
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-869490)
900 cobayes vont être utilisés dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger et modéré, 600 tués à l’issue et 300 proposés à l’adoption. Ils reçoivent des injections intramusculaires puis huit injections intradermiques sur les flancs tondus, avec un risque d’abcès aux points d’injection, pour le contrôle réglementaire de lots d’allergènes de diagnostic de la tuberculose et de la brucellose. Les 600 tués le sont faute de données sur les effets à long terme de la procédure, leurs corps étant ensuite utilisés à des fins pédagogiques. Le porteur indique que l’OMSA recommande le cobaye, espèce jugée la plus « sensible », et n’utilise que des femelles, les mâles étant trop « agressifs » en cage commune.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La brucellose et la tuberculose sont deux maladies animales transmissibles à l’homme réglementées, dont le contrôle chez les ruminants domestiques reste une priorité de santé publique vétérinaire en raison de leur fort impact sanitaire et économique. Une surveillance programmée est donc mise en place. Un des outils de diagnostique de la brucellose et de la tuberculose repose sur l’injection aux animaux d’extraits protéiques (brucelline ou tuberculine) dits allergènes. Un animal contaminé par la maladie présentera une réaction locale au point d’injection avec l’allergène correspondant. Dû à de possible réactions croisées, une réaction locale au point d’injection conclura uniquement à une suspission de contamination par la maladie testée. Conformément à la réglementation, les allergènes utilisés dans ce cadre doivent faire l’objet d’un contrôle des lots de fabrication obligatoire avant leur mise sur le marché. Ainsi cette expérimentation permet de vérifier deux points : la non-sensibilisation des animaux à l’allergène (pas d’effet local induit par le produit) et un contrôle d’activité (présence d’une réaction locale lorsque l’animal a été préalablement sensibilisé par la tuberculose ou la brucellose). Si les lots satisfont à ces deux tests ils pourront être mis sur le marché. L’objectif de ce projet est donc d’apporter des éléments nécesaires à la mise sur le marché d’outils de diagnostique pour la brucellose et la tuberculose bovine et aviaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette expérimentation animale permet de réaliser les tests de contrôle officiels obligatoires des lots de brucellines et des tuberculines animales (aviaire et bovine) utilisées dans le diagnostique de la brucellose et de la tuberculose. Conformément à la réglementation chaque lot de brucellines et des tuberculines (aviaire et bovine) produits doivent être testés (épreuce de non-sensibilisation et contrôle de l’activité) avant leur mise sur le marché.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sur 8 animaux : 1 injection intramusculaire dans la cuisse de 0.5 ml de brucelline ou de tuberculine de référence diluée dans l’adjuvant du produit à tester. La durée de réalisation de cette injection est de moins de 5 minutes par animal, contention comprise. 5 semaines après cette injection intramusculaire, les 8 animaux subissent chacun 8 injections intra-dermiques de 0.1 ml, dans 8 endroits différents des deux flancs, du produit à tester ou du produit de référence dilué dans de la solution physiologique. Pour cette étape la durée d’intervention par animal est d’approximativement 13 minutes, contention et tonte de la zone où se feront les injections comprises. Sur 2 autres animaux : 1 injection intra-dermique à J0, J5, J10 et J24 de 0.1 ml de produit à tester (brucelline ou tuberculine) diluée dans de la solution physiologique, à raison de deux injections par flanc de chaque animal. La durée de réalisation de chaque injection est de moins de 5 minutes par animal, contention comprise. Sur 2 autres animaux : 1 injection intra-dermique à J24 de 0.1 ml du produit à tester (brucelline ou tuberculine) dilué dans de la solution physiologique, dans le flanc. La durée de réalisation de chaque injection est de moins de 5 minutes par animal, contention comprise.