
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-621213)
1016 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modéré à sévère. Ces souris transgéniques modèles d’Alzheimer subissent une chirurgie cérébrale de une à cinq heures, une restriction d’eau, puis des épreuves de mémoire dans un labyrinthe en T, une partie tête immobilisée sur une boule flottante en réalité virtuelle. Elles sont toutes tuées pour vérifier le placement des dispositifs d’enregistrement dans le cerveau. Le porteur renvoie au conditionnel les bénéfices d’un traitement par stimulation lumineuse, qu’il envisage à terme de recommander au plus grand nombre.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La maladie d’Alzheimer (MA) est la cause la plus fréquente de démence. La prise en charge des patients dès le stade précoce améliore grandement leur qualité de vie. La phase précoce se traduit chez les patients par des altérations de la flexibilité mentale et notamment de leur capacité à s’orienter dans un environnement. En effet, la navigation spatiale d’un individu peut être réalisée avec deux types de stratégies. La première est l’orientation à l’aide d’indices extérieurs nécessitant de la flexibilité et des choix dit « souples ». L’autre stratégie s’appuie davantage sur des habitudes motrices (ex : tourner à sa gauche) et conduit à des choix dit « rigides ». Les malades au stade précoce présentent des difficultés à utiliser la stratégie avec flexibilité. Ce projet propose d’examiner les altérations cérébrales accompagnant ces symptômes précoces sur un modèle animal. Tout d’abord, nous caractériserons les circuits cérébraux responsables des comportements « flexibles » et « rigides » lors de tâches mnésiques à l’aide d’outils d’imageries à très haute résolution. Puis, nous utiliserons des souris transgéniques, pour mimer la phase précoce de la MA et les testerons dans des tâches comportementales solicitant la flexibilité mentale : test d’association place-objet et d’orientation spatiale dans un labyrinthe en T. Le premier test consiste pour l’animal à mémoriser 2 objets selon leur nature et leur localisation. Le deuxième test consiste à explorer un labyrinthe en forme de T pour trouver des récompenses d’eau sucrée. L’animal choisira d’utiliser les repères spatiaux ou bien de tourner systématiquement vers un côté. Notre modèle murin préférera se tourner automatiquement. Par comparaison entre souris, nous révèlerons ainsi les réseaux neuronaux altérés dans la phase précoce de la MA. L’originalité de ce projet est la révélation de la communication en temps réel entre plusieurs zones du cerveau. Des dispositifs d’imageries ultra-innovants permettront de suivre des marqueurs moléculaires d’activité à différentes résolutions. Par ailleurs, nous testerons aussi un nouveau traitement qui semble très prometteur chez les patients : une stimulation visuelle oscillatoire d’une heure par jour, appelée vGENUS. Nous regarderons si ce traitement lumineux permet à nos souris d’apprendre mieux (comme chez les patients) et caractériserons les modifications sur les réseaux neuronaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de mieux d’identifier et comprendre de nouveaux marqueurs précoces de la maladie d’Alzheimer. En comprenant les mécanismes d’action du nouveau traitement vGENUS sur un modèle animal, nous pourrions envisager d’optimiser son efficacité ou trouver des nouveaux traitements similaires et vérifier qu’il n’induit pas d’effet indésirable. Si aucun effet secondaire n’est révélé (comme il semblerait d’après les premières études), nous pourrons recommander ce traitement, d’une extrême simplicité, non invasif et peu onéreux, au plus grand nombre de patients possibles, dès que le diagnostic est réalisé, et idéalement au stade le plus précoce de la maladie, voir envisager de l’utiliser en préventif sur des sujets sains âgés, dès les premiers signes de dégradation de la mémoire.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à une chirurgie de 1h à 4-5h selon la procédure sous anesthésie générale et analgésie pré- et post-opératoire. Les animaux auront un repos post-opératoire pendant quinze jours dans une cage individuelle avec du matériel de nidation (frisure en carton) et enrichissements (batônnets à ronger, tunnel). Puis, les animaux commenceront l’habituation à la manipulation et réaliseront deux tests comportementaux. Au cours de la procédure, les animaux pourront recevoir une stimulation lumineuse blanche, d’une 1h par jour le matin pendant 2 semaines, comme traitement potentiel contre les symptômes de la MA. Le premier test comportemental durera deux jours avec 1 à 2 sessions par jour de 10 minutes où l’animal doit explorer et mémoriser des objets. Puis, le deuxième test comportemental sera réalisé sur 3 semaines avec des sessions 10 à 30 minutes par jour pendant 5 jours ouvrés dans un labyrinthe en forme de T. Pour