
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-800521)
150 babouins vont être utilisés dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés, 48 d’entre eux étant classés en souffrance légère. Les nouveau-nés et les jeunes sont infectés par la coqueluche, reçoivent une implantation chirurgicale de puces, des exérèses ganglionnaires répétées et des lavages bronchiques, tandis que les mères gestantes sont gardées en vie et renvoyées au centre de reproduction. Le porteur indique que l’infection peut provoquer fièvre, toux, vomissements et détresse respiratoire, et que les nouveau-nés et juvéniles seront euthanasiés pour des analyses histologiques. Il affirme que le babouin est le « seul modèle » reproduisant les symptômes humains et permettant d’évaluer l’immunogénicité et l’efficacité des vaccins.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La coqueluche est une pathologie des voies respiratoires causée par la bactérie Bordetella pertussis. Chez certains patients, les symptômes coquelucheux (fièvre, toux) peuvent évoluer vers une détresse respiratoire sévère, voire le décès. Cette pathologie touche en majorité les nourrissons et les jeunes enfants, dont le système immunitaire est encore immature. Néanmoins, aujourd’hui, les cas de coqueluche chez des enfants plus âgés voire des adultes sont de plus en plus fréquents. Depuis les années 1940-50, des vaccins « ancienne génération » ont été mis au point pour l’immunisation des populations. Cependant, depuis les années 1990 et par crainte d’effets indésirables (tels que fièvre et/ou réaction inflammatoire au site d’injection), des vaccins « nouvelle génération » sont aujourd’hui utilisés dans la plupart des pays industrialisés. Depuis ce changement de paradigme vaccinal, une résurgence de cas de coqueluche a été détectée. Des études épidémiologiques, cliniques et précliniques ont montré que l’immunité induite par la vaccination contre la coqueluche diminue rapidement et particulièrement avec les vaccins nouvelle génération. Ces derniers protègent de la maladie mais pas de la colonisation bactérienne ou de la transmission. Ainsi après plus de 20 ans d’utilisation, les enfants vaccinés dans les années 90 avec ce vaccin ont eu des enfants et les cas de coqueluche ont augmenté. Le besoin de développer de nouveaux vaccins contre la coqueluche, induisant une immunité durable et protégeant des symptômes mais aussi de la colonisation bactérienne et de la transmission, sans induire d’effets secondaires indésirables, est donc nécessaire. Ce projet est la continuité d’un projet européen initié en 2016, qui vise à mieux caractériser le modèle animal d’infection par la bactérie B. pertussis pour 1/ caractériser la transmission, l’infection et l’évolution de la maladie, notamment par imagerie non invasive in vivo ; 2/ caractériser la réponse immunitaire induite par les deux générations de vaccins, et la comparer avec les données obtenues chez l’humain pour mieux comprendre les changements observés dans l’épidémiologie de la coqueluche, notamment chez les femelles gestantes et les nouveau-nés (la coqueluche touchant majoritairement les nouveau-nés chez l’humain) ; 3/ évaluer l’efficacité vaccinale de nouveaux candidats vaccins contre la coqueluche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices attendus du projet sont : – Avoir un modèle animal d’infection par la bactérie B. pertussis bien caractérisé reproduisant la physiopathologie humaine (transmission, l’infection et l’évolution de la maladie, notamment par imagerie non invasive in vivo) pour évaluer l’efficacité de futurs candidats vaccins ou de futurs traitements en essais précliniques. – Caractériser la réponse immunitaire induite par les deux générations de vaccins actuels, comparé avec les données obtenues chez l’humain pour mieux comprendre les changements observés dans l’épidémiologie de la coqueluche, notamment chez les femelles gestantes et les nouveau-nés (la coqueluche touchant majoritairement les nouveau-nés chez l’humain) permettrait d’orienter le développement de nouveaux candidats vaccins plus efficaces. – D’identifier de nouveaux candidats vaccins contre la coqueluche plus efficaces.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Prélèvements lors d’une même anesthésie -Sang, 2 fois maximum par semaine (intervention 5 minutes). -Secrétions au niveau des sites infectieux et des muqueuses, 2 fois maximum par semaine. Un minimum de 1 semaine sera prévu entre chaque lavage bronchique (intervention 30 minutes). -Exérèses ganglionnaires (1biopsie max/2semaines ; changement de site à chaque exérèse (inguinal et axillaire ; droite et gauche)) (intervention 45 minutes). -Implantation chirurgicale de puces de mesures de paramètres cliniques (température, toux, activité de l’animal, fréquence cardiaque et respiratoire…etc…) en début de procédure (intervention 45 minutes). Les puces seront implantées chez des animaux étant à minima juvéniles.