Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

7 830 animaux non-humains, 7 410 lapins et 420 hamsters dorés, vont être utilisés en cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, au rythme d’environ 438 études commandées par an. Chaque étude consiste à injecter ou appliquer un dispositif médical sur la peau, l’œil, la bouche, le vagin ou le rectum, une ou plusieurs fois sur 21 jours au plus, puis à noter érythème et œdème, avec rasage, pansements ou collerette selon les tests. Le nombre de lapins et de hamsters dépend « du nombre d’études signées avec les différents donneurs d’ordre », et le porteur justifie le recours à ces tests par des pays dont les autorités ne reconnaissent pas encore les méthodes in vitro. Sont tués tous ceux dont les sites d’application doivent être prélevés pour l’histologie, et une partie des autres selon les résultats, tandis que 360 lapins sans réaction ni anomalie clinique sont prévus pour d’autres tests.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-917067v1
Types de recherche
· Tests réglementaires · Toxicologie et autres tests de sécurité ·
Mots-clés
Irritation, Injection, Application
Hamsters dorés : 420
Lapins : 7410

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tout fabricant doit s’assurer que l’utilisation de son produit ne compromette ni l’état clinique et la sécurité des patients, ni la sécurité et la santé des utilisateurs. L’évaluation des risques menée prend en compte le fait que les risques éventuels liés à l’utilisation du produit constituent des risques acceptables au regard du bienfait apporté au patient et sont compatibles avec un niveau élevé de protection de la santé et de la sécurité des patients comme des utilisateurs. Dans ce projet, le paramètre évalué est le potentiel irritant des dispositifs médicaux. Certains matériaux n’ayant pas été testés peuvent induire des effets indésirables lorsqu’ils entrent en contact avec des tissus humains. Le fabricant est dans ce cas tenu d’évaluer chaque dispositif en fonction de ses effets indésirables potentiels avant sa mise sur le marché.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet participe à l’autorisation de mise sur le marché de dispositifs médicaux en vérifiant que l’utilisation du produit de santé ne compromet ni l’état clinique et la sécurité des patients, ni la sécurité et la santé des utilisateurs. Ce projet permet spécifiquement d’évaluer les risques éventuels de manifestations cutanées liés à l’utilisation de dispositifs médicaux et de s’assurer le cas échéant qu’ils constituent des risques acceptables au regard des bienfaits/bénéfices apportés aux patients et sont compatibles avec un niveau élevé de protection de la santé et de la sécurité des patients comme des utilisateurs. Les résultats seront disponibles à l’issue des études et leur incorporation dans les dossiers de soumission aux autorités de santé compétentes avant leur mise (ou leur maintien) sur le marché pourront en découler à court terme. Le nombre total d’animaux utilisés dépend directement du nombre d’études signées avec les différents donneurs d’ordre durant les 5 années du projet. Nous attendons : -Pour les études d’irritation intradermiques 380 études par an -Pour les études d’irritation primaire cutanée 20 études par an -Pour les études d’irritation oculaires 25 études par an -Pour les étudesd’irritation vaginale ou d’irritation rectale 6 études par an -Pour les études d’irritation buccale 7 études par an

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Dans ce projet, le paramètre évalué est le risque que l’élément testé provoque une réaction d’irritation des tissus chez les lapins ou hamsters. Les animaux reçoivent des injections ou des applications de l’élément d’essai au niveau de la zone d’intérêt recherchée (peau ou muqueuses qui seront en contact avec le produit lors de son utilisation clinique). Chaque application dure entre 1 et 5 minutes, ou jusqu’à 10 minutes en incluant l’anesthésie lorsque celle-ci est nécessaire. La fréquence d’application du produit peut varier en fonction de l’utilisation clinique du produit chez l’Homme. Des applications répétées mimant les conditions d’utilisation clinique peuvent donc être réalisées. Les injections ou applications peuvent donc être uniques ou multiples (période d’application limitée à 21 jours). Lors de ces applications, les animaux peuvent être contenus ou anesthésiés pendant quelques minutes en fonction des procédures. Les sites d’intérêt sont observés macroscopiquement immédiatement après chaque application mais également immédiatement avant l’application suivante si applicable. Des scores d’érythème et d’œdème sont attribués à chaque intervalle de temps. Enfin, après la dernière application les sites seront observés et scorés entre 24h et 21 jours en fonction des procédures. Pour certaines procédures, les animaux sont ensuite euthanasiés pour prélever puis analyser les sites en histologie. Pour les autres procédures, en fonction des résultats obtenus, les animaux peuvent être réutilisés dans d’autres tests ou euthanasiés.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les nuisances attendues communes à toutes les procédures sont les suivantes : – Stress limité et de courte durée (moins de 5 minutes par acte), lié aux contentions lors des différentes applications et observations vigiles, ou lors des anesthésies. – Douleur limitée à moyenne, causée par les injections ou certaines applications. – Gêne ou douleur locale limitée à moyenne en cas de réaction irritante (test positif). Les nuisances attendues et spécifiques à certaines procédures sont les suivantes : – Irritation intradermique : o Stress limité lié au rasage avant injection (inconfort transitoire, acte inférieur à 5 minutes) – Irritation primaire cutanée : o Stress limité lié au rasage avant application (inconfort transitoire, acte inférieur à 5 minutes) o Inconfort léger à modéré lié à la présence de pansement o Douleur modérée ponctuelle liée au retrait des pansements (présence d’une compresse protégeant et limitant le contact de l’adhésif avec la peau, acte transitoire inférieur à 1 minute) – Irritation buccale : o Stress léger suite à la présence d’une collerette lors des applications (vérification de l’absence de gêne pour s’alimenter et s’abreuver).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Réutilisation des animaux ayant répondu négativement et ne présentant aucune anomalie clinique pour d’autres procédures jugées scientifiquement compatibles. Pour les tests nécessitant des analyses histopathologiques comme requis dans le(s) texte(s) de référence, tous les animaux seront mis à mort étant donné que les sites d’applications doivent être prélevés.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Des tests in vitro ont été développés pour détecter certains risques de réaction d’irritation causée par des dispositifs médicaux. Ces tests in vitro sont mis en œuvre dès qu’ils sont acceptables pour les dossiers de demande d’autorisation de mise sur le marché. Néanmoins, les tests in vivo restent nécessaires pour les mises sur le marché des produits dans certains pays dont les autorités compétentes ne reconnaissent pas encore les tests in vitro. De ce fait, les tests in vivo peuvent être limités dans certains cas mais l’utilisation d’animaux est donc toujours requise par certaines réglementations et autorités.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le donneur d’ordre demandant la réalisation de ces tests s’engage à ne pas faire renouveler à l’identique un essai déjà mené précédemment. Le nombre d’animaux minimal requis pour chaque test est défini dans les textes normatifs afin de permettre la détection fiable d’une réaction d’irritation. Si le pH de l’élément à tester est trop extrême (acide ou basique), il ne sera pas testé in vivo. Enfin, dans certains cas (composition du produit faisant craindre un caractère irritant par exemple), le test pourra être mené sur un seul animal dans un premier temps. Si l’effet irritant est constaté, le test est considéré comme positif et l’essai ne va pas plus loin. Si l’animal ne présente pas de réaction, les autres animaux prévus sont également soumis au test pour atteindre l’effectif attendu par les textes normatifs. La réalisation des témoins positifs pour s’assurer de la validité des tests est effectuée tous les 6 mois et non pour chaque étude, permettant de réduire également le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Si, au cours du suivi (à minima quotidien) des animaux, un signe de souffrance ou d’angoisse est détecté, un suivi spécifique est mis en place par l’équipe vétérinaire, ainsi qu’un traitement adapté si jugé nécessaire (ex : traitement analgésique). Une évaluation renforcée supplémentaire (a minima journalière également incluant également les week-ends) aura lieu dans les phases critiques des études, pour s’assurer que la prise en charge est adaptée aux observations cliniques réalisées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Espèce animale définie dans le (ou les) texte(s) de référence(s) Les tests doivent être réalisés sur des animaux jeunes et en bonne santé. A noter : pour les lapins, le poids correspondant est précisé dans le(s) texte(s) de référence (poids minimum à 2 kg en début d’étude). Pour les hamsters, le poids des animaux doit être de 75g minimum avant la première application.