsoniens traités, la compréhension des causes et conséquences est un réel enjeu de santé publique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet va avoir deux pans majeurs d’avancées scientifiques : il va permettre la création d’un modèle de prise compulsive de nourriture, à l’heure actuelle inexistant, par le biais d’une évaluation comportementale et va également permettre d’étayer les connaissances sur les causes biologiques, biochimiques de leur développement ainsi que les conséquences induites dans la maladie de Parkinson. Les analyses sanguines pourront permettre l’identification de biomarqueurs du développement des troubles du contrôle des impulsions. Au point de vue clinique la compréhension des causes et conséquences de l’apparition de troubles du contrôle des impulsions est cruciale pour adapter les stratégies thérapeutiques proposées aux patients parkinsoniens.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet est composé d’une procédure regroupant 5 interventions réalisées sur la totalité des animaux inclus dans le projet: une chirurgie cérébrale sous anesthésie gazeuse avec antalgique périphérique et locale (240 animaux), trois prélèvements sanguins sous anesthésie (240 animaux), une évaluation comportementale de 7 semaines (240 animaux) associé à un traitement par injection quotidienne intrapéritonéale sur animaux vigiles (1minute d’injection, 42 injections, 120 animaux) ou sous cutanée sur animaux vigiles (30secondes d’injection, 42 injections, 180 animaux) dépendamment de la molécule testée. Enfin, une perfusion intracardiaque après une injection létale d’anesthésique en fin de procédure (20minutes, 240 animaux).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– La chirurgie stéréotaxique peut induire une légère perte de poids et un stress notamment au réveil – L’induction de la dégénérescence neuronale permettant de modéliser la maladie de Parkinson va induire un léger ralentissement de la courbe de croissance des animaux ainsi qu’un ralentissement global de l’activité locomotrice – L’isolement de plusieurs semaines (50 jours d’isolement après 85 jours de vie en groupe) induira un stress dû à la rupture du groupe social pendant l’évaluation comportementale – Les prélèvements sanguins peuvent ponctuellement induire un hématome au niveau de la veine caudale – Les injections répétées quotidiennement du traitement au cours des 6 semaines d’expérimentation peuvent induire un stress potentiel de l’animal au moment de la piqûre ou un hématome à l’endroit de l’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux (n=240) seront mis à mort à la fin de l’étude de façon à coupler les résultats comportementaux à des analyses de biologie moléculaire sur les échantillons sanguins ainsi qu’à des anaylses histologiques et biochimiques des cerveaux.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Certaines recherches sur la maladie de Parkinson peuvent être effectuées à l’aide de modélisation basée sur des cultures cellulaires (in vitro) dans le cadre d’études sur les causes de la mort neuronale observée dans la maladie de Parkinson. En revanche, cette approche n’est pas adaptée lorsque l’on s’intéresse aux modifications comportementales. Notre étude ayant pour objectif de modéliser des comportements de prise alimentaire ainsi que d’étudier leurs conséquences cérébrales, ne peut se faire que sur l’animal entier car nécessite l’intégrité des réseaux neuronaux et ne peut donc pas être réalisée in vitro.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux dans chaque groupe expérimental a été obtenu grâce à des calculs de puissance. Ces critères impliquent d’utiliser pour des groupes expérimentaux de 15 animaux par traitement testé, par condition expérimentale, et par sexe soit 240 rats afin d’obtenir des résultats statistiques interprétables. De plus, trois prélèvements sanguins seront effectués sur chaque animal de façon à réaliser une étude longitudinale de la modification des facteurs sanguins par la lésion dopaminergique et/ou le traitement permettant une réduction du nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les expérimentations sont réfléchies de façon à minimiser au maximum l’inconfort, la douleur, la détresse ou l’angoisse des animaux au cours des différentes procédures de ce projet (actes réalisés par du personnel expérimenté, médicamentation définie avec le vétérinaire référent et prise de nourriture basés sur le comportement spontané des animaux dans leur cage d’hébergement et ne nécessitant pas d’intervention directe de l’expérimentateur). Lors de la chirurgie nous aurons recours à l’anesthésie générale avec monotoring de la température corporelle, additionnée d’une anesthésie locale en présence d’antalgique. Le traitement antalgique sera poursuivie au lendemain de la chirurgie voire 48h post-opératoire si l’état de l’animal le nécessite. Des points limites gradés, précis et adaptés ont été définis de façon à obtenir un arbre décisionnel en fonction des observations faites et aboutir à une gestion optimale de ceux-ci. Des critères d’arrêt de souffrances, appelés points limites terminaux sont définis au bout de arbre décisionnel. Les rats sont hébergés deux par cage dès que possible, avec eau et nourriture ad libitum, sauf à partir de J85 et pendant 50 jours soit jusqu’à J135. L’hébergement en animalerie est réalisé en portoir ventilé, dans des pièces à température et hygrométrie régulées et contrôlées selon les normes en vigueur. Un enrichissement par bâton de bois à rogner est disponible. Un tunnel sera également rajouté lorsque les animaux seront isolés. Les animaux sont manipulés de façon hebdomadaire dès la chirurgie puis quotidiennement au cours du protocole comportemental, leur permettant une habituation à un binôme d’expérimentateurs, qui reste le même tout au long de l’étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le rat possède des réponses neuronales proches de celles observées chez l’Homme. Aussi, la modélisation de la maladie de Parkinson est détaillée et maîtrisée chez cette espèce. Le rat est un animal couramment utilisé dans les évaluations comportementales, notamment dans ce test de prise compulsive de nourriture. Nous utiliserons des rats avec un niveau de consanguinité limité ce qui permet une variabilité génétique majeure entre les individus afin de modéliser au mieux la variabilité interindividuelle humaine. Les animaux utilisés seront adultes, permettant de se rapprocher du stade de développement de la maladie de Parkinson.