
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-07 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-394883)
320 bars juvéniles vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont pêchés à l’épuisette à plusieurs reprises, soumis pour 80 d’entre eux à un test de stress par pourchasse puis confinement à forte densité, avant une prise de sang sous anesthésie suivie de la mise à mort. Le projet évalue si un extrait de micro-algue ajouté à l’aliment réduit le stress et renforce l’immunité en élevage. Le porteur situe le bénéfice, une recette d’aliment pour pisciculture, sur le long terme et affirme qu’aucune méthode alternative n’existe pour ce type d’approche.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Depuis des décennies, de nombreuses orientations scientifiques ont concouru à diminuer la part des matières premières d’origine marine dans les aliments pour l’aquaculture. En effet, les ressources de la pêche mondiale stagnent voire régressent, et ne peuvent plus être utilisées avec la même intensité pour nourrir les productions aquacoles, dont les tonnages augmentent rapidement. Les micro-algues font partie des meilleurs candidats pour assurer des substitutions devenues obligatoires, notamment pour remplacer une utilisation trop importante des huiles et farines de poissons issues de la pêche. Elles renferment des teneurs en protéines élevées, intéressantes pour les poissons, ainsi que des lipides, des vitamines et des pigments pouvant à la fois améliorer la santé des poissons en élevage, ainsi que leur qualité nutritionnelle. Dans le cas de l’algue rouge Galdieria sulphuraria, ses capacités d’adaptations importantes associées à sa composition en glucides d’intérêt dans la régulation de certains stress, ont soulevé l’intérêt des industriels afin d’étudier son effet dans l’alimentation animale, et notamment en pisciculture. Ce projet a donc pour objectif d’évaluer l’impact d’une supplémentation algale en Galdieria sulphuraria dans l’alimentation d’un poisson d’élevage marin, le bar commun Dicentrarchus labrax, en s’intéressant notamment à divers paramètres sanguins, impliqués dans l’immunité et la gestion du stress.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le premier bénéfice attendu du projet est de mettre en évidence que la micro-algue testée pourra être intégrée dans le futur à des recettes d’aliments pour poissons parce qu’elle contribue à une amélioration de certains paramètres immunitaires, susceptibles de conférer aux poissons une meilleure résistance vis-à-vis de pathogènes pouvant être rencontrés en élevage. Le deuxième bénéfice attendu porte sur la réduction de manière générale du stress du bar consommant cette micro-algue. Etant donné que la procédure d’induction du stress appliquée dans cette étude, vise à reproduire des évènements stressants ayant lieu occasionnellement en élevage, on peut espérer que les bénéfices attendus de l’incorporation de cet extrait algale dans l’aliment, confèrent une meilleure résistance des poissons à des stress de différentes natures, liés à leur élevage. Ces bénéfices pour l’alimentation piscicole seraient à long terme, puisqu’il resterait à déterminer (à minima) la dose optimale d’extrait de cette micro-algue à utiliser pour avoir un effet satisfaisant, puis à obtenir les autorisations permettant la mise sur le marché de ce produit. Du point de vue de la recherche scientifique, si des bénéfices étaient avérés, la recherche des composés impliqués dans l’amélioration de la physiologie du bar serait également réalisée sur le long terme.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La pêche à l’épuisette, d’une durée inférieure à la minute, sera réalisée 1 fois sur 160 poissons (prise de sang), 2 fois sur 80 poissons (changement de bac, puis prise de sang), ou 3 fois sur 80 poissons (changement de bac, test de stress, puis prise de sang). La procédure expérimentale ‘test de stress’ sera réalisée une fois sur 80 poissons, et durera 6 minutes (1 min de pourchasse dans le bac + 5 min de confinement). La procédure ‘prise de sang’ sera réalisée une fois sur l’ensemble des animaux du projet, soit 320 bars. Elle consistera en une anesthésie, suivi d’une prise de sang, puis d’une mise à mort. L’anesthésie durera au moins 5 minutes pour assurer une anesthésie efficace, et le prélèvement sanguin durera normalement moins d’1 minute, et maximum 2 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La première nuisance attendue est le stress généré par les pêches de poissons, réalisées pour le prélèvement sanguin à l’issu de la phase d’imprégnation (10 poissons/bac, soit 160 poissons pêchés 1 fois), pour la préparation du test de stress (10 poissons/bac), sa réalisation (20 poissons/aliment), et le prélèvement sanguin final (40 poissons/aliment, soit 80 poissons pêchés 2 fois, et 80 poissons pêchés 3 fois). Les nuisances et effets indésirables attendus sont un stress généré par une réaction de fuite, puis par l’émersion et la compression dans l’épuisette qui en suivra. Cette nuisance est considérée comme légère car elle sera à chaque fois de courte durée (durée de pêche et d’exondation du poisson de l’ordre de la minute), et réalisée à l’épuisette sur de petits groupes (10 animaux). La seconde nuisance attendue est le stress généré par le changement de bac des poissons utilisés pour étudier les niveaux en cortisol, lactate et glucose sanguin des 4 régimes alimentaires. Cette