
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 22/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-832428)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
S’appuyant sur les données communiquées par 87 pays en 2020, un nouveau rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) met en évidence des niveaux élevés de résistance des bactéries aux antibiotiques (supérieurs à 50 %), en particulier chez des bactéries fréquemment retrouvées en milieu hospitalier, comme Klebsiella pneumoniae, responsable de septicémie. Le traitement de ces infections requiert obligatoirement l’utilisation d’antibiotiques de dernière ligne, tels que les carbapénèmes. Cependant, 8% (jusqu’à 50% dans certains pays) des souches de Klebsiella pneumoniae responsables de septicémie sont résistantes à ces mêmes carbapénèmes, ce qui augmente notoirement le risque de décès imputables à ces infections. D’autres alternatives, en particulier vaccinales, sont actuellement à l’étude. Plusieurs candidats vaccins ont déjà montré des résultats intéressants in vitro et in vivo. L’objectif du projet est d’affiner les résultats précédemment obtenus et qui ont permis de sélectionner un candidat. Ce vaccin a été optimisé et a servi de base dans la préparation de 5 autres vaccins afin d’induire une production d’anticorps permettant la prévention d’une infection septicémique à Klebsiella pneumoniae. A cette fin, un protocole d’immunisation sera testé chez la souris afin d’évaluer l’efficacité potentielle de ces 6 candidats vaccins sur la prévention du sepsis à K. pneumoniae ; Le développement de vaccins prophylactiques contre K. pneumoniae constitue une nouvelle stratégie thérapeutique à fort potentiel d’applications cliniques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à évaluer l’efficacité d’un ou plusieurs candidats vaccin contre une infection à K. pneumoniae. L’efficacité de cette vaccination permettra d’en apprendre davantage sur les mécanismes immunitaires déclenchés par l’administration de ces différentes solutions. A terme, l’idée est de pouvoir favoriser la vaccination de populations à risque, en l’absence de traitement antibiotiques efficaces.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à : – Une injection de bactéries de 3 secondes – 6 administrations de vaccins de 5 secondes – 2 prélèvements de sang de 15 secondes sous anesthésie volatile
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux vont être soumis à différents actes pouvant induire un stress ou une douleur : – Injection des bactéries : la nuisance principale sera liée ici au geste technique et à l’apparition du sepsis. – Pré-immunisation : les nuisances attendues seront liées à l’administration des différents vaccins dans la cuisse droite et gauche et au prélèvement sanguin. Ces souris seront ensuite infectées par les bactéries. Ici une phase de sepsis est également attendue chez certains animaux S’agissant d’une étude de suivi de mortalité, il se peut qu’un animal se retrouve seul dans sa cage (2 jours maximum dans la phase pilote et 15 jours au maximum dans la phase d’efficacité).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort de tous les animaux (86). Les animaux seront tous infectés et ne pourront donc pas être réutilisés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’évaluation de l’efficacité d’un candidat vaccin ne peut être réalisée sans le concours complexe d’un modèle animal. La reproduction des différentes étapes menant au sepsis ne peut être réalisée in vitro. Également, la production d’anticorps polyclonaux est un mécanisme complexe basé sur l’interaction entre plusieurs types de cellules immunitaires. Aussi, il n’est pas encore possible aujourd’hui de se passer du modèle animal pour la production d’anticorps.
2. Réduction
Cette étude a été construite de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisé. 8 à 10 animaux par groupe seront afin d’obtenir une analyse statistique robuste pour évaluer l’efficacité ou non de ces différents traitements.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés à 8-10 par cage dans un environnement adapté et enrichi (jouets). Des phases d’habituation ont été prévues. Ils seront suivis étroitement (toutes les 4h) durant les différentes phases de l’étude. Ce genre d’étude a déjà été réalisé au sein du laboratoire et nous permet d’avoir une bonne compréhension de l’infection et ainsi de prédire à quel moment l’animal est susceptible de montrer des signes de souffrance et donc d’augmenter la fréquence de surveillance en cas d’observation de signes cliniques anormaux. Même si aucun effet toxique n’a été rapporté dans une étude précédente sur d’autres composés, la tolérance des nouveaux candidats vaccins produits n’est pas connue a priori et des critères d’interruption de l’étude supportés par une grille de score de douleur ont été mis en place dans le cas où un animal montrerait des signes de souffrance. L’administration des vaccins et le prélèvement se feront sous anesthésie volatile. Au cours de l’étude de suivi de mortalité, il se peut qu’un animal se retrouve seul dans sa cage. Dans ce cas, un enrichissement supplémentaire sera alors ajouté (igloo, jouet …). De plus, les animaux seront hébergés dans des cages transparentes afin que le contact visuel et auditif soit toujours maintenu pour limiter au maximum le stress de l’animal qui pourrait se retrouver seul dans sa cage.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle de choix pour la production d’anticorps polyclonaux. D’autre part, il s’agit de l’espèce utilisée pour la mise au point d’un modèle de sepsis à Klebsiella pneumoniae dans d’autres projets. Des souris mâles et femelles seront utilisés dans cette étude pour évaluer l’impact du paramètre genre sur la réponse vaccinale. Des souris de 5 semaines (+ 1 semaine de stabulation) seront nécessaires pour la phase de pré-immunisation afin que l’infection se fasse à l’âge de 11 semaines avec une système immunitaire mature. La phase pilote (sans pré-immunisation) demandera donc des souris de 10 semaines (+ 1 semaine de stabulation).