Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet a pour objectifs d’obtenir des informations relatives à la tolérance locale de dispositifs médicaux injectables résorbables (DM classe III) et de répondre aux exigences quant à la constitution des dossiers réglementaires en vue de leur mise sur le marché. Les exigences relatives à la caractérisation de ces DM sont de plus en plus élevées, afin de garantir la sécurité des patients à court et long terme. La réalisation d’études de tolérance locale sur des modèles animaux appropriés, permettant de détecter au mieux l’apparition d’effets secondaires, est essentielle dans étapes de développement des dispositifs médicaux injectables. Toutes les études réalisées, même très en amont dans le processus de développement, sont susceptibles d’être utilisées dans les dossiers réglementaires, pour la partie « conception ». Les études de tolérance sont généralement couplées à des observations d’efficacité des produits évalués (versus des produits de référence), et à la caractérisation de leur comportement dans l’organisme (modification des propriétés physiques du produit, dégradation, intégration dans les tissus…): ainsi une seule étude permet l’obtention de nombreuses informations pertinentes. MODIFICATION : Augmentation du nombre total de Lapin prévu dans la demande d’autorisation de projet, dans la même période d’autorisation. Sur la période d’autorisation, nous développerons plus de dispositifs médicaux biocompatibles innovants qu’il était prévu initialement, dont il est nécessaire d’évaluer la tolérance pour chaque nouvelle formulation. Leur tolérance est mesurée conformément à des protocoles expérimentaux standard et récurrent néccessitant un nombre d’observation minimum par formulation. Ajout également d’un nouveau fournisseur d’animaux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les projet permettra d’obtenir des données fiables concernant la tolérance, l’intégration et la dégradation des dispositifs médicaux injectables. Il permettra également de répondre aux exigences réglementaires concernant la constitution des dossiers en vue d’une mise sur le marché. Ceci afin d’assurer la sécurité des patients recevant ces produits ainsi d’assurer la sécurité des patients recevant les produits.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux auront des injections sous anesthésie génér le à J0, pour une durée totale de 5 à 15 minutes/animal. D’autres actes sont envisagés mais non systématiques: Prises de sang: rats sous anesthésie générale 1/semaine maxi pendant 1 mois, puis 1/mois maxi, 30 seconde par acte. Lapins vigiles avec anesthésie locale: 1 fois par semaine maximum pendant 1 mois, puis 1 fois par mois maximum, 1 minute maximum par acte. Porcs: sous anesthésie générale 1/semaine maxi pendant 1 mois, puis 2 fois par mois maximum. Biopsies cutanées chez le Porc: sous anesthésie générale (injection intramusculaire, 30 secondes), maximum 20 biopsies réparties sur la durée de l’étude, durée 15 minutes environ par biopsie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les produits développés sont constitués de produits biocompatibles en solution aqueuse plus ou moins visqueuse. Il s’agit de composants très bien documentés pour une utilisation chez l’Homme. Ils sont par ailleurs évalués en premier lieu in vitro: les effets néfastes attendus chez l’animal après implantation sont donc mineurs, et constitués majoritairement d’inflammation locale légère à modérée. Dans de rares cas, les implantations intradermiques chez le Lapin peuvent générer des réaction un peu plus fortes, mais restant localisées au niveau du site d’injection.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Dans la majorité des cas, les animaux devront être euthanasiés, afin de prélever les sites d’injection à des fins d’analyse. Cependant, chez les porcs, lors d’injections intradermiques, il sera parfois possible de réaliser les prélèvements par biopsie avec un biopsy punch (sous anesthésie générale) et de conserver les animaux en fin d’étude en vue d’une réutilisation.