
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 31/10/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-852586)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif du projet est de tester chez le lapin les effets de nos molécules sur une hypertension intraoculaire transitoire provoquée par une injection dans l’oeil d’une solution saline hypertonique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La cause principale du glaucome (diminution irréversible du champ visuel, 2ème cause de cécité) est une augmentation de la pression intraoculaire à l’origine de la destruction des cellules du nerf optique. Les traitements existants (bêta-bloquants, analogues des prostaglandines…) ont une efficacité limitée et peuvent présenter des effets indésirables. Ainsi, le bénéfice attendu de ce projet est le développement d’une nouvelle classe thérapeutique pour traiter le glaucome qui touche plus de 800 000 personnes en France.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les lapins vont recevoir sous anesthésie locale une injection d’une solution saline concentrée dans un seul oeil qui va être à l’origine d’une augmentation de la pression dans le globe oculaire. Cette augmentation de pression intraoculaire va durer moins de 4 heures. Plusieurs mesures de la pression intraoculaire à l’aide d’un tonomètre vétérinaire vont être effectuées : 5 avant l’injection et 6 durant les 4 heures suivant l’injection. Ces mesures sont non invasives et indolores. Le lapin recevra avant l’injection intraoculaire une administration (par gavage, par application locale sous forme de collyre, par injection intrapéritonéale) des molécules à tester. Après une semaine de récupération, une autre session pourra être réalisée en utilisant le 2ème oeil. Des prélèvements sanguins pourront être effectués à des fins de pharmacocinétique. Un cathéter sera mis en place au niveau de l’artère centrale de l’oreille. Sur une durée de 24 heures maximum, pas plus de 8 prélèvements de 1 mL seront effectués.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Deux effets indésirables principaux sont attendus sur les animaux : -Le stress lié à la contention et à la réalisation des mesures de pression intraoculaire (geste non invasif et non douloureux) : pour limiter cet effet, les animaux auront une période d’habituation à la préhension, manipulation des yeux et des mesures de pression -L’augmentation de la pression intraoculaire : selon la technique utilisée, l’augmentation de la pression devrait être modérée (aux alentours de 40 mmHg) et ne devrait pas générer de douleur. Cependant, nous avons mis en place un protocole de suivi et d’identification de points limites permettant de mettre en place un traitement en cas d’apparition de douleurs ou d’anomalies oculaires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Après que chaque œil a fait l’objet d’une injection intraoculaire de solution saline hypertonique, les animaux sont mis à mort. En effet la procédure ne peut pas être répétée plusieurs fois sur un même œil. De plus au sein du laboratoire ces lapins ne peuvent être réutilisés pour d’autres procédures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’oeil du lapin par sa physiologie et sa taille proche de celle de l’oeil humain est le modèle de référence pour étudier les propriétés de nouvelles molécules sur la pression intraoculaire. Cette taille de l’oeil permet une injection intravitréenne reproductible et facilite également la mesure de la pression intraoculaire à l’aide de tonomètres vétérinaires. De plus il n’existe pas actuellement de méthode alternative.
2. Réduction
L’amplitude et variabilité des réponses obtenues sur le(s) paramètre(s) d’intérêt selon des résultats précédemment publiés indiquent un effectif compris entre 5 et 8 lapins par groupe expérimental comme étant raisonnable et suffisant pour effectuer une analyse statistique pertinente des données. Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, l’expérimentation sera réalisée sur un oeil puis sur l’autre oeil du même lapin à une semaine d’intervalle.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés individuellement à leur arrivée jusqu’au jour de l’expérimentation. Pour le bien-être des animaux et limiter le stress inhérent à cette espèce, nous veillons à mettre à disposition dans les cages d’hébergement une balle en plastique, une buchette à ronger et une hutte en polycarbonate rouge dans laquelle le lapin peut venir se réfugier s’il ressent le besoin de s’isoler. Du foin est mis à disposition de manière journalière ce qui permet de créer un contact régulier avec le lapin et de le familiariser avec l’expérimentateur. Sans traitement particulier, les animaux ne doivent pas présenter de signes de douleur à ce stade expérimental. Toutefois, le personnel zootechnicien est sensibilisé pour communiquer directement à l’expérimentateur tout comportement « suspect » d’un animal anxieux, soit observé durant la période d’acclimatation (un animal qui tape systématiquement fortement du pied lors d’une entrée dans la pièce ou lorsque l’on s’approche près de sa cage), soit le jour même de l’expérimentation au moment de sa manipulation pour la sortie (comportement excessif de fuite, vocalisation…). Une semaine avant l’injection intravitréenne, des mesures journalières de pression intraoculaire à l’aide d’un tonomètre seront effectuées afin de familiariser l’animal avec le dispositif et l’expérimentateur. Les mesures de la pression intraoculaire sont effectuées à l’aide d’un tonomètre « à rebond » qui n’engendre aucune souffrance chez l’animal. Chaque mesure de la pression intraoculaire sera associée à une récompense (friandise « mini treats » goût fruité, Plexx, Hollande). La souffrance liée à l’injection intravitréenne d’une solution saline hypertonique va être limitée par l’administration sous forme de gouttes d’un anesthésique local chez un lapin au préalable sédaté.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles in vitro modélisant la chambre oculaire et la physiopathologie des hypertensions oculaires ne permettent pas de tester les efficacités des molécules thérapeutiques. L’oeil du lapin par sa physiologie et sa taille proche de celle de l’oeil humain est le modèle de référence pour étudier les propriétés de molécules sur la pression intraoculaire. Cette taille de l’oeil permet une injection intravitréenne reproductible et facilite également la mesure de la pression intraoculaire à l’aide de tonomètres vétérinaires. L’expérimentation sera réalisée sur des lapins adultes. Le glaucome est une pathologie apparaissant avec l’âge, il n’y a aucune raison de travailler sur des individus en cours de développement.