
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-02-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-066210)
240 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Un asthme allergique aggravé par un rhinovirus leur est induit par instillations nasales répétées sous anesthésie, avec administration d’anticorps derrière l’oeil, pour étudier le rôle des cellules natural killer. Le porteur indique que ces protocoles ne sont pas identifiés comme douloureux mais génèrent le stress de préhensions répétées et les effets de l’infection respiratoire. Il affirme que la complexité et la cinétique de cette pathologie ne peuvent être reproduites in vitro ou in silico.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’asthme est une maladie pulmonaire chronique complexe aboutissant à une obstruction bronchique réversible, qui affecte les enfants et les adultes. Dans le monde, en 2019, on estime que 262 millions de personnes souffraient d’asthme et que cette maladie a entraîné 461 000 décès. Cependant, ces chiffres sont très probablement sous-estimés. L’asthme est sévère pour environ 10% des patients qui souffrent de symptômes persistants malgré une bithérapie de fond incluant des fortes doses de corticoïdes inhalés. Les exacerbations ou aggravations des symptômes d’asthme restent un problème majeur dans le suivi et l’évolution des asthmatiques, qu’ils soient sévères ou non. Elles représentent le motif principal de recours aux soins. Environ 50 à 80% des exacerbations sont associées à des infections virales respiratoires (chez les adultes et les enfants, respectivement). Parmi les virus impliqués, 50-60% sont des rhinovirus, appartenant plus précisément aux groupes A et C. Même si certains mécanismes impliqués dans les exacerbations ont été identifiés, les connaissances restent insuffisantes pour développer des traitements efficaces. Il y a donc un réel besoin de mieux comprendre la physiopathologie des exacerbations viro-induites des asthmatiques allergiques, quel que soit leur âge et leur traitement. Les cellules natural killer (NK) participent à l’immunité innée antivirale précoce, et sont présentes en grande quantité dans les poumons. Cependant, leur rôle dans les exacerbations viro-induites de l’asthme sont largement méconnus. L’objectif de notre travail est de mettre en place un modèle d’exacerbation induite par un rhinovirus (RV) chez la souris, après sensibilisation allergique pulmonaire. Nous utiliserons le RV-C15, qui est associé à des symptômes plus sévères. Dans ce modèle, nous identifierons et caractériserons les cellules NK pulmonaires et leurs fonctions.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les résultats attendus de ce projet sont de plusieurs niveaux : (1) d’ordre technique ou expérimental, avec la mise en place du modèle d’exacerbation de l’asthme expérimental induite par un rhinovirus de type RV-C15 ; (2) d’ordre fondamental, avec une meilleure compréhension du rôle des cellules NK dans la pathogénèse des exacerbations viro-induites de l’asthme. A plus long terme, ce modèle pourra servir de modèle d’étude pré-clinique pour évaluer de nouvelles thérapeutiques dans le traitement des exacerbations viro-induites de l’asthme.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– Instillations intranasales sous anesthésie volatile (isoflurane 2% avec un débit d’air de 1L/min) : * 25µl par souris et par instillation * 6 instillations intranasale par souris, d’extraits d’acarien ou de solution saline * 1 instillation intranasale par souris, de rhinovirus vivant ou de solution contrôle – administration intraveineuse d’anticorps sous anesthésie volatile (isoflurane 2% avec un débit d’air de 1L/min) au niveau du sinus rétro-orbital : 50µl. Une admnistration par souris, uniquement pour la procédure 3. – 1 administration intrapéritonéale par souris pour adminitration léthale de pentobarbital
