Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Des injections répétées dans une veine proche de l’œil, deux fois par semaine pendant un à cinq mois, avec un risque reconnu de nécrose et de cécité : 201 souris vont être utilisées, toutes tuées, la plupart dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré. Chaque souris reçoit d’abord un allergène sur la peau, puis ces injections de cellules sanguines traitées aux ultraviolets, l’épaisseur de l’oreille étant mesurée sous anesthésie gazeuse répétée. Le projet vise à préciser la durée utile d’un traitement déjà employé chez des patients depuis parfois plus de vingt ans. Le porteur situe les points limites au moment où surviennent cécité ou troubles du comportement, complications qu’il juge rares.

NTS-FR-635300v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système immunitaire · Troubles immunitaires ·
Mots-clés
Rejet de greffe, Immunothérapies, Réponse immunitaire
Souris : 201

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le traitement des cellules du sang par ultraviolets est un traitement de référence de nombreuses maladies immunologiques et permet de traiter des complications sévères de greffes de moëlle osseuse ou de certains rejets sévères de greffes d’organes. Il consiste à collecter des cellules du sang des patients, les mettre en contact avec des ultraviolets (comparables à des rayons du soleil grâce à une machine spécifique) et à les réinjecter par voie intraveineuse, ceci pendant plusieurs mois voire plusieurs années. Il entraine des améliorations de la maladie et limite les complications sévères en agissant sur de multiples cellules ou molécules. Compte tenu de la complexité des maladies chez l’homme et des multiples organes touchés, les études chez l’homme sont difficiles. Il faut souligner que les principales avancées concernant la connaissance des mécanismes d’action de ce traitement ont été permises grâce aux études chez la souris. Récemment l’analyse des réponses du système immunitaires a été améliorée avec la mise en évidence du rôle de cellules mémoires résidant dans les tissus (peau, muqueuse, organes…) appelées cellules résidentes mémoires. Ces cellules protègent d’infections mais peuvent également générer des réactions immunitaires pathologiques et sévères (rejet de greffes, etc…). En plus de ses effets sur le système immunitaire dans le sang ou les ganglions lymphatiques, nous pensons que le traitement des cellules du sang par ultraviolets a un effet bénéfique sur la fonction de ces cellules anormales présentes au niveau de la peau ou d’autres organes et ce traitement pourrait éviter d’entrainer ou d’aggraver la maladie. Plusieurs arguments soutiennent cette hypothèse. Premièrement, l’effet d’un traitement par ultraviolets chez les patients persiste plusieurs mois après son arrêt (suggérant un effet sur des populations cellulaires mémoires des tissus). Deuxièmement, il diminuerait la disponibilité de molécules indispensables à la formation ou la survie des cellules mémoires résidant dans les organes. Il a d’ailleurs été montré que ce traitement par ultraviolets entraine une diminution du nombre de ces cellules mémoires résidant dans le colon, associée à une amélioration de la maladie. Notre projet a donc pour objectif d’étudier la formation de ces cellules résidentes mémoires de la peau ainsi que leurs fonctions et survie dans la peau après un traitement des cellules du sang par ultraviolets. Ceci améliorera le schema de traitement des patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le traitement des cellules du sang par ultraviolets est un traitement de référence de nombreuses complications immunologiques mais l’insuffisance de connaissance de ses mécanismes d’action limite son utilisation. Ce projet permettra de mieux comprendre son influence sur un plan inexploré des réactions immunitaires anormales, c’est à dire sur les cellules immunitaires persistant au sein des tissus. Sur un plan pratique ceci permettra de préciser les schémas thérapeutiques et la durée d’utilisation de ce traitement chez des patients avec des pathologies sévères et étant souvent hospitalisés, et ceci en se basant sur des arguments scientifiques. A titre d’exemple certains patients sont traités depuis plus de 20 ans par ce traitement et inversement certaines équipes arrêtent ce traitement systématiquement après 6 mois de traitement sans argument scientifique. Sur un plan scientifique, ce projet vise à montrer que le traitement des cellules du sang par ultraviolet exerce un effet bénéfique sur la formation, la fonction, la survie des cellules immunitaires persistant au sein des tissus. Il sera suivi, par des travaux complémentaires aynat pour but d’explorer les voies impliquées dans ce bénéfice induit par ce traitement. Cette étude permettra également de savoir comment utiliser ce traitement pour éviter une récidive au sein des tissus et comment améliorer le planning et l’éfficacité du traitement des patients en ce sens.