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La coqueluche étant une pathologie des voies respiratoires, les nuisances ou effets indésirables, selon la sévérité des symptômes, peuvent se traduire par : – Fièvre => pouvant aller jusqu’à 1 semaine – Inactivité => pouvant aller jusqu’à 1 semaine – Déshydratation => pouvant aller jusqu’à 1 semaine – Perte de poids => pouvant aller jusqu’à 1 semaine – Toux qui peut évoluer rapidement en quintes de toux => pouvant aller de 3 à 6 semaines – Vomissements liés aux quintes de toux => pouvant aller de 3 à 6 semaines – Ecoulement nasal => pouvant aller de 3 à 6 semaines – Détresse respiratoire liée à une toux intense => pouvant aller jusqu’à 1 semaine La vaccination peut notamment induire des effets secondaires tels que : – Œdème et/ou érythème au site d’injection => pouvant aller jusqu’à 48h – Fièvre => pouvant aller jusqu’à 48h – Inactivité => pouvant aller jusqu’à 48h – Déshydratation => pouvant aller jusqu’à 48h – Perte de poids => pouvant aller jusqu’à 48h La pose d’un dispositif télémétrique peut induire des effets secondaires tels que : – Douleur au site d’insertion => pouvant aller jusqu’à 72h – Inflammation => pouvant aller jusqu’à 72h – Infection de la plaie => pouvant aller jusqu’à 72h
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux juvéniles et les nouveau-nés seront euthanasiés pour des études histologiques et anatomopathologiques. Les mères seront gardées en vie et seront renvoyées au centre de reproduction après avis favorable du vétérinaire de l’installation.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet consiste à mettre en place un modèle d’étude de la coqueluche et à évaluer la protection induite par les différents vaccins contre la coqueluche. Ce type d’évaluation nécessite de disposer d’un modèle expérimental entier permettant d’associer les différentes composantes des réponses immunitaires suite à l’infection et à une vaccination. A ce jour, ces différents éléments ne peuvent pas être étudiés ni in vitro ni dans des modèles de petits animaux. Le babouin a été sélectionné car l’infection par Bordetella pertussis (agent bactérien responsable de la coqueluche), la réponse immune à l’infection et vaccinale chez cette espèce sont similaires à celles de l’homme, et notamment du jeune enfant.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre expérience nous a montré que pour pouvoir comparer les différentes conditions et obtenir des résultats concluants, le nombre d’animaux dans chaque groupe est réduit au minimum nécessaire et sera de 12 animaux par groupe maximum. Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux, nous limiterons le nombre d’animaux contrôles non vaccinés en incluant des contrôles historiques au sein des études. Enfin, les données d’études pilotes réalisées dans d’autres projets nous permettront de réduire au maximum le nombre d’animaux par groupe. Des test statistiques adaptés ont été mis en place pour déterminer le nombre d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont observés quotidiennement. Des points limites sont prévus et le vétérinaire de l’installation sera alerté en cas d’apparition de signes cliniques inattendus afin d’adapter le suivi et les soins aux animaux. Les interventions seront réalisées sous anesthésie générale pour éviter le stress et d’éventuelles douleurs. Les babouins nouveau-nés resteront avec leur mère jusqu’à leur sevrage. Les animaux sevrés seront hébergés en groupes avant exposition et en hébergements individuels contigus permettant des interactions sociales pendant la phase d’infection (pendant 8 semaines maximum) et remis en groupe dès que possible. Ces hébergements permettent des interactions visuelles, auditives et olfactives mais pas de contacts physiques pour éviter la transmission de l’infection et la surexposition. L’enrichissement sera augmenté pour les animaux hébergés individuellement. Un suivi par télémétrie sera mis en place pour évaluer différents paramètres tels que la température, la toux, l’activité de l’animal, la fréquence cardiaque et respiratoire, la pression artérielle etc. Ce système permettra d’obtenir un suivi plus régulier des signes cliniques des animaux et de limiter autant que possible le nombre d’interventions. A l’aide de dispositifs d’enregistrement et d’accès aux données en temps réel, nous pourrons notamment intervenir plus rapidement en cas de dégradation de l’état de santé des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le babouin a été sélectionné pour ce projet car il est le seul modèle réunissant les éléments nécessaires à l’évaluation de l’infection par Bordetella pertussis et des vaccins. C’est la seule espèce animale connue à reproduire les symptômes coquelucheux retrouvés chez l’homme. Le système immunitaire de cette espèce est proche de celui des humains et les réponses vaccinales dans cette espèce sont semblables à celles observées chez l’homme. C’est donc le seul modèle permettant d’évaluer à la fois l’immunogénicité et l’efficacité de vaccins. Ce projet a pour objectif d’étudier les réponses immunitaires lors de l’administration de vaccins et l’infection par Bordetella pertussis chez les nouveau-nés, les jeunes babouins sevrés et les femelles gestantes. Le système immunitaire évolue en fonction du stade de développement, de l’âge et de la gravidité des animaux. Il est donc nécessaire de réaliser ces études chez des animaux des trois stades de développement cités ci-dessus. Le projet implique en majorité de jeunes babouins (8-14 mois en moyenne), des babouins nouveau-nés, des femelles gestantes.