
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-483476)
411 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une partie est génétiquement modifiée et suivie jusqu’au développement de lymphomes, une autre reçoit une injection de cellules de lymphome puis des anticorps, avant la mise à mort pour étudier le rôle du gène Jarid2. Le porteur indique que les lymphomes provoquent de gros ganglions et une augmentation de la rate et du foie, la mise à mort intervenant à la palpation d’une hépatosplénomégalie ou à 20 % de perte de poids. Il affirme que ce cancer exige un microenvironnement complet et que les modèles génétiques ne sont disponibles que chez la souris.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il a été décrit ces dernières années une nouvelle entité de lymphome, à la fois chez la souris et chez l’homme, dont la cellule d’origine est un lymphocyte T non conventionnelle appelé lymphocyte NKT. Afin de comprendre les mécanismes impliqués dans ce cancer, des études du génome c’est à dire au niveau de l’ADN, ont été réalisées sur les lymphomes générés chez la souris et ont mis en évidence des altérations du gène Jarid2. Ce gène est particulièrement intéressant car son implication dans la biologie des lymphocytes NKT normaux a déjà été décrit. Ces résultats suggèrent que ce gène pourrait jouer un rôle essentiel dans les mécanismes à l’origine de ce cancer. L’objectif de ce projet est donc d’étudier chez la souris l’impact de l’invalidation du gène Jarid2 sur la survenue de ces cancers et d’identifier de potentielles voies thérapeutiques qui pourront être testées dans ces modèles de souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les mécanismes moléculaires associés à ces lymphomes sont encore mal connus et la mise en évidence d’un gène responsable de ce cancer peut constituer une nouvelle approche thérapeutique pour des patients dont la survie à 5 ans ne dépasse actuellement pas 30% et pour lequel les solutions thérapeutiques sont mimines.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Génération d’une nouvelle lignée par croisement de souris avec différentes modifications génétiques puis observation des souris afin de mettre en évidence le dévelopement de rares lymphomes. Injection unique de cellules de lymphome par voie intraveineuse après anesthésie (durée de quelques secondes). Injections répétées d’anticorps 1 jour sur deux pendant 2 semaines par voie intrapéritonéale (durée de quelques secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les principaux effets indésirables seront associés au développement de tumeur et en particulier de lymphome qui se caractèrisent par des adénopathies (gros ganglions) ou des hépato-splénomégalie (grosse rate, gros foie). Cependant, les nuisances de ces souris seront modérées car les points limites mis en place permettront de mettre à mort la souris dès les premiers signes de souffrance. Suite aux transferts de lymphomes aux souris C57BL/6, celles-ci vont développer assez rapidement (de 30 à 60 jours post-transfert) des lymphomes NKT. Les nuisances seront alors modérées car les points limites mis en place permettront de mettre à mort la souris au premier signe de souffrance. L’injection des cellules de lymphomes préalablement congelées dans des souris receveuses syngéniques C57BL/6 n’entrainera qu’une nuisance légère. L’injection des anticorps bloquants anti-ICOS se fera sur animaux vigiles par voie intrapéritonéale et n’entrainera qu’une nuisance légère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront mises à mort soit parce qu’elles développent une pathologie soit en raison d’un vieillissement avancé. Pour les expériences de transfert de lymphome, toutes les souris seront mises à mort car elles auront toutes été transférées avec des cellules de lymphome NKT et développeront donc toutes une lymphome.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les objectifs du projet ne peuvent pas être réalisés en faisant des expériences alternatives in vitro car le développement des lymphomes NKT nécessite la présence d’un microenvironnement qui joue un rôle clef dans le développement et le maintien du lymphome. Aussi les invalidations génétiques nécessaires à ce projet ne sont disponibles que chez la souris, justifiant le développement de ces modèles chez la souris.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux nécessaires à l’expérimentation nous allons : 1- mutualiser au sein de l’équipe les ressources cellulaires post-mortem en congelant le maximum de cellules et de morceaux d’organes afin que ceux-ci soient exploités pour diverses études in vitro sur ces lymphomes et ainsi éviter l’utilisation itérative de souris. 2- effectuer une étude statistique descriptive qui déterminera les différences qualitatives et quantitatives entre les groupes des souris. Cela permettra d’éviter la répétition de l’expérience et de réduire au minimum l’utilisation des animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour réduire au minimum la douleur associée aux lymphomes, des points limites prédictifs pour limiter les souffrances seront mise en place. La mise à mort sera pratiquée lorsque l’un des points limites suivants sera atteint : mise en évidence d’une hépatosplénomégalie par palpation de l’abdomen des souris, réduction de l’activité (prostration), poil hérissé et dos vouté. Dans le cadre des premiers travaux, la plupart des souris ne développeront pas de lymphome et un grand nombre d’entre elles vont entrer dans un processus de vieillissement avancé. Au delà de 15 mois, ces souris seront donc surveillées 3 fois par semaine avec prise de poids et prise de température. Dès qu’une perte de poids de 10% sera constatée, il sera ajouté de la gelée et des croquettes mouillées dans la cage. Si une perte de poids de 20% est constatée, la souris sera immédiatement mise à mort. Pour les souris ayant une température entre 34 et 36°C, placer les souris dans une enceinte chauffante pendant 48h. En dessous de 34°C, l’animal devra être mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est une espèce animale de choix pour étudier l’impact de l’invalidation d’un gène sur le développement de lymphome. En effet, nous disposons chez cette espèce des souris pour lesquelles le gène Jarid2 a été invalidé. D’autre part, le modèle de lymphome étudié a été développé chez la souris p53KO et le croisement de ces souris p53KO avec les souris invalidées par Jarid2 permettra de comprendre le rôle de ce gène dans le développement de ce cancer. Les souris seront générées par croisement au sein de notre établissement utilisateur et seront suivis jusqu’à la mise à mort des souris lorsque les points limites seront atteints. Pour les expériences de transfert, les souris receveuses seront commandées à l’âge de 6 à 7 semaines et seront utilisées à l’âge de 8 à 12 semaines correspondant à l’âge adulte de ces souris. L’utilisation de souris adultes est justifiée par le besoin d’avoir des souris receveuses ayant un système immunitaire mature.