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux recevront une application sur la peau d’un produit allergisant entrainant une réaction immunitaire localisé sur la peau L’application de ce produit sera effectuée sur le ventre rasé des souris au début des procédures. Ce geste n’entraine pas de douleur (rasage + application du produit) sera réalisé sur animal vigile et durera au maximum 1 minute. Cinq jours après, les animaux recevront des applications du même produit sur les oreilles à raison de 2 fois sur l’ensemble du protocole afin d’induire une réaction immunologique. Cette intervention sera réalisée sous anesthésie générale par injection d’un produit anesthésiant (durée d’injection de quelques secondes et durée d’anesthésie d’une heure) afin d’éviter que les souris ne lèchent le produit avant sa pénétration dans la peau. L’anesthésie durera environ 30 minutes. Les animaux auront également une injection veineuse (qui dure 5 secondes) de cellules du sang préalablement traitées par ultraviolets à raison de 2 fois par semaine sur une période de 1 à 5 mois. Cette injection a lieu dans un veine proche de chaque œil, en alternant le coté d’injection à chaque injection. Les animaux seront endormis par anesthésie gazeuse (1 minute) le temps de l’injection et auront une application d’une pommade ophtalmique anesthésiante. Enfin, les oreilles des souris seront mesurées 5 fois par semaine pendant 2 semaines, afin de suivre l’inflammation (l’augmentation de l’épaisseur de l’oreille étant un des signes de l’inflammation). Ces mesures seront effectuées sur animaux anesthésiés par anesthésie gazeuse (durée de l’anesthésie gazeuse : 1 minute) afin d’éviter de générer un stress trop important chez les souris et pour réaliser les mesures les plus fiables et reproductibles possible. Tous ces gestes seront réalisés par des personnes expérimentées qui les ont déjà réalisés de nombreuses fois.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’application de la substance allergisante sur la peau n’entraine pas de douleurs et a l’avantage de n’induire que très peu de démangeaisons. Des anesthésiques injectables seront utilisés avant application cutanée de la substance allergisante pour éviter que les souris se grattent et se lèchent au sein de la zone appliquée. Les souris pourraient avoir des douleurs lors de l’injection intraveineuse dans la veine proche des yeux (ceci est prévenu par pommade ophtalmologique anesthésique et par anesthésie gazeuse) et lors de la mesure de l’œdème de l’oreille avec un petit appareil commercialisé et adapté à ces mesures chez la souris (ceci est prévenu par anesthésie gazeuse). Les injections dans les veines proche des yeux répétées pourraient induire des risques de blessure aux yeux (et au pire une nécrose ophtalmique et donc une cécité) et les anesthésies gazeuses répétées pourraient induire des troubles du comportements (souris prostrées, mouvements répétitifs désorganisés, mutisme, isolement et absence de prise alimentaire). La probabilité que ces complications surviennent reste très faible lorsque les expérimentateurs sont formés. De plus la définition de points limites avec la survenue de ces complications et la décision d’euthanasie en cas de leur survenue permet d’éviter des souffrances aux souris. Ces points limites bien définis (correspondant aux complications ophtalmologiques et troubles du comportement décrits ci-dessus), suffisamment précoces et prédictifs ont été mis en place pour prévenir tout stress et toute souffrance de l’animal et en cas de leur survenue la décision sera alors prise d’euthanasier les souris concernées.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Une mise à mort sera réalisée à l’issue des procédures du fait du prélèvement nécessaire d’oganes vitaux (oreille et sa peau).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pour l’instant aucun test in vitro satisfaisant permettant d’évaluer la réponse au traitement par ultraviolets des cellules sanguines

