
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-867944)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans ce projet, nous souhaitons utiliser des souris capables de développer spontanément une inflammation intestinale semblable aux MICI (Maladie inflammatoire chronique de l’intestin) humaines. Les MICI, comme la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, qui affectent environ 300 000 personnes en France, sont des maladies auto-immunes où le système immunitaire attaque par erreur certaines parties du système digestif. La maladie de Crohn peut toucher tout le système digestif, alors que la colite ulcéreuse se limite au côlon et au rectum. En effet, le modèle de souris utilisé pour ce projet a une altération de leur système immunitaire, les rendant par conséquent susceptibles à certains pathogènes eu au développement spontané́ d’une inflammation continue au niveau du côlon et du rectum semblable à la pathologie humaine. Nous souhaitons donc pour ce projet, reproduire cette lignée et la maintenir dans des conditions d’hébergement sans pathogène pour l’étude des MICI.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de gérer au mieux l’élevage de souris génétiquement altérées à phénotype dommageable par l’hébergement des souris en milieu dépourvu de pathogène, et de sélectionner les souris de bon génotype pour l’expérimentation. Le schéma de croisement défini permettra de générer un minimum de souris, tout en réduisant les nuisances.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une biopsie de la queue sera effectuée une fois par animaux, après désinfection de la queue sur animaux vigile. Le geste est estimé à moins de 30 secondes par animaux. Cette technique permet d’identifier les animaux porteurs de notre mutation génétique d’intérêt.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris sont sensibles aux infections bactériennes et aux développements de pathologies intestinales. Le maintien en milieu dépourvu de pathogènes les préservent du développement de maladies. La récupération d’un petit bout de la queue pour l’identification des souris peut causer des douleurs légères momentanées chez la souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris de génotypes non pertinents seront mises à mort. De plus, si les points limites sont atteints ou si les souris expriment le phénotype dommageable alors celles-ci seront aussi mises à mort. Les animaux utilisés pour l’expérimentation, la gestion des accouplements et le maintien de la lignée seront gardés en vie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ces dernières années, différents modèles in vitro ont été développés et optimisés afin de mimer au mieux l’environnement intestinal en condition d’inflammation pour tester l’efficacité thérapeutique de futurs traitements potentiels. En revanche, aucun de ces modèles ne représentent complètement la complexité de la physiopathologie des MICI humaines. Ainsi, il n’existe pas d’alternative non animale pour mimer l’environnement cellulaire complexe et l’état d’inflammation intestinale présente dans la pathologie MICI.
2. Réduction
Nous allons identifier et former le plus rapidement les couples portant notre mutation d’intérêt. Les descendants obtenus seront donc utilisés pour nos études. De plus, pour chaque expérience, nous avons le souci permanent d’utiliser un nombre minimum d’animaux tout en ayant le maximum de chances d’obtenir des résultats satisfaisants et reproductibles. Enfin, des paillettes de sperme seront réalisées afin de s’affranchir de nouveaux croisements en cas de nécessité de réutilisation de la lignée.
3. Raffinement
Les souris seront manipulées sous hotte afin de limiter les risques d’infection. Un suivi régulier des souris sera effectué. Toutes les mesures nécessaires seront prises pour s’assurer du maintien du bien-être animal. Les souris seront suivies par les zootechniciens qui ont l’expertise de ce type de souris. La biopsie de la queue sera réalisée avant l’ossification de la queue (avant 12 jours), ce qui permettra de diminuer les nuisances chez l’animal. La taille de la biopsie sera réduite à son minimum (inférieur à 1 mm). De plus, le développement du protocole de génotypage à partir de follicule pileux sera mise en place. Dès que des résultats satisfaisants seront obtenus, le génotypage à partir de biopsie de la queue sera arrêté. Enfin, les points limites seront évalués quotidiennement, afin de détecter l’apparition de soufrance de l’animale, à partir de la naissance des souris de la lignée. Ces points limites seront évalués selon une grille de score : il varie de 0 à 4 (4 étant la limite). Le détail de cette grille est explicité dans les procédures. De plus, les critères comportementaux et d’apparences seront aussi pris en compte.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris utilisées pour l’étude sont privilégiées pour mimer les maladies inflammatoires intestinales humaines. Ce modèle présente un phénotype inflammatoire spontané́ par la prise d’anti-inflammatoire non stéroïdien pendant neuf jours. Les souris femelles et mâles seront utilisées pour l’ensemble de cette étude. Les souris seront âgées de 9 semaines, car ce sont les souris âgées de moins de 3 mois qui sont le plus susceptible de développer une inflammation intestinale. Les animaux seront hébergés en module dépourvu de pathogènes spécifiques pouvant leur être nuisibles depuis leur naissance jusqu’à leur utilisation. Les croisements seront effectués lorsque la maturité sexuelle sera atteinte (environ 6 semaines). Les croisements seront effectués lorsque la maturité sexuelle sera atteinte (environ 6 semaines). Les souris femelles âgées de 9 semaines seront utilisées pour ce projet, car les souris femelles âgées de moins de 3 mois sont plus susceptibles de développer une inflammation intestinale.