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les protocoles d’asthme n’ont pas été identifiés comme protocoles douloureux. Cependant, ils peuvent provoquer des nuisances sur les animaux comme le stress de la préhension pour l’anesthésie volatile (6-7 fois), et celui d’une injection intra-péritonéale pour le surdosage d’anesthésique avant la mise à mort. L’infection avec le rhinovirus RV-C15 génère quant à elle un stress lors de la phéhension pour l’anesthésie volatile (1 fois), et des effets indésirables liés à l’infection respiratoire. Néanmoins, aucune douleur n’a été signalée à ce jour dans la bibliographie concernant l’infection à RV-C15. Les animaux seront donc quotidiennement surveillés afin de répertorier d’éventuels effets indésirables, comme la perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de chaque procédure, les animaux sont mis à mort afin de prélever les organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il s’agit de l’étude d’une pathologie faisant appel à de nombreux types cellulaires et à de nombreux paramètres dont la complexité et la cinétique ne peuvent être reproduites in vitro, ou modélisées in silico. Nous allions néanmoins ce travail à des études in vitro analysant les fonctions des cellules NK de patients asthmatiques qui pourront enrichir le projet présenté ici, voire orienter nos études futures.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les calculs des effectifs sont basés sur notre expérience en matière de modèles d’asthme et les calculs de puissance effectués permettant des analyses statistiques correctes et la mesure de nombreux paramètres caractéristiques de l’asthme : inflammation (cellules : nombre et localisation, cytokine) et remodelage bronchique, ainsi que sur la publication ayant décrit l’utilisation du RV-C15 pour induire une exacerbation des réponses asthmatiques chez la souris BALB/c (Rajput, et al. https://doi.org/10.3389/fimmu.2021.649520). Ainsi, le nombre a été calculé au plus juste pour chaque protocole. Plus précisément, pour les procédures 1 et 2, nous nous sommes basés sur des résultats précédemment obtenus (composition du lavage bronchoalvéolaire en nombre d’éosinophiles chez des souris mâles et des souris femelles sensibilisées à un autre acarien ou non sensibilisées), et avons réalisé un calcul d’effectif avec le logiciel InVivoStat v4.3.0 en considérant un risque alpha de 5% et une puissance de 80%. Le calcul ainsi réalisé donne un nombre de sujets de 6 par groupe. Pour ce qui est de la procédure 3, nous nous sommes basés sur des résultats préliminaires sur le pourcentage de cellules NK localisées dans le parenchyme pulmonaire parmi les cellules NK pulmonaires. En utilisant le logiciel InVivoStat v4.3.0, avec un risque alpha égal à 5%, une puissance de 80%, et avec pour objectif de mettre en évidence une différence absolue minimale égale à 2 écart-types, nous avons obtenu un effectif de 6 animaux par groupe L’étude préliminaire permettant d’établir notre modèle chez la souris C57BL/6J sera réalisée sur 6 groupes de souris par sexe afin d’envisager toutes les combinaisons et de ne négliger aucun groupe contrôle (y compris les souris sensibilisées aux extraits d’acariens et non infectées et leurs contrôles non sensibilisés), afin de caractériser complétement le modèle. Il faut signaler que ce modèle de sensibilisation allergique est très dépendant de l’animalerie où il est effectué, car les réponses immunes mises en jeu sont modifiées par le microbiote de l’animal, lui-même dépendant de la structure d’accueil. Cependant pour les études suivantes, nous éliminerons les groupes « souris sensibilisées aux extraits d’acariens et non infectées » et leurs contrôles « non sensibilisés » afin de réduire le nombre d’animaux utilisés aux conditions infectées par RV-C15 vivant ou non vivant.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les expérimentations seront débutées 7 jours après réception des souris pour permettre leur acclimatation. Les animaux seront hébergés en cage de 4, et l’environnement sera enrichi par la présence d’un igloo en plastique teintés. Les facteurs physiques de l’environnement (lumière, bruit, température et renouvellement d’air) sont contrôlés et adaptés au modèle murin. Après anesthésie gazeuse à l’isoflurane (2% avec un débit d’air de 1L/min) et instillation intrasale, les souris seront surveillées jusqu’à leur réveil. Après infection avec le RV-C15, les souris seront suivies quotidiennement par un personnel qualifié. Une fiche d’observation sera remplie afin d’assurer un suivi de l’état de souffrance/douleur des animaux et de prendre les mesures adaptées le plus précocément possible.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les modèles animaux souris reproduisent les différents paramètres de la pathologie asthmatique allergique. En outre de nombreuses souris génétiquement modifiées ou anticorps spécifiques existent permettant d’identifier des molécules ou cellules impliquées. Dans la plupart des protocoles, les souris seront utilisées à l’âge adulte (6-8 semaines) comme dans la majorité de la littérature sur le sujet.