2. Réduction

3R / Réduction :

L’estimation du nombre d’animaux par groupe a été réalisée sur la base de notre expérience ainsi que sur la littérature scientifique. Dans toutes les procédures, nous incluons suffisamment d’animaux avec un nombre de 10 animaux par groupe afin de réaliser des analyses statistiques pertinentes et robustes. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, nous avons associé la mesure de l’épaisseur de l’oreille sur 10 souris de J30 à J35 et la quantification du nombre de cellules immunitaires de la peau à J30 sur les mêmes expérimentations. Le minimum de souris donneuses sera utilisé pour préparer les différents types de cellules traitées par ultraviolets et injectées aux souris. En effet 1 seule souris permettra de réaliser les 3 types de cellules qui sont réinjectées. Il y aura plus de groupes d’intérêt au début de l’expérimentation mais ceci permettra de définir le meilleur type de cellules à traiter par ultraviolet. Nous garderons alors cette condition expérimentale et ce type de cellules à traiter par ultraviolet pour les autres procédures. Ceci permettra de réduire le nombre d’animaux utilisés dans la suite de l’expérimentation et dans les projets futurs qui seront réalisés à la suite des avancées scientifiques permises par ce projet. De plus pour toutes les procédures, nous n’utiliserons que 2 souris pour le groupe témoin nommé « témoin irritation » et qui vise à valider les résultats des mesures d’épaisseur de l’oreille.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des mesures seront mises en œuvre pour optimiser le bien-être des animaux. A leur arrivée dans l’animalerie, une période d’acclimatation d’une semaine sera respectée avant le début de la procédure expérimentale. Des mesures sont prises pour éviter les douleurs et stress avant chaque geste : utilisation de pommade ophtalmologique anesthésiante et anesthésie générale gazeuse avant injection dans les veines proches de l’œil (qui sera alternée sur chaque œil pour éviter d’éventuels dommages aux yeux, par des expérimentateurs ayant une grande expérience de ce geste), anesthésie générale par injection d’anesthésiques avant application de substance allergisante sur l’oreille (pour éviter que les souris se lèchent) et anesthésie gazeuse lors de chaque mesure d’épaisseur de l’oreille. Le volume injecté par voie intraveineuse de cellules traitées par ultraviolet est limité à 0,1 ml afin d’éviter toute surcharge de volume sanguin à la souris. L’application du produit entrainant une réaction immunitaire sur le ventre de souris sera effectuée après rasage, sans anesthésie car ces 2 gestes n’entrainent aucune douleur. Tous ces gestes sont effectués en routine par notre équipe. Un suivi des souris sera réalisé après chaque injection de cellules traitées par ultraviolet et après chaque application cutanée de produit entrainant une réaction immunitaire afin de contrôler l’absence de modification du comportement ou de la prise alimentaire. L’observation des animaux sera effectuée 5 jours/7 et nous attacherons une grande importance à l’apparence physique externe et aux changements comportementaux de ceux-ci. Des points limites bien définis et suffisamment précoces et prédictifs ont été mis en place pour prévenir tout stress et toute douleur de l’animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce souris est un modèle très utilisé dans les études immunologiques en raison des nombreux outils mis à disposition pour l’analyse des réponses immunitaires. Cette espèce est très proche de l’homme en ce qui concerne certains marqueurs de la réponse immunologique. Ce modèle reste indispensable dans le développement et la validation de nouvelles stratégies de traitement immunologiques chez ces patients avec complications immunitaires graves. Les souris provenant de fournisseurs arrivent à l’âge de 6 semaines et sont acclimatées une semaine. Le protocole démarre à 7 semaines, âge auquel les souris présentent un système immunitaire suffisamment mature pour effectuer une immunisation efficace.