
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-05 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-861541)
Deux injections d’un peptide déclenchent une paralysie progressive chez 384 souris, qui reçoivent ensuite une injection de cellules souches dans le liquide céphalorachidien, jusqu’à quatre prélèvements de sang à la veine sous-mandibulaire et deux ponctions de liquide céphalorachidien. Toutes relèvent de procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et toutes sont tuées pour l’analyse des organes et du sang. Il s’agit d’évaluer la diffusion et l’efficacité d’une thérapie cellulaire dans un modèle murin de sclérose en plaques, maladie pour laquelle le porteur indique qu’aucun traitement ne ralentit la progression du handicap. Les symptômes sont notés sur une échelle de zéro à cinq, l’atteinte d’un point limite déclenchant la mise à mort de l’animal.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central (SNC) qui touche l’adulte jeune. Aucun traitement n’est actuellement disponible pour ralentir ou stopper la progression du handicap et le pronostic de la progression est très péjoratif sur le plan fonctionnel. Les Cellules Souches Mésenchymateuses (CSM) ont des capacités bien connues pour limiter l’action du système immunitaire et pour réparer des tissus endommagés. Dans ce projet nous souhaitons évaluer la diffusion de ces cellules dans le système nerveux lorsqu’elles sont injectées dans le liquide céphalo rachidien mais également leur efficacité dans un modèle murin de SEP.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra d’évaluer l’efficacité d’une thérapie cellulaire dans un modèle de neuroinflammation chez la souris mimant la sclérose en plaques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux développeront une Encéphalomyélite Autoimmune Expérimentale (EAE), c’est à dire une paralysie avec une phase d’aggravation avant une phase de rémission. Pour cela ils seront soumis à une injection du peptide capable de déclencher la maladie . La procédure dure 5 minutes par souris (temps d’anesthésie et d’injection). Deux injections sont réalisées à l’induction et 24/48h après . Une injection unique de cellules souches ou d’une solution contrôle sera réalisée dans le liquide céphalo rachidien (LCR) chez toutes les souris . La procédure sera couplée à un prélèvement de LCR et durera 15 minutes par souris (temps d’anesthésie, de prélèvement et d’injection). Des injections d’une molécule fluorescente seront également réalisées pour détecter la diffusion des cellules souches au bioimageur chez des souris anesthésiées. Des prélèvements sanguins sur ces animaux seront réalisés pour le suivi immunologique, maximum 4 prélèvements au niveau de la veine sous-mandibulaire par animal, distants au minimum de 7 jours. La procédure de prélèvement dure maximum 6 minutes par animal (1min de prélèvement, 5 min de compression du saignement). Deux prélèvements de LCR seront réalisés sur ces animaux anesthésiés, distants au minimum de 15 jours (15min) dont le premier qui sera couplé à l’injection de cellules ou de solution contrôle. Pour les deux prélèvements de LCR isolés, la procédure dure 10 minutes par souris (temps d’anesthésie et de prélèvement).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure de déclenchement de l’EAE entraînera une paralysie progressive des animaux. Les animaux seront également soumis au stress lié aux multiples expérimentations. Les symptômes seront évalués et des actions adaptées seront mises en oeuvre pour soulager l’inconfort selon le score établi. Tout au long de l’étude, un suivi rigoureux du bien-être animal sera également effectué . Si l’un des points limites décrits dans ce projet est atteint, l’animal sera mis à mort selon une méthode réglementaire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La totalité des animaux expérimentés sera mise à mort afin de réaliser les études scientifiques sur les organes et sur le sang. La mise à mort sera réalisée par une personne autorisée et expérimentée .
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des études in vitro ont permis de caractériser l’effet immunosuppressif des CSM dérivés du tissu adipeux humain. Cependant leurs capacités immunosuppressives et leurs capacités de réparation par sécrétion de facteurs trophiques en contexte de neuroinflammation in vivo restent mal connues et nécessitent le recours à un modèle murin d’EAE.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Un maximum d’informations et d’analyses seront réalisés sur les animaux (prélèvement de la rate, ganglions, sang, LCR, SNC) afin de réduire le nombre d’animaux nécessaires. Nous travaillerons avec des groupes de 8 animaux par groupe pour obtenir des tests statistiques fiables. Le modèle EAE est déjà maitrisé au laboratoire, ce qui permettra donc d’utiliser moins d’animaux pour l’optimisation du protocole.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés par groupe de 3 à 5 animaux, dans un environnement enrichi, avec du coton cardé, l’accès à la nourriture sera facilité dès les premiers symptômes de paralysie : nourriture au sol dans la cage, gel pour l’hydratation. Le modèle EAE étant dépendant du stress, les souris ne seront manipulées que par un nombre réduit de personnes, les cages changées au moment du suivi des animaux. Une anesthésie légère est utilisée pour l’injection du peptide immunisant pour éviter stress et inconfort au moment de l’injection qui est réalisée à 2 endroits pour éviter une réaction locale importante en cas d’injection unique. La procédure de déclenchement de l’EAE entraînera une paralysie progressive des animaux. Les symptômes seront évalués sur une échelle de 0 à 5 et des actions adaptées seront mises en oeuvre pour soulager l’inconfort selon le score établi. Tout au long de l’étude, un suivi rigoureux du bien-être animal sera également effectué . Si l’un des points limites décrits dans ce projet est atteint , l’animal sera mis à mort selon une méthode réglementaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un modèle de choix pour étudier les maladies auto-immunes et inflammatoires. L’efficacité de l’induction de l’EAE dans les souris a déjà été démontrée dans la littérature, et le modèle est maitrisé dans l’unité. L’acquisition des cellules effectrices du système immunitaire étant optimale à l’âge adulte, l’ensemble des expérimentations seront menées sur des animaux adultes (6-12 semaines). Une meilleure pénétrance est observée sur des souris à 8 semaines, cet âge sera privilégié afin de réduire le nombre d’animaux nécessaires.