
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-08-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-947699)
Vingt souris seront utilisées uniquement pour que les expérimentateurs s’entraînent à l’injection intracardiaque à travers le thorax, geste que 260 autres subiront pour de bon. Au total 1 528 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré. 1 248 d’entre elles reçoivent des cellules cancéreuses sous la peau des deux flancs, 960 un gavage quotidien pendant deux à quatre mois, et l’ensemble est pesé et mesuré deux fois par semaine jusqu’à ce que la tumeur atteigne la taille fixée d’avance. Le porteur retient la souris parce qu’elle existe en lignées immunodéficientes, donc capables d’accepter des cellules tumorales humaines sans les rejeter.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Environ 3% des cancers du poumon non à petites cellules présentent des mutations du récepteur MET conduisant à son activation et favorisant la croissance tumorale. Le but de notre projet est de comprendre les mécanismes moléculaires conduisant au développement de tumeur induite par des formes mutées du récepteur MET afin de pouvoir proposer des stratégies thérapeutiques basées sur ces mécanismes. Afin de mieux comprendre les mécanismes mis en jeu, nous nous sommes fixé deux objectifs. Le premier objectif est de déterminer si d’autres mutations de MET sont capables d‘induire des tumeurs similaires à celles obtenues avec la mutation spécifique que nous étudions. Pour cela, des cellules bronchiques humaines non tumorale ont été modifiées pour exprimer les formes activées de notre récepteur, ainsi qu’un panel d’autres mutations affectant ce dernier. Le second objectif est d’identifier les voies de signalisation requises pour l’induction des tumeurs par les formes activées de MET. Pour cela, l’expression d’acteurs de la signalisation de MET sera inhibée en plus de la mutation du récepteur MET. Nous avons identifié 5 acteurs de voies de signalisation à étudier et nous prévoyons d’étudier l’implication de cinq acteurs supplémentaires soit 10 cibles en tout. Dans un second temps, de façon à identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant le récepteur MET muté, nous utiliserons dans notre modèle trois inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) utilisés en clinique (représentant le traitement de référence) et ciblant le récepteur MET. Nous utiliserons également des traitements ciblant les voies de signalisation en aval du récepteur MET. Ces inhibiteurs seront choisis parmi les molécules déjà en essai clinique et ciblant des voies de signalisation. Dans le cadre de ce projet et selon l’avancée de nos résultats sur les modèles cellulaires, nous prévoyons de tester 3 autres inhibiteurs supplémentaires, soit 6 inhibiteurs au total. Ces traitements seront également combinés (TKI/ Inhibiteur des voies de signalisation) afin d’évaluer leur potentiel thérapeutique dans notre modèle.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet permettra d’une part d’identifier les mécanismes moléculaires permettant aux formes activées de MET répertoriées dans le cancer du poumon d’induire la tumorigenèse. Sur cette base, nous pourrons évaluer l’efficacité de nouveaux traitements ciblant notamment des acteurs de voies de signalisation en aval en traitement simple ou en co-traitement avec les TKI (traitement de référence). Les bénéfices pourraient donc être importants pour les patients atteints d’un cancer du poumon présentant des mutations de MET par la proposition de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après l’arrivée et l’acclimatation pendant 7 jours des animaux en zone d’hébergement, l’ensemble des 1528 animaux seront identifiés par bague à l’oreille (durée : 30 secondes) puis manipulés régulièrement par l’expérimentateur avant le début des procédures afin de réduire leur stress et de les habituer à la manipulation humaine. Le projet se déroulera ensuite en 4 parties. Plusieurs étapes sont communes à l’ensemble des parties. L’ensemble des animaux (1528) recevront une anesthésie par injection (Injection : 30 secondes ; durée anesthésie : 30min). Pour les parties 1 et 3, suite à l’anesthésie, 1248 animaux recevront une injection de cellules cancéreuses au niveau des 2 flancs (durée : 2 minutes). L’ensemble des souris seront pesées 2 fois par semaine (1 minute) et la croissance des tumeurs sera mesurée 2 fois par semaine (2 minutes). De plus, et seulement dans la partie 3, 960 animaux recevront par gavage une fois par jour un traitement ou un placebo (durée 1 min) au plus tôt une semaine après l’injection des cellules et jusqu’à la fin de l’expérience (durée totale : de 2 à 4 mois). Pour les parties 2 et 4, après l’anesthésie, 260 animaux seront tondus au niveau du thorax et recevront une injection intracardiaque trans-thoracique sous anesthésie générale de cellules cancéreuses ou non. Cette injection se fera sous anesthésie (durée de l’anesthésie : 30 minutes). Pour apprentissage, 20 animaux supplémentaires subiront ce geste. Une analyse par imagerie sera réalisée une fois par semaine afin de suivre le développement des cellules tumorales. Pour cela les animaux seront anesthésiés par voie gazeuse et maintenus sous anesthésie à l’aide d’un masque (durée anesthésie : 