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les produits étudiés sont d’abord évalués de façon approfondie grâce à des expériences in vitro: culture cellulaire, modèles de peau artificielle, organe isolé. Les essais de tolérance/biocompatibilité in vivo sont indispensables en complément des tests in vitro, lors de la mise au point d’un dispositif médical. En effet, seule l’implantation dans un organisme complet et vivant permettra d’évaluer d’éventuelles réponses immunitaires/inflammatoires ainsi que l’intégration des produits dans les tissus environnants. Par ailleurs, le recours aux animaux est rendu obligatoire par le règlement Européen (UE) 2017/745 tout en suivant la norme ISO 10993, pour l’élaboration des dossiers pour l’obtention d’un marquage CE (équivalent de l’AMM mais pour les dispositifs médicaux) et également demandé pour les dossiers équivalents dans les pays tiers.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux à utiliser dans les études réglementaires est imposé par la norme ISO 10993, les préconisations sont donc suivies, sans augmenter inutilement le nombre d’animaux et sans répéter les protocoles. Dans le cas d’études non réglementaires, on veille à n’utiliser que les animaux strictement nécessaires pour l’obtention des résultats voulus, généralement un nombre très inférieur aux exigences réglementaires. La possibilité d’injecter plusieurs produits en différents sites chez un même animal, permet également de réduire le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Une période d’acclimatation systématique est respectée (durée selon l’espèce animale, mais toujours minimum 1 semaine). Les animaux sont hébergés en groupe et ont accès à un enrichissement spécifique à leur espèce (matériel de nidification pour les rats, blocs/objets à mâcher pour tous les animaux, jouets…). Des points limites, suffisamment prédictifs, permettent de sortir un animal de l’étude en cas d’effet secondaire sévère, ou de mettre en place des traitements pour des réactions locales (application de cicatrisant, administration d’antidouleur) afin que l’animal soit impacté le moins possible. Toues les manipulations des animaux seront réalisées dans un contexte de renforcement positif, basé sur des interactions amicales avec les personnels en charge des soins, afin de permettre des manipulations sans stress et avec un minimum de contraintes. Les actes trop stressants ou douloureux sont effectués sous anesthésie générale: injections à J0, prises de sang chez le Rat, chez le Porc, et biopsies cutanées chez le Porc. Chaque animal bénéficie d’une attention et de soins de qualité pendant les interventions mais aussi en dehors de celles-ci afin d’assurer un bien-être optimal tout au long de la procédure (observation quotidienne et suivi clinique avec pesée minimum une fois par semaine). Quelles que soient les procédures, toute éventuelle douleur est, si nécessaire, rigoureusement contrôlée grâce aux moyens pharmacologiques appropriés (anesthésie/analgésie).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les 3 espèces font parties des espèces préconisées par la norme en vigeur. Le rat et le lapin sont des modèles d’implantation utilisés et maitrisés dans l’établissement utilisateur depuis 2006. Leur taille est suffisante pour permettre l’implantation de plusieurs produits chez un seul animal, l’utilisation de techniques d’imagerie et d’appareils de mesures de paramètres cutanés. Le porc est l’espèce animale se rapprochant anatomiquement le plus de l’Homme ; notamment dans la structure de la peau (couche cornée et ratio derme/épiderme équivalent). Cette similitude permet d’évaluer avec une plus grande certitude l’effet attendu en clinique. Sa taille, plus importante, permet également l’implantation de plus de produits chez un seul animal, permettant alors de réduire le nombre d’animaux utilisé. Ces modèles sont des modèles de choix (nombreuses données dans la littérature). Leurs comportements sont bien connus, ce qui permet de détecter facilement tout signe de douleur et/ou de mal-être. Les rats utilisés seront de jeunes adultes, environ 300g (=en fin de croissance, paramètres physiologiques stables). Les lapins seront âgés d’environ 14 semaines, soit environ 3.5kg (= présence d’un derme suffisamment épais pour que l’implantation intradermique des produits ne génère pas une contrainte mécanique trop importante). Les porcs utilisés seront de jeunes adultes. En effet, leur taille doit permettre un hébergement en animalerie conventionnelle dans de bonnes conditions. D’autre part, leur poids de 35kg à 70kg permettra de travailler sur des structures épidermiques, comparable à celles de l’homme (couche cornée et ratio derme/épiderme équivalent) ; indispensable pour reproduire les conditions attendues en clinique.