
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/02/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-997410)
48 truies gestantes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis gardées vivantes pour reprendre leur cycle de production dans l’élevage. Elles reçoivent une ou deux prises de sang et une injection de vaccin ou de placebo, avec des effets indésirables possibles au point d’injection et de la fièvre. Le porteur teste l’innocuité chez la truie gestante d’un vaccin déjà autorisé chez le porc en engraissement, en préalable à une étude d’efficacité. Il justifie le recours à l’espèce porcine par le fait que le vaccin lui est destiné.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de cette étude est de tester l’innocuité de l’administration d’un vaccin inactivé par voie intramusculaire contre Actinobacillus pleuropneumoniae, chez la truie gestante. C’est un vaccin à destination des porcins visant une immunisation active des porcs à partir de 6 semaines d’âge, afin de réduire les lésions pulmonaires et la colonisation des voies respiratoires par Actinobacillus pleuropneumoniae (App) exprimant des toxines. Ce vaccin est administré chez le porcelet en croissance pour protéger les animaux en engraissement contre la toux, la pleurésie et la mortalité liées à cette bactérie. L’innocuité a donc été évaluée pour ce stade physiologique. En effet, ce vaccin dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les porcins et est indiqué pour les porcs en engraissement. La truie infecte les porcelets à partir de l’âge de 2 semaines et ces porcelets infectés propagent l’infection dans le groupe lors de la disparition de l’immunité maternelle, après le sevrage. La transmission se fait par l’intermédiaire des gouttelettes de salive projetées par les animaux porteurs. La sensibilité immunitaire de l’élevage dépend du niveau d’anticorps d’origine maternelle (AOM) pouvant perdurer de 5 à 12 semaines, et de la présence de souches d’App non virulentes à l’origine d’une protection immunitaire croisée. La vaccination des truies, en réduisant la colonisation des voies respiratoires, permettrait de diminuer l’exposition et la contamination des porcelets sous la mère durant la phase d’allaitement. Elle permettrait également de fournir une immunité passive aux porcelets, via des anticorps dans le colostrum, afin de les protéger dans leurs premières semaines de vie, avant l’immunisation active par la vaccination. L’innocuité chez la truie en cas de gestation n’a pas été établie pour ce vaccin. Cette étude sur l’innocuité est préliminaire à une étude d’efficacité, et va permettre de réaliser des tests sérologiques : en effet il n’existe aucune donnée chez la truie concernant la réponse immunitaire en anticorps vis à vis de ce vaccin, et donc le possible transfert d’immunité aux porcelets, via le colostrum.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Dans le dossier d’AMM, l’innocuité du médicament vétérinaire n’a pas été établie en cas de gestation. En vue d’une utilisation du vaccin sur les truies en cours de gestation, il est nécessaire, avant d’en étudier l’efficacité, d’établir des connaissances sur l’innocuité. C’est l’objet de cette étude.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les prises de sang se feront sur animal vigile. Cette opération sera réalisée une fois, 6 semaines avant mise bas pour le groupe placébo, et deux fois, 6 et 1 semaines avant la mise bas pour le groupe vacciné. La durée maximale d’une prise de sang est d’une vingtaine de seconde. Les injections de vaccin ou de placébo seront faites selon les bonnes pratiques d’injection et durent en moyenne 3 secondes. 48 animaux seront concernés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les prises de sang et la contention sont une source de stress ponctuel pour la truie. Les cas de saignement par le point de ponction sont rares mais pas inexistants. La vaccination qui peut également avoir des effets indésirables sur les truies : rongeur et gonflement au point d’injection, élévation de la température corporelle. Par ailleurs, les animaux seront élevés dans des conditions d’élevage classiques, en groupe pour la gestation puis en cases individuelles pour la maternité, avec des conditions d’ambiance contrôlées par ventilation dynamique et alimentation et abreuvement selon les recommandations en vigueur en élevage de porcs. Chaque case est enrichie en matériaux conformément à la réglementation en vigueur. Les cases sont également équipées de distributeurs automatiques de concentrés adaptés aux truies et leur distribuant une ration alimentaire adaptée à leur poids et stade physiologique. Des abreuvoirs en nombre suffisant permettent un accès à l’eau en continu et ad libitum.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont tous gardés en vie en fin de procédure. Ils continueront leurs cycles de production classiques d’un élevage de porcs.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’évaluation de l’innocuité d’un vaccin à destination de l’espèce porcine nécessite d’être réalisée sur l’espèce porcine.
2. Réduction
L’unité épidémiologique est l’animal. Les écarts attendus entre le groupe témoin et le groupe vacciné nécessitent de mener l’étude sur 48 animaux, soient 24 truies par groupe. Des données qualitatives (état de santé des animaux, évaluation du site d’injection) et quantitatives (température rectale, taux d’anticorps) seront comparées entre groupes par des tests statistiques. Le nombre d’animaux pour lequel une prise de sang sera réalisée a été fixé pour représenter l’unité épidémiologique, soient 48 truies.
3. Raffinement
Les prises de sang seront réalisées par une personne aguerie à ce geste afin que les périodes de contention soient réduites autant que faire se peut. Pour les vaccinations, il est recommandé d’utiliser une contention afin que les injections soient réalisées correctement. Cette contention consistera loger les truies temporairement dans des stalles individuelles, les unes à côté des autres, pour la durée des injections. Les truies seront ensuite libérées. C’est une procédure réalisée classiquement à chaque séance de vaccination dans l’élevage expérimental de Romillé. Parmi les effets indésirables du vaccin chez le porc en croissance sont rapportés une induration, une rougeur ou un gonflement au site d’injection qui se résorbent spontanément, ainsi qu’une augmentation de la température pendant 1 à 2 jours après l’injection. Ce sont des effets indésirables qui arrivent fréquemment lors de la vaccination des animaux et qui feront l’objet d’investigations lors de cette étude. Tout autre symptôme sera également noté. Des soins seront apportés aux animaux dès que nécessaire (antipyrétiques, anti inflammatoires, isolement en infirmerie). En cas d’effets indésirables cumulés ou impactant l’état général de l’animal, la/les truie(s) concernée(s) sera/ont isolée(s) en infirmerie, soignée(s) et sortie(s) de l’étude. Par ailleurs, les animaux seront élevés dans des conditions d’élevage classiques, en groupe pour la gestation puis en cases individuelles pour la maternité, avec des conditions d’ambiance contrôlées par ventilation dynamique et alimentation et abreuvement selon les recommandations en vigueur en élevage de porcs. Chaque case est enrichie en matériaux d’enrichissement, conformément à la réglementation. Les cases sont également équipées de distributeurs automatiques de concentrés adaptés aux truies et leur distribuant une ration alimentaire adaptée à leur poids et stade physiologique. Des abreuvoirs en nombre suffisant permettent un accès à l’eau en continu et ad libitum.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’évaluation de l’innocuité d’un vaccin à destination de l’espèce porcine nécessite d’être réalisée sur l’espèce porcine. Les truies seront suivies de 6 semaines avant la mise bas jusqu’à la mise bas. Les vaccinations seront réalisées sur cette période (6 et 3 semaines avant mise bas). La comparaison des effets indésirables et de la réaction immunitaire liés à la vaccination se feront sur cette période. Leurs porcelets à la naissance seront également inclus dans l’étude.