
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-802761)
Pour mesurer ce que les neurones inhibiteurs apportent à l’apprentissage, ce premier volet du projet expose 1 260 souris transgéniques à une chirurgie du cerveau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Toutes sont tuées à l’issue, par perfusion intracardiaque, pour prélever le cerveau. Chaque animal reçoit une injection virale sous anesthésie, parfois un implant posé en deux heures trente, puis apprend une tâche qui peut durer huit à douze semaines jusqu’à 90 % de réussite, sous contrôle de l’eau ou de la nourriture. Le porteur prévoit la mise à mort de l’animal si son état ne s’améliore pas au bout de quarante-huit heures ou si l’implant se détache, et retient parmi ses critères de suivi les blessures dues aux bagarres entre congénères.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La plasticité cérébrale est à la base de nos fonctions cognitives les plus élaborées, et de notre capacité à nous adapter aux changements de notre environnement. Un lien fort entre changement de force synaptique et phénomènes d’apprentissage et mémorisation a été proposé au début des années 70. Cependant, peu d’études expérimentales sont venues valider cette hypothèse principalement à cause de limitations méthodologiques. L’utilisation de modèles génétiques chez la souris couplée à des méthodes d’électrophysiologie et d’imagerie permet de cibler de plus en plus finement les populations neuronales et les synapses d’intérêts dans le système nerveux central (SNC), permettant l’expression d’outils moléculaires par les cellules et synapses visées. Une grande variété d’action est alors possible afin de bloquer, augmenter ou moduler dynamiquement des processus cellulaires et synaptiques d’intérêts.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour but premier de mieux comprendre les mécanismes qui soutiennent l’apprentissage, la formation de la mémoire et ainsi la manière dont notre cerveau traite ces tâches cognitives. De par les résultats qui en découleraient, nous nous attendons à apporter de nouvelles connaissances dans la compréhension de l’organisation du réseau neuronal. Ces connaissances nous aiderons donc à mieux comprendre non seulement comment la formation de la mémoire s’effectue, mais également comment des maladies ou des troubles psychiatriques liée à une altération d’apprentissage ou de mémoire peuvent se mettre en place. L’intérêt scientifique majeur de ce projet est l’étude de la plasticité synaptique, c’est-à-dire comment les neurones encodent l’information d’une mémoire dans le temps. Pendant des dizaines d’années la communauté scientifique s’est principalement intéressée aux neurones excitateurs dans la plasticité synaptique ce qui a permis la mise en évidence de certains mécanismes physiologiques essentiels à la formation de la mémoire et d’un apprentissage. Cependant, de nombreux sous types cellulaires ont été laissés de côté, notamment les neurones inhibiteurs. Ces cellules sont très diversifiées avec des rôles très distincts mais essentiel dans le contrôle du réseau neuronal et la coordination des activités des neurones entre eux. Jusqu’ici, aucune étude à notre connaissance a visé à évaluer la composante des différents groupes de neurones inhibiteurs dans la formation de mémoire et d’apprentissage, malgré leurs rôles essentiels dans le réseau neuronal. Grâce à nos souris transgéniques pour différent sous types de neurones inhibiteurs, nous pourrons évaluer le rôle distinct de chaque groupe pendant un apprentissage et une formation de mémoire. Ceci grâce à une altération spécifique et ciblé de mécanismes physiologiques déjà reconnus pour jouer un rôle majeur sur les neurones excitateurs. Nous apporterons à la communauté scientifique un moyen d’altérer la plasticité synaptique de façon ponctuelle et ciblée non seulement chez les neurones inhibiteurs jusqu’ici impossible. Nos données nous apporterons des connaissances essentielles dans le rôle des différents neurones inhibiteurs dans la formation de mémoire et d’un apprentissage. Ce qui permettra de mieux comprendre dans certaines pathologies, comment remédier à des troubles d’apprentissage et/ou de mémoire en ciblant des mécanismes physiologiques spécifiques au sein de sous types cellulaires précis.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux subiront une chirurgie pour infection virale (30min) avec ou sans implantation (2h30). La pose d’implant et le test comportemental nécessite que les animaux soient placés en hébergement individuel pour une durée de 4-5 semaines pour la restriction alimentaire et 8 à 12 semaines pour la restriction hydrique suite à la chirurgie pour éviter le risque de perte d’implant dû à l’interaction avec ses congénères. Dans Les animaux effecturont différentes taches comportementales, le y-maze se réalise que 5 jours sucessifs, ou le radial maze qui se fait sur 10 jours successifs. Après une semaines de récupération, ils effecturont un test de conditionnement à la peur qui dure 5 jours. Pour la procédure d’imagerie calcique , la tache d’apprentissage peut durer jusqu’a 8 à 12 semaines pour que la souris atteingne une performance de 90%.