
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-861370)
268 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour tester une immunothérapie cellulaire contre le myélome multiple. Elles reçoivent par voie intraveineuse des cellules tumorales humaines, parfois après une irradiation aux rayons X et une greffe de cellules souches humaines, puis la thérapie à évaluer, avec un suivi par imagerie. Le porteur indique que la maladie induite peut provoquer une perte de mobilité puis une paralysie des pattes et une perte de poids, et qu’un échec de greffe peut tuer environ une souris sur dix. Il affirme que le recours à un « organisme vivant entier » est « indispensable », les bénéfices annoncés d’une thérapie « universelle » restant un « objectif ultime ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le myélome multiple (MM) est un cancer du sang caractérisé par la prolifération incontrôlée d’un type particulier de cellules sanguines de la famille des globules blancs appelées plasmocytes. Ces plasmocytes sont des cellules productrices d’anticorps et s’accumulent dans la moelle osseuse. Les traitements actuels du MM reposent sur la chimiothérapie et la greffe de moelle osseuse. Bien que ces traitements aient amélioré la survie des malades, certains patients répondent mal aux traitements conventionnels. L’immunothérapie est une nouvelle stratégie thérapeutique utilisée dans le traitement d’autres cancers du sang, qui vise à réorienter les défenses immunitaires de façon spécifique contre les cellules cancéreuses. Ainsi il est possible de modifier génétiquement une population de cellules du système immunitaire (les lymphocytes), afin qu’ils reconnaissent spécifiquement les cellules tumorales et les éliminent. Le but ultime étant d’améliorer la prise en charge des patients résistants aux traitements classiques. La plupart de ces immunothérapies cellulaires sont faites avec des cellules appelées lymphocytes T car elles sont très faciles à réorienter contre la tumeur; mais elles ont le désavantage d’être spécifiques à chaque individu et ne peuvent pas être données à un autre individu. C’est à dire, qu’un patient ne peut bénéficier de cette immunothérapie à base de lymphocytes T que s’il est en suffisamment bon état de santé (malgré son cancer) pour être prélevé de ses lymphocytes T. Une autre alternative est de faire ces immunothérapies cellulaires avec des cellules appelées lymphocytes NK, qui elles ne sont pas spécifiques à un individu et peuvent être obtenus d’un donneur sain. Cependant, ce type de thérapie dite « universelle » (les cellules thérapeutiques issues d’un donneur peuvent être utilisées pour traiter différents patients) reste peu exploité. Dans notre projet, nous testerons une nouvelle thérapie cellulaire « universelle » à base de lymphocytes NK pour le traitement du Myélome Multiple que nous avons développé. Notre objectif ultime est d’améliorer la prise en charge des malades et de proposer des nouvelles thérapies accessibles pour tous.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet consiste à développer une nouvelle immunothérapie cellulaire « universelle » contre le Myélome multiple. Les immunothérapies cellulaires ont déjà fait leurs preuves dans d’autres types de cancer du sang et donnent une nouvelle chance aux patients qui ont rechuté après un traitement classique. Ainsi, nous cherchons à contribuer à l’amélioration de la prise en charge des malades atteints de Myélome multiple en développant des alternatives thérapeutiques. De plus, nous avons choisi de développer cette thérapie cellulaire avec un type de cellules immunitaire pouvant être accessibles pour tous.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet consiste à développer une nouvelle immunothérapie cellulaire « universelle » contre le Myélome Multiple (MM). Pour évaluer son efficacité sur cette maladie, nous utiliserons trois types de modèles murins de MM humain. Ces modèles consistent en l’injection par voie intraveineuse (veine de la queue) de cellules tumorales de MM humain à des souris éveillées (1 minute). Après 7 jours, notre thérapie cellulaire sera injectée (par voie intraveineuse dans la veine de la queue sur souris éveillées ; durée 1 minute) deux ou trois fois par semaine pendant deux semaines). La progression de la tumeur et donc l’efficacité de notre immunothérapie cellulaire seront suivis par imagerie in vivo sous anesthésie générale (durée de la session : 10 min) et ce une fois par semaine pendant toute la durée de l’étude, soit 3 mois maximum. Une deuxième partie de l’étude consiste à vérifier qu’il n’existe pas de toxicité de la part de notre immunothérapie cellulaire envers des cellules saines. Pour ce faire, nous allons utiliser des souris ayant reçu une greffe de cellules souches humaines: les souris reçoivent un prétraitement au rayon X afin de les préparées à la greffe (2 minutes) et elles sont ensuite injectées par voie intraveineuse (veine de la queue) avec des cellules souches humaines (souris éveillées ; durée 1 minute). Cinq semaines plus tard, une prise de sang (1 à 2 gouttes prélevée de la veine mandibulaire, (veine de la joue), durée 1 minute, souris éveillée) sera effectuée pour vérifier la prise de la greffe. Notre thérapie cellulaire sera alors injectée (par voie intraveineuse dans la veine de la queue sur souris éveillées ; durée 1 minute). Pour vérifier s’il existe une toxicité de notre thérapie sur les cellules du sang, des prises de sang (1 à 2 gouttes prélevées de la veine mandibulaire, durée 1 minute) seront effectuées sur les souris éveillés 4 et 7 jours après l’injection de cellules thérapeutiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le modèle de MM humain, les cellules tumorales se multiplient dans la moelle. Ceci entraine fréquemment, quand le traitement n’est pas efficace, l’apparition d’une perte de mobilité qui dans la plupart des cas est suivi par une paralysie des pattes inférieurs, s’accompagnant d’une perte de poids. Des tumeurs au niveau du crâne sont également des évènements susceptibles d’être attendus sur ce modèle, néanmoins ces tumeurs apparaissent à long terme à environ 2 mois post injection des cellules tumorales. Il est également possible que les cellules tumorales s’accumulent au niveau de la rate, pouvant générer une gêne abdominale. Dans le modèle souris humanisé (souris greffées avec des cellules souches humaines), il existe un risque d’échec de greffe (environ 1 souris sur 10) qui peut entrainer la mort de l’animal environ 15 jours après la greffe. L’irradiation rend aussi la souris fragile aux infections et peut favoriser la présence d’une diarrhée et perte de poids. Dans le cas où notre thérapie soit toxique envers les cellules du sang, une perte de poids et un changement de comportement sera attendu.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront euthanasiés en fin de procédure. Nous analyserons à partir de la moelle osseuse et de la rate prélevées en post-mortem, les différentes populations de cellules du système immunitaire.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons réalisé le maximum d’expériences in vitro afin de valider l’efficacité de nos cellules thérapeutiques. Cependant ces tests ne nous permettent pas d’évaluer à long terme ces cellules thérapeutiques. L’utilisation d’un organisme vivant entier est donc indispensable afin de reproduire les conditions observables chez l’Homme dans le cadre de leur utilisation en thérapie. De plus, il est nécessaire de vérifier ces résultats dans un modèle in vivo, car celui-ci intègre la plupart des caractéristiques de ces pathologies humaines telles que l’hétérogénéité des cellules tumorales, l’existence de tissus sains, la présence de barrières limitant l’efficacité des traitements.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons réduit le nombre de souris utilisés au minimum nécessaire et suffisant pour valider scientifiquement notre étude du point de vue de l’analyse statistique. Plusieurs groupes de souris seront analysés simultanément permettant de n’avoir qu’un seul groupe d’animaux « contrôle ». L’utilisation de l’imagerie in vivo permet également de réduire le nombre d’animaux utilisé grâce à l’analyse d’une même souris sur toute la durée de l’expérience.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire au minimum la douleur et la souffrance qui pourraient être ressenties par les souris, nous prévoyons la mise en place de différentes procédures. Tout d’abord, les souris sont hébergées dans une animalerie avec un statut sanitaire contrôlé, un enrichissement sera mis en place (papier kraft pour la fabrication de nid, buchette en bois à ronger). Un suivi visuel quotidien (par les animaliers et/ou les expérimentateurs) des animaux est réalisé. Nous veillerons, par ailleurs, à réduire au minimum l’intensité et la durée des souffrances ressenties par les animaux, en utilisant une grille d’évaluation hebdomadaire prenant en compte l’apparence physique, le poids et le comportement des animaux. De plus la mesure hebdomadaire par imagerie in vivo, nous permettra d’évaluer la propagation tumorale et euthanasier les animaux si celle-ci devient trop invasive et avant que les signes cliniques n’apparaissent (paralysie par exemple).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’espèce animale choisie dans ce projet est la souris. Cette espèce présente l’avantage d’être un petit mammifère dont le comportement est bien connu et proche de l’humain. Ainsi, l’évaluation du bien-être et de la douleur liée à l’expérimentation peut être effectuée aisément (perte de poids, posture, aspect du poil, comportement agressif, isolement) permettant une prise en charge rapide et adapté. De plus, les modèles de MM humains et murins sont bien décrits dans la littérature scientifique. Les souris utilisées dans ce projet sont des animaux adultes de 2 à 3 mois au début de la procédure (injection des cellules tumorales) qui est l’âge de référence utilisé dans de nombreux modèle expérimentaux sur souris adultes.