
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-781964)
800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent des injections de cellules tumorales sous anesthésie, puis des traitements quotidiens et des prélèvements sanguins, pour tester une molécule censée stimuler l’autophagie et renforcer la chimiothérapie. Le porteur indique que la croissance tumorale et les traitements peuvent provoquer une perte d’appétit et de poids. Il affirme que l’étude « ne peut être réalisée qu’in vivo » car elle nécessite un « organisme vivant entier », la validation d’une stratégie antitumorale restant l’objectif annoncé.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La macroautophagie (que nous appelons «autophagie») est un phénomène intracellulaire complexe dans lequel des parties du cytoplasme, y compris des organites entiers, sont englouties dans des autophagosomes (vacuoles à double membrane) qui fusionnent ensuite avec des lysosomes pour la digestion de leur contenu. Les défauts génétiques ou acquis de ce processus sont liés à un large spectre de maladies humaines allant des maladies néoplasiques aux maladies cardiométaboliques, des syndromes inflammatoires et des processus dégénératifs. Il a été montré que stimuler l’autophagie peut renforcer l’activité thérapeutique des chimiothérapies qui stimulent le système immunitaire (par exemple les anthracyclines et l’oxaliplatine) et les immunothérapies. Nous avons sélectionné in vitro un nouveau composé capable d’induire l’autophagie. Ce projet vise à tester le potentiel anti-cancéreux de cette molécule dans des modèles murins de croissance tumorale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet nous permettra de valider dans un modèle préclinique une nouvelle stratégie pharmacologique antitumorale efficace dans plusieurs types de cancer en monothérapie et/ou en association avec d’autres thérapies.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour un groupe, les souris auront une ou deux injections en 24h, (durée: 1min par souris), puis elles pourront avoir un prélèvement de sang sous anesthésie générale (durée 1min). D’autres souris auront des injections uniques sous anesthésie générale de cellules tumorales afin d’induire la croissance d’une tumeur (durée: 5min). Par la suite, les souris seront manipulées brièvement 1min à chaque fois tous les 2 jours pour mesurer la croissance tumorale. Les traitements anti-tumoraux seront administrés (1 fois par jour) via des injections sous anesthésie locale (durée: 1min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les différentes manipulations (contentions, injections) peuvent induire du stress à l’animal ainsi qu’une légère douleur au site d’injection. Par ailleurs, un risque d’infection est aussi possible au site d’injection. La croissance tumorale, la chimiothèrapie et l’immunothèrapie peuvent induire une perte d’appétit et donc une perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux du projet seront euthanasiés afin de prélever les différents organes pour analyses biochimiques, histologiques, métaboliques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet visant à étudier la réponse autophagique systémique ainsi que la réponse immunitaire antitumorale ne peut être réalisée qu’in vivo, car il nécessite un organisme vivant entier et qu’il n’existe aucun modèle alternatif pour imiter ces réponses vu leur complexité.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous chercherons à regrouper les expérimentations dans le but de garder un nombre minimum d’animaux pour les groupes contrôles. Pour cette étude, nous utiliseront des groupes de 10 souris pour permettre une évaluation statistique solide des effets analysés (Hather et al, Cancer Informatics 2014). Une analyse statistique a été effectuée afin de calculer le nombre d’animaux nécessaires. Le nombre de souris par groupe a été déterminé avec le logiciel « In vivo Stat » : Pour les procédures 1 et 2, l’effet attendu doit être une augmentation (procédure 1) ou une diminution (procédure 2) de l’expression de nos protéines d’intérêt liées à l’autophagie (procédure 1) ou de l’IGF1R (procédure 2) d’au moins 30%, qui se traduit par 9 animaux / groupe. Nous ajouterons un animal de plus par groupe, au cas où une souris devraient être exclues (problème comportementale, tumeur hétérogènes…). Pour la procédure 3, on s’attend à une diminution de 20% de la taille de la tumeur, qui se traduit par 9 animaux / groupe. Comme dans les procédures précédentes, nous ajouterons un animal par groupe en cas d’exclusion nécessaire en cours d’expérimentation. Pour l’analyse des résultats, les tests statistiques utilisés seront des tests «LogRank» et «Anova». L’étude sera arrêtée si les expériences initiales ne confortent pas l’hypothèse de travail.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les conditions d’hébergement seront conformes à la réglementation et adaptées en accord avec le personnel de l’animalerie (les animaux disposeront de nourriture et d’eau ad libitum; le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification). Avant le début des expériences, une période d’acclimatation (1 semaine) sera effectuée. Les manipulations seront réalisées dans le souci constant de réduire au maximum l’inconfort et la souffrance des animaux (points limites définis et appliqués strictement, procédures sous anesthésie locale ou générale). Les animaux seront observés quotidiennement afin de respecter leur bien-être. De plus, le personnel impliqué dans ce projet est qualifié sur le plan technique et formé en continu sur les pratiques d’expérimentation animale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le choix de la souris pour la réalisation des expériences envisagées se justifie par des raisons d’ordres scientifiques et éthiques : – cette étude est en continuation avec un étude précedent. – Notre centre de recherche utilise principalement des souris ce qui offre de nombreux avantages en termes d’élevage, d’expertise en techniques d’expérimentation animale ainsi que le suivi microbiologique et vétérinaire des animaux. – La souris est le modèle animal le plus couramment utilisé par la communauté scientifique internationale et pour les études précliniques. La méthodologie envisagée est d’une mise en place relativement aisée sur ce type d’animal et nous avons acquis une pratique expérimentale sur cette espèce. Les animaux seront utilisés à partir de 6 semaines afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature.