
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-929922)
590 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 90 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 500 un niveau modéré. Elles reçoivent des greffes de tumeurs pulmonaires sous la peau, dans le poumon ou la mamelle, puis des injections répétées de molécules ciblant le cuivre encapsulées dans des liposomes, avec suivi par imagerie. Le porteur indique que les souris, immunodéprimées, subissent les douleurs des injections, le stress des contentions et le développement de tumeurs et de métastases, et qu’elles sont mises à mort pour des analyses histologiques. Il affirme qu’il n’existe « pas de modèle non biologique ou in vitro » permettant d’obtenir les données de biodistribution recherchées, l’intérêt clinique des molécules restant à démontrer.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Selon l’OMS, on estime à 19 millions le nombre de nouveaux cas de cancer et à 10 millions le nombre de décès liés au cancer survenus en 2019. Il est établi que le cancer du poumon est la principale cause de mortalité par cancer dans le monde, avec 1,8 million de décès en 2020. Avec une incidence de 525 000 nouveaux cas par an en France. De nouvelles options thérapeutiques ont été développées ces dernières années, il reste nécessaire d’améliorer et de développer de nouvelles les chimiothérapies. Le ciblage du métabolisme du cuivre est une stratégie thérapeutique extrêmement innovante en cancérologie, et l’on assiste à un vif intérêt de la communauté scientifique internationale sur cette thématique depuis 2018. En effet le cuivre est un élément chimique indispensable à la croissance et la survie cellulaire des cancers, et il est extrêmement pertinent de cibler le métabolisme du cuivre pour perturber le développement des cancers. Cependant, aucune molécule ciblant spécifiquement le cuivre ne possède à ce jour une indication dans le traitement des cancers. C’est pourquoi des molécules chimiques ciblant le cuivre ont été développées. Elles inhibent fortement la prolifération des cellules tumorales d’origine pulmonaire, in vitro. Nous souhaitons caractériser les effets de cette molécule in vivo. Les lignées de cellules cancéreuses étudiées auront été au préalable modifié afin d’exprimer une protéine bioluminescente. Nous pourrons ainsi les suivre dans l’organisme de façon non invasive par imagerie de bioluminescence. Les molécules seront tout d’abord testées in vitro sur cellules tumorales en culture. Seules les molécules validées in vitro seront évaluées in vivo. Le modèle murin semble le plus approprié, il permet de se rapprocher d’un grand nombre des caractéristiques de la pathologie humaine.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le contexte de l’oncologie, l’intérêt médical de développer de nouveaux composés chimiques capables d’interférer avec la prolifération cellulaire est évident. De nombreux cancers solides voient leur métabolisme du cuivre perturbé. Ces perturbations passent par des protéines spécifiques de ce métabolisme, ce qui en fait non seulement des biomarqueurs utilisables à des fins de diagnostic et ou de pronostic, mais également des cibles thérapeutiques intéressantes. À ce jour, plusieurs essais cliniques visent à évaluer l’efficacité de molécules « anti-cuivre ». Compte tenu des pronostics encore médiocres de pathologies comme le cancer du poumon ou le cancer du pancréas, il reste une grande place pour le développement de molécules chimiques originales capables d’interférer avec les mécanismes de l’homéostasie du cuivre, et qui pourraient faire partie des chimiothérapies de demain. Ainsi notre nouvelle classe de molécules, ionophores de Cu(I), a un potentiel important en cancérologie. C’est pourquoi notre brevet vise à protéger l’application de cette famille de composés pour des applications en cancérologie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Injection des composés contenue dans les liposomes (Les injections dureront moins de 10 sec, sous anesthésie gazeuse) : Etude de toxicité : Nous effectuerons une injection intraveineuse (IV) hebdomadaire (durant 3 semaines = 3 injections) des composés intégrés à des liposomes sur 90 souris (durée maximale de la procédure 5 semaines). Dans le cadre de l’étude toxicité nous effectuerons 2 prélèvements bilans sanguins/animal sous anesthésie (1 bilan avant injection du traitement et 1 réalisé avant l’euthanasie). Etude d’efficacité tumorale : le nombre sera compris entre 200 et 400 souris Nous effectuerons une injection hebdomadaire de traitement (durant 3 mois = 12 injections) soit un total de 500 souris maximum (durée maximale de chaque procédure estimée à 4 mois par animal). Les composés seront injectés en IV (200 souris, soit 100 pour les tumeurs sous cutanées, 50 pour l’orthotopique, et 50 pour les métastatiques) En cas d’échec, 200 souris seront utilisées pour tester la voie IP : (200 souris, soit 100 pour les tumeurs sous cutanés, 50 pour l’orthotopiques, et 50 pour les métastatique) En cas d’échec, 200 souris seront utilisées pour tester la voie péri-tumorale ((200 souris, soit 100 pour les tumeurs sous cutanés, 50 pour l’orthotopiques, et 50 pour les métastatique) En cas d’échec, 200 souris seront utilisées pour tester la voie intratumorale ((200 souris, soit 100 pour les tumeurs sous cutané, 50 pour l’orthotopiques, et 50 pour les métastatique) Implantation tumorale : Implantation de cellules cancéreuses pulmonaires en sous-cutané. Implantations orthotopiques intra pulmonaire de cellules cancéreuses pulmonaires bioluminescentes, via un système ad hoc, sous anesthésie. Implantation orthotopiques mammaires dans le coussinet graisseux sous la mamelle sous anesthésie gazeuse. 