
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-372815)
48 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue et toutes classées en souffrance sévère, dans des procédures impliquant une greffe de cellules cancéreuses dans la rate ou le foie sous anesthésie. Le porteur indique que ces souris sont identifiées dès l’âge de sept jours par coupure des phalanges, et que la chirurgie entraîne un stress et d’éventuelles douleurs, sutures comprises. La greffe vise à générer des métastases hépatiques pour tester un régime alimentaire et un médicament, la nitisinone, bloquant la dégradation de la tyrosine. Il affirme que le recours aux animaux est « absolument indispensable », les souris étant euthanasiées par dislocation cervicale pour autopsie.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet innovant a pour objectif de déterminer les changements métaboliques associés aux caractéristiques agressives et métastatiques du cancer pancréatique (ADKP). Pour répondre à cet objectif, nous avons défini et comparé le profil métabolique des métastases hépatiques (MH) associées à la tumeur pancréatique à celui de la tumeur pancréatique elle-même. Nous avons révélé que l’utilisation de l’acide aminé tyrosine est activée dans les MH par rapport à l’ADKP. Cette différence laisse envisager que l’utilisation de la tyrosine soutiendrait la survie des cellules cancéreuses au sein du tissu hépatique, lors du processus métastatique. A présent, nous souhaitons étudier le rôle de la tyrosine dans la progression métastatique de l’ADKP. Nous avons aussi démontré que les hépatocytes produisent des taux élevés de tyrosine. Cette donnée renforce l’hypothèse selon laquelle les cellules cancéreuses métastatiques s’adaptent au foie en sollicitant de manière importante l’utilisation de la tyrosine au sein du tissu hépatique pour en dériver différents composés qui lui seraient utiles. Le rôle de la tyrosine est jusqu’à présent très peu étudié dans les processus métastatiques mais représente un intérêt thérapeutique certain en laissant entrevoir son rôle dans la généralisation du cancer. Ce projet a pour but d’apporter à terme de nouvelles approches thérapeutiques aux patients à un stade avancé et métastatique de la maladie alors exclus du seul protocole curatif disponible en clinique : la chirurgie. C’est dans cette démarche préclinique que souhaitons valider notre hypothèse par l’utilisation de différents modèles de souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet par ces approches in vivo, nous permettra de valider le rôle de la voie de dégradation de la tyrosine dans le développement des métastases hépatiques associées à l’ADKP. L’inhibiteur pharmacologique de la dégradation de la tyrosine, la nitisinone, etant utilisé en clinique avec autorisation de mise sur le marché (AMM), nous souhaitons valider son utilisation dans le cadre du traitement du phénotype invasif du cancer du pancréas pour proposer un repositionnement de la nitisinone pour le développement d’une approche thérapeutique chez les patients atteints d’un cancer pancréatique métastatique. L’utilisation d’un régime pauvre en tyrosine sera une double validation de l’interêt clinique du ciblage du métabolisme de la tyrosine dans le cadre du cancer du pancréas métastatique. Ainsi, ce projet apportera à terme de nouvelles approches thérapeutiques aux patients à un stade avancé et métastatique de la maladie alors exclus du seul protocole curatif disponible en clinique : l’exérèse chirurgicale. C’est dans cette démarche préclinique que nous souhaitons valider notre hypothèse par l’utilisation de différents modèles de souris.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris sont soumises à une procédure chirurgicale de greffes de cellule stumorales dans la rate ou le foie, 1 procédure chirurgicale par souris sera effctuée. Cette procédure chirurgicale sera de 20 min maximum entre le temps d’endormissement et de réveil de l’animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances subies par les animaux sont dues tout d’abord à leur identification, à l’âge de 7 jours, par coupures des phalanges. Certaines nuisances sont aussi dues à l’acte chirurgicale qui entraîne inévitablement un stress et éventuellement des douleurs chez la souris, même si tout est mis en oeuvre au moment de la chirurgie pour les réduire. Ces nuisances sont dues i/à l’anesthésie avant l’acte chirurgical, ii/à l’injection avec des cellules tumorales au niveau de la rate et du foie pour générer des métastases hépatiques, iii/ aux sutures qui peuvent aussi entraîner une gêne, démangeaisons qui poussent l’animal à se gratter et à former des plaies au site de fermeture de la cicatrice (cette gêne disparait généralement en quelques jours). Ces douleurs post-opératoires sont minorées par une antalgie. Les nuisances liées au développement de métastases hépatiques sont : douleur, perte de poids, mobilité réduite, apparences et/ou comportements anormaux, qui indiquent une progression métastatique avancée. Notre expertise nous permet de détecter quotidiennement tout signe de douleur, d’angoisse et de souffrance de l’animal. A ce-jour, aucun marqueur de dépistage précoce de la progression métastatique de la maladie ne peut être utilisé pour ce modèle et notre infrastructure n’est pas encore pourvue d’un échographe qui permettrait de diagnostiquer les métastases et de suivre leur évolution.