
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-02 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-643013)
376 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque souris subit une lésion de la moelle épinière sous anesthésie, par section partielle ou par contusion, provoquant une paralysie des pattes, une incontinence urinaire, un risque d’escarres et une douleur pouvant atteindre l’hyperalgie et l’allodynie. L’objectif est de tester un traitement oral limitant la cicatrice gliale pour favoriser la récupération motrice. Le porteur affirme que les cultures cellulaires ne reproduisent pas la complexité de la lésion in vivo et qualifie ce modèle animal d' »incontournable ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lésions de la moelle épinière (LME) touchent 2.5 millions de patients dans le monde (dont 40 000 en France) et induisent des symptômes allant de troubles neurologiques sensori-moteurs minimes à la tétraplégie complète souvent associés à des douleurs neuropathiques. Il n’existe aucun traitement curatif efficace pour aucun des symptômes induits par une LME. Il est donc de grand intérêt de mettre en place des stratégies thérapeutiques visant à augmenter la récupération motrice et sensitive suivant une LME. Après une lésion de la moelle épinière une cicatrice se forme et constitue un obstacle physique et chimique à la repousse des cellules nerveuses lésées, empêchant ainsi la récupération fonctionnelle. Cette cicatrice est majoritairement composée de deux types de cellules. Nous avons montré chez des individus jeunes, qu’un traitement pharmacologique qui limite la prolifération d’une des deux populations cellulaires formant la cicatrice, donné par voie orale avant et juste après une section partielle de la moelle épinière favorise la récupération motrice chez les souris. Dans un but de transposition à la clinique, nous allons tout d’abord étendre notre approche (1) à un traitement initié plus tardivement lors de phases chroniques après la LME (transposition aux patients chroniques) et (2) à des individus plus âgés. De plus nous allons tester ces approches dans un autre modèle de LME, la contusion (ou choc) médullaire, plus proche de la réalité clinique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lésions de la moelle épinière (LME) induisent des symptômes allant de la paraplégie partielle à la tétraplégie complète. Il n’y aucun traitement curatif. Développer des travaux s’intéressant aux phases aiguës et chroniques représentent donc un enjeu majeur tant sur le plan de la santé individuelle que sur le plan économique et social. Les lésions médullaires étant d’origines variées chez l’homme (section par arme blanche, choc et écrasement…) nous utilisons des modèles similaires chez l’animal car ils représentent actuellement les paradigmes expérimentaux les plus pertinents pour comparer à la pathologie humaine. De plus, l’étude à des âges différents est aussi importante dans un contexte de translation à la clinique avec une population vieillissante dans les pays industrialisés. Notre projet est donc conçu avec un objectif de recherche translationnelle grâce à (1) l’utilisation d’un traitement par voie orale, (2) le traitement post lésionnel en phases aigüe et chronique, (3) l’analyse dans 2 modèles lésionnels, (4) l’étude d’individu jeunes et âgés, et (5) le suivi de l’évolution de la lésion par IRM comme chez l’homme. Nous obtiendrons aussi des informations mécanistiques sur le dialogue moléculaire des deux populations cellulaires formant la cicatrice gliale.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tout ou partie des animaux seront soumis à plusieurs interventions. Le prélèvement de tissu d’oreille est nécessaire pour effectuer le génotypage des animaux et sera effectué sur animaux vigiles de manière unique au moment du sevrage (J21). Les animaux subiront des lésions de la moelle épinière sous anesthésie générale d’une durée 30 min (n=376) . Les animaux seront évalués à différents temps au niveau comportemental (2 tests différents sans contraintes pour l’animal) afin de déterminer la récupération des fonctions motrices après lésion de la moelle épinière (fréquence, durée, nombre). La moitié des animaux recevra via l’alimentation un traitement pharmacologique pour une durée de 7 jours soit juste après la lésion, soit 4 semaines ou 10 semaines après la lésion (le composé est inséré dans les croquettes). Les animaux recevront des injections quotidiennes en intra-péritonéal durant 7 jours soit juste après la lésion, soit avant l’euthanasie des animaux en fonction des groupes étudiés. Les animaux recevront une injection en sous cutanée d’anesthésique local (moins de 1min) puis une injection IP d’anesthésique (moins d’1 minute) afin de procéder aux prélèvements de tissus post-mortem et d’initier les études moléculaires, cellulaire ainsi que l’analyse des tissus.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le génotypage peut induire un stress pour l’animal. Les injections quotidiennes en i.p. peuvent induire un stress pour l’animal. Nuisances motrices : paralysie de la patte arrière du côté de la lésion spinale (hémisection) ou des deux pattes (contusion), une récupération spontanée du support de poids est observée dès le 5ème jour après lésion dans le cas de l’hémisection et dès le 14ème jour après la lésion dans le cas de la contusion. Nuisance urinaire : le contrôle du sphincter urinaire est altéré dans les deux modèles lésionnels, une récupération spontanée est observée dès le 7ème jour après lésion dans le cas de l’hémisection et le 14ème jour après une contusion. Nuisances sensitives : suite à la chirurgie des signes de détresse (pilo-érection, déshydratation, apparence voûtée, yeux enfoncés ou comportement d’isolement) peuvent être observés. 