cette période de 3 semaines, les animaux seront habitués au préalable à boire sur 2 tranches horaires dans la journée : le matin, pour que les animaux recherchent de l’eau sucrée dans le labyrinthe, ainsi qu’en fin de journée. Une partie des animaux réaliseront ce test dans un espace virtuel dans lequel l’animal est maître de ses mouvements en se déplaçant sur une grosse boule flottante, tout en ayant la tête immobilisée pour réaliser les enregistrements optiques à très haute résolution. Les animaux sont pesés quotidiennement sur ces 3 semaines. Les mesures de l’activité cérébrale ont lieux sur les animaux vigiles pendant les tâches comportementales puis pendant le sommeil sur 4h. Les animaux seront câblés 24h/24h, 7 jours sur 7 à partir des tests comportementaux jusqu’à la fin de la procédure, 2 à 3 mois plus tard.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris modèles de la maladie d’Alzheimer développent avec l’âge l’apparition de marqueurs moléculaires de la maladie et des déficits de mémoire comparable à ceux des patients. Les chirurgies sont réalisées sous anesthésie générale et traitements analgésiques et anti-inflammatoires pré- et post-opératoires. Des points limites ont été établi permettant de soustraire l’animal à la souffrance. L’hébergement est réalisée en cage individuelle depuis la chirurgie jusqu’à la fin de la procédure. Les animaux auront un accès restreint à l’eau de boisson sur 2 plages horaires quotidiennes lors du test comportemental dans le labyrinthe en T. Une déshydratation modérée peut alors apparaître et avoir un impact sur la prise alimentaire (risque perte de poids limitée à 15% du poids initial). Une partie des animaux réaliseront ce test dans un espace virtuel avec la tête immobilisée nécessitant une habituation progressive renforcée. La stimulation visuelle utilisée comme traitement potentiel ne produit pas d’effets indésirables connus à ce jour chez le rongeur et pourrait être bénéfique pour l’animal en retardant l’apparition des premiers symptômes de la maladie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont tous mis à mort à la fin de toutes les procédures pour vérification du placement dans les structures cibles du cerveau des systèmes de stimulation et d’enregistrement.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro (cellules, organes isolés) ou in sillico (par ordinateur). En effet, ce projet utilise une approche innovante d’imagerie à grande échelle, basée sur l’enregistrement simultané de plusieurs zones cérébrales en activité chez la souris. De plus, ce projet nécessite une observation comportementale lors d’épreuves de mémoire, ainsi qu’une prise de décision d’adaptation, de choix de stratégie, uniquement possible chez l’animal vivant et éveillé.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’obtenir des résultats fiables et robustes à l’issue de l’étude tout en tenant compte des variabilités entre individus, le nombre d’animaux utilisés a été déterminé statistiquement. Toujours dans l’idée de réduire au maximum, les animaux subiront un enchaînement de gestes expérimentaux au sein d’une même procédure. Un maximum d’enregistrements sera réalisé pendant l’éveil et le sommeil, afin d’obtenir le plus d’informations possible.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés seuls à la suite de la chirurgie et tout le long de la procédure. Toutefois, les souris garderont le contact visuel, auditif et olfactif avec leurs congénères dans la salle d’hébergement grâce à des cages transparentes et avec des grilles laissant passer les odeurs. L’isolement permet d’éviter que les animaux ne rongent, ne détériorent les implants ou les dispositifs d’enregistrement et ne se blessent. Des enrichissements (matériel de nidification, batônnet à ronget) sont placés dans la cage pour favoriser le bien-être animal. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Les chirurgies seront réalisées sous anesthésie générale et traitement anti-douleur pré- et post-opératoires. Des points limites ont été établis permettant de soustraire à l’animal à la souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utilisons des souris dans cette étude, car c’est l’espèce dans laquelle il existe le meilleur modèle animal de la phase précoce de la MA connu à ce jour. En effet, ces souris transgéniques choisies présentent la physiopathologie et des symptômes les plus proches des patients Alzheimer à ce stade précoce. Ces souris ont déjà été soigneusement caractérisées dans les tâches comportementales nécessitant de la flexibilité mentale et montrent des déficits de mémoire avant l’apparition des marqueurs moléculaires ou cellulaires tels que des plaques amyloides ou mort neuronale. Nous n’utiliserons que des animaux adultes à partir de l’âge de 3 mois avec des structures cérébrales mâtures. L’âge pourra être réajusté selon les résultats obtenus (5 ou 7 mois).