21 jours post injection des cellules tumorales nous retirerons la tumeur mammaire sous anesthésie gazeuse. Après l’implantations orthotopiques intrapulmonaire ou orthotopiques mammaires, une injection sous-cutanée de buprénorphine sera réalisée.Suivi de croissance tumorale : pour les tumeurs sous cutanées, la croissance tumorale est mesurée 3/semaine avec un pied à coulisse sur animal vigile. Les procédures d’imagerie se feront sous anesthésie. Nous suivrons la croissance tumorale par bioluminescence 1 fois/semaine, nécessitant 1 injection de luciférine par voie IP sur animal vigile.De la tomographie rayons X sera effectuée avant l’euthanasie des animaux dans les procédures 3 et 4.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances et effets indésirables attendus sont : immunodéficience des souris, douleurs et conséquences des injections sous-cutanées, intra-peritoneale et intraveineuses, stress de la contention et des anesthésies,tumeurs orthotopiques et metastases.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
À l’issue de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés puis des études histologiques des tissus (organes, tumeur métastase) après euthanasie des souris seront réalisées. Ces études sont absolument fondamentales. Elles permettront de vérifier in situ (dans les tumeurs des animaux, récupérées après euthanasie) l’efficacité de notre nouvelle classes de molécule ainsi que la non inocuité du processsus de vectorisation des molécules via des liposomes. De plus cela ces procédures, nous permettrons également d’investiguer le mécanisme d’action de nos composés. Nous réaliserons différents marquages immunohistochimiques de cible du métabolisme du cuivre et de cibles couramment étudié en cancérologie. Nous évaluerons les niveaux de cuivre cellulaires en intra tumoral, et en péri tumoral sur tissu ex vivo.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les paramètres de biodistribution sont obtenus uniquement par l’emploi d’animaux. Ces études précliniques sont nécessaires avant de réaliser des essais cliniques chez l’homme. Il n’existe pas de modèle non biologique ou in vitro permettant de réaliser ces travaux sans perte d’informations scientifiques.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre de composés à évaluer, beaucoup d’essais in vitro visant à évaluer les caractéristiques chimiques et antiproliferatives de cette nouvelle classe de molécules ciblant le cuivre ont été effectués. De plus l’ensemble des liposomes contenant ou non les molécules d’intérêt ont été testées et validés in vitro en 2D sur des cultures de cellules tumorales.Seules les composé vectorisés dans des liposomes les plus performantes seront testées chez l’animal. Cette étape d’expérimentation animale permet de progresser dans la mise au point de nouvelles thérapies anti-tumorales et de procéder à leur évaluation pré-clinique avant de réaliser des essais cliniques chez l’homme. Il n’existe pas de méthodes alternatives pour réaliser ce travail. La stratégie de réduction a été réalisée grâce aux études préliminaires in vitro. De plus, nous avons choisi de réaliser les etudes de pharmacocinétiques et d’efficacités avec 10 animaux par groupe pour obtenir des résultats statistiquement fiables (ANOVA). Afin d’employer au mieux les animaux, les protocoles présentés ont été optimisés afin d’obtenir le maximum d’informations sans augmenter la douleur infligée aux animaux. La collection d’échantillons post-mortem permettra notamment des études à postériori des organes/tumeurs.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des mesures de raffinement ont été prises afin de réduire la douleur, la souffrance et l’angoisse notamment en mettant en place des points limites. Dans le cadre de la réduction de la douleur, des injections d’analgésiques tels que la buprénorphine seront effectués. Nous pourrons également ajouter du paracétamol dans l’eau de boisson. Enfin les souris immunodéficientes seront hébergées dans un environnement adapté à leur déficience immunitaire c’est dire dans des armoires ventilées en pression positive, protégeant les souris en évitant la présence de pathogène. De plus, toutes les procédures possiblement traumatisantes sont effectuées sous anesthésie gazeuse, avec une gestion de la douleur adaptée à chaque situation notamment via l’injection d’analgésique tel que la buprénorphine. Les souris immunodéficientes seront hébergées dans un environnement adapté à leur déficience immunitaire c’est dire dans des armoires ventilées en pression positive, protégeant les souris en évitant la présence de pathogène. De plus, toutes les procédures possiblement traumatisantes sont effectuées sous anesthésie gazeuse, avec une gestion de la douleur adaptée à chaque situation notamment via l’injection d’analgésique tel que la buprénorphine. Les souris immunodéficiences seront hébergées dans un environnement adapté à leur déficience immunitaire c’est dire dans des armoires ventilées en pression positive, protégeant les souris ainsi les souris immunodéficiences évitant ainsi la présence de pathogène.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris immunodéficientes permettent le développement de modèles tumoraux humains sans phénomène de rejet. Les méthodes utilisées pour induire une tumeur sont rapides et reproductibles et la bonne connaissance de ce modèle de pathologie chez la souris fait que les limites éthiques de ce type d’expérimentation sont bien connues. Les modèles animaux permettent d’avancer dans la mise au point de nouvelles thérapies et procéder à leur évaluation préclinique avant de réaliser des essais cliniques chez l’homme. La souris est l’espèce la plus adaptée et la mieux décrite pour la mise en oeuvre de protocoles de thérapie in vivo. Souris nudes de 5 semaines. Ce stade de développement permet d’avoir des souris adultes avec une prise tumorale optimale, avant le pic de production de leucocytes NK (natural killer) à l’âge de 8 semaines.