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les réactions cutanées liées à la tuberculine ou brucelline sont limitées à une « rougeur » superficielle au point d’injection. Après plusieurs années d’expérience, nous n’avons jamais observé des modifications comportementales des animaux suggérant une douleur ou un inconfort. Néanmoins il est possible que des abcès apparaissent aux points d’injection intra-musculaire dans la cuisse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés dans l’épreuve de non-sensibilisation sont placés dans des associations de replacement d’animaux de laboratoire en vue de leur adoption étant donné que les substances injectées sont d’une part stérile et d’autre part non nocives pour l’animal. Cela correspond à 4 animaux sur un total de 12 par lot de produit à contrôler ; soit 300 animaux sur la période de 5 ans de validité de cette saisine. A l’issue de l’épreuve de test d’activité, les 8 animaux utilisés par lot de produit à contrôler sont mis à mort à la fin de la manipulation étant donné le manque de données que nous avons de l’effet de cette procédure sur les animaux à long terme ; soit 600 animaux sur la période de 5 ans de validité de cette procédure. Les carcasses de ces animaux sont ensuite utilisées à des fins pédagogiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réglementation en vigueur impose le contrôle de chaque lot de fabrication d’allergènes avant leur mise sur le marché. Les premières étapes du contrôle des lots produits sont réalisées au laboratoire (apparence et pureté du produit) mais pour les deux tests de non-sensibilisation et de contrôle de l’activité présent dans ce projet il n’existe pas aujourd’hui d’alternative in-vitro.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre minimal de cobayes a été calculé en utilisant un dispositif en carré latin, permettant d’utiliser chaque animal comme son propre témoin, permettant ainsi de limiter le nombre d’animaux. Par ailleur, depuis 2021, nous avons obtenu des fabriquants de la tuberculine la production de lots de plus grande taille afin de reduire le nombre de lots contrôlés et ainsi le nombre d’animaux utilisés. Dans le cas de brucellines, le contrôle est mutualisé à l’échelle européenne, afin de limiter l’utilisation expérimentale d’animaux dans chaque pays.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont hébergés par groupes de 4 cobayes dans des cages munies d’une plateforme de repos avec l’enrichissement nécessaire à leur bien-être (rondins en bois). Une période d’acclimatation d’une semaine est réalisée avant la mise en place du protocole. Les expérimentations antérieures ont montré que les deux tests réalisés n’engendraient pas d’effets secondaires chez les animaux suite aux injections intradermiques. Une surveillance quotidienne des animaux avec un contrôle visuel de l’état général des animaux (prise d’aliments et d’eau normale) et une surveillace des points d’injections intradermiques est mise en place. Si toutefois le produit à contrôler montrait une forte réaction dès la première injection à J0 alors une décision sur la continuité de l’expérimentation serait prise en fonction de la force de la réaction et en concertation avec notre vétérinaire sanitaire. Dans de rare cas il a été observé la formation d’un abcès au point d’injection intramusculaire dans la cuisse ; abcès qui s’est toujours résorbé. Dans le cas de la formation d’un abcès repéré lors de la surveillance quotidienne des animaux (surveillance identique à celle mise en place suite aux injections intradermiques), une surveillance journalière accrue serait mise en place avec prise de photos des abcès pour évaluer leur évolution dans le temps ; si l’abcès persiste ou s’amplifie le vétérinaire sanitaire est contacté pour avis (traitement mis en place ou arrêt de l’expérimentation par mise à mort de l’animal).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’organisation mondiale pour la santé animale (OMSA) recommande l’utilisation de cobaye pour ces tests. En effet le cobaye est l’espèce la plus sensible d’un point de vue de la réaction immunitaire locale pour le contrôle des brucellines et des tuberculines animales (aviaire et bovine). Les animaux utilisés sont des adultes d’un poids maximum de 250 g pour garantir le respcet des doses utilisées. L’hébergement des animaux se faisant par groupe, uniquement des femelles sont utilisées ; les mâles présentent trop d’agressivité entre individus quand hébergés dans une même cage.