Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Greffées d’une tumeur sous la peau puis injectées de cellules immunitaires reprogrammées, 723 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l’issue pour prélèvement de tissus. Chaque animal peut subir jusqu’à douze séances d’imagerie sous anesthésie et six à sept prélèvements sanguins, sur des souris dont le système immunitaire a été modifié pour accepter des cellules humaines. Le porteur affirme qu’on ne peut pas encore se passer d’un modèle sur « organisme entier » avant les essais chez l’être humain. Les retombées annoncées, un traitement plus puissant, plus sûr et moins coûteux, restent renvoyées au conditionnel et à un éventuel passage en clinique.

NTS-FR-656304v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Oncologie, Immunologie, Thérapie cellulaire
Souris : 723

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Notre corps possède des défenses naturelles contre les maladies : le système immunitaire. Celui-ci est constitué notamment de cellules tueuses, qui peuvent éliminer des cellules infectées ou anormales. Cependant lors d’un cancer, ces cellules n’ont pas forcément la capacité de reconnaître les cellules cancéreuses. Ainsi le cancer se propage. Des nouvelles approches de thérapie cellulaire, appelées CAR-T ou TCR-T, améliorent cette capacité à cibler les cellules cancéreuses. Les cellules tueuses issues d’un patient atteint d’un cancer sont modifiées génétiquement pour que celles-ci ciblent au mieux les cellules cancéreuses. Cependant, cette approche est 100% personnalisée : longue, coûteuse et incertaine. Pour contourner ces limites, nous développons une alternative : des cellules tueuses reprogrammées « universelles » issues d’un donneur sain et non pas d’un patient. Ces cellules universelles peuvent s’adapter au système immunitaire de chaque patient, sans risque de rejet, rendant le traitement plus rapide et accessible. L’objectif de cette étude est de tester ces cellules universelles dans un modèle de souris afin d’observer leur comportement et leur efficacité contre le cancer. Nous voulons notamment vérifier si une modification spécifique améliore leur action anticancéreuse. Fort de nos résultats obtenus dans un contexte des cancers du sang, nous souhaitons à présent mener les expérimentations pour éliminer les cancers solides. Ce besoin médical est aujourd’hui très présent, les traitements actuels étant peu efficaces. À terme, ce projet pourrait ouvrir la voie à des thérapies plus efficaces et accessibles contre le cancer, en simplifiant la production des cellules T modifiées pour une utilisation en clinique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats positifs de ce projet pourraient aboutir à la mise sur le marché d’un nouveau médicament de thérapie cellulaire pour les patients en impasse thérapeutique. Ce médicament sera à la fois plus puissant et plus sûr que les traitements actuels, produit à des coûts drastiquement diminués (puisqu’il s’agit d’une thérapie cellulaire universelle) et donc disponibles à l’ensemble des patients qui en ont besoin. De plus, cela permettra d’avoir un modèle de souris pertinent pour les études des cellules tueuses reprogrammées.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : Injection de cellules tumorales par voie sous-cutanée, avec anesthésie (1x/souris, durée ~5 minutes). Injection de cellules thérapeutiques matures ou immatures par voie intraveineuse, sans anesthésie (1x/souris, durée ~5 minutes). Injection d’un médicament afin de permettre la prise de greffe des cellules thérapeutiques immatures (1x/souris, durée ~1 minute). Imagerie sous anesthésie générale, jusqu’à 12 fois par souris (durée ~10 minutes par session, 1x/semaine), précédée d’une injection d’un agent de détection des cellules injectées sur souris vigile (jusqu’à 12x/souris, durée ~1 minute). Prélèvements sanguins, réalisés sous anesthésie et analgésique (6-7x/souris, ~1 minute, 1x/2semaines) et (1x/souris, ~5 minutes, pour le dernier prélèvement).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Stress : l’ensemble des manipulations, contentions et transports peut engendrer un stress chez les souris. Douleurs légères : présentes après une injection intraveineuse (de cellules T modifiées matures, non matures) ou abdominale et prélèvements sanguins sous antidouleur. Altération de l’état général possible, en lien avec le développement de la tumeur (ex : perte de poids).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort car nous prélèverons des tissus post-mortem pour analyse ou si un point limite est atteint au cours de procédure.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les cellules tueuses du cancer ont été étudiées en laboratoire. Cependant, la réponse du système immunitaire est très complexe, car elle implique différents types de cellules et des interactions spécifiques. Cela rend difficile à étudier la réponse complète seulement en laboratoire. Pour cette raison, nous devons utiliser des souris pour ces recherches thérapeutiques, car on ne peut pas encore se passer d’un modèle préclinique avant les essais clinique chez l’homme. De plus, on utilise des souris modifiées et disponibles à l’achat pour avoir un système immunitaire humain, ce qui permet de tester des cellules humaines directement applicables ensuite en essai clinique. Avant d’être testées chez la souris, les cellules ont été validées dans notre laboratoire selon nos meilleures connaissances. Nous obtenons ainsi des informations qui ne peuvent être obtenues que chez la souris et nous les utiliserons pour réduire davantage le recours aux expérimentations animales à l’avenir.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe a été réduit au minimum sans toutefois compromettre l’analyse statistique des résultats. En effet, un outil statistique a été utilisé pour calculer le bon nombre d’animaux à utiliser. Suivre les animaux au fils du temps par des analyses répétées comme la mesure de la taille de la tumeur (grossissement de la tumeur) et le contrôle du sang entraîne une meilleure analyse de l’effet biologique, ce qui permet des données robustes avec un faible nombre de souris.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tout au long de ce projet, nous serons attentifs au bien-être des animaux grâce à un suivi quotidien des animaux afin d’observer leur comportement, leur apparence et tous signes qui permettraient d’identifier des indications révélatrices de souffrance animale. Des points limites clairs et précoces sont définis pour arrêter le projet afin de limiter la souffrance des animaux. Un tapis chauffant sera mis en place afin d’éviter l’hypothermie de l’animal et du gel hydratant oculaire sera appliqué afin d’éviter un dessèchement des yeux lors des séances d’imagerie. Les animaux seront placés sous anesthésie générale et auront des antidouleurs adaptés. De plus, ce projet fait suite à une étude bibliographique afin de raffiner au maximum les expériences, les injections et les prélèvements. Les animaux seront maintenus en groupes sociaux pour éviter le stress lié à l’isolement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous utiliserons des souris mâles et femelles à parts égales (50/50) pour cette étude. Ce choix repose sur le fait que les procédures impliquent des souriceaux, pour lesquelles il n’est pas possible de sélectionner le sexe à la naissance. Par souci de cohérence expérimentale, nous appliquerons donc la même répartition (50/50) à l’ensemble des souris utilisées dans cette étude. À part les souriceaux, dans cette étude nous utiliserons des souris de 4–5 semaines et de 6–8 semaines..