5 à 60 min). Ils recevront ensuite l’injection d’une molécule permettant la réalisation de l’imagerie (durée : 30 secondes). De plus, et seulement dans la partie 4, 160 animaux recevront par gavage une fois par jour un traitement ou un placebo (durée 1 min) dès le lendemain de l’injection des cellules et jusqu’à la fin de l’expérience (durée totale : de 2 à 4 mois). Enfin, l’ensemble des 1528 animaux seront mis à mort lorsqu’une taille de tumeur qui aura été prédéfinie sera atteinte ou dès l’apparition du moindre signe de souffrance. Pour cela, les 1528 souris seront anesthésiées par voie gazeuse avant d’être mises à mort. La durée maximale pour chaque partie sera de 4 mois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les procédures que nous prévoyons de réaliser pourraient être à l’origine d’un stress lié à la manipulation. L’injection des cellules et/ou de la molécule pour la lecture de la bioluminescence pourrait entraîner un stress ou une douleur chez les animaux. Pour limiter le stress des animaux, ces derniers seront anesthésiés lors de ces étapes de la procédure. Aux sites où les cellules seront injectées, le développement des tumeurs ne devrait pas entraver la liberté de mouvement des souris, cependant si cette liberté était altérée, une mise à mort des animaux sera réalisée. Le suivi régulier des animaux permettra de pallier toute souffrance ou détresse ressenties par ces derniers.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin de procédures, les animaux seront tous mis à mort car il est nécessaire de pouvoir étudier les organes et les tumeurs afin d’analyser le potentiel tumoral, métastatique mais également l’efficacité des traitements utilisés.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Avant d’initier la partie utilisant des modèles animaux de notre projet, de nombreuses études ont été réalisées sur des cellules de manière à pouvoir notamment étudier la prolifération cellulaire, la résistance à l’apoptose, la migration et la croissance sans ancrage. Seuls les mutants présentant au moins une de ces capacités sont évalués dans les modèles animaux remplaçant ainsi l’animal dans le processus de sélection des lignées d’intérêt. Cependant, la croissance tumorale implique de nombreux processus biologiques, comme la vascularisation tumorale, l’implication du microenvironnement tumoral, l’invasion des tissus voisins qui nécessitent pour leur évaluation un système biologique complexe rendant pour l’instant nécessaire l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Comme précisé précédemment, de nombreuses réponses biologiques sur des cellules ont été évaluées au préalable à l’étude sur l’animal incluant la prolifération cellulaire, la résistance à l’apoptose, la migration et la croissance sans ancrage. Seuls les mutants présentant au moins une de ces capacités sont évalués dans les modèles animaux. De plus, l’utilisation de l’imagerie pour évaluer la dissémination métastatique permet un suivi longitudinal de la dissémination évitant donc l’utilisation de plusieurs cohortes d’animaux à différents temps Pour l’évaluation de l’efficacité des traitements, les molécules sont d’abord utilisées sur les modèles cellulaires. Seules les molécules capables d’inhiber au moins une réponse seront utilisées sur le modèle animal. Les groupe d’animaux par condition ont été déterminés en fonction de nos expériences précédentes pour donner une puissance statistique suffisante en tenant compte de la variabilité entre les animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de limiter au maximum toute souffrance, stress ou angoisse des animaux, ces derniers seront hébergés selon les recommandations établies à raison de maximum 5 animaux par cage dans un environnement enrichi (maison, carré de coton, copeaux de cartons…) et dans des conditions classiques de stabulation (température régulée, cycle jour/nuit). Avant toute manipulation, les animaux seront acclimatés 7 jours dans leur salle d’hébergement. Les animaux seront manipulés avant la mise en place de l’expérimentation afin de procéder à une habituation. Lors de l’expérimentation, les animaux seront anesthésiés avant les procédures pouvant induire un stress ou une angoisse chez l’animal ainsi qu’avant la mise à mort. Une fois l’injection intracardiaque de cellules tumorales réalisée, les animaux seront suivis quotidiennement de manière à pouvoir détecter le plus rapidement possible tout signe de souffrance ou d’angoisse. Des points limites ont été définis préalablement à l’expérience et seront suivis à l’aide d’une fiche d’évaluation des signes cliniques. En cas d’atteinte des points limites, les animaux seront mis à mort selon la méthode définie. La mise à mort sera réalisée à distance des autres animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle murin est un modèle de choix pour l’étude de la croissance tumorale expérimentale. Ce modèle permet notamment de disposer d’animaux immunodéficients compatibles avec l’injection de cellules tumorales humaines ainsi que d’utiliser des outils de modifications génétiques permettant le fonctionnement de notre modèle. Les injections de cellules tumorales seront réalisées comme classiquement décrit dans la littérature sur des animaux âgés de 6 à 8 semaines à la fois mâles et femelles.