
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-867382)
Vendre du sang de primates à des laboratoires : 420 primates non humains, 300 macaques à longue queue et 120 ouistitis et tamarins, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils sont ponctionnés à la veine fémorale, saphène ou céphalique, vigiles ou sous kétamine, environ une fois par mois, avec des risques d’hypothermie, de saignement persistant, d’hématome et de fistule artério-veineuse. Aucun n’est tué dans le cadre du projet, les prélèvements ne compromettant pas leur réutilisation ni leur transfert vers un autre établissement. Le porteur écrit répondre aux « besoins » définis en amont par les clients et reconnaît ne pas avoir systématiquement accès à la justification scientifique de ces commandes.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation de produits sanguins d’animaux permet de réaliser des tests in vitro, des cultures cellulaires, etc. à partir des composants du sang, pour de la recherche fondamentale ou appliquée. Cela permet de limiter l’utilisation directe d’animaux en expérimentation, avec des procédures légères et peu douloureuses, et ainsi de suivre les principes de réduction et de raffinement en expérimentation animale. La proximité phylogénétique des primates non humains avec l’homme en fait des modèles animaux particulièrement valables pour reproduire des pathologies humaines. L’utilisation de produits sanguins de primates est donc de premier intérêt pour la recherche. Etant prestataire de services, fournisseurs de produits biologiques, ce sont les utilisateurs finaux des produits sanguins qui ont déterminé leurs besoins en amont et nous n’avons pas systématiquement accès à cette justification scientifique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet contribuera au développement de méthodes analytiques et aux tests in vitro préalables aux études pré-cliniques in vivo, dans le but de réduire l’utilisation de primates non humains.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à des prélèvements sanguins (veine fémorale, veine saphène ou veine céphalique), sous sédation ou vigile. Si des prélèvements répétés doivent être effectués, une alternance entre la ponction à droite et à gauche sera réalisée. Le prélèvement sanguin prend habituellement 2 minutes et ne doit pas excéder 5 minutes. Tant que l’état clinique et l’état de bien-être de l’animal le permet, celui-ci peut être prélevé en respectant les normes ECVAM/EFPIA de fréquence et de volume.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont manipulés et sédatés (kétamine ou zolazépam/tilétamine) environ 1 fois par mois dans le cadre de nos protocoles de routine pour assurer le suivi clinique et sanitaire, ce qui est susceptible d’induire un stress. La principale nuisance est lié à l’introduction d’une aiguille. Les autres nuisances possibles lors de prélèvements sanguins sous sédation sont une hypothermie, un trouble cardiorespiratoire lors du réveil, un saignement persistant, un hématome, une fistule artério-veineuse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les prélèvements sanguins ne compromettent pas la réutilisation ou l’utilisation continue dans un autre établissement utilisateur. Chaque animal fait l’objet d’une évaluation clinique et de son état de bien-être avant d’être transféré vers un autre établissement.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de répondre aux objectifs de ce projet, le recours à l’expérimentation animale est nécessaire car il n’existe pas à l’heure actuelle de méthode alternative permettant de modéliser les produits sanguins de primates non humains.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pas d’étude statistique associée au projet. Etant prestataire de service pour la fourniture de produits sanguins, ce sont les utilisateurs/demandeurs qui sont en charge de déterminer en amont leurs besoins (volumes de produits sanguins, nombre d’animaux différents si prélèvements individuels…). Pour une demande d’un volume défini, nous faisons en sorte de prélever le minimum d’animaux possible tout en respectant les bonnes pratiques de volumes/fréquences de prélèvements sanguins en fonction du poids des animaux (cf recommendations européennes EFPIA/ECVAM).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le prélèvement sanguin est une procédure peu invasive et peu douloureuse en soi. Néanmoins, pour limiter le stress et la légère douleur de la ponction, les animaux pourront être prélevés sous sédation (kétamine 10mg/kg ou en intra-musculaire)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La proximité phylogénétique des primates non humains avec l’homme en font des modèles animaux particulièrement valables en recherche biomédicale. L’utilisation de produits sanguins de primates est donc de premier intérêt pour la recherche. M.fascicularis et C.jacchus sont deux espèces particulièrement utilisées dans le développement de nouveaux candidats-médicaments donc pour lesquelles nous pouvons fournir des produits sanguins. Nous répondons à la demande des expérimentateurs demandeurs qui évaluent et justifient eux-mêmes la pertinence de l’espèce animale sur laquelle ils travaillent in vitro. Les animaux sont juvéniles ou adultes, selon la disponibilité des animaux hébergés.