Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La Dystrophie Myotonique de type 1 ou maladie de Steinert est une maladie génétique rare sans traitement affectant tous les organes, mais caractérisée principalement par un problème de décontraction des muscles. Elle est causée par la perte d’activité d’une protéine, MBNL, dont le rôle est de régler les niveaux de dizaines de gènes. Son inactivation a donc des conséquences très importantes sur tous les organes (muscle, cœur, appareil respiratoire) et les patients les plus sévèrement atteints meurent prématurément des défaillances de ces organes. Des études réalisées sur des modèles cellulaires ou par injections locales dans des modèles de souris reproduisant la maladie ont permis de montrer que l’injection d’un traitement réactivant MBNL corrige les défauts de décontraction des cellules musculaires. Afin de vérifier l’efficacité du traitement au niveau du corps entier et de pouvoir traiter des patients humains, notre projet a pour objectif de tester l’efficacité du traitement donné par injection intraveineuse dans un modèle murin de la maladie. Cette approche devrait permettre au traitement d’atteindre tous les organes touchés et de corriger les défauts essentiels mortels (notamment les problèmes cardiaques et respiratoires). Dans un premier temps, le modèle murin de DM1 sera mis en reproduction et caractérisé au niveau des fonctions musculaire, cardiaque et respiratoire. Ensuite, deux études de recherche de la dose médicamenteuse seront réalisées : la première étude sera réalisée sur un temps court afin de déterminer la dose efficace, puis une seconde étude plus longue permettra de vérifier la persistance du traitement dans le temps.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La caractérisation du modèle de souris reproduisant la maladie de Steinert permettra de connaitre les symptômes, notamment au niveau des fonctions musculaires et cardiorespiratoires. Cette étude est nécessaire pour faire les meilleurs choix de tests et optimiser les temps de traitements et d’arrêt de l’étude thérapeutique qui sera faite dans un second temps. L’étude d’efficacité thérapeutique du traitement réactivant MBNL permettra de déterminer la meilleure dose pour le traitement de thérapie génique, ce qui servira à transposer la dose aux futurs essais cliniques qui seront réalisés chez les patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Afin d’identifier le fond génétique de l’animal, un prélèvement d’un bout de queue sera réalisé sur chaque animal. En cas de doute sur l’échantillon, un deuxième prélèvement sera réalisé à l’oreille au cas par cas. Chacun de ces gestes ne durera en moyenne pas plus d’une minute. Les molécules thérapeutiques (virus non pathogènes transportant le médicament) seront délivrées par une injection unique sur souris éveillée (durée moyenne 2 minutes). Des prélèvements sanguins seront réalisés au cours du temps sur souris éveillé (durée moyenne 2 minutes) ou anesthésiée (10 minutes maximum avec l’anesthésie). Les souris seront soumises à des tests permettant de mesurer la fonction de différents organes : mesure de la force musculaire et de la myotonie (durée moyenne 1 heure), mesure de l’activité électrique du cœur (durée moyenne 30 min), mesure de l’activité électrique du muscle (durée moyenne 15 min), mesure de la fonction cardiaque (durée moyenne 20 min), mesure de la fonction respiratoire (durée moyenne 30 min), mesure d’activité globale (durée moyenne 15min).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux seront maintenus en contention manuelle ou dans une boite à contention pour les injections intraveineuses des produits thérapeutiques, ce qui pourrait entrainer un stress et une douleur légère et passagère due à l’injection. Une douleur légère et passagère locale pourrait être ressentie au moment du prélèvement du petit morceau de queue réalisé à des fins de génotypage, ainsi qu’au moment des prélèvement de sang par voie sous-mandibulaire. Des lésions locales de type inflammatoire ou des irritations accompagnées de douleurs localisés pourraient être causées par l’épilation nécessaire pour pratiquer les échocardiographies, par la pose d’électrodes transcutanées au moment de la mesure de l’activité électrique du muscle (ENMG) ou lors de certains tests de mesure de la fonction musculaire sur animal éveillé (pinch test, test d’agrippement) notamment si l’animal présente une blessure au bas du dos (pinch test) ou au niveau des griffes ou des pattes (test d’agrippement). L’ensemble de ces nuisances constitue