nuisance est également considérée comme légère car ce transfert sera fait dans des bacs identiques à ceux d’où proviennent les poissons. Une nuisance faisant l’objet de cette demande d’autorisation est le prélèvement sanguin sur l’ensemble des poissons inclus dans cette demande, soit 320. Il s’agit de prélever du sang des bars alimentés différemment au cours de la phase d’imprégnation, afin de réaliser par la suite différents dosages. Cette nuisance est considérée comme modérée car ces prélèvements seront réalisés sur des bars préalablement anesthésiés. La nuisance provoquée par la piqûre d’aiguille ne sera donc pas ressentie par le poisson. Le prélèvement sanguin sera d’une durée inférieure à la minute, réalisé une fois par poisson, et suivi immédiatement par la mise à mort de l’animal. La seconde nuisance faisant l’objet de cette demande d’autorisation de projet est la réalisation d’un test de stress sur 80 poissons. En effet, lors de ce test, les poissons seront pourchassés à l’épuisette pendant 1 min et par groupe de 20, ce qui engendrera un stress par une réaction de fuite, avant d’être confinés pendant 5 min à une densité élevée d’environ 60 kg/m3. Cette nuisance est considérée comme modérée en raison des courtes durées d’application de ces stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour réaliser des prélèvements sanguins
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe pas à notre connaissance d’expérimentations déjà décrites dont le but est de montrer l’intérêt de cet extrait spécifique de micro-algue, Galdieria sulphuraria. L’objectif de ce projet étant de démontrer que ce produit amène des atouts supérieurs en terme de stress et d’immunité par rapport à d’autres micro-algues et en particulier à la spiruline, il n’est pas possible d’en faire abstraction. Pour ce type d’approche, il n’existe pas aujourd’hui de méthodes alternatives à l’expérimentation animale.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il a été choisi en amont de ce test de réaliser 4 réplicas d’analyse par régime alimentaire. Ce nombre de répétitions est un bon compromis entre l’effort à réaliser au cours de l’étude (en termes de prélèvements, de matériel, de maintiens des animaux) et la puissance statistique permettant de mettre en évidence des différences significatives. En fonction du type d’analyses, du volume de sang prélevable par poisson, et de la puissance statistique souhaitée, il a été déterminer qu’il nous fallait 10 poissons par prélèvement pour les analyses immunitaires (soit 40 poissons par régime alimentaire et 160 poissons au total), et 5 poissons par prélèvement pour les analyses liées au stress (soit 40 poissons par régime alimentaire et 160 poissons au total). Ce nombre d’animaux a été réduit au maximum, en tenant compte de la densité d’élevage des poissons pour obtenir un optimum pour le bien-être des animaux, sans nuire aux besoins analytiques. Les données issues de cette étude seront analysées statistiquement.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale a été conçue pour minimiser les dommages causés aux animaux. Par exemple, les pêches et pourchasses de poissons seront réalisées avec des équipements adaptés (bacs et épuisettes sans parties contondantes) ne risquant pas de blesser les poissons, et la taille des lots de poissons échantillonnés sera réduite à 10 poissons maximum afin de limiter la compression au sein de l’épuisette. Les 160 poissons changés de bacs seront acclimatés pendant 96h avant la réalisation des tests de stress. Les poissons pêchés afin de subir une prise de sang seront immédiatement sédatés pour diminuer le stress et l’inconfort de l’animal. Lors des phases de confinement des tests de stress, une attention particulière sera portée sur le maintien d’une teneur en oxygène dissous supérieur à 90% dans les seaux, via un bullage faible mais continu d’oxygène. De même, la qualité de l’eau utilisée pour le confinement sera identique à celle des enceintes d’élevage. Tout cela afin que seul le volume restreint et donc la charge plus importante en poissons soit de nature à engendrer un stress.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bar commun est une espèce de poisson marin carnivore dont l’aquaculture est bien développée en France et en Europe (3ème espèce de poisson marin produite), mais pour laquelle des voies d’amélioration restent à trouver, notamment vis-à-vis de l’immunité et du stress. Concernant l’immunité, malgré le fait que des vaccins existent, certains phénomènes de mortalité massive (ex : vibrioses) ont toujours lieu dans les élevages dans certaines conditions, et des solutions restent à trouver, qu’il s’agisse des conditions environnementales ou du statut immunitaire du poisson. En ce qui concerne le stress, plusieurs études scientifiques ont mis en évidence que le bar y est particulièrement réceptif (en terme d’augmentation du cortisol et du lactate sanguin), ce qui en fait un bon candidat pour notre étude. D’un point de vue économique, une diminution de cette sensibilité au stress pourrait améliorer les performances de ce poisson en élevage. Il s’agit d’animaux juvéniles d’environ 15 g au moment de la réalisation des procédures. Il s’agit d’un poids standardisé pour les essais zootechniques menées au sein de notre structure. Cette taille permet de réaliser des prélèvements sanguins d’un volume suffisant pour la réalisation des analyses prévues dans cette étude.