24-48hrs suivant la lésion, la douleur des animaux peut être de niveau 3 (hyperalgie, allodynie). Suite à la chirurgie, une perte de poids est observée pendant 1 à 2 jours après la lésion. A cause de la paralysie des escarres peuvent se former. Suite à la lésion, des comportements de domination peuvent être observés. Une anesthésie peut induire une hypothermie transitoire et un dessèchement de la cornée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin des expériences, les animaux seront euthanasiés afin collecter les tissus d’intérêt pour faire des analyses post mortem histologiques, cellulaires et moléculaires. Notre projet est donc conçu avec un objectif de recherche translationnelle grâce à (1) l’utilisation d’un traitement par voie orale, (2) le traitement post lésionnel en phases aigüe et chronique, (3) l’analyse dans 2 modèles lésionnels, (4) l’étude d’individu jeunes et âgés, et (5) l’imagerie de la lésion par IRM. Nous obtiendrons aussi des informations mécanistiques sur le dialogue moléculaire des deux populations cellulaires formant la cicatrice gliale. L’analyse des tissus du système nerveux central est le seul moyen permettant de valider ou non nos hypothèses.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La règle des 3R sera appliquée. L’alternative à l’expérimentation animale est encouragée par l’utilisation des cultures primaires de neurones et de cellules gliales. Néanmoins, l’environnement cellulaire des neurones dans son ensemble (astrocytes, microglies) est limité par les co-cultures. Les cellules cultivées ne peuvent pas remplacer la complexité physiologique et pathologique que l’on a in vivo. In vivo un nombre important de populations cellulaires interagissent tant sur le plan moléculaire que structurel, ceci ne peut être reproduit in vitro. Les modèles animaux de traumatisme médullaire représentent donc actuellement le paradigme expérimental le plus pertinent qui reproduit fidèlement la pathologie humaine. Ces modèles animaux seront utilisés pour étudier l’altération tissulaire et cellulaire ainsi que les modifications moléculaires in vivo et nous aideront à évaluer de nouvelles approches thérapeutiques. Ces approches thérapeutiques ne peuvent être menées que chez l’animal et représentent une étape préclinique capitale et incontournable si l’on projette une application clinique.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permet l’utilisation de tous les animaux produits. De plus de nombreuses analyses sont effectués sur les mêmes animaux. Grâce aux études précédentes que nous avons mené mais également par anticipation des approches statistiques que nous utiliserons nous avons déterminé un nombre d’animaux permettant de conclure sans engager d’expériences supplémentaires tant pour les approches comportementales, histologiques (évaluation de la puissance statistique d’un protocole en fonction des effectifs) . Afin d’optimiser les lots, nous avons décidé de développer cette étude portant à la fois sur les 2 sexes, mais également à deux âges différents, ce qui permet l’utilisation de tous les animaux générés. Dans le cadre de l’étude transcriptomique, nous veillons à optimiser les lots d’animaux générés en réservant les animaux porteurs du transgène pour les expériences de biologie moléculaire, les compagnons de portée non transgénique seront utilisés dans les autres expériences.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le stress, les expérimentateurs seront toujours les mêmes au cours de l’étude et les animaux seront habitués aux tests. Une attention particulière sera portée à l’enrichissement de l’environnement (hutte, coton). Pour la gestion de la douleur, utilisation d’anesthésiants adaptés mais compatible avec les lésions de la moelle épinière et le type de données analysées (biais). Réduction de la souffrance : soins quotidiens spécifiques (zone d’incision vérifiée, vessie vidangée manuellement 2 fois par jour, absence d’escarre, prise alimentaire vérifiée). Signes de détresse vérifiés 2 fois par jour après la lésion [au moins 2 semaines, (pilo-érection, déshydratation, apparence voûtée, yeux enfoncés, perte de poids, comportement d’isolement)]. Nous utilisons une évaluation par grille de score adaptée permettant après concertation de déterminer un seuil de souffrance nécessitant l’euthanasie de l’animal concerné.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris sont les animaux le plus utilisées dans le cadre de la recherche sur les LME, en particulier avec le développement de plusieurs modèles chirurgicaux différents (section, compression, contusion). Travailler avec cette espèce nous permet de comparer avec les résultats précédemment obtenus dans notre groupe et dans les autres équipes de recherche. Les souris expriment un marqueur fluorescent, ), spécifiquement dans les astrocytes et la microglie . Ceci permet le tri cellulaire et l’obtention de population pure de cellules ainsi que l’identification sans marquage des cellules gliales . Nous travaillons avec ces deux souches depuis de nombreuses années et avons donc de nombreuses données disponibles. Les animaux sont opérés à 3 mois et observés pendant 1, 2, 6 ou 12 semaines. Nous utilisons des animaux adultes car les souris plus jeunes présentent des phénomènes de récupération spontanée plus importants et surtout non homogènes. Ceci n’est ni compatible avec des analyses statistiques fiables ni avec notre optique de transposition à la clinique. Les animaux sont gardés 1, 2, 6 ou 12 semaines pour avoir un suivi des évènements moléculaires, cellulaires, tissulaires et phénotypiques en phase chronique. Ceci est primordial dans le cadre d’une transposition à la clinique pour des patients aigus et chroniques.