
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-784355)
Pour explorer les premières heures qui suivent la formation d’un caillot, 66 souris mâles subissent une chirurgie d’une heure trente à une heure quarante-cinq destinée à provoquer une thrombose de la veine cave. Une partie est opérée sous anesthésie et tuée sans reprise de conscience, l’autre passe par des procédures d’un niveau de souffrance sévère. Le porteur indique que les 48 heures suivant l’opération peuvent s’accompagner de douleur, d’un durcissement de la zone opérée et d’une occlusion intestinale, et prévoit une à deux échographies sous anesthésie. Toutes finissent par un prélèvement de sang puis une perfusion de fixateur directement dans le cœur, pour analyser les tissus.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La maladie thromboembolique est une maladie des veines qui se manifeste sous forme de thrombose veineuse (caillot dans une veine) ou d’embolie pulmonaire (caillot dans une artère des poumons). Cette pathologie constitue un problème de santé publique majeur en raison de sa fréquence, de sa gravité et de la difficulté à identifier une cause chez plus de la moitié des patients. Les traitements de la maladie thromboembolique reposent sur des anticoagulants qui sont associés à un risque d’hémorragie important et qui ne protègent pas contre les possibles séquelles ou récidives de la maladie. Les travaux menés au sein de notre équipe visent à identifier de nouvelles cibles responsables de la formation d’un thrombus et/ou de la récidive de la maladie. Nous avons démontré le rôle important une protéine impliquée dans la modification de la paroi de la veine. L’utilisation d’un modèle de thrombose veineuse chez la souris a permis de démontrer que cette protéine a un effet néfaste dans la formation d’un tissu cicatriciel de la veine. Cette cicatrisation inappropriée favoriserait la formation d’un second thrombus. Cependant, nous ne connaissons pas les mécanismes mis en jeu juste après la formation du premier thrombus qui expliquerait l’activation de cette protéine. Nous souhaitons donc explorer la phase précoce suivant la formation d’un premier thrombus dans cette demande d’autorisation de projet. La thrombose sera induite chez la souris par une chirurgie et l’activité de notre protéine d’intérêt sera inactivée à l’aide d’un inhibiteur. Nous évaluerons les propriétés de la paroi veineuse dans le temps (30 minutes jusqu’à 48h). Le traitement avec cet inhibiteur permettra de proposer une alternative aux thérapeutiques habituelles de la thrombose veineuse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le traitement de la maladie veineuse thromboembolique repose sur les anticoagulants qui présentent un risque hémorragique important et que les patients doivent le plus souvent prendre à vie. Le but de ce projet est de mettre en évidence de nouveaux mécanismes cellulaires et moléculaires qui permettront à moyen terme le développement de traitements adjuvants aux anticoagulants et donc une prise en charge plus personnalisée des patients.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’induire une thrombose veineuse, les animaux subiront une chirurgie sous anesthésie (durée 1h30 à 1h45). Les animaux recevront 1 à 6 administration(s) (durée 1 minute par administration), ils seront anesthésiés pour ce geste. Nous injecterons à ces animaux un analgésique et certains d’entre eux recevront également un inhibiteur de notre molécule d’intérêt. Le suivi de la formation du thrombus sera assuré par échographie doppler. Cet acte sera réalisé sous anesthésie (durée 15 minutes), 1 à 2 fois selon les groupes (intervalle 24h). Tous les animaux préalablement anesthésiés et analgésiés, auront un prélèvement sanguin unique (durée 1 minute) suivi d’une perfusion intracardiaque de fixateurs (durée 12 minutes) en vue d’analyse des tissus.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans les 48h après la chirurgie, les conséquences de la chirurgie peuvent être : (1) Douleur, durcissement de la zone de chirurgie, sensation de chaleur au niveau de la veine cave inférieure, (2) Occlusion intestinale, (3) Douleur au niveau de la zone suturée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réaliser des analyses biologiques et histologiques, des prélèvements d’organes vitaux et de sang seront effectués sur les souris. C’est pourquoi, les animaux seront mis à mort à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La maladie veineuse thromboembolique est une maladie multifactorielle impliquant le système vasculaire, les cellules circulantes (plaquettes, globules rouges et globules blancs) et les organes lymphoïdes secondaires (ganglions, rate). Les modèles in vitro ou ex silico sont encore incomplets et ne permettent pas de prendre en compte la complexité de cette pathologie.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Concernant les groupes contrôles sans chirurgie un lot de 6 animaux est nécessaire. Concernant les groupes subissant uniquement une chirurgie et qui seront mis à mort à J0 (T= 30 min, 4h ou 6h), des lots de 10 animaux seront suffisants. Nous réaliserons des prélèvements d’organes et de sang chez ces animaux en vue d’analyses biologiques et histologiques. Concernant les groupes subissant une chirurgie et un traitement avec un inhibiteur de notre molécule d’intérêt, des groupes de 15 animaux seront nécessaire. En effet, 80% des souris subissant une chirurgie vont thromboser, nous avons réalisé une étude statistique concluant qu’un échantillon de départ d’au moins n = 15 souris est nécessaire. Les animaux seront réceptionnés sur plusieurs commandes, nous ajusterons ces commandes en fonction de nos besoins. L’utilisation de l’échographie doppler nous permettra de déterminer s’il existe une différence significative de la taille du thrombus à J2 entre les souris contrôles et celles traitées avec un inhibiteur de notre molécule d’intérêt. A mi-projet, nous ferons un point et nous stopperons l’inclusion des animaux si les analyses s’avèrent concluantes. Concrètement, nous n’achèterons plus d’animaux pour ce projet.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre de ce projet, nous avons mis en place des mesures de raffinement adaptées à notre modèle expérimental. Concernant les conditions d’hébergement, les animaux sont maintenus en groupes sociaux et les cages sont enrichies avec un igloo et des lanières de papier pour la nidification. Au cours de la chirurgie, nous préviendrons : – la survenue d’une infection (travail en condition aseptique) – la douleur (analgésie et anesthésie) – l’hypothermie (tapis chauffant) – la déshydratation (administration de sérum physiologique) – le desséchement oculaire (gel ophtalmique). En post-opératoire, nous utiliserons de façon systématique un gel d’hydratation qui sera supplémenté en analgésique la nuit suivant la chirurgie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle murin de thrombose veineuse que nous souhaitons utiliser est le modèle de référence pour l’étude de la maladie veineuse thromboembolique. Il est très bien caractérisé dans la littérature, fiable, reproductible et reconnu par nos pairs. L’implication de notre molécule d’intérêt dans la survenue de la fibrose est étudiée par nos pairs à l’aide de modèle murin. L’efficacité des traitements inhibiteurs de cette molécule est couramment testée chez la souris, la posologie de ces traitement est bien caractérisée pour cette espèce. La maladie thromboembolique veineuse touche les adultes, tous les animaux que nous utiliserons serons âgés de 7 à 11 semaines. L’utilisation de jeunes adultes, dont le poids variera entre 20-30g, facilitera la chirurgie.