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les étapes de la chirurgie entrainant des effets indésirables sur les animaux : l’incision de la peau, la craniotomie, l’injection stéréotaxique, les différentes implantations et la réalisation des points de sutures. L’animal subit également un stress lié à la diminution de comportements sociaux suite à l’isolement des animaux après implantations, et lors le contrôle hydrique ou alimentaire. Un stress physique lié aux contentions et à la tache comportementale de peur conditionnée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux est euthanasié à la fin de chaque procédure pour réaliser des expériences d’electrophysiologie in situ ou pour des analyses histologiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En l’état actuel de nos connaissances, la recherche proposée ne peut pas être substituée par des approches in silico car le projet traite de fonctions cérébrales complexes à la base de la mise en place de la mémoire chez les mammifères. Il n’y a donc aucune alternative à l’utilisation d’animaux. La culture cellulaire n’est pas appropriée car les propriétés synaptiques de réseaux sont modifiées dans ces préparations. Déterminer comment les informations cognitives et sensorielles sont traitées exigent que l’animal soit intact.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, les conditions de l’élevage seront standardisées et en adéquation avec le bien-être des animaux de façon à obtenir des groupes d’animaux les plus homogènes possibles et ainsi diminuer le nombre d’individus pour les analyses statistiques. Afin de réduire autant que possible les erreurs statistiques qui pourraient résulter d’un nombre insuffisant d’animaux, tout en limitant le nombre d’animaux, nos tests seront strictement basés sur un seuil de significativité de 0.05. L’utilisation de tests statistiques pour ces expériences nous permet d’estimer un nombre minimal de souris nécessaires pour satisfaire les conditions statistiques de significativité.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont surveillés chaque jour par les zootechniciens. Cette surveillance est renforcée par un deuxième suivi effectué par l’expérimentateur dans les jours qui suivent la chirurgie jusqu’à récupération complète des animaux. Des critères de bien être seront évalués : allure du poil, dos vouté, blessures dues à des bagarres entre congénères, lésions cutanées, agressivité ou repli, respiration accélérée/saccadée Le constat de signes de souffrance sans lien avec les procédures expérimentales entraine la création d’une « fiche individuelle de soin» (FIS), qui renseigne les soins prodigués (isolement, réchauffement, soins médicamenteux, etc…) et l’évolution des signes. La cage est alors signalée par une étiquette « animal à surveiller ». Cette fiche est fermée quand l’animal a récupéré ou qu’une décision de mise à mort a dû être prise. Un suivi spécifique établi pour les procédures de chirurgie sera décrit dans les procédures. La chirurgie implantaire est réalisée sous anesthésie gazeuse. Un contrôle de la respiration et de l’absence de reflexe sera effectué tout le long de la chirurgie. La douleur induite par l’incision sera couverte par l’injection préalable en sous cutanée d’un anesthésique local. L’injection d’un morphinique, en sous cutanée en début de chirurgie va permettre une couverture analgésique jusqu’au réveil de l’animal. Une injection d’un second analgésique est réalisée en fin de chirurgie pour assurer une couverture pendant les 12 heures post-opératoire. Les jours suivants si l’animal montre des signes de souffrance, il recevra en sous cutanée une injection quotidienne d’un anti inflammatoire non stéroïdien, jusqu’à disparition des signes de mal être. Afin que la perfusion intracardiaque soit indolore, ce geste est précédé d’une injection d’une double dose d’analgésique et d’un anesthésiant. L’absence de reflexe est vérifié avant toutes incisions afin de contrôler la profondeur de l’anesthésie de l’animal. Lors des suivis post opératoire, l’apparition de signes de douleur, de plaies, d’infection ou l’observation d’une perte de poids déclenchera la mise en place de mesures adaptées pour améliorer l’état des animaux ; désinfection du site de cicatrisation, mise à disposition de nourriture en poudre, injection d’analgésique. Si aucune amélioration n’est observée au bout de 48H ou dans le cas de la perte de l’implant, l’animal sera euthanasié.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est une espèce de choix pour les études sur le système nerveux central des mammifères. L’organisation du système nerveux central de cette espèce est proche de celle de l’homme, ce qui permet une extrapolation des résultats obtenus chez cette espèce à l’espèce humaine afin de mieux comprendre l’importance des mécanismes synaptiques sur l’adaptation comportementale. Le projet sera réalisé sur des animaux de 6 à 32 semaines d’âge, ce qui correspond chez cette espèce à l’âge adulte. Leur poids et leur taille sont stabilisés, et la taille du cerveau est homogène garantissant ainsi une bonne reproductibilité des sites d’injection.