pour l’animal un niveau global de contrainte léger à modérée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux sans génotype d’intérêt issue de la procedure de la caractérisation genetique seront mises à mort. Les animaux, avec génotype d’intérêt, utilisés pour la caractérisation du modèle et les études de recherche de la dose du produit thérapeutique seront euthanasiés à la fin du protocole pour récolter les tissus et les organes pour les analyses moléculaires, hématologique et histologique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La maladie de Steinert est causée par la perte de fonction d’une protéine, MBNL, qui entraine des défauts dans les fonctions de nombreux organes, donc le cœur et la fonction respiratoire. Notre projet consiste à mesurer l’efficacité d’un médicament permettant d’activer à nouveau la protéine MBNL et de corriger ces pertes de fonction. Ces évaluations ne peuvent pas être réalisées dans des modèles de cellules car il est impossible de mimer les symptômes de la maladie dans ces modèles (type perte de la locomotion ou atteinte des paramètres cardiaques). Il est également impossible de cibler différents tissus simultanément dans ces modèles et d’étudier la répartition du médicament entre les différents organes. De plus, l’utilisation de notre médicament peut entrainer une réaction de défense immunitaire de l’organisme contre le traitement, réaction impossible à recréer en laboratoire à ce jour. L’utilisation d’animaux ne peut donc pas être remplacée dans ce projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris utilisées dans ce projet a été réduit grâce à :1) le calcul par des tests statistiques des effectifs minimaux mais adéquats permettant une analyse fiable et une exploitation garantie des résultats (groupes de 8 souris) ; 2) l’analyse d’un maximum de paramètres chez chaque animal (plusieurs dizaines) et 3) l’obtention des souris non malades et malades en utilisant les mêmes croisements parentaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux bénéficieront d’une phase d’habituation avant les tests visant à mesurer le fonctionnement des muscles de la respiration. Lors de certains tests, il y a un risque exceptionnel de blessures aux griffes : dans ce cas, un traitement avec un désinfectant sera appliqué jusqu’à la guérison. Afin de contrôler la douleur et le stress de l’animal, certains tests seront réalisés sous anesthésie gazeuse ou sous anesthésie générale et un antidouleur sera administré avant et pendant les 48 heures qui suivront la fin des tests. Dans le cas d’animaux anesthésiés, les tests seront réalisés sur une plaque chauffante pour maintenir la température corporelle constante et quand nécessaire, une application de gel oculaire sera réalisée pour augmenter le confort des animaux anesthésiés. Une application de crème anti-irritation sera appliquée sur le thorax des animaux après l’épilation nécessaire pour la mesure du fonctionnement du cœur. Les sites d’insertion des aiguilles seront désinfectés et en cas de signes d’infections ou d’inflammation, un traitement anti-inflammatoire et/ou antibiotique sera administré dans l’eau des biberons. Tous les tests seront effectués dans une salle dédiée isolée du lieu d’hébergement, dans un environnement calme. Les animaux seront également pesés une fois par semaine pendant tout le protocole afin de détecter le moindre signe de souffrance. Les souris étant des animaux grégaires, aucun animal ne sera isolé dans une cage, sauf si des traitements médicamenteux administrés dans l’eau de biberon s’avéraient nécessaires : dans ce cas, la période d’isolement serait réduite au maximum.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La maladie de Steinert affecte le bon fonctionnement des muscles, du cœur et de la respiration. A ce jour, des modèles murins, drosophiles et poisson-zèbres portant cette maladie ont été décrits. De ces trois modèles, la souris est le modèle le plus utile, car il est le seul modèle de mammifère et il développe des symptômes similaires à ceux observés chez les patients (atteinte des muscles, du cœur et de la respiration). Il permettra donc de valider l’effet du traitement sur l’ensemble des organes affectés par la maladie. La caractérisation préalable du modèle entre les âges de 2 à 12 mois permettra de déterminer à quel moment la pathologie apparait et son évolution, ce qui permettra de bien choisir le temps de démarrage du traitement, afin de se rapprocher au plus juste des différentes conditions de traitement qui seront testées sur les malades humains.