
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-822213)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est l’élevage et le maintien de plusieurs lignées de souris génétiquement modifiées avec la nécessité de réaliser un prélèvement invasif pour connaitre le patrimoine génétique des souriceaux. Ces animaux sont produits pour être utilisées comme modèle animal pour l’étude des mécanismes moléculaires en lien avec des maladies du mouvement comme la maladie de Parkinson et la dystonie. Ils seront également utilisés pour étudier les causes des effets indésirables graves des traitements observés chez les patients traités pour ces maladies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a pour objectif de produire et maintenir les souris nécessaires pour permettre des recherches sur la maladie de Parkinson et la dystonie. Actuellement en France, on estime que près de 200 000 personnes sont touchées par la maladie de Parkinson, avec plus de 25 000 personnes nouvellement diagnostiquées tous les ans. La maladie de Parkinson est la 2ème maladie neurodégénérative la plus fréquente en France après la maladie d’Alzheimer et une cause majeure de handicap chez les personnes âgées. Les autres maladies du mouvement sont également un enjeu sociétal car multiples et atteignant diversement les patients avec parfois une forme génétique. Ces maladies plus rares nécessitent également une exploration qui permettra d’améliorer la vie de patients à terme. Les animaux produits dans ce projet contribueront entre autres à tester des nouvelles technologies thérapeutiques pour la maladie de Parkinson. Cela pourrait permettre à long terme de développer de nouveaux traitements ciblés afin de prévenir ces troubles invalidants, ayant un bénéfice direct pour chaque patient et son entourage. Ces animaux permettront également de mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents à l’apparition d’effets indésirables graves lors du traitement des patients parkinsoniens et potentiellement, à plus long terme, améliorer la prévention et la prise en charge de ces effets.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour tous les animaux produits au cours de ce projet, un petit prélèvement de l’extrémité de la queue sera réalisé sur animal jeune et vigile pour connaitre le patrimoine génétique des animaux (une seule fois, moins d’une minute par animal). Rarement un re-prélèvement à l’oreille (1 seule fois, moins d’une minute, animal vigile) aura lieu sur un animal adulte si cela est jugé nécessaire après avis de la structure chargée du bien-être animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’ensemble des manipulations (nécessitant notamment des contentions) génèreront un stress pour les animaux. Les animaux pourront ressentir une légère et brève douleur lors du prélèvement de l’extrémité de la queue (ou de l’oreille) pour connaitre leur patrimoine génétique. La mutation génétique de certains des souriceaux se traduira par un arrêt précoce de la croissance nécessitant leur euthanasie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux qui ne seront pas utilisés pour nos projets de recherche, seront euthanasiés s’il n’est pas possible de les donner à d’autres équipes (8104). Une partie des souriceaux sera euthanasiée pour éviter toute souffrance car ils présenteront un arrêt précoce de leur croissance (561). Nous estimons que 16175 animaux seront gardés en vie et transférés, en utilisation continue, dans nos projets de recherche.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les projets pour lesquels ces animaux sont élevés porteront sur l’étude des comportements moteurs et impulsif, il est donc impossible de remplacer les animaux par un modèle cellulaire afin de pouvoir réaliser des tests comportementaux. Les études in vitro et sur les invertébrés ne permettent pas l’étude de comportements tels que les mouvements anormaux et leurs conséquences.
2. Réduction
Dans ce projet nous estimons que nous produirons 24840 animaux maximum afin de fournir les animaux nécessaires à nos projets de recherche en cours, les projets en cours de validation ou de révision ou futurs. . Ce nombre tient compte d’un pourcentage de perte lié aux aléas de l’élevage et aux effets indésirables induits par certaines mutations génétiques ainsi que du pourcentage d’animaux porteurs du patrimoine génétique d’intérêt. Nous piloterons notre élevage de manière raisonnée afin de ne produire que le nombre d’animaux strictement nécessaires pour nos lots expérimentaux. Ces lots ont été définis en utilisant des tests statistiques afin de limiter au strict minimum les effectifs par groupe tout en obtenant des résultats statistiquement exploitables. En fonction des besoins expérimentaux pour les projets de recherche il est possible que nous produisions moins d’animaux que prévu. Si certaines des lignées de maintiennent ne seront plus utilisées, nous pourront envisager de faire de la cryopréservation afin de réduire la production des animaux.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur. Ils bénéficieront d’un enrichissement de leur environnement (carré de coton et bâtonnet de bois à ronger). Un suivi spécifique sera mis en place pour les petits porteurs de la mutation génétique impliquant un arrêt précoce de la croissance : il sera vérifié la présence de lait dans l’estomac et l’évolution du poids afin de détecter l’atteinte potentielle de points limites nécessitant l’euthanasie des animaux. Lors du prélèvement pour connaitre le patrimoine génétique des animaux nous amènerons la mère avec la portée dans leur cage d’origine dans une pièce dédiée, au calme. La taille de la biopsie sera limitée au strict minimum afin d’être le moins invasif possible pour les animaux. Le geste, parfaitement maitrisé, sera réalisé de manière rapide en utilisant du matériel propre et désinfecté entre chaque animal pour prévenir tout risque de contamination ou d’infection. Une surveillance des petits sera assurée à leur retour en cage et 20 minutes après la biopsie. Des points limites sont définis et seront respectés pour éviter toute souffrance animale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet s’intéresse à la production et au maintien de lignée de souris qui seront utilisées pour l’étude de la pathogenèse et thérapeutique des troubles moteurs et comportementaux de la maladie de Parkinson, une pathologie neurodégénérative fréquente ; et de la dystonie, une maladie génétique rare. Les animaux élevés dans ce projet seront prélevés pour connaitre leur génotype à l’âge de 7-10 jours et si correspondant au génotype d’intérêt seront utilisés dans les projets de recherche à l’âge adulte de 6-10 semaines. Ces animaux aideront à mieux comprendre les mécanismes moléculaires et de réponse au traitement dans ces différentes maladies et le déclenchement des troubles comportementaux et cognitifs induits par les traitements dopaminergiques. Ces comportements ne peuvent être reproduits ni modélisés par des modèles in vitro ou computationnels. Les approches expérimentales dans lesquelles ces animaux seront utilisés nécessite des souris transgéniques et ne peut se faire qu’à l’aide d’études comportementales au niveau de l’animal. Une fois les acteurs pharmacologiques et moléculaires déterminés, nous étudierons les mécanismes moléculaires à l’aide de modèles cellulaires lorsque cela est possible pour limiter le nombre d’animaux utilisés