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’évaluer la prise métastatique au sein du foie et de la rate en fonction des traitements administrés aux animaux, ceux ci seront euthanasiés par dislocation cervicale et autopsiés.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le recours à des animaux est absolument indispensable pour mener à bien ce projet qui vise à inhiber les échanges métaboliques au sein du foie, entre les cellules cancéreuses et les hépatocytes à proximité de la métastase, en utilisant un régime alimentaire spécifique, et à observer la progression/régression des métastases hépatiques. Ce projet fait suite à plusieurs validations in vitro et ex vivo (sur cultures primaires en 2 dimensions, en organoïdes) de la pertinence de cette inhibition du dialogue métabolique entre hépatocytes et cellules métastatiques pour limiter l’expansion métastatique. Ainsi, il est à présent nécessaire de démontrer au sein d’un hôte vigile, porteur de métastases et avec des fonctions hépatiques conservées, qu’un régime alimentaire dédié permettrait de réduire la progression métastatique et d’envisager une telle approche, par régimes alimentaires spéciaux, chez des patients atteints d’un cancer pancréatique métastatique, évitant/limitant ainsi une approche thérapeutique lourde. L’utilisation d’alternatives expérimentales ne faisant pas appel à l’utilisation d’animaux sera envisagée chaque fois que c’est possible (ex : caractérisation moléculaire des hépatocytes et des cellules métastatiques après inhibition des échanges métaboliques entre les 2 types cellulaires).
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux/groupe expérimental et par procédure expérimentale nécessaire à l’obtention d’une significativité statistique a été défini à partir du site biostatgv en déterminant : – le test statistique à utiliser : T-test ou ANOVA et test post-hoc (Tukey) en fonction du nombre de groupes expérimentaux à comparer (deux ou plus de deux, respectivement). – l’effet biologique traduisant la progression tumorale et la prise métastatique et la dispersion escomptés, cette estimation a été faite d’après les données bibliographiques et/ou les résultats antérieurs obtenus par le laboratoire – la puissance du test à 0.8 – le risque de 1ère espèce à 0.05. Ainsi, le nombre d’animaux/groupe expérimental, tel que défini au-dessus, est de : – 8 pour le groupe 1 (régime contrôle), 2 (régime nitisinone) et 3 (régime tyr-/Phe 0,25%)) des procédures 1 (greffes intraspléniques) et 2 (greffes intrahépatiques).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une personne compétente (formations en expérimentation animale + chirurgie) réalisera l’implantation des cellules tumorales par chirurgie dans la rate et le foie en traitant les animaux opérés avec une injection d’antalgique (buprénorphine) en pré- et post-opératoire. Une observation quotidienne des animaux (poids, douleur/souffrance) sera faite et permettra de déceler des apparences/comportements anormaux, des signes physiologiques altérés : ces observations seront mesurées/quantifiées pour leur intensité/importance sur une échelle de 0 à 3, qui constituera un score que nous reporterons dans une grille (voir grille de score jointe). Les scores obtenus chez l’animal éveillé, après anesthésie ou au cours du développement métastatique nous conduiront à arrêter l’expérience si le score 3 a été atteint au moins une fois pour l’un des symptômes mentionnés dans cette grille. Un enrichissement matériel (twists, cocon ou nid) de l’environnement des animaux est mis en place dans toutes les cages afin qu’ils expriment un répertoire diversifié de comportements normaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous nous servirons de souris syngéniques ne développant ni tumeur primaire ni métastases de manière spontanée. Ce modèle nous permettra d’injecter en intra-splénique ou en intra-hépatique des cellules cancéreuses métastatiques syngéniques préalablement isolées du modèle murin de carcinogenèse pancréatique d’origine. Cette compatibilité immunologique entre les cellules greffées et l’hôte murin nous permettra de réaliser cette expérience dans un modèle murin immunocompétent nous évitant ainsi d’exclure la composante immunitaire requise au processus métastatique. Pour les protocoles 1 et 2, nous utiliserons des souris syngéniques de sexes indifférents, âgées d’environ 6 semaines : à cet âge les animaux sont sevrés, correspondent au stade de développement jeune adulte auquel les études de l’impact du métabolisme sur la progression métastatique ne sont pas impactées par une prise de poids ou tout autre facteur lié au vieillissement de l’animal.